ACTE DEUXIEME
DURAND, faisant delà modestie.
ÎI Oh! d'artiste... c'est beaucoup dire.
GOQUARDIER, avec force.
D'artiste, oui, monsieur.
DURAND
Gomme vous voudrez.
GOQUARDIER, à part.
J'ai vu bien des envieux dans ma vie, mais je n'en ai jamais vu de cette force-là.
LOUISE
C'est d'un confortable!
GOQUARDIER, essayant les facteuils.
On dirait des huit-ressorts. Ah! ce n'est pas un épicier qui se meublerait comme ça.
DURAND, basa Albert.
Il est dur pour toi.
ALBERT
y: J'y suis habitué.
^ GOQUARDIER, triomphalement.
Il me vient une idée.
ALBERT
V Laquelle? (a part.) Chaque fois qu'il lui vient une idée, ,>^ je suis dans des transes...
GOQUARDIER.
Quand je serai à Paris, je viendrai passer mes aprèsmidi ici.
LOUISE
Et moi, j'apporterai ma tapisserie.
DURAND, à part.
Comment? ils s'installent I (Haut.) Pour quoi faire?
GOQUARDIER.
On nous prendra pour des clients... Ça garnira.
DURAND
Dieu merci ! les clients ne me manquent pas, à moi,
COQUARDIER.
Qu'est-ce que ça peut nous faire, vos clients... def gens de rien.
DURAND
Ahl damel c'est la profession qui veut ça.
LOUISE, avisant un objet d'art.
Tiens! c'est gentil, ça! Je le porterai à la maison.
DURANDj bas, à Albert.
Dis donc?...
ALBERT, bas, à Durand.
^^ Voyons, tu peux bien nous donner ça comme cadeau ^ de noces.
COQUARDDIER, à part.
Est-ce qu'il va moisir ici. (Haut.) Vous devez avoir affaire, ce n'est pas dimanche aujourd'hui. Ne vous gênez pas pour nous, je vous en prie.
DURAND, bas, à Albert.
Il me renvoie. Gomment vas-tu te tirer de là?
ALBERT
Si nous allions faire un tour?
Du tout, nous sommes très bien ici.
LOUISE, retirant son chapeau.
Nous allons rester encore une heure.
DURAND, bas, à Albert.
Décidément, ils se méfient. Je ne puis cependant pas les mettre à la porte.
ALBERT, bas.
Je m'en charge. Si tu as à sortir, ne te gêne pas.
y' DURAND, bas à Albert.
Et surtout qu'on ne touche pas à mes papiers.