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DUPLEIX A CHANDERNAGOR. — Y A-T-IL FAIT FORTUNE

Chandernagor en 1731. — Dupleix y attire la famille Vincens. — Il y organise le commerce d’Inde en Inde. — De quels fonds il disposait. — Société fondée par lui. — La flotte de Chandernagor. — La colônie en 1734. — Le mécanisme du commerce de Dupleix. — Ses pertes en 1735. — État de son avoir et projets de retour en France en 1737. — Désastres et ruine en 1739. — Il remplace Dumas. — Jusqu’alors il n'a pas eu de vues politiques.

Nous avons vu plus haut que la Compagnie des Indes avait au Bengale plusieurs petits établissements dépendant du comptoir de Chandernagor.

Ce comptoir, situé entre Calcutta qui appartenait aux Anglais et Chinsura qui appartenait aux Hollandais, était formé de quelques aldées, rapportant de 9 à 10,000 roupies par an, d’une loge, de casernes et de magasins. La Compagnie possédait une autre loge sur le Gange, à Cassimbazar, qui n'était gardée que par quelques pions indigènes. À l'embouchure du fleuve dans la rivière de Balassor, à deux lieues de l’entrée de la rade, il y avait une station pour les bots qui pilotaient les vaisseaux dans la rivière.

Il y avait à Chandernagor, en 1727, un personnel composé du directeur, du second, de cinq conseillers, d’un secrétaire-greffier, de six sous-marchands, neuf commis, deux aumôniers et deux chirurgiens. La garnison se composait d’une compagnie d’infanterie formée de trois officiers, quatre sergents, huit caporaux ou anspessades, trois fifres ou tambours, soixante-cinq fusiliers français, deux caporaux et dix-huit soldats topas, deux canonniers blancs

et un canonnier indigène. La dépense totale au Bengale était de 58,828 livres par an: tel était le second comptoir de la Compagnie.

Parti de Pondichéry peu après l’arrivée des vaisseaux deFrance, en juillet ou août, Dupleix était à Chandernagor au commencement de septembre (1).

Le conseil était assez mal composé. Les conseillers étaient le sieur Burat, dévot, mais peu intelligent; Guillaudeu, mal marié ; Saint-Paul, d'Herviliers, Groiselle, personnages des plus médiocres. Bien qu’il eût fort à faire dès son début, le jeune directeur s’ennuya, comme il dit, à merveille. « Pas une maison où je puisse aller avec confiance. Je me tiens chez moi, où les officiers me tiennent compagnie. Jacquart et Lacroix sont logés dans mon appartement; ce sont des témoins fidèles de ma conduite; ils pourront en rendre bon compte à qui jugera à propos de s’en informer. Jugez de ma situation au mois de janvier lorsque tout sera parti. Je ne saurai où donner de la tête. La famille de Guillaudeu, Saint-Paul et autres ne me conviennent point. J'aime trop la tranquillité pour me fourrer dans une bande de contes que je veux absolument éviter comme la peste. Ainsi, renfermé chez moi avec mes deux acolytes, je passerai le temps comme je pourrai, jusqu'à ce qu'il plaise à Dieu de m’envoyer quelqu'un qui puisse me soulager et à qui je pourrai m'ouvrir en toute sûreté (2). »

Il ne se plaisait pas au Bengale. Il demandait à son frère de l’aider se tirer « de ce pays qui était bel et bon pour gagner vite du bien, mais dont l’air n’y valait pas le diable. L’on y crève comme des mouches sans avoir le temps de la réflexion. Comme je veux vivre encore quelque temps, je te prie de m’en tirer à la première occasion. » Il désirait qu’au départ du gouverneur Lenoir, qu’il supposait à tort devoir être prochain, son frère fit tous ses efforts pour lui avoir ce poste (3). Il est vraiment digne de remarque que Dupleix, dont toute l’ambition à cette époque était de faire fortune, songeût à quitter pour Pondichéry le Bengale où il était à

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