‹ Eaux minérales des PyrénéesChapitre 59 sur 88 · LIEUX D'OBSERVATION · texte numérisé non relu

LIEUX D'OBSERVATION

Au robinet. Cabinet» o" 1 et 2.

id.

Au robinet des baignoires.

id.

id.

id.

A la buvette; cette source n'est pas employée en bain.

Au robinet des baignoires.

id.

Au réservoir.

Au robinet.

Au réservoir.

A la buvette.

Au robinet des baignoires.

Au griffon

id.

Au robinet des baignoires.

Au robinet des baignoires.

id.

Au griffon.

id.

Au griffon.

id.

COULENT SUR LA VOIE P'JII |i TE.

Dans la baignoire.

id.

Au robinet des baignoires.

Dans le réservoir.

Au robinet des baignoires.

ul.

id. (Celte source m'a paru assez fortement alcaline.) A la buvelle.

A la source.

A la buvelle.

id.

Au griffon.

A la canelle.

id.

Au griffon.

id.

id.

id.

id.

de l'aiuége. 387

cifique , 1,0045. Source n° 5, servant aux douches, température 66,87; pesanteur spécifique 1,0044.

Source n° 1. Source u" 5.

Muriate de soude Ogr.0354 Ogr. 0532

Matière végéto-animale. . 0 0390 0 042(J

Carbonatede soudedesséc. 0 0815 0 0690

Silice 0 0390 0 0442

Oxyde de manganèse. . . 0 0036 0 0036

Alumine 0 0018 0 0036

0 gr. 2375 0 gr. 244."»

Le tableau ci-contre, qui résume les expériences que j'ai laites , en 1853 , fera connaître les températures , la richesse en sulfure de sodium, el l'alcalinité des principales sources.

Toutes les expériences portées dans ce tableau ont été exécutées avec un soin minutieux ; des essais faits sur les eaux, soit refroidies, soit additionnées de chlorure de barium, m'ont permis de tenir compte de l'influence de la température et de l'alcalinité de l'eau sur le degré sulfhydrométrique, et de corriger convenablement ce dernier. Quand il s'est agi des eaux considérées sur les lieux d'emploi, la correction a été telle que le degré sulfhydrométrique a été quelquefois réduit à zéro ; d'autres fois , il a dû être diminué de 40 à 50 p. %. Ceci prouve une fois de plus que lorsqu'on fait des expériences de ce genre, sans s'entourer des précautions convenables, on s'expose à commettre des erreurs grossières.

dS8 EAUX SULFUREUSES

J'ai découvert , dans les eaux d'Ax , des traces d'iode et de borate de soude.

M. Alibert-Constant , qui s'est occupé de l'étude des eaux d'Ax , les divise en trois familles ; les caractères de la première famille sont les suivants :

1° Elles n'ont pas d'odeur ;

2° Elles louchissent en blanc par l'acétate de plomb ;

3° Elles ne déposent pas de barégine.

Les sources de la seconde famille ont les caractères suivants ;

1° Elles dégagent une odeur hépatique plus ou moins marquée;

2° Elles noircissent par l'acétate de plomb;

3° Elles déposent de la barégine.

Voici les caractères de la troisième famille :

1° Elles dégagent une odeur hépatique très-marquée ;

2° Elles noircissent par l'acétate de plomb ;

3° Elles ne contiennent pas de barégine et ne laissent déposer sur leur passage que du soufre en nature.

En conséquence, les eaux de la première famille ne contiennent ni soufre ni barégine ; les eaux de la seconde famille contiennent du soufre combiné et de la barégine; les eaux de la troisième famille contiennent du soufre libre et pas de barégine.

M. Alibert a présenté dans le tableau suivant les sources d'Ax, groupées en famille, avec la température de chacune d'elles en regard.

de l'ariége. 389

Principales sources iVAx, disposées en familles. Première famille.

Basse 24°00

Rougnoux 24,50

Canalette. 25,00

Montmorency 31,00

Fontaine du jardin du Teich. . . 31,00

Pompe du Teich 32,00

N° 9 du-Breilh 33,00

N° 1 du Breilh 36,00

Gourguette 36,00

N° 6 du Teich 38,00

N°4 du Breilh 41,50

N° 7 du Breilh 48,00

Eau bleue du Teich 48,00

Nos 11, 12 et 13 du Breilh. . . . 51,00

Etuve du Breilh 63,00

Deuxième famille.

N° 4 du Couloubret. 39,60

Saint-Roch (à gauche) 40,00

Coustoux (à gauche) 42,00

id. (à droite) 42,50

Saint-Roch (à droite) 44,00

Bain fort (nouveau) 44,50

id. (ancien). 45,00

N° 4 du Teich 46,00

Source Astrié 46,00

Petite sulfureuse du Breilh. . . . 47,00

À droite dans la grotte du Teich. 48,00

Pyramide du Breilh 52,00

Grotte du Teich (à gauche). . . . 53,00

kl. (au milieu). . . 55,00

Fontan 58,00

Troisième famille.

Puits d'Orlu 64,00

Quod 64,00

Etuve au coin du bassin deLavre. 64,00

Pyramide du Teich 65,70

Etuve de l'Hôpital (source à droite). 67,00

Etuve de l'Hôpital (au milieu). . . 68,00

Yiguerie 73,50

Canons. 74,80

Rossignol inférieur 76,75

Rossignol supérieur 77,00

Il m'est impossible d'accepter la manière de voir de M. Alibert; il est bien vrai que les sources qu'il désigne comme n'étant pas sulfureuses fournissent avec l'acétate de plomb des précipités blancs quand on les examine sur les lieux d'emploi; mais quand on les analyse à leur griffon ou le plus près possi ble de ce griffon, il est très-facile de s'assurer qu'elles sont primitivement sulfureuses et qu'elles ont perdu en route le peu de sulfure alcalin qu'elles renfermaient. Ainsi, par exemple, en examinant dans le réservoir lui-même la source n° 1 du Couloubret (la Gourguette) , j'ai reconnu, sans peine . qu'elle était manifestement sulfureuse. L'eau bleue

de l'ariége. 391

du Teich est évidemment une eau sulfureuse dégénérée qui tient du soufre en suspension , comme M. Fontan l'avait depuis longtemps reconnu.

Si M. Alibert eût concentré de l'eau de l'une de ces sources , il n'eût certainement pas écrit qu'elles ne contiennent pas de barégine. Toutes les sources sulfureuses, quand même elles sont dégénérées, renferment une matière organique azotée en dissolution , comme l'a dit Anglada ; mais toutes ne la laissent pas déposer à l'état insoluble, et on aurait tort de conclure de l'absence du dépôt à l'absence de la matière organique en dissolution.

Des observations du même genre peuvent être faites relativement aux eaux de la troisième famille. J'ai fait évaporer de l'eau de la source Viguerie, pour y constater la présence de l'iode ; j'ai fait évaporer plus tard de l'eau des canons pour y rechercher l'acide borique, et j'ai trouvé dans toutes les deux de la matière organique en dissolution.

Enfin , il m'est impossible d'admettre que les eaux de la troisième famille contiennent du soufre libre. J'ai expliqué , en parlant des eaux de Luchon, la manière dont se produisent ces dépôts de soufre. et ce que j'ai dit des premières est, de tout point, applicable à celles d'Ax.

Quoi qu'il en soit, il résulte de tout ce qui précède que les eaux sulfureuses d'Ax sont abondantes et variées , et qu'elles offrent aux médecins et aux malades des ressources très-considérables. L'aménagement de ces eaux laisse encore à désirer, mal-

gré les louables efforts qu'ont faits leurs propriétaires pour les placer dans de bonnes conditions.

On peut donner à Ax des bains d'eau sulfureuse dégénérée, à des températures basses, à des températures moyennes, et des bains chauds. On peut y administrer, en outre, des bains sulfureux moyennement riches, et on y administrera, quand on le voudra, des bains contenant autant de sulfure de sodium que ceux de Baréges. Il suffirait , pour y parvenir, de recevoir, par exemple, l'eau de la source Viguerie dans un serpentin dont le tube fût d'un diamètre tel , que l'eau pût en remplir entièrement la capacité; il faudrait, en outre, que l'eau qui doit être serpentinée fût prise au griffon même et ne servît pas, comme cela a lieu actuellement, à échauffer l'étuve du Teich. II serait facile de partager la source en deux portions, dont l'une serait destinée à l'étuve, et l'autre au serpentin. En refroidissant l'eau de la source Viguerie jusqu'à 35° à l'abri de l'air , on obtiendrait des bains qui eon tiendraient, par 300 litres d'eau, 8 gr. 520 de sulfure de sodium.

Les propriétés thérapeutiques des eaux d'Ax ont été soigneusement étudiées par le docteur Gustave Astrié, à la thèse duquel j'ai fait de nombreux emprunts.

M. Astrié divise les bains en doux, en moyens et en forts ; les buvettes peuvent être classées de la même manière.

Les sources douces conviennent pour le traite-

de l'ariége. 303

ment des affections nerveuses; elles fournissent des bains qui , bien que sédatifs, ne sont pas débilitants. L'eau Bleue du Teich a la réputation d'être antigraveleuse. Parmi ces sources, on distingue, au Couloubret, la Canalette, la Gourguette, Montmorency; au Breilh , les sources nos 1,2, 3, 4 et la source Nouvelle; au Teich, le n° 6, l'eau Bleue, la buvette de Saint-Roeh , l'eau du Grand-Bassin , la Pompe.

Les sources moyennes conviennent dans les cas spéciaux où est indiquée l'action thermale et sulfureuse (rhumatismes, dartres, scrofules), mais où une susceptibilité vive du système nerveux ou de l'appareil circulatoire prescrit une application prudente et graduée de ces agents. On tire aussi un bon parti de ces eaux pour combattre certaines affections subaiguës de l'utérus.

On peut citer, comme appartenant au groupe des eaux moyennes : au Couloubret, le n° 4 et l'eau du réservoir qui alimente les cabinets 5,6, 7,8 et 9 ; au Breilh , la Petite sulfureuse , le n° 6 , la Pyramide; au Teich, le n° 4, la buvette ouest de Saint-Roch, la source Astrié , la buvette du Petit Robinet.

Les sources fortes conviennent plus particulièrement aux individus doués d'un tempérament mou, lymphatique, à réaction organique lente et paresseuse, aux maladies fixes et rebelles, aux affections chroniques enracinées.

Parmi ces eaux, je citerai : au Couloubret, les

o94- EAUX SULFUREUSES

deux bains forts, la douche et l'étuve; au Teich , la source Viguerie, la Grande Pyramide, la source Quod; au Breilh, la source Fontan.

Les eaux d'Ax sont, par leur température élevée et par la facilité avec laquelle elles émettent de l'acide sulfhydrique, mieux appropriées que d'autres à l'entretien des étuves humides. Il existe dans l'établissement du Teich une étuve dans laquelle la température de l'air s'élève à 48°. Ces étuves, dit M. Astrié, ont une action très-puissante contre certains rhumatismes tenaces et certaines dartres rebelles. « Envoyez-nous, écrivait M. Astrié père à un médecin éminent de Paris (1) , les malades accablés de rhumatismes, couverts de dartres ou de tumeurs scrofuleuses, les lymphatiques à chairs molles et bouffies , à fibres peu irritables, les paralysies partielles par cause métastatique , les pâles couleurs par suppression de règles , etc., et ils vous rapporteront de bonnes nouvelles de nos eaux. »

M. Astrié a donné dans sa thèse le tableau des maladies traitées aux bains d'Ax , pendant dix-neuf ans, par son père et par M. Rolland, avec les résultats du traitement hydrothermal, comparé dans les trois établissements du Teich , du Couloubret et du Breilh. Je regrette que l'étendue de ce tableau ne me permette pas de l'insérer dans cet ouvrage; je renvoie donc ceux qui voudraient le consulter à la

(1) De la Médication thertnale appliquée; par le docteur Gustave Astrié, page 39.

DE l'ariége. 395

thèse remarquable de M. Astrié, pages 40 et suiv. ils y trouveront le résumé de 17,028 cas observés de 1826 à 1845.

Enfin, pour compléter les données précédentes j'emprunte au rapport de M. Pâtissier, publié en 1852, le tableau suivant, extrait des travaux de M. Alibert.

TABLE A U récapitulatif des maladies traitées à Ax pendant l'année 1850, par M. Alibert.

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