SCÈNE PREMIÈRE DURAND, seul
Au lever du rideau, il dépouille sa correspondance. — Lisant.
«... Prie maître Durand d'assister à la soirée, etc.. On dansera.» (Autre lettre.) «Prie maître Durand de lui prêter
quinze louis...» (Grimace, autre lettre.) «VouS Supplie de lui
envoyer quinze francs...» A la bonne heure! (Autre lettre.) «... Cher ami, peux-tu me rendre le service de me prêter cinquante louis... Oui, n'est-ce pas?...» On appelle ça dépouiller son courrier, mais c'est mon courrier qui me dépouille moi! (il continue à décacheter ses lettres.) lime Semblait
qu'il me manquait quelque chose... la lettre anonyme... Présente! «Si tu fais acquitter Tapotard, je te chourine. Isidore, quinze années de campagne... en Nouvelle-Calédonie, vingt-cinq blessures... dislriljuées à droite el à gauche.» l'Une autre.) Une écriture de femme. « Tapotard est innocent. Je vous en supplie, failes-le acquitter. Une femme du monde, admiratrice de Tapotard.» ♦< Cher et illustre maître... (parlé.) Eu voilà un qui est poli au moins! ,'Lisdut.) « Vous ne m'avez fait condamner qu'à quinze ans, j'ai vingt-cinq ans, je reviendrai donc
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du bagne dans la force de l'âge. Je n'ai pas le sou pour vous payer; mais s'il y a prescription pour les crimes, il n'y a pas de prescription pour la reconnaissance. J'espère, à mon retour, faire une bonne affaire qui me permettra de m'acquitter envers vous. Encore merci, et espérez! Votre assassin dévoué, Victor Gabalard.
P. S. Gi-joint ma photographie. C'est tout ce que je possède. »
Il sonne. Charvat «atra.