‹ Éclairage à l'électricitéChapitre 82 sur 98 · SA · texte numérisé non relu

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La Compagnie de beaucoup la plus importante est la Westinghouse C** dont cependant la création n'est pas ancienne ; au début de Tannée 1887, elle ne comptait que 26 250 lampes à in-

candescence en service ; au 1^' novembre elle avait quadruplé ce chiffre, ce qui permet de bien augurer de son avenir. On se rappelle que cette société exploite les brevets américains des transformateurs Gaulard et Gibbs.

Stations centrales en France. — Éclairage du port du Havre. — La première station centrale établie en France a une destination toute spéciale; elle fournit l'éclairage permettant aux navires d'entrer dans le port du Havre la nuit, ce qui était matériellement impossible avant son installation. Le port du Havre est, comme on sait, un port de marée dans lequel les grands bâtiments ne peuvent entrer qu'à l'heurp de la pleine mer. Aux époques où les deux marées ont lieu de jour, le navire qui manquait la première pouvait entrer à la seconde, tandis qu'aux époques où les marées sont Tune de jour et l'autre de nuit, quand le navire manquait la première, il lui fallait faire en rade une station qui durait quelquefois vingt-trois heures. La rade du Havre, qui est excellente en temps calme, est détestable, dangereuse même, lorsqu'il vente. Sur les instances des marins, l'administration a, dès i 880, décidé que le port serait éclairé à la lumière électrique et que les brûleurs seraient du système Jablochkoff.

Le contrat passé entre le ministre des travaux publics et l'ancienne société jablochkoff mérite de fixer l'attention des entrepreneurs d'éclairage électrique.

En voici les principales clauses :

« Le port sera éclairé par 40 foyers, lesquels seront placés conformément aux indications fournies par les ingénieurs de la navigation.

« Les bougies devront être constituées par des crayons de 6 millimètres de diamètre, leur intensité, prise horizontalement à feu nu, devra être de 60 carcels au minimum.

« Chaque foyer sera payé 1 fr. 047 par heure.

« Moyennant ce prix, la Société concessionnaire prendra à sa charge : 1** la fourniture, la pose à ses risques et périls, l'entretien, les réparations et le remplacement au besoin de tout le matériel mécanique et électrique; 2® la mise en marche, l'alimentation et le fonctionnement des machines, la manœuvre des

appareils, le nettoyage des lanternes et généralement toutes les dépenses que nécessitera l'éclairage électrique.

« Toute l'installation sera faite suivant les indications et sous la surveillance des ingénieurs.

« Les heures d'allumage et d'extinction seront fixées par l'administration .

t La durée du marché est fixée à dix ans. A rexpiration de cette période, tout le matériel d'éclairage électrique deviendra la propriété de l'État, sans répétition contre la Société concessionnaire. »

Inutile de dire que ce traité a été extrêmement onéreux à la Société Jablochkolï".

Les moteurs sont installés près de l'écluse des transatlantiques.

Deux machines demi-fixes de 35 chevaux chacune mettent en mouvement 4 dynamos auto-excitatrices Gramme de 16 foyers. Une de ces dynamos fonctionne à circuit ouvert; elle est destinée seulement à être employée dans le cas où il arriverait un accident à l'une des trois autres.

Toutes les manœuvres d'allumage et d'extinction se font de l'usine. Les conducteurs doubles, au nombre de 4, sortent ensemble et divergent ensuite vers les difiérents points qu'ils doivent desservir. Comme, en plusieurs points, ces conducteurs ont dû être placés à l'intérieur même des bassins ou sous les écluses, ils ont été protégés d'une façon toute spéciale contre les chocs. A cet effet ils sont enveloppés de chanvre, d'une torsade de fer galvanisé, puis d'une seconde couche de chanvre et enfin d'une composition très isolante appelée composition Clarke.

Aux endroits où les câbles sont reliés l'un à l'autre sous le sol, on les réunit par un serre-fil, puis ils sont placés dans des poteries remplies de brai et garnies extérieurement de ciment aggloméré. Ces poteries sont en outre protégées par un lit de parafiine non seulement contre les eaux, mais surtout contre les rats, très nombreux dans ces parages.

Depuis sa mise en marche l'usine a toujours fonctionné à l'entière satisfaction des ingénieurs du port et des navigateurs.

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i^ft eCLAIlAGE A LËLECTllCITÊ.

La perte réelle subie par la société coDcessiomiaire, sor son traité arec radmimstratioo, peut être estimé à 50000 firancs.

Xotre dessin 'Fig. 303; doime une idée assez exacte de Tellet produit par Féelairage électrique dans le port do HaTre.

Station rmiraU de Saini-Êiienne (f^ireK — La Compagaie électrique Êdisoo de Saint-Étienne fut fondée en mai 1885. Son ostne, primitirement montée pour déUter 1 100 ampères, fat inaugurée cinq mob après.

Elle s'est soccessiTement déreloppée et peut actoeflement (lauTier i888> fournir 2 600 ampères.

L'éclairage est vendu au prix de 6 centimes la lampe-heore de 16 bougies. L'abonnement est fait au compteur. Qiaque dient pajre, en outre du courant consommé, une sonune fixe annuelle de 3 fr. 50 par lampe installée.

L'usine est située au centre même de la TÎlle, dans une cour ayant 300 mètres carrés environ. L'espace restreint dont on disposait a conduit à adopter une disposition spéciale : les chaudières sont placées au niveau du sol et les murs qui les séparent servent de fondations aux moteurs. Ces murs, sous lesquels sont situés les cameaux de fumée, dépassent d'environ deux mètres le sommet des chaudières. De son côté, le mur de protection imposé par les rè^ements administratifs pour isoler les chaudières des propriétés voisines sert de fondation à une partie des dynamos.

Au niveau du sommet des murs contenant les cameaux est établi le plancher de la salle des machines. La transmission est installée dans l'espace de 2 mètres réservé entre le sommet des chaudières et le plancher de la salle des maclûnes '.

L'appareil générateur de vapeur est constitué par h chaudières à foyer intérieur, genre Farcol, de 90 mètres carrés de surface de chauffe, timbrées à 12 kilog. Le cameau collecteur des fumées se trouve à la base du mur de protection et aboutit à une cheminée de &5 mètres de hauteur située à l'angle de Tusine. Ces chaudières sont alimentées par deux injecteurs Kœrting indépendants et un petit cheval de secours. Un tuyau

1 La circolâtioo est très facile dans toutes les parties de l'osiiie, comme nous stods été à même de le constater récemment, M. Gramme et moi.

de fonte recueille toute la vapeur d'échappement, même celle que peuvent laisser échapper les soupapes de sûreté, et la rend à un économiseur tubulaire où s'échaufiTe l'eau d'alimentation. La tuyauterie est disposée de telle sorte que, en tournant une vanne, la vapeur d'échappement puisse se rendre dans la cheminée soit directement, soit en passant à travers l'économiseur. Les moteurs sont comme les chaudières au nombre de quatre. Ils sont compound en tandem et fonctionnent à haute pression, avec détente dans les deux cylindres. Les tiroirs sont rotatifs, du système Coffinal, avec détente variable à la main. Les cylindres ont 280 millimètres et 420 millimètres de diamètre et une course commune de 600 millimètres avec une introduction pouvant varier de 180 à 360 millimètres au petit cylindre. Les manivelles font 160 tours par minute. La consommation est d'environ 10 kilog. de vapeur par cheval, ce qui est un beau résultat, vu l'absence de condensation.

A la pression de 6 kilog., chaque moteur développe normalement de 70 à 75 chevaux effectifs (à 11 kilog. de pression, on peut obtenir 180 à 190 chevaux effectifs).

Les cylindres à vapeur sont à double enveloppe et, grâce à la surélévation des machines, on obtient un courant continu de vapeur dans ces enveloppes, avec retour de l'eau condensée à la chaudière; les refroidissements dus à la détente sont ainsi efficacement combattus, et les machines marchent toujours avec de la vapeur parfaitement sèche.

Les quatre moteurs sont munis chacun de deux volants-poulies aux extrémités de leurs arbres coudés. Les volants opposés au côté de la distribution commandent par courroies un arbre intermédiaire régnant, perpendiculairement à leurs axes, dans toute la longueur de la salle des moteurs. Cet arbre porte sept poulies qui commandent chacune une dynamo au moyen d'une courroie passant sous le plancher des moteurs. Pour réaliser cette disposition qui présente l'avantage de ne pas encombrer de courroies la salle des moteurs, la base des dynamos a dû être baissée de 1°", 20 au-dessous du plancher des moteurs, et l'accès des dynamos n'a pas été obstrué, grâce à de larges escaliers auxiliaires.

Les moteurs peuvent marcher isolément ou ensemble, suivant les besoins du service* A cet effet, chaque volant moteur des machines est réuni à un tronc d'arbre de transmission intermédiaire et attaque une poulie Piat de 0",900. Chacun des tronçons porte en outre deux autres poulies Piat attaquant chacune une dynamo Edison. Toutes ces poulies sont à embrayages par friction et chaque tronçon d'arbre intermédiaire peut être réuni au voisin par des manchons à griffes. De cette manière, on assure à un très grand degré et à volonté la dépendance ou l'indépendance de chaque moteur et de chaque dynamo.

La distribution est à trois fils sous 225 à 230 volts au départ.

Les dynamos sont au nombre de sept. Le type primitivement adopté, lorsqu'il ne s'agissait que de la production de 1 100 ampères, était celui de 375 ampères et 120 volts; il a dû être maintenu lors de l'augmentation de l'usine afin de conserver aux machines l'uniformité dans leur débit et de pouvoir facilement les grouper en quantité. Posées sur des rails, ces machines se déplacent au moyen de vis, lorsqu'on veut tendre les courroies.

Le champ magnétique est créé par un groupe de trois élec-

tros de 2 colonnes, soit par 6 colonnes en tout. L'excitation est

prise sur les câbles extrêmes de l'usine, elle se fait donc sous

une différence de potentiel de 220 volts environ. Les six colonnes

sont groupées en deux séries de trois, ces deux séries réunies

en quantité. Chacune ayant 45 ohms, la résistance réduite de

l'ensemble est 33,75 ohms, et le courant consommé est de

— = 6,5 ampères environ. Le rendement en ampères est donc

d'environ 94 pour 100.

L'induit est construit dans la forme habituelle des machines Edison. Sa résistance intérieure à froid est de 0, 01 ohm seulement, d'où il résulte que la force électromotrice absorbée à l'intérieur de la machine est très faible et que le rendement total de la dynamo est très élevé.

La poulie de commande, qui est calée sur l'arbre de l'induit, est placée entré deux poulies, disposition éminemment favorable à la durée et à la bonne marche de la machine. Le courant est recueilli sur le collecteur par trois paires de balais. Des câbles.

partant des bornes, se rendent au tableau de distribution de chaque dynamo.

Les tableaux de groupement des dynamos sont conçus de telle sorte que n'importe quelle dynamo peut servir de rechange sur l'un ou sur l'autre des réseaux du système à trois conducteurs, sans qu'on ait à craindre la mise en court-circuit des dynamos ou leur mise en dérivation sous deux cents volts, et cela grâce à des dispositifs d'enclanchements des commutateurs brevetés par M. Ebel, directeur de la Compagnie électrique Edison de Saint- Étienne. Par ce système, toute inversion dans l'ordre prévu pour les manœuvres est rendu automatiquement impossible et la bonne conservation des producteurs ou des utilisateurs du courant électrique se trouve assuré.

Le réseau proprement dit sîir lequel sont branchées les lampes a un développement total de près de 5 000 mètres. Il a été constitué par deux types de sections de conducteurs, suivant les charges et répartitions prévues.

L'un des types est fait par positif et négatif de 200 millimètres carrés de section avec intermédiaire de lâO millimètres carrés.

L'autre type est fait par positif et négatif de 140 millimètres carrés avec intermédiaire de 100 millimètres carrés de section.

L'ensemble des immobilisations pour immeubles, générateurs, moteurs, dynamos, tableaux, réseau et branchements a coûté approximativement 500 000 francs , somme moyennant laquelle on a pu installer environ 5 500 lampes et distribuer de la force motrice.

Les dépenses d'exploitation font ressortir à 0 fr.. 0325 l'ampère-heure.

EUes se décomposent ainsi :

Main-d*œuvre 0 fr. 009

Combustible au prix moyen de 13 fr. les i 000 kil. 0 01

Graissage 0 001

Entretien 0 0025

Frais généraux, eau, loyer 0 01

Prix de revient de l'ampère-heure 0 fr. 0325

Ces chiffres se rapportent à une production annuelle d'envi-

ron 1 500000 ampères-heure pour un nombre moyen de 2200 lampes en fonction.

Les chaudières, machines et transmissions sortent de la maison Biétrix et C***, de Saint-Étienne. Toutes les dynamos et appareils électriques sortent des ateliers d'Ivry.

Station centrale de Bourganeuf. — Cette station, créée en 1885, alimente, en outre de 60 lanternes municipales, l'éclairage entier de la mairie avec 20 lampes, de l'église avec 7 lampes, des cafés, hôtels, magasins, etc., avec environ 100 lampes allumées. L'importance de cette station atteindra un jour, espère le concessionnaire, 300 lampes.

La puissance mécanique est produite par une roue à augets de 5 mètres de diamètre, faisant 6 tours par minute. La chute a 11 mètres de hauteur et un débit minimum de 250 litres par seconde. La dynamo est du système Thury à six pôles. Elle tourne à 450 tours par minute et donne eu marche normale 180 ampères sous 110 volts.

La canalisation est aérienne, en fil de cuivre posé sur isolateurs; son développement, aller et retour, est de 3 500 mètres. Le câble principal a 850 mètres de longueur et 8, 5 millimètres de diamètre.

Les lampes sont du système Woodhouse et Rawson, type de 10 bougies. Aucun commutateur n'est installé ni même prévu : les lampes s'allument toutes à la mise en marche et s*éteignent à l'arrêt de la dynamo.

Station centrale de la Bochesur-Foron {Uaute^avoie) . — A la Roche-sur-Foron, l'éclairage public est obtenu par 20 lampes Edison et doit fonctionner tout l'hiver, de quatre heures du soir à sept heures du matin, et l'été aux heures déterminées par un règlement municipal. Le contrat a été passé pour une période de quarante ans. La lumière est payée par la ville à raison de 3 000 francs par an.

L'éclairage privé comprend actuellement 300 lampes à iûcandescence Edison de 8, 10, 16 et 32 bougies. Leur consommation ne se règle pas au moyen de compteurs qui, comme on le sait, sont souvent d'un emploi assez difficile ; elle est tarifée d'après la durée moyenne de l'éclairage par jour.

La force motrice de l'usine est prise par une turbine sur le Foron, petite rivière dont le débit variable a nécessité la construction d'un réservoir accumulateur de 1 200 mètres cubes; de la sorte, on a obtenu une hauteur de chute d'eau de 17 mètres entre le réservoir et la turbine. Celle-ci est du système Girard, à injection partielle et à arbre horizontal portant la poulie de commande de la dynamo ; elle donne 45 chevaux effectifs; son distributeur obéit fort commodément à la main, au moyen d'un léger volant placé en face du voltmètre. Ce simple mode de réglage permet de modérer -la tension à une fraction de volt près.

La machine dynamo est du système Thury ; elle est à enroulement compound et supporte sans inconvénient les coups de collier, donnant, sans résistance dans le circuit dérivé inducteur, 105 volts à 600 tours, avec une seule lampe ou à vide, et 110 volts environ, lorsqu'elle marche dans des conditions normales et débite 150 ampères.

La conduite de distribution est constituée par un câble principal à section décroissante à partir de la machine et disposé suivant le système dit circuit compensé ou en fer à cheval, disposition qui permet d'obtenir une différence de potentiel constante entre les deux conducteurs, quelle que soit la perte de charge totale, laquelle est d'environ 20 volts pour un courant moyen de 150 ampères.

Le câble, de 4 000 mètres de développement, est nu et composé de fils de 3 millimètres; sa résistance est de 0,13 ohm jusqu'au milieu de la boucle, et sa section moyenne de 240 millimètres carrés. Ce câble est aérien et porté par des poteaux munis d'isolateurs. Presque toutes les dérivations sont en cuivre, recouvertes d'un isolant que protège une forte tresse de chanvre enduite ou une gaine de plomb ; elles sont fixées sur des viroles en porcelaine et pourvues de coupe-circuits de sûreté et d'interrupteurs.

Stations centrales parisiennes. — Vers la fin de 1877, alors que le système Jablochkoff prenait son essor, les promoteurs de l'affaire obtinrent de la municipalité l'autorisation d'éclairer l'avenue de l'Opéra et les deux places qui la terminent. Cette

autorisation, renouvelable d'année en année, était acconapagnée d'un traité par lequel la ville s'engageait à payer pour chaque foyer Ofr.SOpar heure d'éclairage. L'installation fut assez rapidement faite; mais elle fut très onéreuse pour la Société Jablo- - chkoff, car il lui fallut créer trois usines de force motrice — aucun emplacement suffisant pour y loger l'ensemble du matériel n'ayant été trouvé à proximité — et poser tous les câbles en sous-sol. L'éclairage, qui comprenait 82 foyers, eut un grand succès de curiosité et permit d'étudier sur une assez vaste échelle le mérite du nouveau brûleur. Les dépenses annuelles d'exploitation étaient supérieures d'environ 30 000 francs ^aux recettes; aussi, lorsqu'en 1882, les destinées de la Société Jablochkoff passèrent en nos mains, le premier acte de notre administration fut de laisser périmer le traité et de supprimer l'éclairage électrique qui, pendant plus de quatre ans, avait contribué à orner la plus belle des avenues de Paris.

L'éclairage électrique de la place du Carrousel, installé un peu plus tard, existe encore aujourd'hui. 11 se compose de 12 candélabres, hauts de 8 mètres, supportant deux régulateurs de Mersanne, à charbons horizontaux et d'un grand pylône en fer de 20 mètres de hauteur, supportant deux régulateurs du même système.

L'usine qui alimente ces 14 foyers est placée dans un pavillon situé près des bâtiments de l'Administration des Postes, dans la cour des Tuileries. Elle comprend deux locomobiles de AO chevaux, deux dynamos Lontin et deux dynamos Brush.

La ville paye pour chaque foyer-heure 0 fr. 40. Tous les frais d'exploitation sont à la charge du concessionnaire.

Plusieurs petites usines établies pour l'éclairage de la place de la Bastille, du Palais-Royal, de la place de la Madeleine et de divers autres emplacements n'ont eu qu'une durée éphémère.

De nombreux projets sont à l'étude pour doter les quartiers riches ou populeux de lumière électrique ; le Conseil municipal a décidé la création d'une grande station aux Halles centrales ; on parle beaucoup d'usines à établir au centre de chaque arrondissement, etc., etc.; mais jusqu'à ce jour il n'existe guère dans Paris que quatre ou cinq établissements qui vendent de

l'éclairage électrique, et encore, peuvent-ils être considérés presque tous comme des embryons d'usines et non comme des stations centrales dignes de la capitale qui a vu naître les premières dynamos et les premiers brûleurs industriels.

Parmi ces stations naissantes, nous citerons celle des Panoramas et celle de la cité Bergère.

La station des Panoramas éclaire le théâtre des Variétés et quelques cafés environnants. Son matériel électrique et mécanique est installé dans une des caves de la rue Montmartre, dépendant de l'établissement de bains Philippe. L'ensemble comprend deux machines verticales à grande vitesse de 70 chevaux chacune, deux générateurs muUitubulaires, trois dynamos Gramme dont deifx à courant continu et une à courants alternatifs, et une forte batterie d'accumulateurs.

Cette petite usine, que nous représentons (Fig. 304), est capable de fournir, en marche normale, le courant à 1 500 lampes à incandescence de 10 bougies; elle a été commencée par M. Lippmann et achevée par la Société « l'Éclairage électrique » dont elle est aujourd'hui la propriété.

La station de la cité Bergère a été fondée par MM. Mildéet Clerc ; elle parait avoir un avenir assuré depuis que la Compagnie Edison participe à son exploitation.

Elle dessert actuellement environ 1 400 lampes réparties dans les premières maisons du faubourg Montmartre et dans le pâté compris entre ce faubourg et la rue Drouot, d'une part, le boulevard Montmartre et la rue Grange-Batelière, d'autre part. Les autres îlots se trouveront desservis au fur et à mesure des développements de la station.

Le matériel de l'usine se compose de 2 locomobiles de 60 chevaux et de 4 dynamos Gramme, type supérieur ; il y a, en outre, 120 accumulateurs destinés, en cas d'accident, à remplacer l'une des dynamos, de telle sorte que le service des lampes se trouve toujours entièrement assuré. L'usine fonctionne jour et nuit.

Les conducteurs sont aériens; ils passent au-dessus des maisons et sont portés, au moyen d'isolateurs en porcelaine, par des poteaux fixés sur les toits; une bande de caoutchouc, placée

sur les fils, de chaque côté des isolateurs, assure un complet isolement. Les conducteurs principaux sont formés d'une tresse de fils de cuivre et présentent une section de 75 millimètres carrés, ce qui correspond à un fil électrique de 10 millimètres de diamètre.

La Compagnie fait payer l'installation suivant un tarif déterminé ou à forfait;- dans ce dernier cas, le prix est de 25 francs par lampe.

La consommation du courant est tarifée à raison de 16 centimes par ampère-heure. Comme la Compagnie s'engage à fournir 33 bougies par ampère, ce taux remet le prix de la lampe-heure de 10 bougies à 4,8 centimes l'heure. A Paris le bec de gaz d'une carcel, consommant 120 litres à l'heure, coûte 3,6 centimes. La lumière électrique est donc seulement de 30 pour 100 plus chère que le gaz.

Chaque abonné paye un abonnement annuel de 4 francs par lampe pour frais d'entretien.

Les lampes usées sont à la charge des consommateurs ; la Compagnie garantit une durée de 1000 heures. Au besoin, elle se charge de remplacer à forfait les lampes usées à raison de 10 francs par lampe et par an. Cette clause ne s'applique naturellement qu'aux lampes dont le filament est rompu par le courant électrique lui-même. Les lampes à remplacer pour tout autre motif sont comptées 5 francs aux abonnés.

Station centrale de Tours, — La station centrale d'électricité jnaugurée à Tours à la fin du mois de janvier 1886 est la première application des transformateurs Gaulard et Gibbs, exécutée en France. L'usine de Tours a une capacité de 3 500 lampes de 16 bougies ; toutes ces lampes sont loin d'être en service. Nous allons indiquer les conditions dans lesquelles l'installation fonctionne actuellement.

La force motrice est fournie par deux machines à vapeur Weyher et Richemond, développant respectivement 100 et 150 chevaux.

Deux dynamos Siemens à courants alternatifs produisent le courant qui traverse les conducteurs principaux. Ce courant aune intensité de 66 ampères, et la différence de potentiel aux bornes,

qui doit rester constante, est de 850 volts. Ces dynamos sont excitées par deux machines Siemens à courant continu.

Deux réseaux différents partent de l'usine, établie sur la place du Palais-de-Justice, et suivent la rue Royale; chacun d'eux dessert un côté de cette rue et est alimenté par une dynamo de l'usine. Les conducteurs en cuivre ont un diamètre de 7,5 mm; ils sont isolés et renfermés dans une conduite en béton; celle-ci, dont la forme est celle d'un V, est placée sous les trottoirs de la rue. La longueur totale de chaque réseau, aller et retour, est de 1 700 mètres.

Ces conducteurs principaux amènent le courant à quatre groupes de transformateurs reliés au centre de la zone qu'ils ont à éclairer, et établis en quantité sur le circuit principal. Cette disposition permet d'effectuer la distribution dans les circuits secondaires sous un potentiel constant, quel que soit le nombre des lampes allumées. Il suffit alors à l'usine de maintenir constante la différence de potentiel aux bornes de la dynamo, ce qui peut s'obtenir par des moyens automatiques.

Chaque groupe de transformateurs se compose de quatre colonnes, construites suivant le système de MM. Gaulard et Gibbs et ayant leurs noyaux de fer conjugués deux à deux de façon à former un circuit magnétique fermé. Les circuits primaires des quatre colonnes sont associés en tension et absorbent 850 volts avec un courant de 16 ampères. Les circuits secondaires sont réunis en quantité, et fournissent un courant de 250 ampères sous 50 volts. Le rendement de l'appareil est donc voisin de 92 pour 100.

Les réseaux secondaires qui partent de chaque groupe de transformateurs et servent à alimenter les lampes sont formés de câbles de cuivre renfermant 19 brins de 2,4 mm. Ces câbles^ placés sous terre pour toutes^ les maisons de la rue Royale, sont aériens pour les immeubles des rues adjacentes.

La longueur de chaque réseau secondaire ne dépasse guère 350 niètres.

Les lampes installées chez les abonnés sont de deux types différents : elles exigent 48 volts et donnent 10 et 16 bougies, suivant le nombre d'ampères qu'elles prennent. Elles sont toutes

placées en dérivation sur les bornes du circuit secondaire. Ces lampes sont du système Swan sur un réseau, du système Woodhouse et Rawson sur l'autre. .On pourra ainsi comparer leurs avantages et leurs défauts respectifs.

Les abonnés payent leur éclairage à raison de 3 fr. 50 par mois et par lampe de 16 bougies; moyennant cette somme, ils ont droit à la lumière depuis la tombée de la nuit jusqu'à minuit et demi.

Stations centrales en Allemagne ^ — C'est à Berlin que se trouvent les stations centrales les plus importantes de TÂllemagne. Ces stations sont exploitées par une Compagnie intitulée € Entreprise d'électricité de la ville de Berlin », fondée par la maison Siemens et Halske avec le concours de la Société continentale Edison. En 1884, le bourgmestre de Berlin accordait, pour une durée de trente ans, à la Compagnie, le privilège de poser en sous-sol dans une circonscription de la ville intérieure, embrassant un périmètre circulaire de 800 mètres de rayon, des conduites destinées à transmettre l'électricité fournie par un ou plusieurs établissements centraux. En retour, la Compagnie s'engageait à payer à la ville 10 pour 100 de son revenu annuel brut quand le bénéfice net s'élèverait à plus de 6 pour 100 et, en outre, à verser les 25 pour 100 du bénéfice réalisé en plus. Le point central de cette concession se trouvait dans la Kurstrasse.

Deux établissements furent installés (le premier, Markgrafenstrasse, hh\ le second, Mauestrasse, 30), au moyen desquels la Compagnie dessert une partie du territoire qui lui a été attribué. Elle alimente avec eux 116 lampes à arc et 9 306 lampes à incandescence réparties entre 163 abonnés.

Ces deux stations ne produisent aucun bénéfice.

D'autres stations centrales moins importantes sont actuellement en voie de réalisation.

A Dessau, la Compagnie continentale allemande du gaz a établi une station centrale desservie par des moteurs à gaz et qui fournit l'éclairage à quelques particuliers, ainsi qu'au théâtre

1. Les renseignements qui suivent sont extraits en grande partie de la notice de M. Schilling, sur Tétat actuel de Téclairage électrique en Allemagne.

ducal. Dans le courant de cette année, son effectif sera augmenté de 800 à 900 lampes environ, destinées à éclairer le château où réside le duc.

Voici dans quelles conditions vraiment onéreuses les entrepreneurs ont traité avec la ville :

La ville conserve, après comme avant, le droit d'exploiter à son propre compte ou par un tiers l'éclairage électrique ou tout autre système que l'éclairage au gaz. Dans le cas où elle confierait à un tiers l'exploitation de l'éclairage électrique ou de tout autre système que le gaz, elle garantira à la Compagnie traitante la préférence, pourvu que celle-ci accepte les mêmes conditions. La ville a encore le droit d'exiger de la Compagnie continentale allemande du gaz, qu'elle se charge d'établir et de faire fonctionner l'éclairage électrique dans les rues. La Compagnie est tenue d'obtempérer à cette injonction dans le délai d'un an.

Les conditions particulières du traité restent soumises à une entente spéciale. Toutefois, il est convenu d'avance qu'en aucun cas la Compagnie ne pourra imposer à la ville de Dessau des prix supérieurs à ceux qu'elle exige des autres villes pour l'éclairage des rues par l'électricité.

La Compagnie acquiert la faculté d'établir des conduites souterraines ou des fils suspendus destinés à transporter l'électricité dans les maisons particulières, pourvu qu'elle remplisse les obligations qui lui incombent relativement à la pose de ces conduites.

Dans le cas où la ville voudrait éclairer à l'électricité les particuliers à son propre compte, la Compagnie devra cesser d'étendre son réseau de conduites souterraines ou suspendues à dater du jour où la ville aura promulgué sa résolution. Toutefois, la Compagnie conserve le droit de continuer à aUmenter les particuliers au moyen de ces conduites et même, en cas de besoin, de les faire réparer ou remplacer, mais seulement pendant un laps de cinq années, à partir de la susdite promulgation. Si, après ce laps de temps, la ville veut enlever à la Compagnie ce droit d'exploitation, elle sera tenue de lui payer, à titre de dommages et intérêts, une somme dont le montant sera fixé par des arbitres et déterminé par les pertes résultant pour l'exploitation de la Compagnie, de la rupture du contrat signé avec la ville.

Pendant tout le temps que la Compagnie engagera le sol des rues par la pose de ses fils et conduites, elle sera tenue de payer à la ville 20 pour 100 de son bénéfice net annuel, à moins que le bénéfice net actuel ne soit inférieur aux ô pour 100 du capital de premier établissement et d'exploitation.

A Erfurth, la Compagnie continentale allemande, propriétaire de Tusine à gaz de cette ville, a conclu, avec cette dernière, un traité dont les termes sont analogues à ceux du précédent.

Dans ce traité, ladite Compagnie insiste tout particulièrement sur ce point, qu elle considère comme la condition essentielle de sa participation à Tindustrie de Téclairage électrique : remploi du gaz pour le fonctionnement des machines dynamos.

A Francfort-sur-Mein, la Compagnie du gaz de cette ville a établi, en 1886, une petite station renfermant des accumulateurs pour alimenter environ 12 lampes à arc et 256 lampes à incandescence. On peut dire de cet établissement qu'il n'a pas les proportions d'une entreprise commerciale proprement dite, mais qu'il est cependant autre chose qu'une station d'essai.

A Elberfeld, la ville s'occupe actuellement d'établir une station centrale destinée à alimenter 3 000 lampes. L'établissement, transféré à la maison Siemens et Halske, a été installé de manière à pouvoir alimenter 10 000 lampes à incandescence. Il recevra 7 machines à vapeur Compound, ayant une force effective de 100 à 170 chevaux et 14 appareils dynamos. Ces machines seront installées au fur et à mesure des besoins. Le premier établissement, qui comprend 3 machines à vapeur, 6 dynamos et 3 chaudières à vapeur, est en cours de construction et doit être livré en état de service le 1" octobre prochain.

Pour une lampe à incandescence de 16 bougies et de 60 voltampères, le prix de l'heure d'éclairage est d'environ 0 fr. 05 ; il est de 0 fr. 15 environ pour une lampe à arc de 180 bougies. Les compteurs électriques sont loués. La Compagnie doit garantir une durée moyenne d'éclairage de 1 heure 1/2 par jour.

A une date relativement plus récente, et sans parler des villes ci-dessus mentionnées, un certain nombre d'autres villes allemandes se sont sérieusement occupées, en théorie et en pra-

tique, de la question de rétablissement de stations centrales d'une certaine importance.

A Hambourg, le Sénat a fait proposer, le 21 mars 1887, au Conseil des bourgeois de la ville, de conclure un traité avec le fermier des établissements d'éclairage au gaz.

Il faut savoir que la ville, propriétaire de ces établissements, en a affermé l'exploitation et a conçu le dessein d'y rattacher étroitement l'éclairage électrique, et de garantir à cette nouvelle branche d'exploitation les mêmes avantages qu'à l'éclairage au gaz. Elle va bientôt ouvrir au compte Capital un crédit de un million de marcs (1250000 fr.) destiné à établir une station centrale qui desservira une partie de l'intérieur de la ville et les monuments publics et alimentera environ 10 000 lampes à incandescence de 16 bougies ou un nombre proportionnel de lampes à arc. Le fermier se chargera de l'exploitation et garantira à la ville les 3 1/2 pour 100 du capital de premier établissement, en retour des installations dont elle lui fait abandon. Il recevra luimême 1/2 pour 100 de ce capital à titre d'intérêt du capital d'exploitation qu'il doit engager comme fonds de roulement.

L'État, de son côté, recevra sur l'excédent des recettes d'exploitation, un droit de production évalué à 13 pour 100 de toutes les recettes brutes annuelles d'exploitation. Voici quel est le prix fixé pour l'heure d'éclairage :

40 Lampes à incandescence.

Lampe de 10 bougies environ Ofr. 03125

— de 16 — 0 05

— de 32 — 0 10

— de 50 — 0 16

— de 100 — 0 32

2® Lampes à arc.

Lampes de 3 ampères 0 15

— de 4 — 0 20

— de 6 — 0 30

— des — 0 ko

En outre, l'État s'occupe d'élever, dans le port franc de la

ville de Hambourg, un établissement d'éclarrage électrique concurremment avec rétablissement central projeté en cet endroit, pour obtenir de la force hydraulique. L'exploitation de ces établissements sera transférée à la Compagnie des entrepôts et magasins.

A Lûbeck, l'administration a pris, en juillet 1886, la résolution d'établir une station centrale dans la ville et ouvert, à cet effet, un crédit de 425 000 francs.

A Brème, l'administration a l'intention d'éclairer le port libre de cette ville avec 12 lampes à arc environ , ayant une intensité, de 3 000 bougies.

A Leipsick, l'éclairage électrique fait en ce moment l'objet d'études préparatoires et la ville a ouvert, pour ces projets, un crédit de 6 250 francs. On est en train de dresser un plan général, avec répartition en districts, des devis de dépenses et des estimations de rapport présumé.

A Cologne, à la suite d'une communication faite par le directeur des usines à gaz, on a projeté d'établir une station centrale destinée à alimenter 3 000 lampes à incandescence. On y installera, soit des moteurs à gaz en un point central souterrain, rattaché à l'hôtel de ville, soit des machines à vapeur sur le terrain de la nouvelle station des pompes.

Dans le premier projet, on a prévu huit moteurs à gaz de 65 chevaux actionnant 8 dynamos et 2 moteurs d'exploitation; dans le second, 2 machines à vapeur de 150 chevaux, l'une de 100 et deux de 50 chevaux. On estime que la première installation reviendrait à 450000 francs et la seconde à 537 500 francs.

En évaluant l'intérêt du capital de premier établissement à 5 pour 100, l'amortissement de ce capital à 10 pour 100, le prix du gaz à 0 fr, 15 et la durée de l'éclairage à 730 heures par an, l'éclairage par lampe de 16 bougies, revient, dans le premier projet, à 0 fr. 09 l'heure, en chiffre rond, et à 0 fr. 109 dans le second.

A Barmen, il y a déjà deux ans que la direction de l'établissement du gaz a résolu d'étudier un projet d'éclairage électrique général pour tout le centre de la ville. Elle a, dans ce but, fait dresser des devis de dépenses par plusieurs maisons ; mais, en

raison derimportancede Tentreprise et comme Tune des maisons adjudicataires a offert des prix de premier établissement et d'exploitation considérablement moins élevés que les autres, grâce à remploi de transformateurs qu'elle est encore occupée à essayer» on a jugé plus sage de suspendre momentanément Texécution du projet, surtout pour s'assurer l'adhésion des industriels, sur laquelle il n'y avait pas à compter sans cela.

A Magdebourg, les autorités municipales sont décidées à exploiter l'éclairage électrique à leur propre compte, et elles s'occupent de dresser des devis pour l'établissement d'une station centrale. On a étudié dans ce but les installations de ce genre, et établi des calculs pour savoir s'il était plus avantageux de faire fonctionner les appareils électriques d'une usine destinée à alimenter 6000 lampes à incandescence de 16 bougies avec des moteurs à vapeur ou à gaz. Jusqu'ici on n'est encore arrivé à aucune solution, mais tout fait prévoir que la préférence sera donnée à la vapeur,

 Francfort-sur-Mein, le bourgmestre a prié les députés de la ville d'instituer une commission mixte pour mettre à l'étude l'adoption de l'éclairage électrique dans la ville.

Ainsi donc, on le voit, l'établissement de stations centrales dans un assez gr^nd nombre de villes considérables de l'Allemagne^ est en voie d'exécution et de préparation.

Soixante villes allemandes possèdent actuellement des installations privées ou centrales d'éclairage électrique, comprenant h 000 foyers à arc et 60 000 lampes à incandescence et exigeant une puissance mécanique totale de iôOOO chevaux.

Stations centrales d'Italie. Station de Milan. — La station de Milan passe à juste titre pour la plus importante et la mieux organisée non seulement de l'Italie, mais encore de toute TEurope.

En janvier 1886 elle comptait déjà près de 8 000 lampes à incandescence et 101 lampes à arc installées ou en cours d'installation, ainsi réparties :

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