‹ Échec et mat drame en cinq actes, en prose par mm. Octave Feuillet et Paul BocageChapitre 60 sur 83 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

ROSE, MATIIüRIN.

mathurin, revenant à Rose.

Rose!... (Se reprenant sur un mouvement de Rose.) MauTzoH' Rose... il faut que j’ vous parle!

rose.

A la bonne beore... mais, soyez bref, j'ai affaire à l'auberge d'à côté.

MATHURIN

Rose, qu’csl-co que jo vous ai fait?

ROSE

liais rien... quoique votre conduite, vos manières... enfin, n‘en parlons plus ... on ne peut pas se changer...

mathurin.

Oh! si on le peut, et jo Pvois ben... niais, alors, comment avez-vous oublié vos promesses et les idées qu’j’avions si ben dorloltées ensemble?

ROSE

l'avions!.. . quel langage!... Quoi! (5c /étant.) Vous pensez encore à ces folies?

matii crin.

Des idées qui m'ont fait travailler trois ans comme une haridelle , et qui m’ont fait trouver le travail léger... appeler ça des folies!... nom d’un chien!

rose.

Encore?... vous no pouvez doue ouvrir la bouche sans jurer?...

UATItlRtN.

Pas jurer, quand j’eulonds d'ees choses-làl... quand j’a amassé pour vous tout ce que j’ai!... car je vous aimais dru, allez 1

rose, à part.

Pauvre garçon 1

MATIIÜRIN.

Et, si je m’ suis donné tant d’ mal, c'était pour vous... Pour qui la maison?... et tout c 1 qu’il y a dedans?..,

ROSE

Vos affaires ont donc prospéré ?

MATIIÜRIN.

Si elles ont prospéré ?... (ouerant la parle de droite.) Regardez donc par ici !... (.4f/unt ouvrir la porte de (fauche, drwxieme plan.) Et encore par là!... (outrant celle du premier plan.) Et encore par là!... (Revenant à Rose.) Regardez partout!;..

Air des Btrufs (Pierre Oapont).

J’ai quatre teruf» <J««» non étahfe ;

J’ai crut *u cOtonZicr ;

i’ pmi mt-ltr" Uomc aaaietl'a Mrn tatlo ;

J ai ma bai*e*cnor plrtn 1 de remit» j J'ai du Mdaupevbc «m javelle ;

J'ai dm cochon*, canota un «rlgneur Mail tout ce qa: j'ai n>Ti.i p«a , mam’*?lle,

Tout ce que pour viw* j'avai* ilau l'cceux !

Car pigeon* et vufcilk'*.

Mon bté. mon foin, ma paille.

Ne* for. ne.» mi, n.c» futaille»,

Oui, j’anraû airaé raient I.t* rmr briller...

Que du voir pleurer Vo» jent.

ROSE

Oui c'est très-joli... mais..: ça sent le fumiez

MATHURIN

Ah! ça sent le... Vous n’ trouviez pas qu’ça sentait Tfumier, quand tu n»’ jurais... car ça m'embête que coud mo forciez à te dire tome, quand j'ai envie de vous dire tu !... (S’asseyant à gauche.) Cré nom du nom de nom de nom]...

ROSE

C’est quo vous n’avez pi3 'Posage... mais que voulez- vous ?...

j’étais alors une enfant. Depuis, j’ai vu le monde... ma mattresse on recevait beaucoup... et vous comprenez quo mes idées ont changé.

Air : Ce qu’il me faut , d moi.

Go que j’alnao , à prfernl , cVat un air coma» ft faül Une Utile *léys»nt* , une tonne tournure ,

Vue voit douce et tend», une pâle figure ,

U rui main bien gjutdc , ue habit ain* défaut».

Oat le parfum qu'au veut jrtic la chcrctare,

Co flirt de retour* , une 6u« <liao»iurtr...

Cor j’oi changé de goût » ..

Lu tort I j ° ,â *

Pour tout!

Oui , pour loull...

mathurin.

C’est le coeur qui a changé... Ainsi, vous ne m'aimez phi.;*

ROSE

Oh si I... beaucoup... (Mcnvement de Mathurin.) do bonne amitié !...

MATlitiRin, se levant.

Mais qu’est-co que j’ai donc perdu depuis ce temps là? qu'est-cc qui me manque ?

ROSE

Il le demande !... Mais, mon pauvre garçon, regardez-vous donc I

MATtlLIilH.

Eh bon ?...

ROSE

Commo vous voilà fait!...

MATIIÜRIN.

le n’ suis pas ben fait, moi?... j'ai des z’hanches comme une princesse.

De gros pieds, de grosses mains 1...

MATIIÜRIN.

Des grosses... elles n'ont pas eu le temps de dégrossir a n métier que je leur ai fait faire, pour vous amasser du bien ! ROSE.

Je ne dis pas... mais c’est laid... et cctlc tenue, cette tournure... (Elle remonte à gauche.)

mathurin, passant à droite.

Que qu’ c’est qu’ tout ça, bon dieu?

ROSE

Et puis vous sentez le tabac à faire mal!..,

MATIIÜRIN.

Fh ben ! c’cst donc d’ la poison, l' tabac ?...

- ROSE

Non... mais son odeur jointo à celle do l’étable...

MATItURlH.

Nom d’une pipe!...

ROSE

Et puis, vous parlez mal... Enfin, trop de distance nous s6-

F arc... car vous devez bien voir vous-même que vous n’avez air que d'un paysan 1...

MATIll'RIN.

Comment qu’ vous dites?...

Air prècfdmt.

Coque Je trouve 00 vu**, cV*» un air cm; ramé,

Un ùurribic patoia, un« (aille difforme ;

C'eatus pkil de géant, cV*t une num éno'KX*,

Toujnerj le même babil pour ITi.t*» *1 |1 M ,

Vue» porter Jo* rabot*, un gilet >i'iin grand âga,

Un toi; nui qui rraannSlo aucUxbcr Un village 1...

Il faut changer de goét ) ..

Eatoalt \

Ponr tout I Oui, po«r lont !

MATiiLRiN, avec colère.

Sacrebleu!... Eh ben! oui, je suis ua paysan, et qui vaut mieux clans son petit doigt que toutes les poupées d : vot’ Paris, qu'ont pus d’ pommade sur la této que d’boiméteto doua cœur I...

ROSE

Monsieur Mathurin !...

MATIIÜRIN.

Madame la marquise I.'..

ROSE

Air ilu Juo <!e ta Fausse itagie,

Vot'à noniiunr «n colère] ,**

RIAM ZEI.L* «OSE.

MATnrniN.

UolM ij.u miiUme ,

ROSE

Thii tir I tob» t oui ea'WMca.

MATHURIN

fCoa , plu» jf tom foni'derF...

ROSB, riant,

IMft» TOUT (DF (ontidFTCZ !

MATIIURIN.

Tayn-TAui, li grandi! dame I C 4 fait piti# , «tir mon Ame, 1>b Tolr faire Uni d'ratwrni !

LOLOTte.

Oh!...

UATlti’MN, revenant.

Tu n’es pas hideuse... mais l’es laide!... ( fausse sortie.)

Oh!...

Matticrin, reirnani.

Tu n’os pas laide... mais tji n’es qu’une domestique !...'

(71 sort par te deuxième plan, à gauche, dont la porte reste ouverte .)

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