LAURETTE, BÉRENGER
LAURETTE
Réjouissez-Yous, gentil troubadour, vous resterez avec nous. Monsieur le baroi^ m'a un peu grondée de vous avoir reçus sans sa permission^ cependant il va venir vous proposer une question , et le vainqueur , sel(É|Hisage , sera couronné par mes mains et revêtu du ricne mantel. Tâchez de triompher.
BERENGER
Vous semblez le désirer? que cette préférence
3oo LE PRINCE TROUBADOUR.
m^enohante ! Je remporterai sur mou rival. Cependant je dois le craindre, ii est ainiable...
ïiAU,RETTE.
Oui , mais il a quelque chose dans les yeux de si hardi; il vous regarde d'une façon si singulière!...
BKREir.OER, à part.
Que Guillaume ne peut-il l'entendre!
LAUttETTE.
Est-ce vrai , ce que m'a dit ma tante ? que chaque troubadour a toujours une belle qu^il célèbre dans ses chants ?
BÉREKGKB.
Sans doute ; l'amour seul nous inspire.
IfAURETTE.
Cet usage-là ne laisse pas que d^être agréable pour la diime. J'aimerais bien à être la beauté d'un troubadour ,. pour m'entendre dire de jolies choses.
BÉRENGER
Permettez-moi ^^ belle La^rette , de vous adresser un joli sirvente.
LAUREtTE.
Dans lequel vous me direz que mes yeux sont comme des émeraudes , et mes dents comme des perles?
BÉREVGER.
Quelle charmante naïveté !
LAURETTE. JQft
Ainsi , vous serez mon troubadour ; et votre ami . qui a du goût pour les tantes , sera celui de mademoiselle Babolein. Commencez par composer jolie
byGoogk
^ SCÈNE Vhl. 3oi
chanson pour moi toute seule, et n'oubliez pa9 de dire que vous m'adorez, comme cela 4ve dît, enfin.
BÉRENGER
Plus blanche que la blapche hernie , Plus vive que Toise»! des champs »
Laurette , naïve, enfantine ,' Sans le savoir a des amants.
Voyez sa noire chevèinre , Semblable à l'aile du corbeau , A la plus modeste parure Ajouter un charme nouireau. .
Près d'elle » o vous que le sort guide ! De l'amour redoutez les lois; Chevalier que rien n'intimide , Tremble pour la première fois.