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‘‘Arbores serit diligens agricola, quarum aspiciet baccam ipse numaquam.'" (Cie. Tusc. 1) Le sylviculteur diligent plante des arbres dont, sou-
vent, il ne verra jamais le fruit.
Au moix d'août, 1916, Je recevaix de monsieur le Secrétaire de l'Assocation des Ingénieurs Forestierx de Québec, l'aimable invitation à moi faite, «ur proposition de mon jeune umi, M. J.-H. Lavoie, de me joindre à cette Socôté à titre de membre associé, Invitation que j'ai acecptée avec grande sutisfaction, Et voiei qu'aujourd'hui, à titre d'invité, je me présente devant Vous pour Vous parler de réminiseences forestières, ce qui me proeure le plaisir de venir faire connaissance avec mes NOUVEAUX eo-nssociés,
La science moderne nous a gratifiés d'un appareil merveilleux qui absurbe tous les bruits, tous les sons, toutes les voix qui passent à sa portée et qui les garde pour le prolit des générations futures qui voudront les consulter: je veux parler du phonographe. Ce n'est pas le rôle d'un de ces instruments que je viens jouer devant vous, mais simplement celui d'un témoin qui veut vous raconter, cn peu de mots, quels ont été les débuts, chez nous, de l'art forestier tel qu'il existe aujourd'hui. Comme vous allez le voir, je ne viens pas, comme le vicillard mentionné par Horace dans son Art poétique, me faire le “laudator temporis ati (Hor. A. P. 173) et prétendre que tout était pour le mieux au temps passé, quand à ce qui concerne la forêt.
Avant de eommencer cette commémoration du temps passé, il peut
être bon de donner, iei, un mot d'explication afin de justifier, aux yeux de ceux qui ne me connaissent pas depuis très longtemps, le fait de ma présence duns une réunion forestière. D'aucuns seraient portés à se demander si c'est bien celui qui est connu pour avoir passé sa vis à s'occuper d'industrie laitière qui vient ainsi causer sylviculture. A ceux-là, je viens dire que, dès mon enfance, j'ai été porté par une inclination instinctive vers les choses de la nature, recherchant sur les grèves de notre beau St-Laurent les jolis cailloux roulés et les ayates polies par les lames aux rudes caresses, me pâmant d'aise à entendre les mélodieux hôtes allés de nos bocages, consacrant de nombreux moments à pourchasser de gracieux papillons dont les ailes brillantes les font se confondre avec les fleurs de nos parterres dont je m'absorbais à contempler le coloris si varié et à m'enivrer de leurs suaves parfums mais, surtout, passant, vendant mes vacances d'étudiant, de longues heures à écouter les rumeurs des ie bruyantes caressant les cimes altières des grands sapins qui, chez-nous, bordent les rives si richement boisées de notre grand fleuve. Et puis, mon amour pour la forêt a conüinué à se développer à mesure que les ans se sont mis à s'échelonner sur ma tête, me portant à m'affliger des désastres quitravailaient à sa ruine, tels que le terrible incendie, qui, en 1870, détruisit une partie des grands bois des régions du Lae S.-Jean et du Saguenay, tels. aussi, que la chute de neige mouillée d'un pied d'épaisseur qui. le 17 décembre 1895, s'abimait sur les forêts de la province de Québec presque toute entière et ruinait des milliers d'acres de forêt d'arbres à feuillage cadue qui reçurent cette avalanche sur leurs rameaux tout garnis de leurs feuilles et furent écrasés pour ne plus se relever, et cela d’une manière tellement complète que, vingt ans après le désastre, on en voyait encore les traces, en voyageant à travers la grande forêt.
Mes goûts innés pour l'histoire naturelle me conduisirent, vers l'année 1878, à un important changement de vocation. À cette époque, des circonstances spéciales m'amenèrent à nouer des relations intimes avec M. Ed.-A. Barnard, agronome de renom qui a exercé une grande influence sur l'agriculture dans Québec. [ne mit pas de temps à me convertir à ses idées sur l'agriculture et à m'inculquer sa passion pour elle. Je renonçai done à ma profession d'avocat pour devenir agriculteur et je consacrai cinq années de mon temps
u me bivrer, avee Lui, à l'étude théorique et pratique de lagri ulture J'eus dors l'avantage de faire la connaissance de l'hon, M, Joly de Lotbinière, un vhvicuteur enthousiaste et habile, et je me mis à faire des études spéciales sur
la avlviculture, attristé que j'étais de voir ln forêt si maltraitée dans mu pro vince natule J'eus alors l'idée, que je mis à exéeution, de rédiger un petit manuel de sylviculture, dans Le but d'ine ulquer à mes compatriotes le respect et l'umour de lu fort et de Les initier aux méthodes suivies maux Etats-Unis et
en Europe, pour la conservation et tt restauration des forêts, Cet ouvrage parut en ISS3 et fut méme imprimé en anglais deux ans plus tard. Lors de sa publication, après que J'en eus ve ndu la propriété à un libraire du temps tit, pendant un moment un peu de bruit, puis on n'en entendit guère parler, sa naissance avant éte probable ment un peu prématurée, Je puis dire que ceci termina à peu près ma carrière de sylvieulteur, mais en voilà suflisamment pour expliquer pourquoi ceux qui étudient Fhistoire anetenne, ont ern bon de m'inviter, aujourd'hui, à parler encore une fois de sylvieulture.
Vous allons, maintenant, faire une courte revue du travail qui s'est fait depuis près de quarante anx pour améliorer Le conditions forestières de la province de Québec, Dans le quatrième rapport de lu Société d'Hortieulturs de Montréal on trouve à peu près les prenniers travaux qu'on ait publiés dans notre province sur la question forestier L'un d'eux est dû à la plume de M Andrew-T. Drummond et est intitulé “Canadian Thaber trees", Un £utre à celle de M. G.-M. Dawson et est intitulé : "Timber and orneme ntal trees for the Province of Quebec." Ce quatrième rapport est daté de IS79, Dans l eptième rapport de lai même société, publié en ISS2, on trouve aussi un travail de l'hon, M. Henri Joly de Lotbinière intitulé ‘The returns of forest tree culture.”
À cette époque, la question forestière a attiré d'une manière spéciale l'attention de plusieurs de nos éconemistes, alors qu'ils se sont aperçus que cette question était l'une des plus importantes de toutes celles qui se rattachent à l'économie rural En ISS2, grâce aux efforts de MM. Joly de Lotbinièr et Little, il se tint à Montréal une réunion du Congrès Forestier Américain. les 21 et 22 août
L'assistance aux séances de ce Congrès fut fort nombreuse et compose d'éléments passablement hétérogènes, Savants, agri ulteurs, horticulteurs, marchands de bois, industriels, journalistes, « mployés civils, médecins, avocats, députés, se coudoyaient et se donnaient la main pour discuter ensemble une des questions les plus intéressantes au point de vue de l'économie politique rurale et domestique,
Les sujets à traiter étaient les suivants
lo La conservation des forêts existantes,
9 Les meilleures méthodes d'exploiter les terres à bois au point de vue des intérêts des propriétaires, du publie et du revenu;
%o Devoirs des gouvernements à l'égard des forêts
lo Développement des terres à bois là où il est rare, et le reboisement là où ilest nécessaire et surcout dans l'Ouest
50 La protection des forêts contre les incendies :
Go Quels arbres on doit planter au poirt de vue commercial, elimatique, sanitaire et ornemental :
7o Rapports entre les forêts et la distribution des eaux et de l'humidité:
So Utilité des plantations le long des voies publiques
90 Plantations par les compagnies de chemin de fer.
100 Arboriculture fruitière
lo La elimatologie et la eulture forestière
20 Nécessité de l'éducation forestière,
Voiei les conclusions auxquelles les congressistes se sont arrètés;
lo Règlementer l'octroi des terres aux colons de manièrn à ce qu'ils conservent une part de leur terre boisée à perpétuité.
20 Règlementer l'octroi des terres aux marchands de beis, de manière
à ce qu'ils laissent debout tout le bois qui n'aura pas un pied de diamètre.
30 Règlementer le défrichement et la coupe du bois de commerce, de manière à ee qu'on ne fasse des brûlés dans les bois qu'à des époques déter minées, et à “e que les déchêts de eoupe soient partout brûlés à des époques déterminées
tu Réglementer la vente des terres publiques, de manière & 6e qui colles qui sont impropres à la culture, restent aux mains des gouvernements comme terres forestières à exploiter par coupes roglées
5 Nommer des officiers spéciaux pour veiller à Pobservatior s1riett des règlements forestiers et pour prévenir, dans la mesure du possible, les incendies et les dévastations de tout genre
Go Encourager le reboisement, soit par plantation, soit par seitis Hi moven [EL pres ou réCon person qui lconques
20 S'aboucher par voie de députations avec lex chefs des gouvernements pour tenter de mettre aussitôt qu possible en opération Les réformes et règlements suggérés par le Congrès
Parmi les membres canadiens-français et autres lex plux éminents qu'on remarquait à ce Congrès, nommons Messieurs J Little, vice-président, les honorables MM. Joly, Ouimet, Mailhot, MM. Taché, Dupuis, Barnard, Dr Painchaud, Massue, ete, ete
Comme premier résultat de cette importante réunion, on à vu se former, dès cette même année ISN2, lu première association forestière du Canada, celle de la province de Québec
Le 20 septembre eut Heu une assemblée convoquée pour la fondation de cette assoclation
Un comité fut nommé à cette assemblée, pour jeter les bases de ln constitution de cette société.
Le 30 septembre de cette méme année, une seconde assemblée eut lieu pour l'organisation finale de l'association sous la présidence de l'honorable H.-G. Joly. Les messieurs dont les noms suivent étuent présents
ME. Stewart Thane, agissant comme xecrétaire, MM. J.-K. Ward, H Lyman, J.-X. Perrault, J.-A.-U. Beaudry, L.-H. Massue, E. A. Barnard, Drs Alloway, Howard et Hart, JC. Chapais, ete. ete. On élut pour l'année INN2- N4 les officiers SUIVants
Président honoraire M. James Little, Mortréal : Président: l'honorable M. Joly, Québee : Vice-présidents; M. J.K. Ward, Montréal, et M. L.-H. Massue, M. P. Varennes; secrétaire-arehiviste : M. 4J.-X. Perrault, Montréal: secrétaire correspondant : M. Ed. A. Barnurd, Cap St-Michel; Trésorier G. L Marier, Montréal.
On nomma aussi un conseil composé de seize membres choisis dans différentes parties de la province
A cette première assemblée de l'Association forestière de Québec on discuta la question de fixer un Jour pour la plantation des arbres, à l'instar d'une pratique suivie par les forestiers améneains, et en ISS3, une loi de la provinee de Québec institua le jour de ‘La Fête des Arbres”.
Une proclamation du lieutenant-Gouverneur d'alors, l'hon. Théodore Robitaille fixa les dates du 7 mai pour la partie Ouest et du 16 mai pour la partie Est de la province de Québec, pour cette année-là. Cette fêie des arbres a été célébrée chaque année sans interruption, depuis lors.
Deux conventions de l'Association Forestière de la province de Québec ont été tenues dans les années INN3 et LSN35.
En 1890, alors que l'honorable H. G. Joly avait été nommé antérieurement l'un des vice-présidents de l'Association Forestière Américaine, il engagea le gouvernement de Québec à inviter cette Association a venir tenir sa convention annuelle à Québec. Cette convention eut lieu du 2 au 5 septembre de cette année, et eut un grand succès.
Un des événements les plus importants concernant la question forestière au Canada fut la fondation, en 1900, de l'Association Forestière du Canada. En référant au premier rapport de cette assoctation on voit qu'elle fut organisée après qu'une réunion préliminaire à cette organisation eut été tenue à Ottawa, le 15 janvier. On y déeida de tenir la première convention régulière le 8 mars 1900, au même endroit et «est alors qu'on y procéda à l'élection des officiers pour l'année courante. Voici la liste de ces officiers
FT
Président honoraire Son Excellenee le Comte de Minto, Gouverneur Général
Président
L'hon. Sir Henrs Jolx de Lothinière, Ko CS M. G. Ministre du revenu de l'intérieur, Ottawa
Vice-Président :
M. Wüllium Battle, Westmount, PQ Treize vice-présidents locaux pour les divers provinces et districts
Secrétaire:
M. E. Stewart, inspecteur en chef des bois et foréts. Département de l'Intérieur, Ottawa
Assistant Secrétaire et trésorier.
M. R.-H. Camphell, Département de Fintérieur, Ottawa. Directeurs :
MM. Hiram Robinson, Ottawa : Win. Saunders, Ottawa; John Macon,
Ottawa: Thos. Southworth, Toronto; CC. Jackson Booth, Ottawa: on. G Allan. Toronto: E.-W. Rathbun, Deseronto.
Ve.
Cette association a tenu, depuis sa fondation une convention, chaque année, dans diverses villes de la Puissance du Canada. et publie mensuellement le Canadian Forestry Journal”
En 1906, l'honorable Premier Ministre de la Puissance du Canada ivoqua à Ottawa une grande convention forestière. Elle eut Heu le 10 janvier et on y étudia spécialement la question de la conservation des forêts. Plus de cinq cents personnes répondirent à l'invitation de sir Wilfrid Laurier et l'un des hôtes les plus en évidence de cette convention fut M. le Dr. Gifford Pinchot, chef du servie: forestier des Etats-Unis, accompagné de plusieurs experts de Ja république voisine. Les discours les plus importants y furent prononcés par le Gouverneur-Général, Son Excellence Lord Grey, Sir Wilfrid Laurier, M. R.-L. Borden. Fhon. Frank Oliver, Sir Henry Joly de Lothinière M. Gifford Pinehot, ete. ete.
Au mois de mars 190$, s'est tenue l'une des plus importantes des conventions annuelles de l'Association Forestière Canadienne, à Montréal. Des discours remarquables, qui ont tous été publiés en brochure, ont été prononcés à cette convention, par Nos Seigneurs Bruchési, évêque de Montréal, et J.-C. K. Laflamme, professeur de géologie au Séminaire de Québec, Sir L.-A. Jetté. l'hon. Sydney Fisher, l'hon. H. G. Joly de Lothinière, M. Herbert Price et G. C. Piché. Ce dernier y donna un très beau travail sur la situation forestière de la province de Québec.
Me voici maintenant arrivé à ce que j'appellerai le point culminant de l'ascension qu'a fait le progrès concernant la question forestière dans la province de Québec. Dans presque toutes les conventions mentionnées plus haut, et spécialement dans le Congrès Forestier tenu à Montreal. en ISN2, il avait été fortement question de l'éducation forestière et de la nécessité de Ja développer dans Québec. Le gouvernement de Québec, en 1905, envoya MM. G. C. Piché et Avila Bédard faire des études forestières à l'école forestière de Yale, New-Haven, Conn.
Une fois ces messieurs de retour au Canada, on songea à procéder à l'organisation d'une école forestière que le gouvernement de la province fonda dans le but de recruter des agents forestiers afin d'assurer le contrôle et la
westion des domaines ho aupartenant soit à la Couronne, soit à des parti-
culiers. Cette école fut annexée à la Faculté des Arts de l'Université Laval de Québec, le 14 juin 1910. Monsieur G.-C. Piché en est le directeur et monsieur Avila Bédard, directeur-adjoint. Cette école, à l'heure qu'il est, compte douze professeurs et l'enseignement qui y est donné est absolument à la hauteur de celui des établissements similaires en existence aux Etats-Unis et en Europe. L'Université Laval donne à ses élèves le diplôme d'ingénieurs forestiers. On trouve dans son annuaire énumérés les diplômes des diverses promotions depuis 1912 ;
Année Diplômes.
1912 J : ; ; S 7 1913. 9 1914. : ; s 1915 ‘ (n 1916. , 10 Total : ee 40
L'ouverture de cette école à été la réalisation du rêve de bien des amis de nos forêts qui souhaitaient de voir nos jeunes gens se diriger vers une école où ils pourraient acquérir les connaissances voulues pour devenir les protecteurs et les défenseurs du bel et immense domaine forestier qui est l'apanage de notre province, Grâce à eux, les grandes compagnies forestières qui exploitent nos bois seront en mesure de faire cette exploitation d'une manière raisonnée, d'éviter les erreurs qui, à venir jusqu'à il y a quelques années, ont été commises et qui ont été la cause de tant de gaspillage et, surtout, d'apprendre comment empêcher d'abord, puis à combattre, s'ils viennent à éclater, les incendies qui ont détruit de si grandes espaces de notre domaine forestier.
L'un des grands pragrès que l’organisation de cette école forestière nous a permis d'opérer, ça été celui del a création, par le ministère des terres de la couronne de Québec, d'une grande pépinière forestière, sise à Berthierville, comté de Berthier, P. Q., qui. bien qu'elle ne soit organisée que depuis peu d'années (190$), est déjà à même de fournir des milliers et même, si je ne me trompe, des millions de plants des différentes essences forestières, afin d'opérer la restauration de ces forêts, par le reboisement, là où le besoin s’en fait sentir.
Ce que je viens de dire me remet en mémoire un travail de plantation de nouvelle forêt opérée par les MM. de Saint-Sulpice, de Montréal, à Oka, comté des Deux-Montagnes, dont ils sont les curés. Le village d'Oka est borné au nord par une série de dunes de sables mouvants qui, il y a quelques années, menaçaient, poussés par les vents, d'envabhir le village. I y à vingtquatre ou vingt-cinq ans, monsieur l'abbé Lefebvre, curé d'alors, eut l’idée de faire, sur ces dunes, une vaste plantation de pins, afin de fixer ces sables et d'arrêter ainsi le menace qu'ils constituaient pour le village. En un très court temps, il provoqua la plantation d'au-delà de 60,000 pins qui ont admirablement poussé et constituent l’une des plus jolies forêts céées de main d'homme qui se puisse voir. Lorsque nous nous promenons, aujourd'hui, sous l'ombra e de ces beaux arbres in ont déjà atteint, pour un bon nombre, une hauteur de vingt-pieds et qui se balancent gracieusement sous le souffle de la brise qui vient du Lac des Deux-Montagnes, nous nous sentons portés à bénir la mémoire de cet homme de Dieu qui a su protéger le village qui était sous ses soins et qui, par son travail prévoyant et si grandement utile, à posé un exemple à ceux qui, étant amis de la forêt, seront portés à limiter afin de prévenir les maux qu'il a su prévoir et éviter. . l | GS
Dans la première partie de mon entretien, Je rois avoir dit que mon rôle de sylviculteur s'est terminé vers l'année 1886. Je dois, cependant faire ici une rectification concernant cette dernière affirmation. En 1907, je dunnais devant la Convention d'été de la Société Pomologique de la province de Québee tenue à S.-Jean Port-Joli, comté de l'Islet, les 24 et 25 septembre, une conférence sur : Le bois de pulpe et déboisement en bas de Québee. Un des résultats de cette conférence fut celui-ci
En 1908, monsieur Auguste Dupuis, pépiniériste bien connu et président de la Société d'Horticulture du comté de l'Islet, du Village des Aulnaies, qui, non seulement, s'est beaucoup occupé d'arboriculture fruitière, mais qui a
toujours, aussi porté grand intérêt à la question forestière, adressait à Messieurs les Curés de diverses paroisses une cireulaire dont voiei la tener
Village des Aulnaies, Octobre 1909
Monsieur le Curé :
“La Société d'Horticulture du comté de l'Islet, émue des dommages causés à nos forêts par le déboisement à outrance pour l'exploitation du bois de pulpe et par le feu qui les dévastent presque chaque année en divers endroits de notre province, a pensé travailler pour le bien publie en obtenant de l'honorable M. Fisher ministre fédéral de l'Agriculture, les services de M. J.-C. Chapais pour donner une série de conférences sur le déboisement, ses mauvais effets et les moyens à prendre pour les combattre.
Je siens vous demander de vouloir bien annoncer que cette conférence aura lieu dans votre paroisse le à 7 heures du soir et indiquer à M. Chapais le local qu'il pourra occuper pour cette conférence.”
(Signé) AUGUSTE DUPUIS.
Ceci m'a amené à m'occuper encore une fois de la question forestière et à préparer une conférence intitulée : La forêt et le Cultivateur, que je donnai devant dix-sept cereles agricoles des comtés de lislet, de Montmagny. de Bellechasse et de Vaudreuil. Je répétai cette conférence devant la Convention annuelle de la Socité Pomologique de la province de Québec, tenue au collège MacDonald, en décembre 1909.
Je termine, messieurs, en vous priant d'excuser le décousu de ces réminiscences qui, bien qu'elles m'aient procuré le plaisir d'assister à votre intéressante réunion, n'ont aussi mis à même de constater, ce que je fais déjà depuis quelques années, que le style se ressent de l'âge et que rendu à une certaine période de la vie, il est bien difficile d'éviter l'écueil d'être ennuyeux même en traitant un sujet intéressant. Toutefois, j'ai tenu, puisque j'étais invité à le faire, à vous mettre en mémoire à vous qui avez l'avantage d'être encore jeunes, les efforts qui ont été faits pour faire de l'art forestier ce qu'il est aujour-
d'hui, dans notre province, l'un des articles du programme de notre Université qui nous permet d'espérer que désormais. nos forêts ne manqueront jamais de protecteurs et de défenseurs, puisqu'une vaillante jeunesse se porte en bon nombre. vers notre belle école, forestière et en sort avec le diplôme d'ingénieur forestier qui la met à même de nous aider à maintenir notre domaine forestier comme l'une de nos plus abondantes sources de richesse nationale.
JC, CHAPAIS.