ACTE DEUXIÈME
Le duc est à Noisy. Bien.
PAQUERETTE, ahurie.
Le duo moisi... je ne comprends pas.
GOQUARUIER.
Mais s'il était revenu à l'improviste, et qu'il vous eût demanda la petite clef?
PAQUERETTE
Quelle petite clef?
GOQUARDIER.
Du vestibule, qui était dans la serre.
PAQUERETTE, ahurie.
Le vestibule était dans la serre? (a part.) Qu'est-ce qu'il me chante là ?
COQUARDIER.
Qu'auriez-vous répondu?
PAQUERETTE
Je ne sais pas.
COQUARDIER.
Tenez, j'ai un service à vous demander. Je vous le demande au nom du faubourg Saint-Germain, tout entier.
PAQUERETTE
Quel service ?
Renoncez à maître Durand! je sais que ce sera dur. Lorsqu'une femme de votre rang se décide à franchir le Rubicon du vice...
PjVQUERETTE.
Le Rubicon du vice?... Qu'est-ce que c'est que ça?
GOQUARDIER.
C'est une petite rivière italienne qui coulait du temps de César... (Reprenant.) Il faut qu'elle y soit entraînée par
une grande passion! Ah! je vois. Vous avez la maladie
dn siècle; vous êtes atteinte de névrose.
PAQUERETTE
Ail! est-ce que c'est long?
GOQUARDIER.
Pauvre femme! pauvre femme I... Pauvre névropathe ! !
PAQUERETTE
A.h ! dites donc?... vous savez... pas d'insolences.
GOQUARDIER.
Mais songez aux conséquences!... Que le duc revienne inopinément de Noisy... qu'il vous surprenne avec maître Durand... Il vous tue ! Bien !
PAQUERTTE.
Gomment? bien?
Je veux dire : ça ne me touche pas.
PAQUERETTE
Mais ça me toucherait? moi! (a part.) Ah! ça, il est toqué.
GOQUARDIER.
Mais il peut tuer aussi maître Durand !.. . Vous voyez bien qu'il faut renoncer à ces marques d'amour dont vous êtes folle, et ne plus mettre la clef sous le bananier.
PAQUERETTE
Sous le bananier?. .. Je la mettais sous le paillasson,
GOQUARDIER.
Il y a bananier dans la lettre.
PAQUERETTE
Je n'ai jamais écrit cela.
GOQUARDIER.
Ne niez pas! j'ai lu.