‹ Éclairage à l'électricité; renseignements pratiques (volume 2)Chapitre 24 sur 98 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

Machine Gramme. — C'est M. Gramme qui a conçu, étudié et exécuté de ses mains la première dynamo industrielle ; c'est égalemeut lui qui, le premier, a fait des installations d'éclairage électrique dans des conditions pratiques et satisfaisantes.

Ce double titre nous ferait déjà un devoir de commencer l'étude des dynamos par la description des appareils Gramme, si nous n'avions d'ailleurs pour procéder ainsi une raison encore plus, puissante.

Il y adix-huitans que M. Gramme a exécuté sa première machine. Pendant les dix-huit années qui viennent de s'écouler, des savants éminents de tous les pays ont établi plusieurs théories de cette machine et ont indiqué les moyens d'en tirer le meilleur parti possible; un grand nombre d'électriciens, d'ingénieurs et de constructeurs distingués ont imaginé et réalisé toutes sortes de combinaisons ayant pour but d'obtenir un grand rendement et de créer des types en apparence originaux. On compte, aujourd'hui, plusieurs milliers de dynamos de toutes formes et de toutes puissances, installées par d'autres électriciens que M. Gramme, et fonctionnant dans d'assez bonnes conditions. Eh bien ! malgré tous ces efforts, toute cette dépense d'intelligence et de travail, la machine Gramme est encore aujourd'hui le meilleur générateur

d'éleclricilé connu. C'est donc d'elle qu'il nous faut Décessairement parler tout d'abord.

Constraction des machines Gramme. — L'anneau de l'induit est constitué au moyen d'un fil de fer, trempé dans du bitume et enroulé en un tore circulaire aplati sur un mandrin en deux pièces. Le tore ainsi formé est ensuite garni de matières isolantes, séché au four, et tourné extérieurement.

Les spires de cuivre qui recouvrent l'anneau ne sont pas simples, comme l'indique la figure 25; elles sont généralement formées de plusieurs couches superposées. L'anneau est divisé en

Fig. 07. — Anneau Gramme. Pig. 97 bii. — Collecteur GramniG.

un nombre pair de sections, et, sur chaque section, les spires constituent une bobine partielle reliée à deux lames du collecteur.

Ce collecteur, un des organes les plus importants de la machine Cramme, se compose d'une série de lames de cuivre taillées en coin, isolées entre «lies avec du mica, du carton, ou tout autre corps mauvais conducteur de l'électricité, puis réunies en un cylindre unique, lequel est fretté au moyen d'une bague également isolée. A chaque lame du collecteur est soudée une petite lamelle en cuivre terminée par un crochet. Il y a autant de lames dans le collecteur que de bobines partielles sur l'anneau.

Le bout entrant d'une bobine et le bout sortant de la bobine suivante sont soudés ensemble à une des lamelles à crochet, et , il en est de même de toutes les extrémités des bobines, de sorte

DÏNAMOS A COURANT CONTINU. 197

que, quand toutes les soudures sont opérées, le collecteur et l'anneau garni de fîls ne forment plus qu'une seule et même pièce. Entre deux lames opposées du collecteur il y aune longueur de fil égale à la moitié du fll total existant autour de l'anneau. Cette longueur de fil représente une résistance en ohms, toujours la

Fig. 98. — Bobine Gramme.

même, quelles que soient les lames sur lesquelles s'opère lu constatation de cette résistance.

On peut donc recueillir le courant sur le collecteur, exactement comme cela avait lieu sur la bobine elle-même {Fig. 25).

La figure 97 donne une idée assez exacte de l'assemblage du fer doux, des bobines partielles et du collecteur, et la figure t»7 bis, du collecteur pris isolément.

Fig. 99. — Bobioe Graïune h grand di^bii.

Lorsque cet assemblage est terminé, on ajuste l'ensemble de la bobine sur un axe en acier (Fig. 98) au moyen d'un manchon à ailettes en bronze, claveté, ou d'un tambour en bois bien sec, emmanché à la presse hydraulique.

Pour les machines à grand débit, M. Gramme a été amené à construire ses bobines avec de véritables barres de cuivre, au lieu de fil rond ordinaire (Fig. 09).

Ces bobines sont établies de la manière suivante : sur deux rondelles en cuivre, garnies de plusieurs entailles et clavetées sur l'arbre, se trouve placée une série de longues barres de cuivre isolées entourant le fil de fer. Les barres extérieures et intérieures, en nombre égal, sont réunies ensemble au moyen de traverses rayonnantes, de manière à former un conducteur unique, sans fin, comme dans le cas des bobines exécutées avec du fil rond enroulé sur l'anneau.

Les extrémités du cylindre intérieur formé par ces barres dépassent le corps de la. bobine; elles sont tournées avec soin et forment deux collecteurs pour recueillir les courants, soit ensemble, soit séparément. Le second peut être mis en service après usure du premier.

Tous les matériaux employés dans les bobines Gramme sont de premier choix. Le fil de fer est bien doux et bien recuit ; le cuivre a une conductibilité presque égale à celle du métal chimiquement pur; tous les isolants sont essayés avant l'emploi, et leur qualité ne laisse rien à désirer.

Balais. — Pour recueillir les courants, M. Gramme a imaginé une sorte de frotteur élastique, composé d'un faisceau méplat de fils de cuivre argentés, auquel il a donné le nom de balai.

Ces balais sont maintenus dans des gaines, articulées au bâti même de la dynamo ou mieux à une pièce spéciale pouvant osciller autour de l'arbre sur lequel la bobine est calée.

Avant d'être mis en service, les balais sont usés légèrement à la meule, de manière à ce que leur partie frottante épouse bien la surface extérieure du collecteur. L'étendue du contact doit être suffisante pour que le balai touche deux lames du collecteur à la fois, au moment où il passe d'une lame à l'autre ; sans cela, il y aurait interruption du courant chaque fois qu'il frotterait sur les isolants qui séparent les lames.

Les balais touchent le collecteur exactement sur la ligne neutre, autrement dit sur le plan de partage magnétique. S'il en était autrement, le courant fourni par la dynamo à une vitesse déterminée serait moins intense : une partie de chacun des courants partiels provenant d'une moitié des fils de la bobine étant

employée à détruire une partie égale du courant provenant de l'autre moitié.

Fig. 100 et 101. — première iDScbioe Gramme à disques (Brevet de 1869).

Quand la machine est en mouvement, la ligne neutre n'est

pas normale à la ligne axiale des pôles de l'inducteur, car Tanneau de fer et le courant induit déplacent les lignes de force du champ magnétique, et le plan de partage s'incline dans le sens de la rotation. L'angle, que la ligne neutre définitive fait avec la normale à la ligne axiale des pôles de l'inducteur, s'appelle angle de calage. Il se détermine expérimentalement pour chaque type de dynamo.

Machine Gramme de 1869. — Dans son brevet de 1869, M. Gramme décrit cinq dynamos. Nous en reproduisons une (Fig. 100 et 101), telle qu'elle est représentée dans ledit brevet. Voici la description donnée par l'inventeur :

« Cette troisième machine se compose d'électro-aimants H, formant bâti et agissant sur deux disques A A' mobiles, recouverts de conducteurs .

a Les disques sont d'une seule pièce en fer doux, ou ils sont formés par l'enroulement d'un ruban de fer plat ayant une largeur égale à l'épaisseur des disques. Les spires seraient alors collées ensemble avec de la résine. Ils sont emmanchés sur un cercle en bois F, qui porte sur sa circonférence une roue en bronze, et sont maintenus par des disques J J' également en bois.

« L'enroulement des bons conducteurs forme, sur chaque disque A, 90 petites bobines unies entre elles comme celles des deux premières machines; mais les 90 bouts de conducteurs sortant des bobines du disque A viennent se réunir, eu traversant le cercle en bois, aux 90 conducteurs auxquels les bouts sortant des bobines du disque A sont soudés.

« Un des disques en bois J porte un renforcement cerclé et percé cylindriquement, dans l'intérieur duquel les conducteurs sont maintenus par le manchon F qui est traversé par l'arbre D sur lequel est fixée la poulie de commande.

« Les électro-aimants H se composent de 12 fortes bobines, 6 de chaque côté de la machine ; elles sont boulonnées par leurs fers à deux hexagones, PP', par un de leurs bouts, et, par l'autre bout, elles sont réunies deux par deux par des armatures B. Elles sont couplées de manière que les armatures B unissent des pôles de même nom, et, qu'en suivant la circonférence, chaque bobine

DYNAMOS A COURANT CONTINU. ^ 80i

ait un pôle de nom contraire. Il suit de là que les armatures B sont les pôles des électro-aimants, et que les disques A A' ne sont magnétisés que par 6 pôles : 3 boréaux et 3 austraux alternés.

€ Les deux armatures B des bobines H inférieures sont vissées solidement à deux pièces de laiton L qui sont boulonnées au plateau en bois K. Toutes les armatures B sont réunies par des plaques I en laiton, formant une gorge circulaire de manière à cacher en partie les disques A.

€ Les hexagones PP' qui sont en fonte malléable portent les coussinets de l'arbre D, et dans les 6 angles intérieurs de l'hexagone P sont vissés sur un corps isolant les porte-frotteurs V qui se prolongent extérieurement par des entailles ménagées dans les angles de l'hexagone. Sur le prolongement des porte-frotteurs sont vissées des bornes x,

« Ainsi, dans cette machine, il y a six frotteurs, dont 3 permettent l'écoulement des courants positifs et 3 autres l'écoulement des courants négatifs.

« Une partie de ces courants sert à charger les électroaimants qui sont faits en fer propre à conserver le magnétisme ; l'autre partie des courants peut être employée. »

M. Gramme ajoute qu'on peut augmenter ou diminuer le nombre des pôles, ne mettre qu'un seul disque, mettre un anneau plat au lieu d'un disque, rendre le disque fixe et faire tourner les inducteurs, etc., etc.

Nous avons reproduit 'un fragment du brevet principal de M. Gramme pour montrer que l'invention des disques induits sur les deux faces n'appartient pas à un constructeur allemand, comme beaucoup d'auteurs se sont plu à le dire.

On trouve d'ailleurs, dans les anciens brevets de M. Gramme, une grande partie des dispositions mécaniques qui ont été depuis réinventées et mises en œuvre par d'autres constructeurs.

Machine Gramme verticale. — La première niachine à lumière exécutée par M. Gramme aHmentait un régulateur de 900 becscarcel; son poids total était de 1000 kilogrammes. Elle possédait 3 anneaux mobiles et 6 barres d'électro-aimants. Un des an-

SOI ÉCLAIRAGE A L'ÊLECTBICITÉ.

neaux'excitait l'inducteur; les deux autres produisaient le courant utilisable.

Fig. 103. — Hachiae Gramme verticale.

Le cuivre total enroulé sur les 3 anneaux pesait 75 kilogrammes ; celui garnissant l'inducteur, 250 kilogrammes.

L'emplacement nécessité par la machine était de O^.SO sur 1",25.

C'est avec cette machine que M. Cooke a exécuté, en 1873, ses

DYNAMOS A COURANT CONTINl!. 303

belles expériences de projections lumineuses du haut de la leur de Westminster, à Londres.

Dans le courant de la même année, M. Gramme combina pour les navires une machine un peu moins puissante quc*nous représentons (Fig. 102).

Fjg. 103. — Hacbioe Gramme horizon laie.

La forme verticale était conservée, les barres d'électroaimants, toujours au nombre de six, étaient placées en triangles ; il y avait deux anneaux induits au heu de trois. Les induits étaient disposés de telle sorte que le courant total pouvait traverser l'inducteur ou que l'excitation de celui-ci provenait du courant d'un seul anneau. Chaque nnneau produisait une lumière séparée ; le couplage parallèle des deux anneaux additionnait les courants qui produisaient alors une seule lumière d'une grande intensité. La vitesse normale était de AOO tours par minute.

L'appareil complet pesait 700 kilogrammes ; sa hauteur était de 0°',90 ; sa largeur de 0",65. Le poids du cuivre enroulé sur les barres d*électro-aimants était de 180 kilogrammes; celui des deux anneaux, de AO kilogrammes. Il produisait une lumière normale de 550 becs, qui s'est élevée, dans des expériences à grande vitesse, jusqu'au double. Quand on envoyait le courant dans deux régulateurs, chacun d'eux donnaitSOO becs-carcel.

Cette machine a été installée à bord du Svffren et du Richelieu, de la marine française ; de la Livadia et du Pierre-le-Grand^ de la marine russe. Plusieurs États l'ont adoptée pour le service des places fortes et de la défense des côtes.

Pour satisfaire au désir du Ministère de la Marine qui demandait des machines moins lourdes et d'un prix moins élevé, M. Gramme a étudié une dynamo ayant 4 barres d'électro-aimants disposées horizontalement, et un seul anneau mobile (Fig. 103).

Cette dynamo, qui est aujourd'hui très répandue dans les services publics de la gueiTe et de la marine, se compose de deux flasques verticales en fonte, réunies par 4 barres rondes en fer servant d'âmes aux électro-aimants. La garniture de l'anneau, au lieu d'être formée d'un fil unique et d'un seul collecteur, est formée de deux fils de même longueur enroulés parallèlement sur le fer doux, et reliés à deux collecteurs de prise de courant.

L'enroulement des fils sur Tanneau est ainsi fait que les choses se passent exactement comme si on avait deux bobines complètes l'une à côté de l'autre. Accouplées en tension, ces bobines donnent une intensité lumineuse de 800 carcels, à 700 tours par minute. Accouplées en quantité, elles alimentent un régulateur atteignant 2 000 carcels, à 1 350 tours par minute.

Les pièces polaires sont très développées ; elles embrassent les sept huitièmes de la circonférence totale de l'induit. Les balais sont au nombre de quatre. L'inducteur est dans le circait. L'induit double est relié à 120 lames de collecteurs, 60 de chaque côté. Son diamètre extérieur est de 0'",230.

Les barres ou âmes de l'inducteur ont 0"»,40 de long et 0™,07 de diamètre. Le fil de l'induit pèse 14 kilogrammes, et celui de l'inducteur, 96 kilogrammes.

Le poids total de ht machine est de 400 kilogrammes.

La longueur de la machine, poulie comprise, est de O'.SOO; sa largeur, de 0",550; et sa hauteur, de 0",585.

Cette dynamo a été principalement manufacturée par la maison Saulter et Lemonnier, qui a fourni l'ensemble du matériel de projection aux ministères français, à la marine et à l'artillerie autrichiennes, aux gouvernements russe, norvégien, danois, espagnol, etc., elp.

Pig. loi. — Mschine Gramme (type normtl).

Machine type normal. — Tout en poursuivant les éludes de puissantes dynamos, destinées aux arts militaires, M. Gramme réalisait, dès 1873. la machine représentée (Fig. 104), qui a été longtemps la seule dynamo commerciale, et qui est encore aujourd'hui la plus répandue en Europe, Cette dynamo est connue sous les noms de type nonnal et de type d'utelier.

Gomme aspect général, cette machine ressemble beaucoup à la précédente; elle a deux flasques verticales servant de bâti, de pahers. et d'entretoises magnétiques', deux pièces polaires

transversales et un seul anneau. L'inducteur n'a que deux barres rondes au lieu de quatre, et la bobine, un seul collecteur au lieu de deux. En régime ordinaire, cette machine donne, à la vitesse de 900 tours par minute, un courant de 25 ampères sous 75 volts.

Sa hauteur est de 0'",60; sa largeur, de 0",35 ; sa longueur totale, de O^jOô. Le cuivre de l'inducteur pèse 28 kilogrammes; celui de l'induit, à kilogrammes.

Le poids total de la machine est de 180 kilogrammes.

L'inducteur est excité tantôt par le circuit total, tantôt par une dérivation prise aux bornes de la machine.

Machine à cinq lumières. — En 1878, M. Gramme, ayant terminé l'étude de son régulateur à électro-aimant intermittent, construisit une machine spéciale pour placer plusieurs arcs dans le même circuit. Cette machine (Fig. 105) a été désignée sous le nom de machine à cinq lumièresy du nombre de régulateurs qu'elle alimentait le plus généralement.

Voici quelques-unes des particularités qu'elle présente sur les précédentes :

Les âmes d'électro-aimants sont en fer plat, au lieu d'être cylindriques.

Le graissage des coussinets est obtenu par de petits réservoirs d'huile placés sur les bâtis et par deux boites à suif venues de fonte avec les flasques. Ce suif reste solide tant que la température des coussinets reste au-dessous d'un nombre de degrés donné ; il fond lorsque cette température est atteinte et empêche ainsi le grippement des portées de l'arbre.

Le collecteur est fixé sur son manchon au moyen d'un anneau de cuivre alésé en cône et d'une série de vis pénétrant dans le manchon. Entre le collecteur et l'arbre se trouve placée une douille métallique légèrement conique à l'extérieur, mais dans le sens opposé au cône de l'anneau.

Les balais sont commandés par une vis sans fin, à contreécrou, se manœuvrant de l'extérieur du bâti, ce qui permet de régler convenablement le frottement de ces balais sur le collecteur. La longueur totale de la machine, poulie comprise, est de 0'»,815; sa largeur, de 0°*,500 ; sa hauteur, de 0'",528.

Le poids du fil sur l'induit est de 10 kilogrammes; le poids .du fil sur l'inducteur, de flâ kilogrammes.

Le poids total de la machine est de 300 kilogrammes. L'intensité du courant^de IS ampères.

r\g. 105. — Alichine Cismoii (type 5 lumières).

A la vitesse de 500 tours par minute, elle donne 70 volts de difTérence de potentiel aux bornes.

A 1 SOO tours, cette différence de potentiel s'élève à 350 volts.

Sur le même type, l'inventeur a construit des appareils pouvant alimenter 10 régulateurs ayant chacun 200 becs-carcel d'intensité. Ces appareils servaient à l'éclairage de la galerie des machines à l'Exposition internationale de 1881.

iOS ÉCLAIRAGE A L'ËLECTRICITË.

Machine carrée. — Nous ne décrirons pas toutes les formes de machines réalisées par M. Gramme depuis dix ans; cela nous entraînerait trop loin; cependant, pour montrer l'extrême variété , de ses combinaisons, nous dirons quelques mots des types carré, cylindrique et octogonal qui ont précédé l'étude de la machine à

pôles simples, la plus employée actuellement dans les installations industrielles.

La machine carrée (Fig. 108) possède 4 barres d'électroaimants, à section rectangulaire, et deux croisillons servant de paliers à l'arbre. L'arbre de l'induit, qui, dans le type normal, était placé dans la direction des barres de l'inducteur, est normal à ces barres, de sorte que , dans une coupe horizontale, les sections de ces barres et celle de l'anneau en fer sont parallèles.

Il y a 4 pôles, et A balais pour recueillir les courants.

DVNAHOS A COUIIANT CONTINU. «9

Un levier à verrou, actionnant un support circulaire, permet de faire varier la position des balais sur le collecteur.

Comme on le voit, toutes les pièces entrant <lans la construction' de cet appareil ont pour erfel la création ou l'utilisation

Fig. 107. — Machine Gramme c} lindrique (type de 1S8Ï).

du champ magnétique : le bâti proprement dit est supprimé. Cette disposition permet d'obtenir un grand nombre de watts ou de kilogranimètres par seconde avec un faible poids de matières. Une machine pesant 520 kilogrammes et tournant à la vitesse de 1000 tours par minute produisait un courant de 80 ampères sous l'ib votts, sans échauffement anormal après quinze

heures consécutives de marche ; ce qui. correspond à un poids de matières de AO kilogrammes par cheval efTeclif.

Hachine cylindrique. — Après avoir longtemps muni ses ma* chines d'anneaux en fer d'un assez faible diamètre et d'une assez grande longueur, M. Gramme voulut étudier la disposition à anneau plat contenue dans son brevet de 1869, que nous avons représentée (Fig. 100 et 101), afin de la comparer aux disposi-

Tig. 106 Machine GrAmme cylindrique (Ij'pe <]« 18S0).

tions consacrées par une longue pratique. A cet eOet, il calcula, dessina et fit construire ta machine cylindrique (Fig. 107), puis il l'expérimenta avec beaucoup de soin.

Cette belle dynamo, qui ne pèse pas moins de 3 000 kilogrammes, et qui figurera à l'Exposition de 1S89, est entièrement constituée par deux solides bÂtis en fonte munis chacun de 8 noyaux d'électro-aimants et d'un palier, et réunis entre eux par 8 boulons. La simplicité de la construction mérite de fixer l'attention des spécialistes ; elle montre, par sa comparaison avec la dynamo (Fig. 100 et 101), les progrès considérables accomplis

DYNAMOS A COURANT CONTIND. 1t1

en quelques années par H. Gramme, dans le domaine de la mécanique.

Au point de vue électrique, les résultats furent exactement les mêmes qu'avec les machines à bobine allongée, et, commt celles-ci étaient plus faciles à exécuter, que les effets de la force centrifuge étaient moins à redouter, la fabrication des machines cylindriques fut limitée à un très petit nombre d'exemplaires.

Un type plus répandu, également de forme cylindrique, est

¥\g. 109. — Hachiae Gramne iijp^ octogooftl).

celui représenté {Fig. 108). Son usage a surtout prévalu dans les applications de distribution de force motrice par l'électricité.

Machine octogonale. — Avec la machine cylindrique, et celle que nous représentons (Fig. 109), M. Gramme n'a plus en vue que la simplicité et le prix réduit des dynamos. Il fabrique couramment des appareils ayant un rendement électrique dépassant 90 pour 100 et un rendement mécanique supérieur k 80 pour 100; l'expérience l'a convaincu que ces appareils auront une durée presque indéfinie. Il veut compléter son œuvre en faisant des

machines à bon marché, afin d*en multiplier la vente et de faire profiter toutes les industries des avantages de son invention.

La machine octogonale, comparée au type normal, coûte 30 pour 100 de moins à établir, et elle possède tous les perfectionnements : balais mobiles, manchon à ailettes en bronze, graissage automatique, inducteurs compound, etc., etc., qui ont été expérimentés et reconnus pratiques depuis 1873.

Dans le même ordre d'idées, M. Gramme a étudié une machine à deux pôles, de forme rectangulaire, qui donne également d'excellents résultats.

Machine type supérieur. — La machine appelée type supériew\ parce que l'induit est à la partie supérieure de l'appareil, est analogue, au point de vue de la construction, aux machines cylindrique et octogonale ; mais elle a deux pôles simples et ne possède que deux âmes d'électro-aûnants.

Nous nous sommes borné à appeler l'attention sur les dernières machines sans les décrire ; pour celle-ci, nous entrerons dans quelques détails techniques, car elle est presque aussi répandue en France que le type normal, et son usage se développe de jour en jour.

La machine lype supérieur (Fig. 110) se compose : 1^ d'un électro-aimant en fonte terminé par de puissantes pièces polaires, en forme de mâchoires, lesquelles enveloppent l'induit presque aux trois quarts ; 2** de deux supports, également en fonte, qui reçoivent l'arbre central et sa poulie; 3*" d'une plaque de fondation réunissant l'électro-aimant et les paliers; b? d'une bobine et de son collecteur; h"" des balais, porte-balais et de plusieurs pièces accessoires, communes à toutes les dynamos.

Ce qui caractérise les nouvelles machines Gramme, c'est que la plaque de fondation, les supports, les âmes d'électroaimants et les parties polaires ne forment qu'une seule et même pièce de fonte. Toute l'ossature de l'appareil est donc d'un seul bloc ; tous les assemblages, sauf ceux d'un palier sur son support, sont supprimés.

Les garnitures de cuivre de l'inducteur sont préparées sur un mandrin en tôle ayant exactement les dimensions des âmes en

fonte, puis inlroduiies à leurs places respectives, entre deux cadres eu bois ou en toute autre substance isolante.

La bobine est constituée par un anneau en fer doux, d'une section relativement grande, et par une série de spires de cuivre de haute conductibilité, bien isolées et soudées avec soin aux lames du collecteur.

Fig. 110. — Machine Gramme (iyp« aup^rieor).

Le collecteur est fixé sur l'arbre par l'intermédiaire d'une rondelle nfétallique, et les lames sont maintenues ensemble au moyen d'une rondelle extérieure en bronze. Toutes les parties qui constituent cet organe [sont rigoureusement isolées les unes des autres.

La bobine est emmanchée sur l'arbre avec un croisillon en bronze dont les extrémités pénètrent jusqu'au fer doux, grâce aux intervalles réservés à cet effet lors de l'enroulement des fils. Une clavette et une vis empêchent le croisillon de tourner sur l'arbre.

Les porte-balais sont montés sur une traverse oscillant à

tu ÉCLAIRAGE A L'ÉLECTRICITÉ.

rextrémité d'un des paliers et permettaDt de régler à volonté les points de prise du courant.

Les paliers portent une bague mobile placée au milieu de la portée; cette bague repose directement sur l'arbre et plonge dans l'huile d'un petit réservoir inférieur; elle tourne plus ou moins vite, suivant le degré de sécheresse de la portée. Le graissage est sûr; l'huile reste constamment limpide. Le jeu existant entre la périphérie de l'induit et l'intérieur des parties polaires varie entre 3 et 5 millimètres, suivant les dimensions de la machine.

Le tableau, page 215, donne la vitesse, les constantes, le poids et le prix des principaux appareils exécutés sur le modèle du type supérieur. L inventeur construit en ce moment une machine qui donnera 600 ampères sous 110 volts à â50 tours par minute, et qui pèsera environ âOOO kilogrammes.

Remarque sur les travaux de M. Gramme. — Les machines dont nous venons de parler donnent une idée bien incomplète de l'œuvre de M. Gramme. Pendant vingt ans, en même temps qu'il combinait ses machines,' il a fait un grand nombre d'expériences sur le magnétisme, Taffînage des métaux, les accumulateurs, les transformateurs, l'électricité statique, etc. Quelquesunes de ces expériences ont été présentées à l'Institut; mais le plus grand nombre d'entre elles sont inédites.

Un fait digne de remarque, et que nous pouvons certifier, c'est que, dans ses études de dynamos, M. Gramme n'a jamais eu de collaborateurs, ni même d'élèves, l'ayant secondé dans ses calculs. Toutes les machines sortant de ses ateliers ont leurs bâtis, leurs organes mécaniques, leurs fils, leurs isolants, etc., déterminés par lui. Il calcule une machine, la dessine, vérifie les modèles, surveille la construction, la soumet aune série d'essais, modifie les parties imparfaites, la fait, au besoin, recommencer complètement, et ne la livre à la fabrication que lorsqu'il en est satisfait.

Les machines Edison et Siemens^ pour ne citer que les deux plus célèbres, subissent des transformations successives auxquelles leurs promoteurs ne participent en aucune façon. En cela réside

Siô

la situation prépondérante de M. Gramme sur ses concurrents. Dans la spécialité de Tindustrie des dynamos, un seul homme tient ainsi tête à une légion d'inventeurs.

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