ACTE III, SCENE VIL
Ll GOBfTESSE. > ^
Bon! il est tout maussade.
On croirait , à lui voir cet air si rembruni , Qu'il a quelque motif pour nous bouder ainsi : Point du tout , je sais moi , qu'une heureuse aventure Va le mettre à la cour en très-bonne posture.
MERVAL
(Riant.)
Tant mieux , je le voudrais ; mais j'en doute , entre nous.
L A C G M T ES s E , avec finesse.
Il y fera, monsieur^ son chemin comme vous.
MERVAL. '
Peut-être. .
LA COMTESSE
( Bas à Montgéraa.>) (Haut. )
Qu'aî-je dit !... Quoi ? le sage des sages Voudrait aussi des cours affronter les orages ? Il prendrait un emploi ?
MERVAL
Sans l'avoir demandé, Si par le souverain il était accordé, ' L'accepter est devoir : oui , vingt ans de la vie , Nous devons nos talents au prince , à la patrie.
LA COMTESSE
Montgérw pense ainsi.
MONTGIÉRAIC, à Amélie , comme cherchant à interrompre.
Ma mère est de retour ?
Elle s'est ami^sée ?
AMIÊLIE.
Oh ! beaucoup. Un beau jour, Mei^ soins et de Merval l'obligeance empressée
436 lA MANIE DES GRANDEURS.
Ont ramené ma mère à sa gaîté passée.
Si l'on nous a servi des mets peu délicats, Nous avons bien plus ri qu'au superbe repas Qui cbez un grand seigneur est devenu le vôtre. Allez , votre dîner ne valait pas le nôtre.;
LA COMTESSE, riant.
Franchement , je le crois... mais je veux aller voir Cette bonne maman qui m'aura tout le soir. Près d'elle je me crois vraiment de la famille.
( À Amélie. )
Je serai votre sœur et sa seconde fille.
( Montrant MeryaL )
Il n'est que ce méchant ami de la maison Qui me boude toujours; mais j'en aurai raison: Je séduirai l'ingrat , je veux aussi qu'il m'aime.
•( Elle sort avec Amélie. }