ACTE II, SCÈNE VIL
LA MARQUISE
Tous les jours un rapport de traits peut tromper; mais jamais le hasard n'a^ par de semblables indices....
LB GHEYALIEE, froidement.
J'ignore , madame , ce que vous voulez dire. L'orgueil entre rarement dans mon cœur. J'apprécie les grandeurs humaines ; mais , puisque le hasard m'a fait roi , je suis forcé , malgré moi , d'en faire respecter l'auguste caractère.
LA MARQUISE, à part.
Grands dieux! me tromperais-je? Non, c'est impossible.
LE CHEVALIER, à part.
Sa vivacité se ralentit. ( Haut.) Je pénètre le motif qui vous engage à vouloir absolument que je sois votre amant. Vous avez vu l'impression que vous avez faite sur moi : alors , quel est le moyen de triompher de ma raison? C^est de détruire tout à coup les obstacles , de rapprocher en un instapt la distance qui nous sépare.,...
LA .MARQUISE
Ah! grands dieux!.... Quoi, sire, vous pourriez penser.... ^
LE CHEVALIER
Mais enfin, madame, que puis-je penser de vous, par l'opinion même que vous avez de votre amant ? Ce chevalier de Morange, dont on me rompt la tête depuis ce matin , est donc un vfai fou , un échappé des Petites-Maisons? Comment! vous le croyez capable de se jouer de l'autorité la plus respectable , de
byGoogk
i38 LE FAUX STANISLAS.
se parer des premiers ordres de Fétat!... Et pourquoi ?... Pour quel motif risquerait-il sa tête?,...
LA MARQUISE
Ah! c'est là cette énigme que je ne puis deviner ; ce mystère impénétrable....