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L'Événement, 27 novembre

rable talent de parole de l'abbé Paquet. Sans abandonner la haute prédication, Torateur, soit par un instinct de son âme d'apôtre, soit par la force des invitations qui le pressent, s'attache de préférence aux instructions de retraite et aux entretiens familiers. Il ne déserte pas la chaire de la Cathédrale où pendant longtemps sa parole, aux grandes solennités liturgiques surtout, continuera de grouper un auditoire attentif et enthousiaste. Et cette année, par exemple, c'est lui qui, le vendredi-saint, dans cette église prononcera l'habituel sermon sur le grand drame de la passion, ainsi que le sermon d'inauguration de l'adoration perpétuelle établie dans le diocèse. Mais son talent si souple sait s'adapter à tous les auditoires et se plier à tous les besoins. Aujourd'hui, devant des intelligences adultes, il parle gravement du Chef de l'Eglise ; demain, devant des enfants qui vont s'approcher pour la première fois de la table sainte, il prendra le ton suave que suggère une cérémonie de première communion. Il prêche quatre retraites, l'une à l'Ecole Normale, la seconde au couvent de Bellevue, la troisième au couvent de Saint-Roch, la quatrième à la Cathédrale pour les Dames de la Sainte- Famille. Et au miheu d'autres instructions pieuses données ça et là, il fait, pendant l'Avent, aux écoliers du Séminaire, une série de con-

férences très intéressantes et très appréciées.

Peu de notes subsistent de Tannée 1873. Nous y voyons pourtant les éléments d'une neuvaine prêchée vers le carême à la Cathédrale, le plan d'une retraite donnée aux Dames religieuses de l'Hôpital-Général, et celui d'une autre retraite pour les Enfants de Marie de la paroisse Saint-Roch. Le jour de Noël, c'est l'abbé Paquet qui prononce, à la Cathédrale^ le sermon toujours impatiemment attendu sur ce mystère si caractéristique et si touchant.

Nous touchons au seuil de 1874. L'année s'ouvre par un sermon à Sillery sur la fête de l'Epiphanie. Puis viennent un sermon de Pâques prononcé le même jour à Sillery et à Saint-Romuald, une conférence donnée à l'Hôpital-Général, une retraite prêchée aux élèves de l'Ecole Normale, un sermon fait à Notre- Dame de Lévis à l'occasion d'une bénédiction de cloches, un autre sermon prononcé à la Cathédrale le 4^ dimanche de l'Avent. Le 10 mars de cette année, l'Eglise de Québec ou mieux l'Université Laval voulut célébrer, conformément aux désirs du Saint-Siège, le 600^ anniversaire de la mort du prince des théologiens, saint Thomas d'Aquin. Une messe solennelle fut chantée à la Cathédrale, et un fils éloquent de saint Dominique, le R. P. Bourgeois, y fit le panégyrique du Saint. Le soir^

dans les salles de l'Université se pressait toute l'élite de la société québecquoise venue là pour assister à une séance académique spécialement organisée en l'honneur du grand docteur qui sera à jamais l'une des plus pures gloires et l'une des plus hautes lumières des universités catholiques. L'abbé Paquet prit la parole. Il était alors dans toute la force de son talent oratoire et dans tout l'éclat de sa renommée. Il remporta un très vif succès, le plus beau peutêtre de toute sa carrière. Et aujourd'hui encore, quoique dépouillé du charme si prenant que lui donnaient le geste, le regard, l'attitude, l'admirable timbre de voix et l'impeccable diction de l'orateur, ce discours apporte au lecteur les plus nobles jouissances. On nous permettra de rapporter ici deux témoignages contemporains : ^' M. l'abbé Paquet avait choisi pour sujet : le rationalisme écrasé par saint Thomas. Nous n'entreprendrons pas d'analyser ce discours ni le sermon du R. P. Bourgeois. Ce sont deux chefs-d'œuvre. Ils seront publiés en brochure, et nous les reproduirons m extenso comme des plus belles pages dont puisse s'enorgueillir l'éloquence canadienne.^ " Autre appréciation : '^ Nous nous contenterons de dire que le fait le plus saillant de cette séance, et celui

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