RÉSULTATS DES EXPÉRIENCES
Nous avons répété trois fois chacune des expériences que nous rapportons, les résultats ont toujours été identiques dans chaque mode d’asphyxie. Par conséquent, il eût été superflu, sinon inutile, de les relater, nous ne donnons que les plus typiques et les plus intéressantes :
Nos 35 expériences sont ainsi réparties :
Suffocation.
Submersion.
Strangulation.
Pendaison.
Traumatismes
—— Dot
25 fois sur 35 cas nous avons trouvé des eechymoses sous
pleurales, soit T1,4 0/0.
45 lois dans suffocation, D — submersion, À strangulation, 1 — pendaison, 0 = traumatisme.
Weuzinger, sur #1 expériences, avait trouvé 36 fois des ecchymoses, soit 87,8 0/0 ; on voit que nos résultats sont un peu inférieurs à ce chiffre.
Comme lui, nous avons observé que très souvent les résullats négatifs étaient donnés par des cas de mort rapide.
Ainsi, dans 3 cas de mort traumatique, nous n'obtenons aucune ecchymose ; la mort est survenue en peu de temps : 1 mivute après, chez l'un ; 2 minutes, chez l'autre ; elle a été instantanée chez le troisième.
Voilà pourquoi nous sommes heureux de partager l'opinion de notre cher maitre M. le professeur Sarda, a savoir que : pour qu'il yait production d'ecchymoses, il faut que la mort ne soit pas trop rapide, il faut qu'il passe dans le sang une quantité suffisante d'acide carbonique pour exercer une action excilatrice sur le bulbe.
SI nous examinons chaque genre de mort en particulier nous trouvons des ecchymoses : 15 fois dans la suffocation, soit une moyenne de 93, 6 p. 010 ; 5 fois dans la submersion soit 45, 4 p. 00 ; 4 fois dans la strangulation.
Nous avons longuement parlé, dans le chapitre de la pathogénie, des ecchymoses de la submersion ; certains nient ieur existence, d'autres leur donnent des caractères particuliers. Voie à ce sujet les résultats de nos expériences :
Si nous avons trouvé le plus souventles ecchymoses larges, irrégulières el pâles qui caractérisent l’asphyxie par submer-
sion, nous devons reconnaitre aussi, d'après les expériences VIT et XI, qu'on peut rencontrer des taches petites, rondes et plus foncées. Mais il est un fait digne de remarque, c’est que dans ces expériences, faites l’une sur un chien, l’autre sur un cobaye, la mort est survenue dans les deux cas, 3 minutes 112 après l'immersion, ce qui nous permet de conclure que les pelites taches classiques de Tardieu, caractéristiques d’après lui, de l’asphyxie par suffocation, sont dans la mort par submersion un signe de mort rapide.
Vu ET PERMIS D'IMPRIMER: Vu ET APPROUVE : Montpellier, le 20 juillet 1899. Montpellier, le 20 juillet 1899. Le Recteur : Le Doyen,
Ant. BENOIST. L. VIALLETON
4" Les ecchymoses sous-pleurales ne sont pas un signe pathognomonique de Ja mort par suffocation ;
2 Elles se rencontrent dans d’autres genres de mort criminelle ou accidentelle (pendaison, strangulation, submersion, traumatismes crâniens). ’
3° Elles sont d'ordinaire plus abondantes dans la suffocation.
4° Dans la submersion, il se produit rarement des taches. classiques de Tardieu; le plus souvent on observe des ecchymoses qui différent de celles de la suffocation par leur irrégularité, ieur difusion, leur pâleur, leur volume plus considérable. La présence, dans ce cas, de taches petites, régulières et de couleur foncée, plaide en faveur d’une mort très rapide.
»° Les ecchymoses sous-pleurales ne sont pas un phénomène agonique. Elles peuvent se produire quelques minutes avant la mort et même dès le début des phénomènes asphyxiques. C'est là un point très importaut pour la médecine légale.
6° La fluidité du sang nous parait jouer un rôle secondaire dans la production des taches de Tardieu, qui sont plutôt le résultat d’un trouble vasculo-nerveux,
T° Dans la submersion, la teneur du sang en eau est en rapport avec les modifications des ecchymoses sous-pleurales.