HENRI. L
Fig. 236. — C&bles Siemens.
de fer à spires non jointives, enroulés hélicoïdalement et simultanément autour du câble ; le tout est enfin recouvert de jute goudronné.
La figure 236 représente une série de sections faites dans les câbles de modèles courants.
La gaine de plomb est appliquée à froid dans des presses marchant sous une pression de 150 à 200 atmosphères.
Tout le long du câble se trouve placé, à l'intérieur, un fil isolé, plus mince que chacun de ceux composant le conducteur et qui sert de fil de retour pour la mesure des tensions lorsque le câble est en service.
Conducteurs Edison. — Les conducteurs Edison pour canali-
salions souterraines s'établissent au moyen de barres de cuivre enfermées dans des tubes en fer. La forme et la disposition des barres comprennent deux systèmes.
Premier système. — Dans le premier système, on se sert de tringles demi-cylindriques, c'est-à-dire plates d'un côté et rondes de l'autre. Elles sont empâtées dans une substance isolante contenue dans les tubes en fer et se font face par leur côté plat.
Les tubes en fer sont soudés à recouvrement et revêtus d'un ruban goudronné, destiné à les préserver de l'oxydation.
Les deux tringles sont d'abord placées en regard l'une de l'autre et maintenues à écartement convenable au moyen de petits disques en carton découpé, imprégnés de matière isolante. Ces
Fig. 237. — Conducteurs Edison.
petits cartons sont reliés entre eux par une ficelle servant à con- , server leurs distances. On glisse le tout dans le tube en fer et onj coule la matière isolante.
Ces conducteurs Edison sont préparés, par longueurs d€ six mètres, sur sept types de diverses grandeurs. Le plus gros d^ ces types a un diamètre extérieur de huit centimètres ; il se placel naturellement près des dynamos. A mesure qu'on s'éloigne des! machines, on emploie des conducteurs de plus en plus faibles, ^ comme dans toute espèce de canalisation pour montage en dérivation.
Deuxième système, — Au lieu de tringles demi-cylindriques, les sociétés Edison emploient aujourd'hui des tiges de section circulaire au nombre de deux ou trois, placées dans des tuyaux en fer, comme précédemment, et séparées par des cordes en chanvre (Fig. 237). Quand une section de ligne est posée, on ferme les extrémités de la conduite, et on coule dans les tuyaux une composition isolante, formée de bitume et d'huiles lourdes,
CONDUCTEURS
rendue fluide par la chaleur et restant visqueuse à la température ordinaire. L'avantage de cet isolant semi-liquide sur l'isolant solide est qu'il n'est pas, comme ce dernier, sujet à se fendiller et à prendre de l'humidité par les fissures.
Jonction des conducteurs. — Les joints des fils métalliques [doivent être soigneusement faits, de manière à présenter une rande résistance mécanique, tout en n'augmentant pas la résistance électrique du circuit.
Fig. 238. — JonctioD de fils.
Les figures 238 à 240 représentent trois des joints les plus fréquemment employés.
Pour exécuter le joint à double torsade (Fig. 238), on place parallèlement l'un à l'autre les bouts des deux^fils à raccorderai on les serre par le milieu dans un petit étau à main, puis on enroule chacun des bouts sur le fil voisin. La torsade finie, on recourbe souvent les bouts libres des fils et on les soude ensemble par leurs extrémités. On peut également souder chacun des bouts avec le corps du fil voisin.
Ce joint ne peut guère être employé que pour les fils de petite
Fig. 239. ~ Jonction de fils.
Fig. 240. — Jonction de fils.
section ; pour les gros conducteurs, on fait usage de ligatures faites avec un fil fin (Fig. 239), après avoir recourbé les extrémités des deux fils et avivé les deux parties mises en contact.
Une bonne solution est celle indiquée (Fig. 240). Les fils sont recourbés et fortement frottés avec du papier émeri, puis reliés avec un fil de cuivre ayant environ un millimètre de diamètre, dont l'enroulement commence sur l'ua des fils, entoure toutes les parties en contact et se termine sur l'autre fil.
La soudure qui complète le joint est faite avec un fer à souder sur toute la longueur de l'enroulement. Lorsque les joints
Fig. 241.— Bolto de jonction Edison.
sont refroidis, on les nettoie à l'eau simple et on les essuie avec un linge bien sec.
Dans les cas de cordes métalliques, on enchevêtre les uns
CONDUCTEURS
dans les autres les bouts des fils des deux cordes à réuair, de manière à former une épissure que Ton soude ensuite.
Boîtes de jonction. — Les boîtes de jonction servent, dans les stations centrales et les grandes installations privées, à réunir les diverses branches de> conducteurs principaux et ceux-ci avec les conducteurs secondaires.
La figure 241 représente une boîte de jonction Edison pour
Fig. 242 et 243. — Boîtes de jonction Siemens.
des conducteurs demi-circulaires. Les tuyaux en fer sont assemblés entre les deux coquilles d'une boîte en fonte, et les âmes sont reliées entre elles à l'aide d'étriers en cuivre solidement vissés avec les tringles. Quand le montage est terminé, on coule par un trou ménagé sur la boîte un mélange isolant de même nature que celui dont les tubes sont garnis.
La maison Siemens donne à ses -boîtes de jonction les formes indiquées (Figures 242 et 243), qui représentent. Tune l'assemblage de deux conducteurs bout à bout ; l'autre, l'assemblage d'un conducteur principal avec un conducteur secondaire.
Dans cette dernière, les deux bouts du conducteur principal et celui du conducteur secondaire sont dénudés, amenés au contact, puis pinces fortement, à l'aide de quatre boulons, entre deux manchons de cuivre étamé. Des bourrelets en jute goudronné
Fig. 24&: — Boite de Jonction Berthoud-Borcl.
forment des joints étanches aux entrées des conducteurs dans les boîtes. Celles-ci sont en fonte, à doubles parois. Les deux coquilles sont ensuite réunies au moyen de six forts boulons, et Tespace compris entre les deux parois de la boite, ainsi que le vide intérieur, sont remplis de substance isolante.
Fig. 245. — Boite de jonction de deux cÂbles Berthoud-Borel.
Il faut naturellement deux boites pour une même canalisation : une pour l'aller, l'autre pour le retour.
Le fil isolé destiné au contrôle des tensions, lorsque le câble est en service, se trouve placé en dehors du manchon d'accouplement (Fig. 243).
La maison Berthoud et Borel, qui fabrique beaucoup de
CONDUCTEURS. 437
câbles à deux conducteurs, se sert, pour réunir les deux parties d'un même câble, de la disposition (Fig. 244), et, pour réunir deux câbles ensemble, de la disposition (Fig. 245), qui sont faciles à comprendre.
L'intérieur des boîtes est entièrement rempli de paraffine lorsque la jonction des deux coquilles a été opérée.
Pour les petites installations, MM. Berthoud et Borel conseillent l'emploi d'un boîte simple (Fig. 246).
Cette boîte se compose d'un réservoir rond A, en fonte, sur deux côtés opposés duquel se trouve une chambre B. Les câbles sont introduits à travers les ouvertures de ces chambres et viennent se croiser en D où ils sont fortement serrés. Les espaces B
Fig. ^46. — Boite simple Berthoad-Borel.
sont alors remplis de brai fondu, puis fermés au moyen des couvercles C, garnis également de brai sur la face supérieure. Le couvercle H de la boîte A est posé sur une rondelle en caoutchouc durci E et fixé par quatre boulons.
Conducteurs souterrains aux États-Unis. — C'est surtout aux États-Unis que les grandes applications d'éclairage électrique se sont développées et ont donné lieu, par conséquent, aux études les plus approfondies sur la canalisation des conducteurs.
Déjà, dans diverses localités, les fils souterrains ont été adoptés de préférence aux fils aériens, et des arrêtés municipaux en règlent l'usage.
A Brooklyn, on vient d'examiner une ligne souterraine posée depuis deux ans dans une canalisation en bois enduit de créosote, et on a constaté qu'en plusieurs endroits l'enveloppe en plomb des câbles avait été sérieusement endommagée par l'acide carbonique. On a remarqué que le plomb pur était seul attaqué, tandis
que les câbles dont l'enveloppe de plomb contenait un peu d'étain étaient restés intacts.
A Chicago, la canalisation est de forme cylindrique. Elle comporte à Tintérieur un grand nombre de trous au travers desquels passent les câbles. A chaque coin de rue se trouvent des
¥ïg, 247. — Canalisation de Chicago.
regards (Fig. 247), pour la distribution dés fils dans toutes les directions.
L'enveloppe des fils se compose d'asphalte, de terre siliceuse et d'autres matières soumises à une très forte compression. Elle est imperméable et possède une haute puissance d'isolation.
Coupe-circuits. — On nomme coupe-circuits ou cut-off des appareils destinés à empêcher les accidents (détérioration des
fils, incendie, etc.) auxquels un échauffement exagéré des conducteurs peut donner naissance.
Les coupe -circuits sont généralement formés d'un fil en plomb ou en alliage fusible que l'on intercale dans un circuit et qui fond lorsque le courant dépasse une intensité déterminée. On calcule facilement le diamètre de ces fils, sachant que le plomb fond lorsque la densité du courant qui le traverse atteint 30 ampères par millimètre carré de section.
Fig. 248. — Coupe-circuit Edison à simple branchement
CONDUCTEURS
La Société Edison possède une série de modèles de coupecircuits tout préparés. Les figures 248 et 2â9 représenteat : la première un coupe-circuit simple pour les faibles débits, et la seconde un coupe -circuit à double embranchement pour des circuits de 30 à 130 lampes à incandescence.
Il existe des coupe-circuits qui dispensent du remplacement des fils de plomb, mais qui sont beaucoup moins simples, et.
Fig. 249. — Coupe-circuil Edisou à double bi*aucheinent.
par suite, plus coûteux et plus sujets à dérangements que les précédents.
Ces appareils se composent en principe d'un électro-aimant et d'un godet à mercure. L'armature de l'électro-aimant oscille
Fig. 250. — Pose de fils.
Fig. 251.— Pose de fils.
autour d'un axe et porte deux lames qui viennent plonger dans le mercure et font partie du circuit à protéger. Quand l'intensité du courant dépasse un nombre d'ampères donné, l'armature est attirée; elle oscille et, dans son mouvement, retire les lames du mercure, ce qui rompt le circuit.
Câbles de dérivation. — Les conducteurs de dérivation auxquels viennent se relier les lampes dans certains montages sont fixés directement sur les murs des locaux à éclairer avec des crochets émaillés (Fig. 250) ou mieux sur des tasseaux en bois (Fig. 251), qui les isolent mieux des murs. On emploie également, pour le même usage, des petits boutons en os (Fig. 252), sur les-
Fig. 252. — Posedeflls.
Fig. 253. —Pose de fils.
quels s'enroule le fil, ou des petits cavaliers en fer (Fig. 253) qui maintiennent constant Técartement des deux fils.
Les fils de dérivation sont branchés sur les câbles intermédiaires par un enroulement en spirale fait sur une partie dénudée (Fig. 254) et recouvert de composition Chatterton.
Câbles intermédiaires. — Les conducteurs qui relient les
câbles principaux aux fils de dérivation sont montés sur des isolateurs en porcelaine ou dans des moulures en bois (Fig. 255). Jusqu'à 10 millimètres carrés de section, les conducteurs peuvent être simplement raccordés par une ligature ordinaire, puis recouverts de chatterton ; au delà , nous considérons comme indispensable de faire une soudure à l'étain et à la résine, afin d'éviter un contact imparfait.
Fig. 254. — Brancbemeni de fils.