‹ Eaux Thermo-Minérales d'UssatChapitre 16 sur 30 · EFFETS PHYSIOLOGIQUES · texte numérisé non relu

EFFETS PHYSIOLOGIQUES

4° La Buvette

Il est classique de dire, après M. le professeur Landouzy, et à propos des deux grandes stations de l'Ariège, qu’ « à Aulus on y boit, et qu’à Ussat, on s’y baigne ». Et pourtant tel n’est pas l’avis de tous les médecins qui se sont occupés ou s’occupent encore de la station.

En 1899, M. le D' Pujol, actuellement médecin des thermes, dans « une esquisse d’hydrologie clinique sur quelques maladies traitées à Ussat », s’exprimait ainsi: « Il nous semble que l'emploi de l’eau d’Ussat, en boisson, a été, bien à tort, délaissé, sous prétexte que cette eau était trop séléniteuse. Elle peut rendre de grands services dans l’entérite chronique, et dans les maladies qui sont sous la dépendance des dyscrasies acides, notamment dans la dyspepsie goutteuse. Nous pensons qu'on peut obtenir les mèmes résultats qu'avec, la grande source de Capvern, Vittel ét autres eaux simi-

aires.» M. Rotureau, dans son article sur Ussat, du Dic-

io 2

tionnaire encyclopédique de sciences médicales recommande, lui aussi, l’usage de ces eaux à l’intérieur dans les affections gastro-intestinales.

Pour nous, qui avons vu les malades soignés par M. le D' Pujol à l'établissement thermal, et qui tous, suivaient le traitement intus et extra, à leur grande satisfaction morale, (car il est curieux de constater combien peu les profanes croient aux vertus curatives des simples bains), nous n’avons pas constaté de malaise grave, chez ces derniers, après ingestion de deux ou trois verres d’eau hydrominérale.

Nous avons, nous-mème, pris à la buvette deux verres de cette eau, agréable au goût, et nous n'avons pas été incommodés. À peine avons-nous ressenti, quelques heures après l’ingestion, de légers effets diurétiques.

Mais, par contre, nous avons pu observer du vertige avec ébriété, chez un pauvre névropathe qui, croyant accélérer sa guérison, avait eu l’imprudence d'avaler huit ou dix verres d’eau de la buvette.

Nous fûmes réveillé aussi, pendant uné nuit, à l’hôtel du Parc, où nous logions, et en attendant l’arrivée du D' Eénac, pour donner nos soins à un autre malade qui, ayant avalé six ou huit verres d’eau de la buvette, manifestait tous les symptômes de l’indigestion.

M. le D' Cénac nous assura que le cas était fréquent el lui, ancien directeur des thermes, médecin consultant depuis de longues années à Ussat, ne se montre pas du tout partisan du traitement interne avec l’eau de la station.

Pour nous, nous nous en rapportons une fois de plus

à la haute autorité de M. le professeur Garrigou, qui,

dans la première partie de son volume sur la Synthèse

hydrologique des Pyrénées, s'exprime ainsi :

« Les eaux sulfatées contiennent du sulfate de chaux et du sulfate de magnésie. C’est à ces deux substances que sont dues les actions si multiples et si simples à la fois de ce genre d'eaux.

« Étudier les effets physiologiques du sulfate de chaux c'est entreprendre un travail qui n’est pas de longue durée. En absorbant, par exemple, quelques verres d'eau d’Ussat-les-Bains, qui est un type d’eau sulfatée calcique, on observe une surcharge très prompte de l'estomac et de l'intestin, qui finissent par réclamer l’emploi des vomitifs et des purgatifs, pour être débarrassés de la dyspepsie consécutive à cette eau. « Il en est de même de la plupart des eaux de cette nature, et ce n’est que lorsque le sulfate de magnésie domine et qu’une action franchement purgative et diurétique se manifeste, que les eaux sulfatées ont une influence physiologique tranchée et vraiment manifeste. »

Tel n’est pas le cas des eaux d’Ussat où, nous l’avons

vu, le sulfate de magnésie est en moindre abondance

que le sulfate de chaux.

Nous n'’ajouterons donc rien aux paroles de notre

maitre : tout commentaire serait superflu.

L'inutilité et même le danger de la buvette aux ther-

mes d’Ussat, doivent désormais être évidents pour

tous.

Les Douches.

L'action physiologique des douches, données avec de l’eau d’Ussat, est très complexe, et elle ne diffère pas sensiblement de l’action des douches tièdes (28°).

On les fait durer à Ussat de cinq à dix minutes.

Elles constituent, nous l’avons dit, un merveilleux auxiliaire, du traitement sédatif, et il est impossible de ne pas reconnaître qu'à Ussat, comme à Dax et à Néris, d’ailleurs, eaux à peine minéralisées, elles donnent souvent des succès inespérés dans la crue de cer-

taines névroses.

Bains.

Si l’action physiologique des eaux d’'Ussat, employées à l’intérieur, ou à l’état de douches peut se discuter, il n’en est pas de même de celle des bains.

Dès les premiers jours du traitement, il se produit, chez le.malade, une légère excitation. Celui-ci éprouve des fourmillements sur tout le corps; quelques plaques érythémateuses apparaissent même parfois, disséminées çà et là, légèrement prurigineuses. Chez d’autres, les phénomènes sont plus marqués encore, surtout s'ils commencent leur traitement par des bains à température trop élevée. Ils éprouvent alors de l’inappétence, de la diarrhée, de l’insomnie, de la céphalée, en un

mot toutes les manifestations de la fièvre thermale,

Ha PISE l’étal pathologique s'exacerbe, le pouls se ralentit, et chez les femmes il se produit un retour prématuré des ménstrues.

Puis, avec la continuation de la cure, ces phénomè-. nes s’amendent peu à peu, et, en général, du quinzième au vingtième bain, il se produit l'effet que l’on attend de celui-ci.

Cette action est « sédative, antidouloureuse, antiner- ‘ veuse, anticongestive ».

Si l’on pousse plus loin le traitement hydrominéral, on voit se produire du trentième au quarante-cinquième bain des phénomènes de saturation, caractéri- - sés par de la somnolence, du sommeil lourd et exagéré, de la fatigue générale, en un mot par un véritable affaiblissement.

Comment se produit cette action physiologique ? Il semble que les eaux d’Ussat doivent à leur alcalinité, à l’acide carbonique, à la silice qu’elles contiennent de modifier les sécrétions purulentes ou non, de l’utérus et du vagin, qu’elles agissent sur les exsudats péri-utérins en facilitant la résorption des tissus néo-formés, en même temps que, par leur pouvoir sédatif, elles calment les douleurs qui ont pu se produire à la suite des adhérences établies dans ces régions.

Quant à la façon dont se produit cette sédation, elle est plus délicate à expliquer.

Le bain agit d’abord comme agissent tous les bains chauds, c’est-à-dire d’une température variant entre 30 et 37 degrés. Ceux-ci ont, en effet, une action calmante

sur le système nerveux et il est bien connu qu'ils repo-

Eee sent des grandes fatigues et sont un moyen de provoquer le sommeil.

Ensuite le bain chaud décape la peau, la débarrasse de ses impuretés, la rend plus souple, plus élastique, et surtout plus perméable.

Et c’est là un point essentiel, car il y a certainement

des échanges entre le milieu liquide et l’organisme.

La peau jouit d’un pouvoir absorbant.

Qu'il nous soit permis d'ouvrir ici une parenthèse pour ce pouvoir « absorbant de la peau ».

C’est un « pouvoir » que l’on discute encore, et il ne nous semble pas sans intérêt d'indiquer, à propos des propriétés physiologiques des eaux d’Ussat, les opinions de nos maîtres sur ce sujet.

M. le professeur Robin a nié ce pouvoir absorbant de la peau, et dans un travail sur les eaux chlorurées sodiques il a conclu que les phénomènes relatés dans les observations de M. Gauly, son interne, sont dus à l’action du chlorure de sodium sur le système nerveux périphérique et non à une absorption cutanée qui ne se produit pas. |

Or, à la suite des expériences de Séguin, de Magendie, de Ritter, de Stass, de Tauber, de Winternitz, de Koptff, de MM. Guiniard et Bouret, et surtout des travaux de MM. du Mesnil et Schüm, M. le professeur Garrigou en est arrivé à formuler ces conclusions définitives :

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1° La peau absorbe facilement, même à l'état ordinaire, les gaz libres, ainsi que ceux que peuvent dégager des substances mises en contact avec elles ;

2° La peau humide et ramollie peut absorber par imbibition ;

3° La peau décapée et privée de son épiderme soit superficiellement, soit un peu profondément, absorbe mieux encore ;

#° La peau sèche n’absorbe pas, ou n’absorbe que très difficilement certaines substances mises en contact avec elle.

Étant donné la composition des eaux d’Ussat, leur température, il est, à présent, fort simple de comprendre les effets physiologiques que produit la seule balnéation ; et, puisqu'elle est un moyen, le meilleur, d’introduire dans l’organisme les substances ou les gaz contenus dans ces eaux, pourquoi avoir recours à la buvette et exposer le tube intestinal à se mal trouver de lPabsorption pénible du sulfate de chaux indigeste ?

Tels sont, succinctement exposés, les effets physiologiques des eaux d’'Ussat. Nous pourrions joindre à ceux-ci ceux qui résultent de la vie calme et reposante passée sous les grands arbres du pare, sur les bords de l'Ariège, à une altitude modérée, loin des soucis inhérents à la vie des grandes villes.

Comme eux, ils sont sédatifs.

Et maintenant, en admettant que le mécanisme de cette sédation précieuse reste encore obscur, incompris, ne doit-on pas se rappeler que si les eaux minérales sont Des êtres vivants que l’on dissèque en les ana-

lysant, elles ont ceci de commun avec l'être vivant qu'on ignore ce nescio quid, ce quid ignotum, ou mème ce quid divinum qui leur donne la vie ?

Est-ce un groupement moléculaire ? un principe électrogène? un principe radiogène? ou quelque dynamisme, selon les conceptions de Burq ?

mais ce que nous pouvons dire,

Nous l’ignorons ; c'est que ces « eaux vivantes » sont des «eaux bienfai-

santes » puisqu'elles guérissent — et voilà tout !

INDICATIONS THERAPEUTIQUES

Quels sont donc les malades justiciables d’être guéris à Ussat ?

Ussat est surtout la station des femmes, le « bain des dames » et particulièrement des « femmes à utérus

tourmenté ». C’est aussi le bain des nerveux.

Maladies de l'utérus et de ses annexes.

Parmi les états pathologiques utérins et annexiels susceptibles d’être traités à Ussat, il faut citer d’abord tous les troubles de la puberté et de la ménopause.

L'aménorrhée et la dysménorrhée toujours concomitantes à des troubles nerveux et liées à des troubles vaso-moteurs du côté de l'utérus se trouvent à merveille de la cure sédative que l’on fait à Ussat. De même la congestion utérine, les métrorrhagies consécutives à des métrites ou à des tumeurs fongueuses guérissent ou s’amendent par la cure faite en cette station.

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Dans ces diverses affections les bains semblent agir en modifiant avantageusement les cas pathologiques dans la symptomatologie desquels entrent la congestion et l’hémorragie utérines, en calmant par leur action sédative l’éréthisme utéro-ovarien, en agissant sur les vaso-moteurs et en tenant lieu de toniques, parce que sédatifs, sur les anémies et le manque d'influx nerveux causes fréquentes des congestions utérines.

Quoi qu'il en soit, la station est un merveilleux lieu de cure pour ces affections, et àce propos, M. le D’ Garrigou s'exprime ainsi : « Nous devons placer en première ligne, pour prévenir le retour de ces hémorragies redoutables et pour calmer la prédisposition congestive de la matrice, les eaux d’'Ussat, à température appropriée au sujet, et avec lesquelles, de tous temps, on a obtenu des résultats vraiment admirables.

Nous possédons un nombre considérable d’observations qui nous sont personnelles et qui nous ont permis d'affirmer l’exactitude des guérisons obtenues. par d’autres médecins dans cette station dont la vogue a malheureusement été atteinte par les goûts actuels de la clientèle des eaux. La mode exige du mouvement, du bruit et des jeux, et les stations de femmes métrorrhagiques ne devraient être qu'un séjour de calme et de repos. »

La métrite chronique, avec ou sans déviation, prolapsus, granulations, ulcérations du col, mais la métrite

chronique seule est justiciable du traitement hydrominéral.

« Elle s’accompagne, comme le dit Durand-Fardel, dans son Zraité des eaux minérales, d’un état névropathique général, de névralgies du tronc et de l'utérus. »

Qui dit métrite chronique dit donc, presque forcément, maladie du système nerveux. Or, quelles eaux, mieux que les eaux sédatives d’Ussat, pourraient réussir dans ce genre d'affections ?

Le bain à eau courante et à basse tempéraiure (34°), aidé du spéculum, placé à demeure durant sa durée, donne, en effet, des résultats surprenants. Les douches locales, prises à des températures variables suivant les cas et la tolérance des malades, constituent un précieux adjuvant dans les cas « d’inflammation cireum-utérine. »

L’ovarite, la salpingile, sont ainsi guéries ou du moins grandement améliorées à Ussat.

Elles y profitent de l’action qu'ont toutes les eaux calmantes sur ce genre d’affections.

« Une cure dans une station chlorurée forte, franchement résolutive et reconstituante parfait au besoin la guérison, surtout si l’on ÿ joint les précieux auxiliaires que sont l'électricité et le massage modérés. »

Disons encore l'utilité des eaux d’Ussat dans les vaginites, la leucorrhée et dans le traitement des suites éloignées des opérations sur l'utérus et ses annexes.

Le D’ Pujol cite, à ce propos, des cas de céphalée, de douleurs lombaires, de troubles vaso-moteurs de la face et de la région dorsale, de lassitude, en un mot, de neurasthénie d’origine utérine, des accidents mentaux plus graves encore survenant chez des hystérectomisées, qui ont été guéries par une cure à Ussat,

Ke — 9) —

Nous voyons donc que, comme le déclarait, il y à vingt ans, le professeur Desnos, Ussat peut fournir à la clinique thermale gynécologique un des plus sérieux contingents d'observations utiles, et que ses thermes méritent le nom qu’on leur a donné de « Bain des dames ». ÿ

Maladies nerveuses.

La seconde grande classe d’affections qui tirent un réel profit de la cure à Ussat est celle des maladies nerveuses ; et parmi celles-ci nous pouvons citer, en particulier, les dyspepsies nerveuses, les névroses et les névralgies telles que la chorée, l’épilepsie, l'hystérie, la neurasthénie, les migraines, la sciatique, le zona, les névralgies pelviennes et du trijumeau, le tic douloureux de la face, et même les affections médullaires à phénomènes douloureux comme l’ataxie, la sclérose en plaque, la syringomyélie, etc.

Voilà vingt ans que le D: Bonnansfit connaître les merveilleux résultats des eaux d'Ussat dans le cas de chorée rebelle et, depuis, les praticiens du lieu n’ont eu à enregistrer, au sujet de la cure de cette affection, que des succès.

Cela démontre que cette névropathie est bien mieux justiciable du traitement par les eaux indéterminées que par les eaux sulfureuses, et cela vient confirmer la théorie de Joffroy, de Charcot et de l’école de la Salpétrière qui en fait une névrose de croissance,

BCE une maladie d'évolution, à l’encontre de G. Sée qui en fait une affection rhumatismale,

Le D' Bonnans conseille pour les choréïiques une cure de trente à quarante bains pris à la plus basse température, et d’une douzaine de douches froides, périphériques.

Nous ne nous attarderons pas à examiner séparément l’action des eaux sur la neurasthénie simple, l’hystérie, les dyspepsies nerveuses, et autres névropathies énoncées plus haut.

Toutes ces affections sont liées à un état morbide identique, insaisissable dans son essence, dit M. le professeur Garrigou, mais qui se saisit par les troubles fonctionnels qu'il occasionne, puis, par les troubles organiques qu'il peut entraîner ; à cet état morbide que Bouchut appelle en un mot le « nervosisme ». Certes, ce ne sont pas là les seules formes que peut revêtir ce nervosisme. Les névrosés, en effet, sont ou hyperexcités ou déprimés, et nous n'avons cité que les affections à hyperexcitation, mais n'est-ce pas à cette classe seule que profitera le climat et les eaux sédatifs d’Ussat ?

Et quel climat, et quelles eaux seraient mieux capables de les guérir ?

Pour ce qui est des névralgies et des affections nerveuses organiques telles que l’ataxie, la sclérose en plaques, la syringomyélie, c’est surtout leur symptôme commun : la douleur, qui sera justiciable d’une cure à Ussat.

1 ne peut, à ce propos, y avoir de doutes, et nous

connaissons de nombreuses et sérieuses observations

ss —

qui affirment, quiclament l’atténuation ou même la disparition complète de ces douleurs, à la suite d'une saison passée sur les bords de l'Ariège.

Aussi bien, est-ce à présent que nous regrettons de n'avoir pu faire l’analyse des eaux d'Ussat au point de vue métalloscopique. Car, nous en sommes convaincu, celle-ci nous aurait fourni des renseignements précieux et aurait été une faible mais nouvelle démonstration

des conceptions de Burq.

Dermatoses.

Étant donné l’action, que nous venons de voir, des eaux d’Ussat, sur les affections nerveuses, qu'y a-t-il d'étonnant à ce qu'elles fassent merveille dans le traitement de certaines dermatoses de nature neuro-arthritique, comme l’eczéma chronique, le psoriasis, le ottiligo, dermatoses qui, ainsi que le dit M. le professeur xarrigou, représentent la lésion externe, cutanée, de la diathèse engendrée par le déséquilibrement des assimilations et des désassimilations ?

L'ulcère variqueux, dans la pathogénie duquel les altérations trophiques du système nerveux jouent un rôle incontestable doit lui aussi guérir sous l’action des eaux « sédatives » dont nous nous occupons. Il guérit en effet, et rapidement. Au bout d’une semaine de traitement à Ussat, les ulcères bourgeonnent, les bords

-se décolorent, la cicatrisation s’accomplit, et nous avons

vu de ces plaies, larges comme une paume au début

Sn /E

de la cure, être: complètement cicatrisées après le tren-

tième bain, alors même que les malades ne s'étaient

pas astreints au repos absolu.

En résumé, Ussat est donc réellement, en même

temps que la station des femmes, la station des ner-

veux, et, comme l’a dit M. le professeur Landouzy dans sa conférence faite en 1903 au V. E. M: « S’il venait à

cette station, seulement la millième partie des nerveux qui en sont justiciables, le pare d’Ussat ne pourrait les contenir: neurasthéniques douloureux, choréiques

basedowiens, algiques souffrant de ténesme vésical,

vulvaire ou dysménorrhéique, de prurit vulvaire ou

de vaginisme, de névralgies abdominales, quels que soient leur nature, leur siège et leur cause. »

« En vertu de leur neurisme, sont justiciables d’'Ussat tous les arthropathiques douloureux. J'emploie ce mot parce que je ne veux pas entrer dans la classification si flottante de ce que l’on appelle les rhumatisants.

« C’est à ce titre que toutes les arthropathies séquelles d’intoxications ou d'infections trouvent, ici, secours et soulagement. J'en ai assez dit pour vous faire comprendre que c'est le terrain nerveux qui doit décider du choix de la médication d’'Ussat. Que Île malade apporte ici sa douleur et, à la faveur des modifications imprimées à son chimisme et à son neurisme, les eaux, soulageantes et guérissantes le

remettront de ses maux. »

La maladie de Basedow et l’albuminurie.

Les hypertensions.

Nous venons de voir que M. le professeur Landouzy plaçait, parmi les malades redevables de la clinique d'Ussat, les Basedowiens. Ces derniers temps, M. le D° Pujol publiait des observations de goitres exophtalmiques guéris ‘à la station où il exerce, et cela n’a rien qui nous surprenne, étant donné la pathogénie névropathique de cette maladie.

Mais, ce qui est plus surprenant, c’est qu'à côté de cette affection nettement hypotensive, M. le D’ Pujol cite, parmi les indications d'Ussat, les albuminuries et les hypertensions.

Nous comprenons que certaines albuminuries d'origine nerveuse, soient guéries à Ussat, par le même processus que toutes les névroses signalées plus haut, mais il nous paraît plus difficile de suivre M. le D: Pujol, quand, faisant boire jusqu’à 1.800 grammes par jour, des eaux indigestes de notre station, il en explique la nécessité par ce fait, que ces eaux assureraient aux malades des selles journalières et neutraliseraient par le carbonate et le sulfate de chaux qu’elles contiennent les toxines, qui joueraient un rôle capital dans la pathogénie de certaines albuminuries.

Il nous a été donné, pourtant, de voir parmi les malades ainsi traités quelques albuminuriques, dont les phé-

nomènes fonctionnels s'étaient amendés; mais jamais

67 1e nous n'avons pu constater chez eux une chute de l’hypertension et le sphygmomanomètre de Potain marquait, à la fin de la cure, ce qu'il indiquait au début.

Telles sont les indications des eaux d'Ussat.

La liste n’en est pas longue, certes, mais toutes les affections qui y figurent sont capables de guérir à cette station.

On aurait tort de vouloir l’étendre; nous croyons qu'au point de vue thérapeutique, Ussat a donné son maximum et que lui demander plus, serait peut-être

tuer la poule aux œufs d'or.

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