CHAPITRE X
DYNAMOS A COURANTS ALTERNATIFS
Machine de l'Alliance. — La machine combinée par Nollet et
Fig. 142. — Machine de rAlliance.
désignée sous le nom de machine de V Alliance (Fig. 142) est la première qui ait servi à la production de la lumière éleclrique. Cette machine est composée d'un certain nombre de rouleaux
tô2 ÉCLAIRAGE A L'ÉLECTRICITÉ.
-en bronze C, armés à leur circonférence de 16 bobines chacun. Ces rouleaux sont clavetés sur un arbre horizontal actionné par ^n moteur quelconque, et ils tournent entre huit rangées de fais- <îeaux aimantés BB, rayonnant autour de l'axe et supportés parallèlement au plan des rouleaux par un bâti spécial. Comme chaque aimant a deux pôles, une série présente 16 pôles régulièrement espacés; il y a donc autant de pôles que de bobines, de telle sorte que, quand l'une d'elles est en face d'un pôle, les 15 autres se trouvent également en face des pôles correspondants. Les machines ont ordinairement 4 disques ou 6 disques, ce qui correspond à 64 ou 96 bobines. Toutes les bobines sont dans le même circuit. L'un des fils du circuit total aboutit à l'arbre qui se trouve en communication avec le bâti par l'intermédiaire des coussinets; l'autre extrémité est fixée à un manchon concentrique à l'arbre, isolé de lui par une substance non conductrice.
Le courant change de sens chaque fois qu'une bobine passe devant les pôles des aimants; or, s'il y a 16 pôles d'aimants, il y ^ura 16 changements par tour des disques ; et, comme la machine fait 400 tours par minute (plus de 6 tours par seconde), on aura au moins 100 changements de sens par seconde.
Au début, on redressait les courants au moyen d'un commutateur, et on obtenait un résultat défavorable ; les étincelles qui «e produisaient au contact des frotteurs et du commutateur mettaient rapidement ces pièces hors d'usage, Sur l'avis de M. Mas- ^on, professeur de physique à l'École centrale, on supprima les ^commutateurs, et on employa directement les courants alternatifs. On put, dès lors, se servir de la machine de l'AUiance pour un grand nombre d'expériences de projections lumineuses, et même pour quelques applications durables.
M. Le Roux, qui s'est occupé l'un des premiers de l'emploi des courants alternatifs pour l'éclairage, a donné l'explication suivante sur la persistance du foyer lumineux ainsi obtenu :
« Puisque le sens du courant change, et cela une centaine de fois par seconde, il faut nécessairement qu'à chaque changement l'intensité du courant passe par zéro ; ainsi, cent fois par seconde, l'étincelle cesse de jaillir entre les deux charbons, et cent fois par seconde l'arc voltaïque cesse d'exister. La lumière
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ne nous en paraît pas moins continue ; cela est dû à la persistance bien connue des impressions de la lumière sur la rétine, et aussi à ce (jue l'arc proprement dit n'entre que pour une fraction dans la production de la lumière électrique, le reste étant dû à l'incandescence des charbons, incandescence qui ne cesse pas immédiatement avec le passage du courant. Mais, comme on sait que les courants employés ne jouissent pas d'une tension sufflsante pour que, dans les circonstances ordinaires, l'étincelle jaillisse à distance, qu'il suffit d'un souffle pour interrompre l'arc voltaïque, et qu'alors celui-ci reste éteint jusqu'à ce que les charbons aient été ramenés au contact et écartés de nouveau, on s'étonne tout d'abord que les cessations du courant, reproduites un aussi grand nombre de fois par seconde, n'amènent pas l'extinction de la lumière. Le fait est difficile à expliquer : la tension du courant n'est pas suffisante pour que l'étincelle jaillisse à distance entre les charbons froids ; mais, quand ceux-ci sont au préalable portés à l'incandescence par le passage même du courant, l'atmosphère qui les entoure est devenue plus conductrice par l'élévation de la température, et sans doute aussi par la présence de particules charbonneuses; la durée de Tinterruption étant très courte, les qualités de l'atmosphère qui entoure les charbons n'ont pas le temps d'être modifiées sensiblement, et le courant peut recommencer à passer. Les interruptions, en admettant que l'évolution du changement de courant soit accomplie pendant que le centre de la bobine parcourt un arc d'un millimètre, n'ont d'ailleurs qu'une durée d'un dix-millième de seconde. »
Les pôles de la lampe étant alternativement de noms contraires, il en résulte que les deux charbons s'usent également. La lumière électrique tourne, pour ainsi dire, continuellement autour des charbons, et éclaire successivement chaque point de l'horizon avec des variations d'intensité assez considérables.
Les machines de ^Alliance sont employées aux phares de la Hève, au phare Gris-Nez, près de Calais, aux phares de Cronstadt, d'Odessa, etc. ; elles ont été expérimentées sur plusieurs navires et dans divers locaux industriels; mais elles n'ont pas
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donné de résultats pratiques assez satisfaisants pour être conservées définitivement.
Leur fabrication est aujourd'hui complètement arrêtée.
Machine Wilde. — M. Wilde, dès 1867, a combiné la machine (Fig. 1&3) dont les efiets étaient beaucoup plus considérables, à volume égal, que ceux de la machine de l* Alliance.
Le champ inducteur fixe de la machine Wilde se compose de deux côtés verticaux portant chacun une couronne d'électroaimants, à noyaux de fer, disposés de telle sorte que leurs pôles libres soient opposés les uns aux autres ; les pôles successifs de chaque couronne sont alternativement N et S ; et un pôle N sur une des couronnes est opposé à un pôle S sur l'autre couronne.
L'induit est formé d'un disque mobile portant une série d'électro-aimants dont les axes sont parallèles à l'axe de rotation. Il y a autant d'électro-aimants dans l'induit que dans une des couronnes de l'inducteur.
Les lignes de force étant dirigées en sens contraires entre les bobines fixes qui sont alternativement S N et N S, les bobines mobiles sont successivement parcourues par des courants alternatifs. (Ces bobines doivent, bien entendu, être reliées de telle sorte que leurs actions respectives ne soient pas en opposition mutuelle).
Pour exciter les électro-aimants de l'inducteur, l'inventeur redressait, à l'aide d'un commutateur, les courants produits par une ou deux des bobines mobiles. Les courants principaux engendrés par les autres bobines de l'induit n'étaient pas redressés, mais simplement recueillis par un collecteur et utilisés dans des bougies ou dans des régulateurs à arc voltaïque, disposés pour recevoir des courants alternatifs.
Machine Dandeu et Chertemps. —Cette machine ne diffère de celle de M. Wilde que parie mouvement relatif des induits et des inducteurs : dans les machines Wilde les inducteurs sont fixes et les induits tournent, tandis que, dans les machines Dandeu et Chertemps, les inducteurs tournent et les induits sont fixes.
Les inducteurs sont formés par deux plateaux en fonte fixés
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parallèlement sur un même arbre et supportant un ce/tain nombre d'électro-aimaiits droits. Ils se meuvent en regard du système induit fixé au bâti.
Le système induit se compose d'un plateau construit avec des matières non conductrices de la chaleur et de l'électricité, agglomérées et fortement comprimées. Dans ce plateau sont encastrés autant d'électro-aîmants droits qu'il y a de bobines sur chacun des plateaux du système inducteur. Le courant d'un des
Fig. 143. — Machine Wilde.
électro-aimants de l'induit est redressé pour l'excitation des électro-aimants inducteurs. Les autres bobines induites sont toutes reliées entre elles par l'intermédiaire d'une table en bois portant des fiches métalliques à l'aide desquelles on groupe convenablement les courants alternatifs utilisables.
Machine Gramme. — M. Gramme, avant d'inventer la machine à courant continu qui porte son nom, avait beaucoup étudié les machines à courants alternatifs, et l'on peut voir dans son brevet du 26 janvier 1867 le germe de plusieurs idées qui, depuis,
ont été réalisées par d'autres inventeurs. Ainsi, la disposition d'une série de bobines rayonnant autour d'un disque en fer, et formant un véritable pignon d'induction ; la forme d'œufs donnée anx bobines afin de loger la plus grande quantité possible de fil à induire dans un espace donné; la position des aimants qui, au lieu d'être placés dans le sens des rayons, sont couchés longitudinalement, et parallèlement à l'axe, etc., etc. C'est également dans ce
brevet que se trouve la première indication donnée en France de la possibilité d'intercaler les électro-aimants dans le circuit des bobines pour en augmenter la puissance.
Dès que l'invention de M. Jablochkoff fut connue, M. Gramme laissa provisoirement ses études sur les courants continus, pour combi- 3ner une machine à courants alternatifs propre à brûler lesdites bougies.
Voici une description succincte de l'appareil auquel il s'est arrêté :
La machine (Fig. 144 et 144 bis) se compose : l'' de deux flasques à peu près circulaires, reliées entre elles d'une manière rigide par huit entretoises cylindriques; 2® d'un arbre central portant, par l'intermédiaire de deux tourteaux en fonte et d'un moyeu octogonal également en fonte, huit barres d'électroaimants ; 3** d'une série de bobines en cuivre a b c d enroulées sur un fer doux annulaire ; 4*^ d'un socle servant à fixer la machine sur son massif; et 5** des diverses pièces accessoires destinées à assurer la stabilité de l'ensemble, à protéger les organes en mouvement et à réunir solidement les diverses parties fixes de l'appai'eil.
Deux rondelles en cuivre, fixées sur l'arbre et sur lesquelles frottent deux balais, servent à introduire un courant dans l'in-
Fig. 144.
Machine Gramme (coupe transversale).
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ducteur. L'excitation se fait par une petite machine Gramme à courant continu installée près de la machine principale.
L'inducteur a 8 pôles simples, alternés de façon qu'un pôle mobile S ou boréal succède toujours à un pôle N ou austral. Les armatures sont très épanouies. Les bobines de l'induit sont au nombre de 32, ce qui permet d'obtenir à volonté 32 courants distincts ou de coupler les fils de manière à n'avoir que 16, 8 ou seulement â circuits.
Fig. 144 bis. — Machine Gramme (vue extérieure).
L'inducteur étant mis en mouvement, ses pièces polaires passent très près des spires de l'induit et donnent naissance à un courant d'autant plus puissant que le champ magnétique est plus intense et la vitesse de rotation plus grande; et, comme les pôles de l'inducteur sont alternativement de noms contraires, les courants produits dans chaque bobine changent de sens à chaque instant.
En se reportant à la théorie de l'induction, on comprendra aisément que les courants engendrés dans les bobines sont d'une
intensité variable suivant la position des bobines par rapport aux armatures, mais que cette intensité est constante dans toutes les bobines pour une même position.
Ainsi les bobines ff^aa sont influencées de la même manière, pendant une révolution complète de l'électro-aimant ; dans les autres groupes bbbbj cccc etdddd, chaque bobine se comporte
Fig. 145. — Machioe Gramme auto-exciiatrlce.
toujours de la même manière, quelle que soit la position des armatures par rapport à l'ensemble des spires induites. 11 résulte de là que, pour coupler la machine en quatre circuits de tension, il suffît de réunir entre elles les l'% 3% 5® et 7* bobines Uy puis, dans le môme ordre, les bobines ft, c, d pour un des pôles de chaque circuit ; et les 2*, 4®, 6® et 8® bobines a, puis dans le même ordre les bobines 6, r, rf, pour l'autre pôle de chaque circuit.
La prise des courants se fait directement sur les bobines
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fixes OU, plus simplement, sur les bornes extérieures servant à réunir les diverses spires d'un même groupe de bobines.
Dans le but de faciliter Tinstallation des appareils à courants alternatifs et d'en réduire le prix de revient, l'inventeur a combiné une machine auto-excitatrice que nous représentons (Fig. 145).
Cette machine possède sur l'une des extrémités de l'arbre
Fig. 146. — Machine Lontin.
central un anneau Gramme ordinaire et son collecteur. Ledit anneau tourne entre les pôles d'un électro-aimant à quatre noyaux, placé à l'intérieur d'un des supports circulaires servant de bâti, et le courant produit est directement envoyé dans les bobines rayonnantes de l'inducteur principaL
La Société anonyme L'Éclairage électrique^ qui exploite la bougie Jablochkoff, a acquis le privilège exclusif de la construction et de la vente des machines Gramme à courants alternatifs que nous venons de décrire. Cette Société préconise tout spécia-
lement l'emploi des machines auto-excitatrices et fabrique couramment les trois types suivants :
Type 0 pour 2 et Zi foyers. — Poids 195 kilog. — Prix 1 800 francs.
— 1 pour 6, 8 ou 10 — . — — 275 — . 2 500 —
— 2 pour 12, 16 ou 20 — . — — 635 — . U 000 —
Machine Lontin. — La machine Lontin à courants alternatifs est représentée (Fig. 146). Elle se compose de vingt-quatre bobines inductrices A A A et d'un même nombre de bobines induites BBB, les premières mobiles, les autres fixes.
Les bobines intérieures sont solidement fixées à un anneau central en fer; l'anneau est boulonné sur une poulie a a^ laquelle est clavetée sur l'arbre recevant le mouvement du moteur. Deux tiges en iBiionfgg^, attachées en F et F^, sont destinées à amener le courant qui doit exciter les bobines inductrices.
Les bobines extérieures sont fixées sur le cercle &. L'ensemble repose sur le bâti D.
Le courant est divisé et dirigé au dehors de la manière suivante : les extrémités des fils des bobines induites sont attachées de chaque côté de la machine, en M et N, et les fils L etL, partant de ces points vont jusqu'aux régulateurs de lumière électrique.
Un commutateur M est disposé de manière à envoyer le courant dans douze directions simultanément, au moyen d'une série de plaques et de bornes m et m^, La borne m, qui reçoit le fil d'un des électro-aimants B, est reliée au contact, et la borne m^, qui reçoit le fil aboutissant au régulateur, communique avec un interrupteur à manette I.
Cette machine est excitée à l'aide d'un petit générateur d'électricité à courant continu, du même inventeur.
Machine de Héritens. — La machine combinée par M. de Méritens est représentée (Fig. 147).
Elle se compose essentiellement d'une série d'aimants permanents placés horizontalement, et d'un induit formé d'autant de bobines qu'il y a de pôles d'aimants.
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L'induit est monté sur une roue en bronze calée sur l'arbre central. Les aimants sont fixés rigidement sur deux carcasses eu bronze.
La théorie de cette machine est due à M. du Moncel. La voici :
« Pour qu'on puisse comprendre la machine de M. de Méri- « tens, imaginons un anneau Gramme (Fig. 147 bis) divisé par
Fig. 147. — Machine de Mériten».
exemple en quatre sections, isolées magnétiquement l'une de l'autre et constituant par conséquent quatre électro-aimants arqués, placés bout à bout. Imaginons que le noyau de fer de chacune de ces sections soit terminé, à ses deux extrémités, par deux pièces de fer Â, B, formant comme des épanouissements à ses pôles, et supposons que toutes ces pièces réunies, par l'intermédiaire de pièces de cuivre G D, constituent un anneau solide autour duquel sont disposés des aimj^nts permanents NS, NS, avec leurs pôles alternés de l'un à l'autre. Examinons ce qui se passera quand l'anneau accomplira un mouvement de
tf rotation sur lui-même et voyons d'abord les effets qui résulte- « ront, par exemple, du rapprochement du pôle épanoui B quand, « marchant de gauche à droite, il s'approchera de N. A ce « moment, il se développera dans l'hélice électro-magnétique de « ABun courantiuduit d'aimantation, comme dans une machine « de Clarke.
« Ce courant sera instantané et de sens inverse aux courants <f particulaires d'Ampère de l'aimant inducteur. Il sera très éner- « gique, en raison de la proximité de B du pôle N; mais l'anneau,
Fig. 147 bis, — Anneau de Méritens.
en s'avançant, va déterminer entre le pôle N et le noyau AB une série de déplacements magnétiques qui donneront naissance à une série de courants d'interversion polaire qui se manifesteront de B en A. Ces courants seront directs par rapport aux courants particulaires de N ; mais ils ne sont pas instantanés et vont en croissant d'énergie de B en A. A ces courants se joindront simultanément les courants d'induction dynamique résultant du passage des spires de l'hélice devant le pôle N. Quand A abandonnera N, un courant de désaimantation se produira, égal en énergie et de même sens que le courant d'aimantation résultant du rapprochement de l'épanouissement B du pôle N. L'effet est, en effet, alors produit à une extrémité différente du
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<r noyau magnétique, et l'hélice se présente à l'action d'induction « d'une manière inverse. Donc, courants induits inverses de l'in- « ducteur, par le fait du rapprochement et de l'éloignement des « appendices B et A, courants induits directs, pendant le passage « de la longueur du noyau AB devant l'inducteur, courants induits « directs résultant du passage des spires devant N. Toutes les <r causes d'induction se trouvent donc ainsi réunies dans cette « combinaison.
« On remarquera que l'action que nous venons d'étudier pour « une seule section de l'anneau peut s'effectuer en même temps pour « toutes les autres, et qu'il s'y ajoute encore les courants résul- « tant delà réaction latérale des pôles A etB sur les pôles voisins.
« ABn d'augmenter encore les effets d'induction. M, de Méri- « tens compose le noyau AB et les appendices A et B avec de « minces lames de fer découpées à l'emporte-pièce et juxtaposées « en faisceau, au nombre de cinquante, ayant un millimètre « d'épaisseur chacune. Les fils des hélices sont d'ailleurs reliés « de manière que les courants induits puissent être associés en « tension, en quantité ou en séries, suivant les conditions de tf l'application*. »
Ces machines sont employées pour le service de plusieurs phares; elles sont bien construites, fonctionnent très régulièrement, et donnent, en résumé, d'excellents résultats. Leur prix est un peu trop élevé et l'emplacement qu'elles exigent un peu trop considérable pour qu'elles obtiennent beaucoup de succès dans l'industrie ; nous connaissons cependant quelques installations privées qui donnent entière satisfaction aux acquéreurs.
L'inventeur a également combiné des dynamos à courant continu avec des induits du genre Pacinotti ; mais ces dynamos, un peu inférieures à celles de MM. Gramme, Edison et Siemens, ont eu beaucoup moins de succès que les machines à courants alternatifs ci-dessus décrites qui resteront l'œuvre capitale de M. de Méritens.
1. Celte théorie est un peu vague ; nous avouons môme, en toute sincérité, ne pas l'avoir bien comprise; mais nous avons voulu, en la reproduisant, appeler l'attention sur une bonne machine à courante alternatifs. Nous espérons d'ailleurs que beaucoup de nos lecteurs, plus heureux que nous, saisiront le sens et la portée des explications de M. te comte dû Moncel.
Machines Siemens. — Les machines à courants alternatifs manufacturées par les Sociétés Siemens se composent de deux rangées d'électro-aimants inducteurs fixes (Fig. 148), disposés de façon que deux champs magnétiques successifs aient leurs orientations inverses. Les bobines induites tournent entre les électros qui sont excités par une machine indépendante à courant continu.
Fig. 148. — Hachioe Siemens et son excitatrice.
Les électros ont pour noyaux des barres rondes de fer doux sur lesquelles est enroulé le fil inducteur. L'induit est formé de deux flasques métalliques dont Técartement est maintenu par des entretoises en bois autour desquelles est enroulé le fil induit. Cette disposition rend l'armature assez légère, et l'absence de fer dans les bobines empêche réchauffement rapide de la machine.
Les deux extrémités du fil induit aboutissent respectivement à deux bagues métalliques qui constituent le collecteur et
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sur lesquelles appuient les frotteurs destinés à recueillir les courants.
Les bobines partielles de l'induit peuvent naturellement être groupées de différentes manières, de façon à donner des courants de tension ou de quantité.
L*inducteur est excité par une petite machine à courant continu des mêmes constructeurs.
Les machines Siemens, à courants alternatifs, sont employées non seulement pour alimenter les régulateurs différentiels des mêmes constructeurs, mais encore et surtout dans les installa-
Fig. 149. — Machine Fcrranti.
tions d'éclairage par incandescence. Elles sont généralement assez soignées dans leur fabrication ; leurs organes mécaniques seuls, comme ceux des dynamos Siemens à courant continu, sont un peu trop grêles, ce qui les rend sujettes aux vibrations des courroies ou des manchons d'entraînement.
Machine Ferranti. — La machine que nous représentons (Fig. 149) est due à la collaboration de Sir William Thomson et de M. Ferranti. Ses inducteurs sont formés, comme ceux des machines Wilde et Siemens, de deux couronnes garnies d'électroaimants droits à pôles opposés.
Son induit est constitué au moyen de bandes de cuivre con-
tournées en zigzags successifs. Pour une machine ayant 32 paires d'électro-aimants droits dans le système inducteur, l'induit comporte 16 boucles en zigzags; les parties mobiles ont ainsi une largeur angulaire double de celle des parties fixes.
Fig. 150. — Diagramme de la machine Ferranti.
Pour étudier la production des courants induits dans cette machine il suffit de considérer deux parties voisines ab et cd du ruban de cuivre L,L', L, L', L, (Fig. 150). Lorsque a b s'approche
du champ magnétique situé en face du pôle N, par exemple, <:rf s'approche d'un champ magnétique inverse développé vis-à-vis du pôle S.
Les courants induits dans ces deux éléments sont donc de sens contraires; mais comme les directions Aeab et de cd sont elles-mêmes opposées, les deux courants s'ajoutent. Il en est ainsi pour les 8 ou 16 boucles du ruban, et la rotation du système mobile produit un courant qu'on recueille au collecteur.
Ce courant change de sens simultanément dans les éléments ab, c d, etc., toutes les fois qu'ils passent d'un champ magnétique dans un autre, c'est-à-dire 16 ou 32 fois par tour.
Fig. 151.^ Induit de la machine Ferranti.
DYNAMOS A COURANTS ALTERNATIFS. 277
L'avaulage de l'armature Ferranti-Thomson (Fig. 151) réside dans la simplicité de sa construction et dans son extrême légèreté. Les lames juxtaposées sont séparées les unes des autres par des bandes de caoutchouc. Les frotteurs sont formés, non de balais, mais de fortes pièces de métal pressées par un ressort contre le collecteur.
Les noyaux des électro-aimants du système inducteur sont fondus avec le bâti de la machine. Ce bâti est composé de deux couronnes symétriques reliées entre elles par 6 boulons. La dynamo qui excite les inducteurs est d'un système quelconque ; elle est indépendante de la machine à courants alternatifs.
Dans les récentes machines Ferranti, les noyaux des électros inducteurs ne sont plus enroulés de fils, mais bien de lames de cuivre ondulées comme les rubans de l'induit. Les inducteurs et les induits ont ainsi une résistance électrique extrêmement faible.
Chaque palier de ces machines porte un godet à huile ordinaire et 3 tubes qui sont reliés à une petite pompe opérant le refroidissement des coussinets par une circulation d'huile très abondante.
Les modèles courants comprennent des appareils pouvant alimenter 100, 200, 300, àOO, 1000 et 3 000 lampes à incandescence de 16 bougies.
Machine Gordon. — La machine étudiée par M. Gordon sur le type Dandeu-Chertemps est surtout caractérisée par ses grandes dimensions et sa grande puissance.
Son poids est de 18 tonnes; celui de l'armature mobile, de 7 tonnes. Sa base occupe un espace de â mètres sur 2°',20. Le diamètre de l'armature est de 2'",07. Son courant peut alimenter 6000 lampes à incandescence Swan de 20 bougies. Les bobines induites sont fixes et les bobines inductrices sont mobiles. Les bobines induites sont disposées sur deux anneaux de chaque côté de l'armature inductrice. Ces bobines sont au nombre de 128 (6â sur chaque anneau); elles sont oblongues et ont un noyau en fer en forme de V.
L'armature mobile est composée de deux disques maintenus par deux cônes fixés à l'arbre de rotation. Dans la paitie annu-
laire de cette armature sont implantés 32 électro-aimants droits, excités par une machine Gramme indépendante.
Les bobines induites peuvent être accouplées de toutes les façons possibles suivant le nombre et la disposition des lampes à desservir.
Machine Jablochkoff . — Cette machine a un inducteur dans le genre de celui de la machine Gramme (Fig. 1A4) ; seulement, au lieu d'être parallèles à l'axe, les surfaces polaires inductrices sont obliques et les noyaux ou ailettes ont une forme hélicoïdale. L'toduit est formé d'une série de bobines plates, placées parallèlement à l'axe et fixées par leurs extrémités sur deux flasques circulaires constituant le bâti de la machine. La machine Jablochkoff figurait à l'Exposition de 1881. Elle n'a pas été mise en fabrication courante, parce que les progrès réalisés par M. Gramme dans ses dynamos auto-excitatrices rendaient inutile la construction d'un autre appareil similaire, les brevets de M. Jablochkoff et ceux des machines Gramme à courants alternatifs appartenant à la même Société.
Machine Zipemowsky-Deri. — MM. Zipernowsky et Deri, de Budapest, ont également étudié une machine à courants alternatifs pour compléter leur système de transformateurs dont nous parlerons plus loin.
Cette machine se compose d'un inducteur tournant, en forme de pignon (tout à fait analogue à celui des machines Gramme à courants alternatifs). Les dents de ce pignon portent le fil inducteur.
L'induit est ainsi établi : un tambour est formé à l'aide de bandes en fer plat enroulées en cercle* et vernies, que l'on superpose ; deux anneaux de bois de môme diamètre que les cercles, maintenus par des entretoises, les enserrent entre eux et constituent la carcasse solide du tambour; à l'intérieur de celui-ci sont disposées des bobines induites, en nombre égal à celui des bras du pignon inducteur ; chacune de ces bobines a une âme en fer en forme de zigzag, autour de laquelle se place la galette de fil induit.
DYNAMOS A COURANTS ALTERNATIFS. î79
Cet ensemble constitue une sorte de bobine très plate, de forme rectangulaire allongée et dont Taxe est normal au tambour qui lui sert d'enveloppe.
Un commutateur est monté sur le prolongement de l'arbre du pignon. Pour les machines à excitation séparée, ce commutateur est remplacé par deux bagues isolées sur lesquelles frottent les balais qui sont reliés à l'excitatrice.
Tout l'ensemble est monté entre deux flasques circulaires, portant les paliers et réunies par des entretoises auxquelles sont fixés le tambour et les bobines.