‹ Duval, Alexandre, 1767-1842. Œuvres complètes d'Alexandre DuvalChapitre 66 sur 292 · ACTE II, SCENE IL · texte numérisé non relu

ACTE II, SCENE IL

trop grande frandiise te fait manquer aux usages du monde. Tu dis tout ce qui te passe par la tête , et avec une volubilité.... Ni le rang, ni Fâge ne t'intimident. Ah! la perte d'une mère nuit bien à l'éducation....

JULIETTE

Comme tu m'étonnes! moi je me croyais charmante; on ledit même à dix lieues à la ronde...» N'est-il pas vrai, Edouard?

EDOUARD

Oh ! charmante , en effet.

LA MARQUISE

Bonne caution ! * Mais n'ai-je pas remarqué tantôt avec quelle liberté tu parlais au roi ? , ,

JULIETTE

Mais c'est sa faute aussi ; il ne peut pas me regarder sans rire.... Et cela me donne une assurance... Au reste, tu me donneras des conseils; je les suivrai, car je veux absolument devenir aimable à la mode de Paris.

-LA MARQUISE

Soit, je veux m'en occuper, ainsi que de ton mariage ; j'ai quelque pouvoir çur l'esprit de mon oncle : d'ailleurs , je parlerai au, roi, et noui saurons tous les deux.... .

JULIETTE

L'exceHente idée! tu parleras au roi.... Mais il ne faut pas perdre de temps : les rois ont tant d'affaires, qu'il pourrait bien ne pas s'occuper des miennes. .

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LA MARQUISE

Il Ya bientôt sorth* de table , je l'attendrai dans cet appartenietit ; il faut d'abord me laisser.

JULIETTE

Sans doute. Allons, venez mauvais sujet. Si nous réussissons, je pourrai bien vous pardonner ; mais si vous ne devenez pas mon mari, je vous détesterai à la mort. Adieu , ma petite cousine. Oh ! que je t'aime!

(Elle Tembrasse.) LA M ARQ U I S £ , se croyant seule.

Ces pauvres enfants !

JULIETTE, levenant.

Ah ! n'oublie rien de ce que tu dois dire. Insiste bien sur ce que le roi ne l'emmène pas.

LA MARQUISE

Non , non ; sois tranquille.

EBOUAtRI) , reyenam attssi.

Ah ! dites bien au roi , qu'aussitôt que je serai Theurcux époux de Juliette, je le prie de me permettirede le rejoindre , et de combattre à ses côtés.

JULIETTE, %oi a entendu , reyenant encore.

Qu'est-ce que vous dites donc, combattre à ses côtés ? Eh bien ! je vou^ suivrai , moi aussi , et j'irai combattre aux vôtres.... Ah ! je vous y prends ; vous avez toujours de petits moyens secrets pour me fuir.... J'y veillerai ; je ne prends pas un mari pour l'envoyer promener en Pologne.

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