‹ Eaux Thermo-Minérales d'UssatChapitre 4 sur 30 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Déjà, à l’époque préhistorique, les hommes avaient su reconnaître l’action de certaines eaux naturelles chaudes, minérales et gazeuses, et l’avaient utilisée. Nous n’en citerons que quelques exemples empruntés aux recherches de M. le Professeur Garrigou. Dans les Pyrénées-Orientales, à Montesquieu-les-Albères, ne découvrit-on pas, en captant une source, aujourd'hui , connue, un gisement de repas préhistorique remontant à l’époque de la pierre polie ?

A Ax-les-Thermes, on a mis au jour, le captage d'une source sulfurée chaude construit sur pilotis et

remontant aux époques du bronze et du fer.

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Les Grecs et les Romains ne sont-ils pas demeurés célèbres par leurs ablutions fréquentes et savantes, par les captages et les thermes extraordinaires qu'ils construisirent? Et n’a-t-on pas découvert, entre autres, à Baye, sur les bords du Golfe de Naples, les ruines d’un de ces établissements balnéaires ? \

Au moyen âge, les bains et les cures hydrominérales furent moins en honneur, et c'est à peine si quelques vieilles chartes féodales signalent les sources sulfureuses chaudes de l’hôpital de lépreux à Ax (1260).

Par contre au xv° siècle, les stations d’eaux minérales et thermales sont très en faveur. Eaux-Bonnes, Cauterets, Bagnères-de-Bigorre, Bagnères-de-Luchon et Ax, pour ne citer que celles des Pyrénées, prospèrent, et deviennent sous Louis XIV des lieux « à la mode. » Les grands y suivent leur souverain et s’y amusent. Ils y mènent une vie de dissipation et d’intrigues. Les maisons de jeu s’enrichissent, et l’adultère fleurit à ombre des pares et des forêts.

Ce n’est qu'en 1740 que nous constatons un réel progrès au point de vue moral et surtout scientifique. Théophile Bordeu réclame, à cette époque, de plus vastes connaissances de l’hydrologie, « l’enseignement public des vertus des eaux et la façon de les employer. » Il se désole que les villes d’eaux soient le lieu ordinaire des « joueurs, des farceurs, des baladins et des garnements. » Sous ses efforts, la transformation de l’hydrologie s’accomplit peu à peu. L'histoire de cette science est, certes, très intéressante, mais il ne nous appartient point, dans cette thèse, de la suivre pas à pas.

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Rappelons pourtant que c’est sur un rapport de M. le professeur A. Robin fait en 1889 à l’Académie que l’on créa à Luchon, en 189%, l’école d’hydrologie médicale des Pyrénées, et à Toulouse une chaire d’hydrologie, occupée actuellement par notre maître, M. le Professeur Garrigou.

Nous ne pouvons passer sous silence lelegs Vulfranc- Gerdy, dont les titulaires s’en vont, chaque année, étudier sur place, les propriétés et les indications des stations hydrominérales et rédiger un rapport qui ajoute aux connaissances, déjà étendues, que l’on a de l’hydrologie.

C’est au cours d’un de ces voyages accompli par notre cher ami Fernand Lemaître, interne des hôpitaux, stagiaire de l’Académie de Médecine aux eaux minérales, et par nous, qui avions le plaisir de l’accompagner, que nous eûmes l’honneur de faire la connaissance de M. le professeur Garrigou.

Nous le rencontrâmes dans sa propriété de Tarascon (de l'Ariège) située à flane de montagne, au milieu de ce pays qui le vit naître et qu'il adore, parmi les sources à l'étude desquelles il s’est donné tout entier.

C’est lui qui nous conseilla de faire notre thèse inaugurale sur la station d’Ussat, trop peu connue, en raison de ses merveilleuses propriétés. C’est d’après les conseils et les documents qu'il nous prodigua que nous essayerons de metre au point l’histoire, les propriétés et les indications de cette station merveilleuse sur laquelle il a été dit tant d'erreurs.

Dans cette étude nous suivrons l’ordre suivant :

1° Nous rappellerons brièvement l'histoire des thermes d'Ussat.

2 Nous indiquerons la situation géographique, la géologie, l'altitude et le climat du lieu.

3 Nous nous efforcerons d’expliquer les travaux que le célèbre ingénieur François accomplit pour isoler les eaux minérales des eaux de l'Ariège.

4° Nous étudierons les propriétés physiques et chimiques de ces eaux.

5° Nous en décrirons les effets physiologiques.

6° Nous en déterminerons les indications.

7° Et nous conelurons en disant les quelques modifications qui nous sembleraient devoir être apportées aux thermes d’'Ussat pour que la station occupe, dans la liste des villes hydrominérales, la place à laquelle elle a droit.

Mais avant d'aborder cette étude, nous saisissons l’occasion qui nous est offerte par cette thèse inaugurale, pour remercier nos Maîtres dans les hôpitaux de leur enseignement et des conseils qu'ils nous ont toujours prodigués.

Notre souvenir ému et reconnaissant va tout droit à M. le D’ Thibierge, médecin de l'hôpital Broca et à M. le D' Bourcy, médecin de l’hôpital Laënneec, qui fut pour nous, plus qu'un maître, nous n’osons pas dire un ami. Nous les remercions bien vivement et bien sincèrement, de leur sympathie à notre égard, et nous leur assurons que jamais nous n'oublierons les lecons et les principes que nous tenons d’eux.

Nous remercions, aussi, MM. les D: Cénac et Puijol

CAES

qui ont bien voulu nous guider dans l’étude des eaux d'Ussat et nous procurer d’intéressantes observations.

Nous réitérons à M. le professeur Garrigou l’assurance de notre respectueuse gratitude et nous prions M. le professeur Landouzy de vouloir bien agréer l'hommage de notre reconnaissance pour l’honneur qu’il nous fait en acceptant la présidence de notre

thèse.

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