ACTE II, SCÈNE X
FRAKVAL.
Pourquoi? rieâ n'est plaisant autant qu'un amoureux. Et nous pourrions ici nous en nidquer tous deux.
ÉLI AlfTE,'d'an TÏrè forcé.
Oui, rien n'est plus plaisant.
FRANVAI..
Il faut bien nous entendre , Et voir à son sujet le parti qu'il faut prendre. Pliante.
( Preaant la lettre. ) ( A part. )
Puisque vous le voulez!*.. Oui, cest bien là sa main» IjC cruel !
FRAJîVAL,
Yoiis rirez de son piteux destin.
ÉL'IAirTE, ' .
Je le crois, j'en rirai.
[Elle lil.)n Mon frère, je ne pouvais apprendre c< une nouvelle plus agréable que celle de ton arrivée; « comme tes affaires ne te permettent pas de venir à « Paris, je vais partir pour aller te'voir. »
Comment! quelle nouvelle! v
Quoi! votre frère vient?
FRAKVAJL.
I^ chose est naturelle :
Depuis quinze àm, au moins, je ne l'ai pas revu; Il vient pour m'embrasser ; qu'il soit le bien venu !
Oui , vous avez raison. . ^
{Elle continue de lire.) « Je suis bien malheureux !
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« La femme que j'aimais le plus au monde vient de a m'abandonner. Si l'on . ije m'a point 4rompé , elle « habite Rouen. Ma cousine, qui la connaît beaucoup, « pourra t'indiquer saidemeure. Lorsque tu verras cette (c femme intéressante , essaie de la fléchir en ma faveur, « en l'assurant que je serai toujours le plus fidèle des « amants. Edmond Frawval. »
Vous vous troublez, madame Vous av^z donc connu cet objet qui l'enflamme ?
ÉLIANTJE.
Ah! si je le connais! par des nœuds d'amitié Mon cœur compatissant à son sort est lié.
FRAWVAL.
Tant mieux! le repentir ne peut jamais déplaire; Si cette femme-là n'a pas un caractère Difficile, orgueilleux, nous pourrons l'attefidrir.
ELIANTE.
Ne l'espérea jamais ! elle aime mieux mourir. .
FRAirVAL.
Par ce refus cruél, je vois que cette femtae
Eut beaucoup moins d'amour que de fierté dans l'ame;
Et, dans ce moment-ci, son esprit exalté
Lui fait sacrifier tout à sa vanité.
ELIANTE.
Grands dieux! à quelle honte un perfide m'expose! Non , ce n'est pas assez du chagrin qu'il me cause , Un ingrat, par l'appât du plus vil intérêt. Me fuit, après six ans, pour suivre un autre objet; Par les plus vils détours cet homme affreux m'abuse; 11 me trompe, il me quitte; et c'est moi qu'on accuse.
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