ACTE II, SCENE VIL i
LE GHEVALIliR, à part.
Charmante! elle m'excuse. (Haul.) Cependant sa réputation est cause que vous ne l'épousez pas.
LA MARQUISE
Si j pour ne pas fâcher le baron , je feins de partager ses Klées, le chevalier n'en règne pas moins sur mon cœur. {A part?) Il sourit!
LE CHEVALIER, à paru
Adorable femme! (^Haui,) Ainsi, je vois qu'en dépit de tout ce qu'pn vous en dit, vous finirez par l'épouser.
LA MARQUISE, à part.
Continuons sur le même ton , et montrons une tendresse... {Haut.) Comment vivrais-je sans cet espoir? Morange seul occupe ma pensée ; lui seul me fait connaître la douceur d'un sentiment qui semble s'augmenter par les obstacles que l'on veut opposer à mon bon • heur. (A part.) Comme son çeil s'anime!
LE CHEVALIER, ipart.
Elle me ravit. (Haut.) C'e$t vraiment de l'amour; son absence pourtant.... .
LA MARQUISE
L'absence ne feit qu'augmentel^ la force^d^ ma passion; et le délire de mon imagination est tel,, qu'un simple rapport de traits me paraît une ressemblance parfaite. Enfin, Je croiriéz-vous , sire? depuis que j'ai eu le bonheur de vous vefu^oiitrer , je crois . être auprès du chevalier : c'est Itti-meme que je vois dans votre auguste personne. Voilà sa tailje noble et élevée -»
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i34 LE FAUX STANISLAS;
l'expression si douce de §es yeux, son geste aisé , sa démarche fière...,
liE CHEVALIER paraît agité. — A part. .
Ah! que de détails!...,
LA MARQUISE, àpart*
Il paraît embarrassé. (Haut.) Ah! si le respect que je dois à votre personne sacrée ne me ramenait à mon devoir , j'oserais faire éclater tout le plaisir que j'éprouve en revoyant l'homme chéri auquel mon existence est. enchaînée pour la vie.
LE CHEVALIER
Cette, constance est louajje; vous m'inspii'ez un intérêt réel pour ce bon chevalier. C'est sans doute un homipe de înérite; je ferai quelque cho^epour lui.
LA lUARQXTISE,
Quoi! sire, yous daigneriez....
LE CHEVALIER
Je vous invitç donc , malgré les persécutions de votre oncle , à persister dans votre amour. Mais quelles raisons peut avoir le vieux gentilhomme....
LA MARQtTlSE.
Il prétend que j'ai tout à redouter du caractère du chevalier ; puis il voudrait me faire épouser un de ses amis, le comte du Laure, le gouverneur de Brest... t
LE CHEVALIER, ft part.
En effet, c'est un de^ se$ anciens adorateurs.
LA MARQUISE
Quelque aiinable que soit ce gouverneur , je ne céderai point aux désirs de mon oncle.
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