‹ Durand & Durand; comédie-vaudeville en trois actesChapitre 78 sur 79 · ACTE TROISIÈME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIÈME

ALBERT

Hélas I

COQUARDIER.

Et VOUS avez abusé de notre confiance à ce point?

ALBERT

J'étais fou de Louise.

LOUISE

Un épicier! Quelle honte!

COQUARDIER.

Monsieur, la Seine roule près d'ici ses flots tumultueux. Voulez-vous un bon conseil ?... allez ensevelir dans ses eaux troubles votre existence déshonorée.

ALBERT

J'y vais. (Fausse sortie lente, il se retourne.) J'y vais 1 COQUARDIER, à Louise.

S'il fait ça, c'est très beau.

ALBERT, se retournant.

Je vous laisse toute ma fortune, huit cer.l miHe francs.

COQUARDIER.

Nous l'acceptons 1 (a lousj.) Je ue le croyais pas si riche 1

ALBERT

Adieu pour toujours !

C0QUARDI"-R.

Prions pour lui.

LOUlSËi avac uucii.

Albert 1

ALBEUT.

Non, je vous en prie, n'insistez pns, je sni- trop coupable.

COQUARDIER.

Si cependant vous préférez deux ou troia ans de prison t

ALBERT

Plutôt la mort que le déshonneur.

COQUARDIER.

Attendez ! Nous délibérons 1 (a Louise.) Tout bon sentiment n'est pas éteint dans son âme.

L'âme d'un épicier I

ALBERT

J*y vais.

Fansse sortie.

GOQUARDIER.

Attendez I (a Louise.) S'il liquidait il ne serait plu» épicier, il serait rentier! (a Albert.) Nous sommes à vous tout de suite.

ALBERT

y ûh 1 je ne suis pas pressé.

GOQUARDIER, & Louise.

J'aurais accordé ta main à un rentier sans la moindra

hésitation.

LOUISE

Oui, c'est honorable, un rentier I

GOQUARDIER.

Voyons I voulez-vous liquider ?

ALBERT

Tout de suite !

GOQUARDIER.

Mais il est charmant, il fait tout ce qu'on veut.

LOUISE, à Albert.

C'est vrai que tu te serais tué pour moi?

Plutôt deux fois qu'une I

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