SCENE
j M»* HEKVACX, CAROLINE, ALMÊR1C, Sociiii.
A LM BMC , entrant.
A|* du Ltan amoureux.
Ali ! laitaec-vous conduira Loin de ce tourbillon ,
Car du moins on respire Dam ce charmant salon.
Voyei , chère tante ,
J’enchaîne à mes pa»
Une foule charmante ,
E'taim plein d'appai.
ENSEMBLE
Ah ! laissons-nout conduire, etc.
Bonsoir, Caroline.
U 100 NERVAUX.
Bonjour , Alméric .. et M** de Brémont, voire mère?
ALMÉRIC.
Je la quitte à l'instant.
*J me NERVAUX .
Est-ce qu’une indisposition... ?
Pas du tout, chère tante, elle est au bal...
M me QERVAUX.
Ici?..
ALMÉRIC.
Non, chez la marquise d'Auberive.
M ine HERVAUX.
Il me semble pourtant qu'invitée chez moi...
chez sa sœur...
ALMÉRIC.
Sans doute, elle est désolee... la famille... mai* vous sentez bien, ma tante, qu’entre gens comme il faut on se doit des égards.
M™* NF.RVAl’X.
Encore !
ALMÉRIC.
Pour moi, les bals d'étiquette m'ennuient â mourir... à Sarrcguemines, où mon régiment est en garnison .. premier cuirassier*.. . tou* homme* superbes... je n’nllais jamais aux soirées des autorités... le sous-préfet, le maire... mais, parlezmoi du bal à la salle de spectacle... charmant, celui-là... les modistes... toute la couture de la ! ville... à faire danser... ça me va à ravir.
M roe NERVAUX.
Quel langage ! mon neveu... il est fort heureux pour vous que M“® de Brémont ne m’ait pas honorée de sa présence, elle vous eût renié pour son sang.
Ma mère... ma mère a ses idées; elle me répète sans cesse que, parce que je suis assez bien ! né, il faut que j’aille dans le grand monde m’en- ; nuyer avec cérémonie... ma foi, non, j’ai aussi ] mon système et j’y tiens... chez la marquise d’Àu- [ berive , il eût fallu lisqucrlcs bas de soie et les
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souliers vernis... j’ai préféré venir chez une aimable tante, qui reçoit une société charmante, avec laquelle on n'est pas forcé de faire des frais...
Caroline, A part.
Oh! mon Dieu! il va fâcher maman.
M"*® Il EH VAUX .
Vous êtes dans l'erreur, monsieur de Brémont, car vous pourriez rencontrer ici des personnes que vous n’eussiez pas trouvées chez votre marquise d’Auberive.
ALMÉRIC.
C’est déjà fait... entre autres, ce fameux marchand de bois de l’ile Louviers... M Chevreau...
Aïs : Et -voilà t omme tout s'arrange.
Sec et long comme un peuplier.
Il a (le l'ctat qu'il exerce le cachet tout particulier,
Toujour» de feu pour ton commerce :
Dans ce petit monde, où je vois Qu’à se déguiser on s'efforce.
On peut se tromper quelquefois :
Mais toujours un marchand de Lois Doit se reconnaître à l’écorce.
M me HERVAUX.
Assez, Alméric !
A LH taie.
Non, il faut encore que je vous dénonce le frac marron clair de M. Lalné, fournisseur des draps de l'armée et les repentirs de M me Benoit, la femme de votre ci-devant associé... vertueux commerçant, qui partageait avec mon oncle, votre époux, le monopole de la rhubarbe et du quinquina, rue des Lombards, 17, au Mortier d’Or... enseigne merveilleusement trouvée, ma foi, car il en est sorti des millions bien purs.
Mine hkRVACX.
Suis- je assez humiliée!
caroliue, voulant détourner la conversation , à
Alméric.
J'attends que vous m’invitiez à danser.
ALMÉRIC.
Impossible, cousine chérie! j’ai juré de n’étre votre cavalier que le jour de vos noces... Eh bien! ma tante, à quand le mariage? Il faut être raisonnable ; vous savez que je compte sur votre fortune pour soutenir mon titre de vicomte; c’est arrangé entre nous... nous laisserons dire nia mère... Je ne suis pas fier, moi... et j'épouserai avec plaisir ma belle cousine.
M mt II f. nv aux .
En vérité?
ALMÉRIC.
Parole d’honneur !
M m * «tRVAL’X.
En ce cas, je tâcherai de vous annoncer bientôt le jour où je marierai ma fille.
ALMÉRIC.
Tiens! quel bruit dans la cour de l’hôtel...
oh ! oh! un piqueur avec nne torche!
M"' r Nervaux, avec joie.
Ah ! enfin !
ALMÉRIC.
Il se sera trompé de porte.
M®« BKRVAUX.
Je ne crois pas.
un domestique, annonçant.
Monseigneur le duc d’Ercourt, premier gentilhomme de la chambre du roi.
ALMÉRIC.
L'oncle de mon colonel! oh ! mes éperons!
Il s'esquive.
m®* hervaux , à part.
Ah! madame de Brémont !