BIBLIOTHECA
possession fut fait à Karikal le 14 février suivant. Il portail que les Français prenaient possession de Karikal en vertu de la vente à eux faite en juillet 1738 par Sahagy Marayou, vente confirmée et cession faite de nouveau par Chander-Sahib, général de l'armée de l'empereur mogol, et nabab des terres de Tanjaour et de Tricliinapali. Le pavillon avait été arboré sur Karikal, Karcangéry et les dix aidées qui en dépendaient et qui devaient appartenir à perpétuité à la nation française. L'acte était fait au nom du roi et de la Compagnie et le procès-verbal signé de Mavous-Kan, officier de Cbander-Sahib, de Francisque Pereira, médecin et agent du nabab, de Gratien Golard et des officiers français (i).
Quelque temps après, le prince indien (2) fit tenir à Dumas une lettre du gouverneur hollandais de Négapatam qui le dissuadait de remettre Karikal aux Français. Il assurait en même temps les Français de sa protection et le priait de bien recevoir son frère Zein-Aladdin-Kan, parti pour le Tanjaour (^).
Dumas, cependant, n'avait pas cessé de négocier avec le rajah de Tanjaour pour obtenir de lui la confirmation de la vente consentie en juillet 1738. Le rajah fit ses conditions. Il demanda 50,000 chacras de 10 fanons de Tanjaour faisant, à 21 f. 5/8 la pagode, 23,121 pagodes 9 fanons. Il fallut, de plus, distribuer en présents à son oncle, à ses ministres et à ses autres officiers une somme évaluée à 31,110 chacras, faisant 14,381 pagodes 12 fanons. Cette dépense, qui paraissait élevée, était peu de chose au prix des avantages que semblait promettre la nouvelle acquisition. Elle rappor-
(1) Fr., n. acq., 8925, 17. Acte de prise de possession de Karikal.
(2) Chanda-Sahib et Bara-Sahib, son frère, ayant reçu le titre de nabab, Dumas en fut prévenu par une lettre du premier. La coutume du pays était d'envoyer complimenter ceux qui recevaient cet honneur ; le conseil, eu égard aux grands services rendus récemment à la nation par Chanda-Sahib et la mise en possession de Karikal, délibéra de l'envoyer complimenter sous son nouveau nom d'Hussein-Daost-Kan-Bahadoar et Bara-Sahib sous celui de Zein-el-Aladdin- Kan. On leur offrit 2,200 pagodes, dont 1,400 à Chanda-Sahib, 600 à Bara-Sahib et 200 à leurs othciers. Ce fut Fr. Pereira et Tiruvengadam, interprète de la Chaudrie, qui les présentèrent au nom de la Compagnie. Fr., n. acq., 8925, 17. Délibération du 25 février 1739.
(3) Fr.. n. acq., 8925, 24. Traduction de la lettre de Chanda-Sahib du 8 mars, général de l'armée du Mogol dans le Tanjaour, à M. Dumas (reçue le 14 mars 1739).