‹ Dupleix: ses plans politiques; sa disgraceChapitre 192 sur 200 · CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV

core agir Plutus, comme il disait dans sa jeunesse. H m0 Dupleix fit parvenir au neveu de son mari un nouveau présent pour la marquise si elle est encore en faveur. Dupleix envoyait aussi pour elle une lettre assez humble de ton. C'est qu'il s'agissait ici d'une personne prévenue contre la famille. Bacquencourt le père avait jadis refusé pour son fils la nièce de la maîtresse du roi. La marquise accepta pourtant les présents, et comme Hacha ult s'opposa formellement à ce que les présents destinés à la Dauphine et aux filles de Louis XV fussent présentés, c'est elle qui les garda (*). En février 1754 partaient encore de l'Inde des ballots pour M mM de Pompadour, de Chevreuse, de Montmorency, de la Guiche, avec recommandation à Bacquencourt, chargé de les présenter, de garder les ballots des personnes décédées ( 2 ). Intrigues inutiles, richesses perdues) Avant que les lettres de janvier 1753 fussent parvenues en France, le rappel de Dupleix était décidé.

Mais avant de raconter comment fut prise cette décision funeste, il est à propos de réfuter une erreur courante, celle qui consiste à dire que M 086 de Pompadour fit envoyer à Londres le directeur Duvelaôr pour traiter de la paix et que les Anglais exigèrent avant toute chose le rappel de Dupleix.

Un historien a écrit :

c Les Anglais déclarèrent qu'ils ne feraient aucune difficulté pour t rappeler Saunders (gouverneur de Madras), mais qu'ils demant daient qu'on relevât Dupleix de son poste.... On conclut avec f l'Angleterre une convention dont les termes impliquaient le • rappel des deux gouverneurs et la nomination de deux commisc saires.... Dupleix était condamné (3).... >

Il n'y a rien de vrai dans ces assertions.

Il y avait, à Londres comme à Paris, une compagnie de marchands qui trouvaient ruineuse la guerre de l'Inde. Au commencement de février 1753, le sieur Bekkers, ou Baker, un des directeurs de la Compagnie royale d'Angleterre, vint trouver Samuel

(1) Fr., n. acq., 9150, 170. O'Connor à Friell, son frère, 1750. Sur les présents, 9147, 268, 90. Dupleix jeune à Dupleix, 16 février 1754, 24 octobre 1754. Col. & 84, 17. M»« Dupleix à son neveu, 19 octobre 1753.

(2) Fr., n. acq., 9151, 266. Dupleix à son neveu, 18 février 1754.

(3) Tib. Hamont, Dupleix, 281-282.

Ronge, correspondant de la Compagnie de France. Il lui déclara qu'il était nécessaire, pour les intérêts des deux Compagnies, de pourvoir au plus tôt à la cessation des hostilités, que les moyens en étaient simples et faciles, mais qu'il fallait que l'affaire fût traitée entre les deux cours, soit à Londres, soit à Versailles (*).

Saint-Gontest, ministre des affaires étrangères, transmit à Machault la dépêche par laquelle l'ambassadeur l'informait de cette ouverture, en le priant de rédiger une réponse, qui serait ta sienne (*).

Celui-ci répondit qu'ayant déjà reçu, le 5 février, un avis analogue du sieur Rouge, il pensait que c'était une affaire à traiter entre les deux Compagnies, sauf à en référer aux ministres, si cela devenait nécessaire : c II m'a paru aussi, ajoutait-il, que pour entamer cette c négociation, on pourrait saisir l'occasion d'un voyage que M. Dut velaôr, l'un des directeurs de notre Compagnie, doit faire en c Angleterre avec son frère, pour une affaire qui leur est person- « nelle, et qu'il serait bon de les charger de pouvoirs généraux et c préliminaires. Je ferai passer sous vos yeux les instructions qui c lui seront données. Il aura ordre de voir M. le duc de Mi repoix, c auquel je vous prierai de le recommander. On ne peut trop c désirer la fin des troubles de l'Inde. Toute la Compagnie est dans c les mêmes sentiments, et si celle d'Angleterre pense de même, t j'espère que ces premières ouvertures seront suivies d'un heut reux succès ( 3 ). »

Ainsi c'est la Compagnie d'Angleterre qui prit l'initiative d'une négociation. On voulut voir si les Anglais étaient sincères. Duvelaêr et son frère du Lude arrivèrent à Londres le 28 mars, munis d'instructions générales données par le Comité secret et d'autres particulières connues seulement du roi, de Saint-Contest et de Hachault. Duvelaêr correspondait directement avec celui-ci. Il avait seulement pour mission de conclure un traité de neutralité entre les deux Compagnies, mais ce n'est guère qu'en juin que les

(1) Arch. Aff. ôtr. Fonds Angleterre, 435, f. 350. Mirepoix an ministre, 10 février 1753.

(2) Ibid., 358. 22 février 1753.

(3) Arch. Aff. étr. Fonds Angleterre, 436, 6. Machault à Saint-Gontest, 1« mars 1753 (autographe).

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