Mach, DieMechanik in ihrer Enlwickdang, II, vi
une psychologie qui se prolonge en métaphysique1. Nous ajoutions que pour la physique, dont le rôle est d'étudier les relations entre données visuelles dans l'espace homogène, tout mouvement devait être relatif. Et néanmoins certains mouvements ne pouvaient pas l'être. Ils le peuvent maintenant. Ne fût-ce que pour cette raison, la théorie de la Relativité généralisée marque une date importante dans l'histoire des idées. Nous ne savons quel sort tlélinitif la physique lui réserve. Mais, quoi qu'il arrive, la conception du mouvement spatial que nous trouvons chez Descartes, et qui s'harmonise si bien avec l'esprit de la science moderne, aura été rendue par Einstein scientifiquement acceptable dans le cas du mouvement accéléré comme dans celui du mouvement uniforme.
Il est vrai que cette partie de l'œuvre d'Einstein est la dernière. C'est la théorie de la Relativité « généralisée ». Les considérations sur le temps et la simultanéité appartenaient à la théorie de la Relativité « restreinte », et celle-ci ne concernait que le mouvement uniforme. Mais dans la théorie restreinte il y avait comme une exigence de la théorie généralisée. Car elle avait beau être restreinte, c'est-à-dire limitée au mouvement uniforme, elle n'en était pas moins radicale, en ce qu'elle faisaitde la mobilité une réciprocité. Or, pourquoi
1. Matière et Mémoire, loc. cit. Cf. Introduction à la Métaphysique (flev. de Métaphysique et de Morale, janvier 1903).
44 A RELATIVITE COMPLÈTE.
n'était-on pas encore allé explicitement jusque-là? Pourquoi, môme au mouvement uniforme, qu'on déclarait relatif, n'appliquait-on que mollement l'idée de relativité ? Parce qu'on savait que l'idée ne conviendrait plus au mouvement accéléré. Mais, du moment qu'un physicien tenait pour radicale la relativité du mouvement uniforme, il devait chercher à envisager comme relatif le mouvement accéléré. Ne fût-ce que pour cette raison encore, la théorie de la Relativité restreinte appelait à sa suite celle de la Relativité généralisée, et ne pouvait même être convaincante aux yeux du philosophe que si elle se prêtait à cette généralisation.
Or, si tout mouvement est relatif et s'il n'y a pas de point de repère absolu, pas de système privilégié, l'observateur intérieur à un système n'aura évidemment aucun moyen de savoir si son système est en mouvement ou en repos. Disons mieux : il aurait tort de se le demander, car la question n'a plus de sens; elle ne se pose pas en ces termes. Il est libre de décréter ce qui lui plaît : son système sera immobile, par définition même, s'il en fait son « système de référence » et s'il y installe son observatoire. Il n'en pouvait être ainsi, même dans le cas du mouvement uniforme, quand on croyait à un éther immobile. Il n'en pouvait être ainsi, de toute manière, quand on croyait au caractère absolu du mouvement accéléré. Mais du moment qu'on écarte les deux hypothèses, un sytème quelconque est en