CHAPITRE VI
continuelles avec les marchands de Calcutta. Il aimait les sciences naturelles, plutôt par goût que par éducation (0, car celle-ci ne dut pas en somme être poussée bien loin. En 1715, il fut embarqué comme enseigne sur un vaisseau de Saint-Malo. Il avait di~ UnU ans et fit alors son premier voyage aux Indes. On pourrait qu'il avait servi plus tôt, puisqu'il dit que de 1713 à 1721 il à la charge de son père que deux ans et demi (*), mais il a pi employé dans quelque bureau. Après ce voyage, il passa en F trois ans (1717-1720). II résida à Nantes, à Saint-Malo et à nous ne savons en quelle qualité ; il s'affilia môme dans cett nière ville à la Confrérie des pénitents bleus; il parait en effet été fort pieux à cette époque. Il est probable qu'il restait au s de la société des marchands de Saint-Malo : mais son père toi ses appointements et bénéfices (3). Le jeune homme fit-il alors ques dépenses ou quelque faute ? Cela ne pouvait être fort gra 1 son âge. Le père, qui paraît ne pas l'avoir aimé beaucoup (*). nommer, en janvier 1721, sixième conseiller du Conseil sup< de Pondichéry, mais ne s'étant pas embarqué immédiatement, après les changements survenus dans la Compagnie, nommé roi premier conseiller et commissaire général des troupes ( 1721).
Embarqué le 29 sur VAtalante, il n'arriva à Pondichéry < 16 août 1722 ( 5 ). Il parait que cet embarquement fut une soi punition paternelle, malgré les titres dont il était pourvu, une lettre de cette époque il se nomme lui-môme l'enfant prod un peu plus tard ( 6 ), écrivant à son frère aîné, il lui dit : « J t persuadé que vous et mon père êtes en état de me rendre d c grands services. Je vous supplie de ne me les point refuser
(1) Fr., 8980, 8. Dupleix an sieur Stackhouse, gouverneur de Ca 12 juin 1737 : Vous me ferez plaisir, quand vous aurez les gazettes, d faire passer quelques-unes, fussent-elles en anglais. Nous avons ici de sieurs qui sauront bien me les expliquer. — Fr., n. acq., 8982, 26. A soi 11 janvier 1739, il demande les œuvres de Réaumur sur les insectes.
(2) Arsenal, 4744, 66 Chandernagor, 10 janvier 1737, à son frère.
(3) Arsenal, 4744, 66. Chandernagor, 10 janvier 1737, à son frère.
(4) Id., 4744, f. 68.
(5) Fr., 8981, lettre à Hardancourt. 72, 144. Dupleix à la Corn] Pondichéry, 19 septembre 1722.
(6) Fr., n. acq., 9151, 2. Dupleix à son frère, 22 janvier 1723.
c croire que je ne m'en rendrai pas indigne. Soyez ma caution auc près de mon père et de ma mère, je ne vous démentirai pas. Je c ne puis, ajoute-t-il, vous donner une meilleure preuve de ma conc duite que ce qui m'est arrivé ici depuis que j'y suis. * En effet, à l'arrivée de YAtalante, il avait appris la mort du gouverneur, H. de la Prévotière, survenue le il octobre 1721. Les officiers du vaisseau le félicitèrent, s'imaginant que la place lui appartenait de droit à titre de premier conseiller. En réalité, l'intérim avait été fait selon la règle par le second du comptoir Pierre Lenoir. A son débarquement, Dupleix remit ses provisions et Lenoir lui fit prendre séance dans le conseil au rang qu'elles lui attribuaient. Puis ouvrant les paquets de la Compagnie apportés par le vaisseau, Lenoir trouva l'ordre de se rendre à Surate comme directeur général, pour y régler, conjointement avec le commissaire général Dulivier, les dettes de l'ancienne Compagnie. Le gouvernement appartenait alors de droit à M. de Lorme, nommé par ces lettres second de Poudichéry, et après lui à Dupleix. Le conseil s'étant séparé après la lecture des ordres, Dupleix conféra avec de Lorme qu'il avait connu à son premier voyage. Celui-ci déclara qu'il préférait sa liberté aux embarras du gouvernement, qu'à son avis Lenoir était le seul digne de ce poste et que le lendemain, à la séance du conseil, il se démettrait de ses droits en sa faveur. Il le fit en effet, non seulement sans opposition, mais avec l'approbation de tous. Une délibération conforme nomma Lenoir gouverneur, en attendant les ordres de la Compagnie. Il accepta, et ayant prêté le serment requis, il fut reconnu en cette qualité (*).
Dupleix restait donc premier conseiller, aux appointements de 2,600 livres. C'était un assez beau poste de début pour un jeune homme de vingt-quatre ans, qui ne connaissait rien au commerce et se trouvait ainsi placé avant des employés bien plus anciens que lui, tels que le teneur de livres La Morandière, qui avait plus de vingt ans de service, et le procureur général Benoît Dumas, venu dans l'Inde avec Dulivier en 1713, et qui étaient payés seulement 2,000 livres.
(1) C* 72, 137. Délibération du conseil supérieur, 17 août 1722. C* 72, 139. Lenoir à la Compagnie, 5 septembre 1722. Fr., n. acq., 9151, 2. Dupleix a son frère, 22 janvier 1723.