VIII AVERTISSEMENT DE L'ÉDITEUR
berté laissée à chacun de discuter le sens des mystères philosophiques ou religieux, jadis réservés pour la secrète élaboration des sanctuaires, et l'empire que, depuis vingt-cinq ans, les doctrines panthéistes exercent à peu près sans opposition. Préoccupé, en tout, et partout, des ressemblances, dont le dernier terme serait l'universelle identité, le panthéisme efface peu à peu, par une action insensible et involontaire, les différences d'idées et de sentiments ; les mots suivent le sort des sentiments et des idées; et petit à petit, le paradoxe passe de l'imagination et du raisonnement dans la langue.
Quiconque voudra se mettre un peu au courant des débats religieux et philosophiques de ce temps, découvrira sans peine, s'il essaie de préciser la valeur des termes, que les mots prennent, dans chaque bouche et sous chaque plume, un sens parfois si différent, que l'exagération n'est peut-être pas trop forte de comparer la situation présente des écrivains, politiques, moralistes, philosophes ou religieux, à l'état dans lequel la légende biblique nous représente les ouvriers de la tour de Babel, stupéfaits d'avoir perdu , tout d'un coup, l'intelligence, et partant l'usage de la langue que, la veille encore, ils possédaient en commun.
Une telle confusion reconnue, le seul moyen de la faire cesser, entre gens qui sentaient que, sous l'équivoque involontaire des mots, il y avait pourtant com-