ACTE I, SCÈNE X. aa
ÉLIACTTE. • '*
Je conviens que Yon peut critiquer ses mamèrei,
Qu'elles doivent m paraître singulières ;
Mais cependant, malgré le pliis bizari*e' esprit,
La bonté d'Alexis perce dans ce qu'il dit.
Ah ! pourquoi cet Edmond, que dans le monde on cite,
Ce colonel si beau, si fier de son mérite.
De son frère Alexis n'a-t-il pas la bonté !
Je ne me plaindrai9\pas de. sa déloyauté. I Mais trop ambitieux de rang et de fortune ,
La probité lui semble une vertu commune ;
Et pour devenir gmnd , il croit de son honneur
D'immoler une amante et peut-être son cœur.
Le perfide! l'ingrat! Mais chassons cette idée.
Quoi! de son souvenir suis-je encore oGsédée?
Non , pour le fuir j'irais au bout de l'univers.
Pourquoi ,' comme Alexis, heureuse en des déserts... Oui , ce projet me plaît. Conduite par le frère , Je pourrais habiter une terfe étrangère- Mais à cet Alexis dois-je donc m'âdoesser? Qu'ai-je à craindre? à mon sort.-jc puis l'intéresser. Que ne puis-je bientôt, sur de lointains rivages, Braver des passions les dangereux orages ! Oui , je veux m'éloigner. Quel sera mdn bonheur Si je puis vivre loin d'un lâche séducteur! Si je ne revois plus des lieux que je^ déteste , Où mon cœur est flétri, ma honte Qianifeste ! Des lieux où l'innocence a perdu tout crédit, Où les «serments sont vains, où l'honneur est proscrit ,