CHAPITRE Y
tait déjà 8,600 pagodes par an ; elle devait fournir des marchandises aux vaisseaux, du grain à Pondichéry.
Il fut donc décidé que le trésorier Legou paierait la somme de 37,502 pagodes 21 fanons (*). La Compagnie, informée seil et par Dumas (15 octobre 1738), répondit, en date vier 1740(2), par une approbation générale de la conduit* et de l'entreprise sur Karikal, entendue comme une si: faite par le rajah pour le prix de 30,000 pagodes.
La Compagnie recommandait d'examiner s'il ne sera avantageux pour elle de réduire Karikal au rang de si sans y entretenir des troupes qui lui seraient extrémemei de façon à n'y avoir que quelques employés et une diza dats et de pions. Elle demandait aussi des renseigneme moignent d'une singulière ignorance chez le directeur 1 rédigeait alors la correspondance et qui avait résidé plus années à Pondichéry :
c Vous ferez dresser, disait-il, un plan qui nous fasse c la forteresse de Karcangéry, son élévation, sa latitude c tude, si elle est située au bord de la mer, si la rade e c s'il y a une barre comme à Pondichéry, s'il y a une c Karcangéry ou à Karikal, si les petits bâtiments y p< c trer. Vous nous marquerez à quelle distance cet éta c est de Négapatam et de Pondichéry, s'il y a facilité d'; c terre et combien de jours il faut pour se rendre à l'un c tre endroit. »
On doit s'étonner qu'un homme aussi renseigné qi l'être en soit réduit à faire des questions qui marquent plète ignorance d'un port situé à dix-huit lieues au sud chéry et à deux lieues de Tranquebar, colonie des D; laquelle il avait été en relation. Il devait aussi, comme connaître les marchandises à provenir du Tanjaour c
(1) Fr., n. acq., 8925, 18. Le conseil supérieur à la Compagni
(2) Fr., n. acq., 8925, 80. Lettre de la Compagnie à Messieuri supérieur de Pondichéry en date du 18 janvier 1740.
Elle répondait aux lettres du conseil du 15 octobre 1738, des 9 e du 9 mars 1739, cette dernière arrivée le 5 janvier 1740 par Bass<
monnaies et les lois commerciales du pays, et pourtant il demande l'état du titre et du poids des monnaies, l'état de toutes les sortes de marchandises qu'on en peut tirer, et la réduction des monnaies et mesures en monnaies et mesures de France. Singulière ignorance, alors que les missionnaires jésuites, qui habitaient le Tanjaour et avaient leur maison et leur supérieure Pondichéry, eussent pu sans difficulté les lui fournir au temps où il était gouverneur)
De cet exposé retenons des faits remarquables parce qu'ils sont absolument pareils aux faits qui marquent l'action de Dupleix. L'intervention de Dumas a été sollicitée par un prince indigène : pressé d'argent, le rajah vend une partie de son domaine. Chanda- Sahib demande de l'artillerie, des canonniers et des munitions de guerre pour faire le siège de Tanjaour ; il promet en échange d'assurer aux Français la propriété de Karikal. Les Français ne paraissent pas avoir trouvé cette demande plus extraordinaire que la demande d'argent du Tanjaourien'; ce qui les fait hésiter un moment, ce n'est pas la crainte des dangers à courir en cas de guerre, ce n'est pas la peur des responsabilités, c'est la peur que Chanda- Sahib ne soit pas en état de tenir ses promesses et que le rajah ne l'emporte sur lui. Il ne leur parait nullement étrange d'acquérir un comptoir en le payant par une aide militaire : c'est un marché où ils ne voient que l'intérêt du moment; il n'y a là rien de politique. Chanda-Sahib, en demandant le secours militaire des Français, faisait une chose intelligente et toute naturelle : il louait de bons mercenaires. Pour Dumas, il a vu là seulement une occasion favorable de créer un établissement qui pouvait être utile et remplacer celui de Cabripatam ; il l'a fait sans autorisation spéciale, sûr de ne pas être désavoué dès que les risques de l'affaire paraîtraient minimes et les profits sérieux. Or, cette affaire qu'il croyait bonne ne le fut pas. Après le retour de Dumas, la Compagnie eut de graves ennuis à Karikal, et ces ennuis d'ordre politique et financier amenèrent chez l'auteur même de l'entreprise un revirement des plus singuliers, qui montre à quel point, dans ses actes, il avait été dénué d'esprit politique.
En 1744, au mois d'avril, le général des troupes de Tanjaour s'étant rendu à Karikal après avoir ravagé les terres des Hollandais de Négapatam, fut fort bien reçu par le gouverneur Febvrier,