‹ Duval, Alexandre, 1767-1842. Œuvres complètes d'Alexandre DuvalChapitre 122 sur 292 · ACTE I, SCÈNE VIL 2i · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE VIL 2i

D'un bout du inonde à l'autre, il potie son poison, Et des femmes^ surtout, il trouble ja maison : Chacune v«ut avoir, cette rdbe nouvelle Dont on trouve au journal un élégant modèle; La voisine , bientôt le copie à son tour ; Il en paraît un autre, ei^cor nouvel atour; Et chaque numéro, tourmentant femme et fill^. En, désolant lepoux^ ruine la &mille.

PAULINE, à part.

Ce journal, dont on dit aujourd'hui tant de mal, Dans des temps plus heureux était notre fanaL

Quels $ont ces livres-^là?

PAULINK. /

C'est de votre libraire Un envoi; le premier de ceux qu'il doit vous faire.

ÉLIANTE, ouvrant un livre.

Bon! encore un poëme appelé descriptif! .

Fut-il jamais un nom moins significatif?

Mais , comment d'un poète éprouve-t-on la flamme ,

Pour arranger, des mots qui ne touchent point l'ame ?

Oui, quand je lis ces vers,. j'éprouve un tel chagrin.

Que si de cet état j'étài$ le souverain ,

Je défendrais bientôt à Mos auteurs d'écrire

Tous tes yen descriptifs, sous peine.... de les lire.

PAÏJLUfE, à part.

Madame agit ainsi que bien des gens dé goût. Qui, sans avoir rien lu, jugent d'abord de tout.

ELIAN.TE, ouvrant d'antres livres.

Qu'est-ce encore que cela ? Ce sont les rapsodies

byGoogk

a!6 LA FEMME MISANTHROPE.

De nos aigles ^u jour : de tristes homélies. D'historiques Fom^ns et des romans pieux. Voluptueux sans sHtt ,* saintement ennuyeux. Je le dis à regret, notre siècle se rouille. Et la littérature est tombée en quenouille.

PAirLIir$,àpavt.

Arrachons-la bien vite è ces livres nouveaux, Ou tous nos grands auteurs ne^i^ront que des sots.

(Hâut.) .

Votre amie est sortie; elle viendra vous prendre, Et pour vous promener....

£i:iIANT.£.

Je ne saurais .l'attendre :

J'ai quelque afi&ire.

PAULINE

Où donc prétendez- Vous aller?

lÉIilANTE.

Que vous importe^ à vous? dois'^je donc vous parler De ce qui me regarde? En vérité, ma chère. Vous êtes avec moi beaucoup trop familière ! Mêlez-vous un peu moins....

PAUtlWE.

Madame, excusez-moi !

lÉLIANTE.

Je ne mê fâche pas; ni»$y faites-vous la loi De me laisser agir , vivre à ma fantaisie.

PAULINE

Pardon! ' .

ELIANTE.

Je n'aime pas que l'on me contrarie.

byGoogk

Page 1