‹ Duval, Alexandre, 1767-1842. Œuvres complètes d'Alexandre DuvalChapitre 180 sur 292 · SCÈNE ÏX · texte numérisé non relu

SCÈNE ÏX

GUILLAUME,BÉRENGER, le BAR0>.

LAURETTE, le SÉNÉCHAL.

LE BARON

Mon sénéchal est-il là ?

LE SÉNÉCHAL, bégayant.

Oui , liions.... monsieur le baron.

LE BARON

Quon me présente les deux troubadours.

LA.URETTE.*

Les voilà, grand -papa: cest moi qui vous les présente. Ce sera plutôt fait.

LE SÉNÉCHAL

Mais, made.... made.... moiselle, la ce.... ce.... cérémonie....

GUILLAUME

Monsieur le baron, nous vous of&^ns.iios humbles respects.

LE BARON. A

{^Au sénéchal,^ Très -piètres troubadours. {Jui troubadours.^ De quel châtieau arrivez -vous dans ce moment ?

BÉRENGER

De la cour du prince Guillaume.

LE BARON, éloimé.

Ah! ah! c^est difFérent. Qu'en pensez -vous, wob sénéchal ?

byGoogk

SCBNE IX. 3o3

LE. SENECHAL

C'est.,, c'est... c!est très-difF... différent.

GUILlLAUME,.

Vous savez que ce prince est très-bon troubadour.

BÉRENG^K.

Et vous savez aussi qu'il ne l'ignore, pas.

Je le connais de réputation; et, certainement, s'il chante bien , il fait aussi beaucoup de sottises. .

GUILLAUME

Beaucoup de sottises?

le' SENECHAL.

Beau... beau... beaucoup de sottises.

LE BAROJET.

Il parcourt., dit-on, Içs provinces sous. le plusobstcur déguisement. Il s'intrpduit auprès de ses vassales, tantôt sous l'habit d'un pèlerin, tantôt....

GÇIL'LAUMÉ.

Tantôt sous celui d'un troubadour.. Ah! c'est un singulier original que ce prince.

LE BARON

Un original très-dangereux. Je respecte son rang, son esprit, ses ^ vertus militaire^; mais s'il osait, par de coupables intentions s'introduire chez le baron de la Touraille, je jure par mon épée, que je lui ferais... Qu'est-ce que je lui ferais, mon sénéchal?

LE SÉNÉCHAL

Vous... vous... vous lui fe... feriez....

GUILLAUME

Le plus aimable accueil. Vous diriez : voilà un jeune

3o4 LE PRINCE TROUBADOUR.

homme qui me dédommagera de fdubli que son père a fait de mes services ; i| fera ded réparations à mon château qui tombe en ruines de tous les côtés. Il dotera ma petite fHle , et...

L£' BARON

Voilà un troiibadôur qui ne raisonne pas trop mal. * ^

LAVUSTTE.

Moi , je déteste ce Guillaume ; et s'il osait paraître ici, je lui ferais'.... {Au sénéchal. ) Qu'est-ce que je lui ferais , mon sénéchal ?

LE BARON

Jeune folle !

LiLURETTE.

C'est un trompeur, et tous les trompeurs sont des méchants; mais c^est assez s'occuper de ce prince. C'est à ces gentils troubadours à mériter la réoompense que je leur destine. Le Voilà, 'Ce riche vêtement qui doit -être le prix du vainqueur. II. ne s'agit plus que de leur ,dire quelle est la question. '

' LE BARON

Mais la question , cela va sans dire : il faut qu'ils célèbrent le vin.

' LAURETTE. '

Non , qu'ils chantCHt l'amour.

LE SÉNÉCHAL

C'est à moi de pro... pro... po... po... poser.

BEHENGER.

La question, la voilà : lequel vaut le mieux du dieu du vin , ou du dieu de l'amour ?

byGoogk

S^CENE IX. 5o5

GUILIiAUME.

C'est raoi qui chanterai... .

LAURETTE

Vous ferez /Ce que je vous dirai.,, et puisque vous voulez choisir , vous chanterez le vin. ( A Bérenger. ) Et vous, Tamour.

LE BARON

Laurette a décidé. Prerion^^ pt^NÎ^ 9 mon sénéchal ; écoutons et jugeons.

( Ss s^astéyent. ) GUILLAJJME, bas à Bérenger.

Si tu veux triompher de moi, tâche d'avoir plus d'esprit qu'à ton ordinaire.

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