EN CARCELS
par mètre carré.
Sous-sols
Bez-de-chaussée .
1«' étage
Incandescence. . . .
Régulateurs à arc.
Bougies Jablochkoff.
Incandescence. . . .
9 050 U 025 Ik 025 2 050
En outre de cet ensemble de foyers, les magasins sont éclairés les jours de fête par 4 régulateurs Gramme de 500 becs carcels chacun.
L'appareillage a été étudié et placé de manière à s'harmoniser avec l'ornementation des divers locaux et en vue de la décoration générale de l'immeuble.
Toutes les manœuvres d'allumage et d'extinction se font de la machinerie même, par ordres téléphoniques donnés des étages supérieurs. Aucun appareil électrique n'est à la portée du public et 4n personnel étranger au service de l'éclairage.
Le personnel chargé de ce service se compose d'un chef mécanicien et d'un chef électricien, ayant sous leurs ordres 2 souschefs, h conducteurs de machines à vapeur, A conducteurs de dynamos, 8 chauffeurs et un magasinier ; soit 21 personnes en
tout pour assurer le fonctionnement normal et l'exploitation régulière d'une usine électrique de 1 200 chevaux*
L'achèvement récent de cette magnifique installation, qui fait le plus grand honneur à l'architecte qui l'a dirigée, ne permet pas encore de se rendre compte du prix de revient de l'éclairage. Il faut attendre, pour- avoir un renseignement exact à ce sujet, que l'expérience ait permis une organisation perfectionnée, ne laissant place à aucun mécompte dans l'emploi judicieux de tout le matériel. Le premier but à atteindre était d'assurer un bel éclairage partout et à toute heure de jour et dç nuit, en éliminant d'une manière aussi absolue que possible tous les risques d'incendie. C'est actuellement chose faite. On va maintenant chercher à exploiter l'usine le plus économiquement possible, tout en conservant intégralement les avantages de salubrité, de sécurité et de commodité obtenus à l'heure présente.
Éclairage dés usines. — C'est dans les usines possédant des machines motrices que la lumière électrique peut surtout rendre de grands services, sans nécessiter des frais élevés d'établissement ; aussi est-ce là que furent réalisées les premières applications réellement pratiques, et c'est également là que le nombre des installations s'est le plus rapidement multiplié. L'éclairage à arc produit, à égalité de lumière, une économie considérable, permet de travailler la nuit comme en plein jour, supprime presque complètement les risques d'incendie, laisse à l'air ambiant tout son oxygène, etc. L'éclairage par incandescence, bien que d'un prix plus élevé que le précédent, possède tous ses avantages généraux, et son emploi est encore plus commode. Le succès tou- . «
Jours croissant des deux modes d'installation est donc pleinement justifié. C'est par milliers qu'on compte aujourd'hui les installations par arc voltaïque ou par incandescence dans les ateliers de construction, les manufactures, les forges, les scieries, etc., etc. Il est probable que, dans vingt ans, il n'exjftera plus un seul atelier mû par la vapeur ou par une chute d'eau qui ne soit pourvu de matériel électrique, aussi bien pour l'éclairage que pour la transmission de mouvement du moteur aux outils. Nous pourrions citer un très grand nombre d'usines éclai-
ti
rées par l'électricité, et donner quelques renseignements sur la nature des dynamos et des brûleurs employés; mais cela nous ferait sortir des limites du cadre que nous nous sommes imposé. Quelques exemples suffiront, d'ailleurs, pour montrer la diversité des applications et des systèmes adoptés dans les installations.
Ateliers Caily à Paris. — Les ateliers Cail sont éclairés par l'arc et par l'incandescence, combinés de minière à répondre à toutes les exigences du travail. Des mesures spéciales sont prises pour assurer l'indépendance des foyers, de manière à pouvoir éteindre ou allumer les uns ou les autres sans troubler le service général.
La superficie totale éclairée est de 23A00 mètres carrés, savoir :
2*2 000 m*, ateliers de mécanique et ajustage; 700 m*, bureaux de dessin ; 700 m*, magasins et bureaux.
Le nombre total des foyers est de 177, dont 94 lampes à arc voltaïque et 83 lampes à incandescence ; ils sont alimentés par 4 dynamos Gramme, type vertical, capables chacune de produire, à la vitesse de 700 tours par' minute, un courant utilisable de 280 ampères, sous une différence de potentiel aux borues de 70 volts, ce qui correspond à 19 600 watts ou environ 26 chevaux de 75 kilogrammètres. La force motrice nécessaire en pleine marche est de 140 chevaux pour l'ensemble. On peut indifféremment monter sur le circuit extérieur d'une machine :
U^ lampes à arc de ûO careels = i 920 carcels. ou 28 — 100 — = 2 800 —
ou 21 — 150 — = 3 150 —
ou 12 — 500 • — = 6 000 —
ou 350 lampes à incandescence de 0,08 carcel = 280 carcels.
Dans le cas présent, trois machines alimentent respectivemftit 24, 26 et 22 lampes à arc, et la quatrième, 22 lampes à arc et 83 lampes à incandescence, ce qui correspond à une puissance lumineuàe totale de plus de 8 000 carcels.
Les dépenses de premier établissement pour la partie électrique se sont élevées, pose comprise, à 72675 francs. Il serait
possible d'obtenir pour 50 000 francs, les chaudière, moteur à vapeur et transmission correspondant à une force de liO chevaux. Une installation électrique de cette importance reviendrait donc, terrain et bâtiment non compris, à 122 675 francs.
Les dépenses d'entretien sont en moyenne par heure de 0 fr. 107 pour les foyers à arc et de 0 fr. 01 pour les lampes à incandescence, avec une consommation de force motrice de 1,38 cheval pour les premiers, et de 10 kilogramme très pour les secondes, transmissions comprises.
Fabrique de scies Mongin et Mayer. — Cette importante fabrique, située avenue Philippe-Auguste, à Paris, est depuis deux ans éclairée à l'électricité.
L'installation comprend 2â régulateurs Gramme de 125 carcels chacun; l'intensité totale est ainsi de 3 000 carcels, et,, comme la surface de l'usine est très approximativement de 3 000* mètres, il en résulte que chaque mètre carré reçoit en moyenne la lumière d'un bec carcel.
Les 2& régulateurs sont alimentés par h dynamos Gramme du type dit à 5 lumières.
Pour obtenir 6 foyers au lieu de 5 avec ces dynamos, on a simplement porté leur vitesse de 1 A50 tours à 1 650 tours par minute. À cette vitesse, on obtient 13 ampères et 350 volts.
Les conducteurs sont en fils de cuivre de 1,5 mm. de diamètre; ils sont isolés par un ruban imprégné de gutta, recouvert de deux couches de coton et d'un enduit au blanc de zinc. La longueur totale des quatre circuits est de 1-950 mètres.
Les crayons électriques ont 1& millimètres de diamètre. Chaque régulateur en consomme 7'''"par heure, déchet compris.
Les régulateurs sont suspendus par des cordes passant sur des poulies à gorge, ce qui permet de les descendre facilement pour renouveler les crayons.
La puissance mécanique nécessaire pour commander les h dynamos est de 32 chevaux; elle est prise sur deux arbres de couche actionnés par le moteur de l'usine. Un embrayage fixé sur l'arbre intermédiaire de commande permet l'arrêt et la mise en marche des quatre machines à la fois.
La vitesse des transmissions étant susceptible de varier avec
la puissauce qu'exige le travail des ateliers, on a intercalé dans chaque circuit un rhéostat de résistance variable, permettant de ramener l'intensité lumineuse à sa valeur normale quand elle tend à s'en écarter. Ces rhéostats servent aussi à équilibrer les circuits, qui n'ont pas tous la même résistance, par suite des différences de longueur.
La qualité de la lumière permet de juger le recuit par la couleur de l'acier aussi bien que dans le travail de jour. Son intensité^ qui serait peut-être superflue dans une autre industrie» facilite considérablement le travail des planeurs, attendu que le jeu de la lumière sur les stries soyeuses de l'acier, déjà en partie poli, peut seul indiquer rapidement à l'ouvrier le point où il doit donner le coup de marteau.
Dépôt central de f artillerie. — La plupart des arsenaux, des fonderies de canons et des directions d'artillerie sont aujourd'hui pourvus d'installations électriques très importantes et parfaitement aménagées. Les ateliers de Bourges, de Puteaux, de Chatellerault, de Lyon, de Rennes, de Toulouse, de Douai, etc., s'éclairent entièrement au moyen de régulateurs à arc et delampes à incandescence. Parmi toutes ces installations, nous ea décrirons sommairement une seule, et nous choisirons celle des ateliers de Saint-Thomas d'Aquin, à Paris, qui, bien que restreinte au point de vue du nombre des foyers, est fort réussie et a servi de modèle à un grand nombre d'autres.
Cette installation comprend des régulateurs et des lampes à incandescence, de manière à donner un éclairage général et à mettre à la disposition des ouvriers la lumière nécessaire au travail des pièces, dans toutes les positions.
Dans l'atelier de précision, on a placé deux régulateurs Gramme de 300 bougies et 82 lampes à incandescence, dont 2 de 25 bougies et 80 de 10 bougies.
• Les régulateurs et les lampes de 25 bougies servent à l'éclairage général des ateliers. En outre, chaque ouvrier a à sa disposition une lampe de 10 bougies fixée sur un support qui coulisse sur la tige d'un pied mobile; de cette façon, il peut déplacer le foyer lumineux et s'éclairer suivant ses besoins. La lampe reçoit
le courant par un fil souple qui est fixé par une extrémité au support et par Tautre à une planchette à bornes.
Les lampes sont du système Swan, nouveau modèle à douille; elles sont montées sur des supports à baïonnette et à comnnutateur pour Textinction de chaque lampe.
Le courant est fourni par 2 dynamos Gramme, auto-régulatrices, disposées de façon à être montées en quantité si le courant des deux machines devient nécessaire pour l'éclairage; chacune d'elles peut fournir 50 ampères et 70 volts. Sur un panneau placé près des machines, on a fixé un ampèremètre qui indique s'il est nécessaire de grouper les deux machines. Ce panneau porte également les commutateurs pour le groupement et les rhéostats qui permettent l'allumage des régulateurs. La force motrice nécessaire est de 6 chevaux par machine ; elle est fournie par la machine fixe horizontale qui commande l'atelier.
L'atelier des gros modèles possède également une machine électrique du même type, mise en mouvement par une machine demi-fixe. Elle sert à alimenter 3 régulateurs Gramme et 52 lampes Swan de 10 bougies, qui sont répartis dans les ateliers des modèles d'armes, de la lithographie et les divers bureaux afférents à ces services.
Huilerie Marchand^ à Dunkerque. — Les bâtiments de cette usine occupent une surface d'environ 13000 mètres carrés, étages compris, et se divisent en trois parties :
lo La fabrication, où se trouve l'atelier des presses, des meules et de l'épuration ;
2''Les magasins à graines;
3*" Les bureaux de l'administration.
Les divers bâtiments sont séparés par -des gros murs et comprennent chacun un service spécial d'éclairage, susceptible de marcher à une heure quelconque de la journée ou de la nuit ; les circuits sont donc absolument indépendants et peuvent être feN mes à volonté sur les lampes, sans qu'on ait besoin de passer par la salle des machines.
L'éclairage complet comprend actuellement 330 lampes de 10 et 16 bougies et un régulateur de 300 bougies. L'intensité totale
peut être évaluée à 650 carcels, ce qui correspond à un carcel seulement pour 20 mèlres carrés.
Pendant la journée, il y a environ 80 lampes en activité.
« Fig. 2S7. — Appareil de réfleiioa «yslème Jaspar.
La canalisation principale, partant du milieu des bâtiments, forme deux boucles, suivant les murs extérieurs de l'usine, sur lesquelles sont branchées des colonnes montantes pour desservir les étages supérieurs. A chaque étage, un câble intermédiaire.
muni d'un commutateur et d'un coupe-circuit, commande toutes les lampes.
Les 80 lampes pour le service de jour sont branchées sur un câble indépendant qui part d'une dynamo spéciale, et elles sont raccordées sur le retour commun de la canalisation principale.
La puissance mécanique est prise sur la machine à vapeur de 500 chevaux actionnant tous les outils de la fabrique.
L'installation électrique a coûté 19 105 francs, c'est-à-dire 58 francs par lampe.
Éclairage par réflexion. — Il existe un certain nombre d'établissements éclairés par des régulateurs à arc, qui projettent leurs rayons sur le plafond et dont on ne voit pas le foyer.
Ce système, qui a l'avantage de ne pas fatiguer la vue et de bien égaliser la lumière, utilise un peu moins bien l'énergie électrique et nécessite des plafonds blancs exceptionnellement bien entretenus.
M. Jaspar exposait, en 1881, un appareil complet que nous* représentons (Figure 297), destiné à être placé dans des emplacements dont les plafonds obliques ou non blanchis réfléchissent mal la lumière.
Le régulateur Jaspar était renfermé dans une sorte de tambour opaque qui le cachait complètement aux yeux des visiteurs.
Les rayons lumineux, s'échappant de la partie supérieure du tambour, éclairaient vivement un grand disque en papier blanc qui diffusait la lumière dans la salle.
Trois appareils, recevant un courant de 20 ampères, suffisaient pour éclairer une salle de 2à mètres sur 12 mètres. La lumière était bien répartie et sa douceur, contrastant avec les lumières crues du voisinage, était du plus heureux effet.
Éclairage dans les caissons de fondation. — Nous avons eu l'occasion d'établir, de 1882 à 1885, plusieurs petits éclairages dans les caissons des chantiers de M. Zschokke, l'un de nos grands entrepreneurs de travaux publics. Pour connaître le ré-
-suUat de ces installatioDS, nous nous sommes récemment adressé
Tig. 39S. — CoDunande de dynamo* par cQurririe courte.
à M. A. Olivier, ingénieur de M. Zscliokke, qui, de son côté, a consulté les divers chefs de chantiers.
Après avoir terminé sa petite enquête, M. Olivier nous a répondu une lettre fort élogieuse, de laquelle nous extrayons les quelques lignes suivantes :
« Voici le résumé des appréciations des directeurs de chantiers, qui sont toutes les mêmes :
« L'éclairage des caissons se fait exactement de la même manière que celui d'une salle quelconque où Ton a disposé des lampes à incandescence. Le résultat est entièrement satisfaisant; il est plus intense que l'éclairage à bougies, le seul pratiqué autrefois ; Tair n'est plus vicié et les ouvriers travaillent plus longtemps dans les caissons sans être incommodés; la température est moins élevée, et le travail fourni par chaque ouvrier plos considérable ; le prix de revient de l'éclairage est sensiblement inférieur, bien que les mouvements des caissons produisent d'assez fréquentes ruptures de lampes. «
Commande des dynamos par courroies courtes. — Nous représentons (Fig. 298) le système imaginé par MM. Ayrton et Perry pour commander les dynamos au moyen de courroies courtes.
Ce système consiste à suspendre la poulie L de la dynamo à une courroie passant sur le volant F du moteur, la courroie étant juste assez longue pour embrasser le volant et la pouUe avec ud léger jeu.
La dynamo D est montée sur un châssis G G de manière à pouvoir osciller autour d'un axe TT établi. à angle droit de l'axe de l'induit.
Pour opérer le montage, on enlève la pouUe L et on fixe la dynamo horizontalement sur le châssis mobile de manière qu'elle soit bien en équilibre sur l'axe TT. On remet alors la poulie qui se trouve ainsi supportée par la courroie.
Le poids de la poulie L et la position du châssis G par rapport au volant sont tels que la résultante de la tension des deux brins de la courroie, pour le maximum de puissance transmise, est ég«le au poids de ladite poulie L et agit verticalement en son cefttre. Les composantes horizontales des tensions des deux brins s'équilibrent, en sorte que les pressions exercées par l'induit sur les coussinets sont simplement égales au poids de l'induit et de l'arbre.
La disposition de commande combinée par MM. Ayrlon et Perrynous paraitexcellente. Nous en conseillons l'emploi partout oii le défaut d'emplacement force à avoir des courroies courtes et verticales.
Exposition de Manchester. — Le Concours industriel ouvert
Fig. 399. — FoDlaine
en 1887, à Manchester, nous a fourni l'occasion de revoir les fontaines lumineuses installées les années précédentes à Londres et de nous rendre compte de la (juantité de lumière nécessaire dans le? divers emplacements d'une Exposition.
L'appareil principal des fontaines lumineuses (Fig. 299) se compose d'un foyer à arc placé sous le jet d'eau. La lampe L se trouve dans un compartiment souterrain, ayant un plafond en verre GG constituant une fenêtre imperméable à travers laquelle
ÉCLAIRAGE A L'ÉLECTRICCTÉ.
la lumière est projetée en haut, dans Teau, suivant la direction des lignes pointillées. Ce compartiment souterrain est maçonné et couvert de terre RR, ce qui lui donne Taspect d'une petite ile au milieu du bassin. Les rayons lumineux sont rendus parallèles au moyen d'un holophote cata-dioptrique H, d'un diamètre de 600 millimètres environ, composé de 6 zones de réflexion et d*une lentille centrale de Fresnel à deux anneaux à réfraction. La longueur focale de cet holophote est de 150 millimètres.
En dehors de cette lampe à arc, il y en a d'autres plus petites destinées à projeter des rayons obliques sur la colonne d'eau montante.
L'intensité totale de la lumière concentrée dans les divers services de l'Exposition dépassait 66000 carcels; elle était répartie comme il est indiqué sur le tableau ci-après :