CHAPITRE X
Prix de réclairage a^i moyen de la pile Bunsen. — Evaluation de M. Becquerel. — Tableau des dépenses faites par MM. Lîicassagne et Thiers. — Prix de réclairage au moyen de la machine de V Alliance. — Prix de l'éclairage au moyen de la machine Gramme. — Tableau comparatif du prix de diverses lumières. — Calculs de M. Heilmann. — Devis comparatif d'une installation au gaz et ii l'électricité.
Bien que Temploi de la pile tende à disparaître depuis rinvention de M. Gramme, il n'est pas inutile d'examiner quelles étaient les dépenses qu'elle occasionnait pour la production de la lumière.
Nous trouvons, à ce sujet, des renseig^nements assez précis, dans un rapport présenté, il y a une ving*taine d'années, par M. Edmond Becquerel à la Société d'encourag^ement.
Le point important à déterminer, dans les recherches sur la pile, est la consommation moyenne de zinc, d'acide sulfurique et d'acide nitrique nécessaires pour l'obtention d'une lumière constante pendant plusieurs heures. Or, l'expérience prouve que l'intensité lumineuse décroît très-rapidement alors que le courant lui-môme diminue beaucoup moins vite. Cette différence de décroissance entre le courant et ses effets est d'ailleurs irrég'ulière et rend impossible la détermination exacte de la loi suivant laquelle s'effectue la consommation des substances nécessaires à la production d'une lumière donnée. Mais, malg*ré cela, on peut indiquer les limites entre lesquelles se trouve comprise la dépense totale, lorsqu'on fait usagée de piles dont les dimensions sont connues.
Ainsi, avec 60 éléments Bunsen de 0",20 de hauteur, fonctionnant pendant 3 heures, on a obtenu au début 75 becs Garcel en dépensant par heure 2^85 de produits et, à la fin, 30 becs Garcel en dépensant 2^15 à Theure. La dépense de zinc a été calculée d'après l'intensité du courant mesurée par une boussole des sinus introduite dans le circuit, et rapportée à l'action qui serait produite dans un voltamètre à sulfate de cuivre par un courant électrique de même intensité; celle d'acides sulfurique et nitrique a été calculée par les équivalents. Il est certain que la dépense réelle est plus forte que celle indiquée par la théorie des décompositions électro-chimiques ; d'autre part, le mercure éprouve des pertes, l'acide nitrique dont le deg^ré est abaissé ne donne plus une énerg*ie suffisante pour une nouvelle expérience, etc., aussi M. Becquerel estime-t-il que la dépense des 60 éléments est au moins de 3 francs par heure.
Ce résultat a d'ailleurs été confirmé par des expériences directes exécutées à Lyon, en 1857, pour l'éclairag^e de la rue Impériale (aujourd'hui rue de Lyon). La lampe, système Lacassag^ne et Thiers, était alimentée par 60 éléments Bunsen. Elle a fonctionné pendant 100 heures.
DESIGNATION des