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Mais une troisième conclusion nous semble se dé= gager de cette enquête historique.
Il est très vrai que, au xur° siècle, les péripéties par lesquelles avait passé en son développement la doctrine du mode de la présence réelle, étaient déjà oubliées : on vient de voir à quoi se réduit la place que leur fait Pierre Lombard; quant à Gratien, il met sous le nom de saint Augustin des textes de Lanfranc et de saint Ambroise! Il est très vrai que en 1079, en répudiation du nominalisme de Bérenger, on affirme, aussi fortement que les termes peuvent l’affirmer, la présence du « vrai corps du Christ » de sa « vraie et propre et vivifiante chair », celle qui est née de Marie, celle qui a été immolée sur la croix, celle qui est désormais à la droite du Père, « in pro prietate naturae et veritate substantiae ». Mais il est très vrai aussi que cette présence a été entendue aussitôt et sans hésitation d’une présence surnatu: relle, et qui est telle que le corps du Christ s’y coms porte comme un esprit. M. Harnack a dit quelque part que saint Augustin n'aurait rien eu à objecter la doctrine eucharistique de Bérenger : quel para doxe ou quelle illusion! Bérenger croyait à la pré sence en figure, et Augustin était, en dernière ana
lyse et quoi qu'on dise, un réaliste. Saint Augustin aurait applaudi à une formule, comme celle-ci, qui est de saint Thomas : « Corpus Christi non est in hoc sacramento secundum proprium modum quantitatis | dimensipae, sed magis secundum modum substantiae. »! Il aurait trouvé toute la satisfaction qu'il désirait, dans le soin que mettent nos théologiens modernes à distinguer la présence sacramentelle et la présence naturelle du corps du Christ, et à relever | l’analogie qu'ils découvrent entre la présence sacramentelle du corps et la présence in loco d’une substance spirituelle ?. Et si toute cette terminologie aris- | totélicienne lui avait paru extérieure à l’ Écriture et à la Tradition, il en aurait aimé les précisions comme un progrès, étant assuré d’ailleurs que l'Église ne voit dans le mot même de re tten qu'une appellation ecclésiastique, non la plus apte, mais très apte à nommer le miracle de la conversion, — «quam | quidem conversionem catholica Ecclesia aptissime transsubstantiationem appellat® », — et à détermi- | ner le mode d'être sacramentel du corps du Christ, | — « existendi ratio quam verbis exprimere vix | possumus * ».