‹ Eclairage des côtesChapitre 18 sur 61 · DÉFINITION DE LA PUISSANCE LUMINEUSE · texte numérisé non relu

DÉFINITION DE LA PUISSANCE LUMINEUSE

Lorsqu'on s'éloigne progressivement d’un phare ou d’un appareil optique éclairé par une source lumineuse, en se maintenant dans l’axe du faisceau auquel il donne naissance, on constate que l’intensité lumineuse varie d’une manière différente suivant la région dans laquelle on se trouve.

A peu de distance du phare, jusqu’à 100 mètres environ pour un appareil de 1* ordre et 500 mètres pour un phare électrique, l’intensité mesurée au photomètre ou léclairement

au point où l’on se trouve, ne décroît pas en raison inverse

errors

du carré de la distance /, le produit de ces deux nombres £ /? augmentant à mesure que l’on s'éloigne. A parür de la limite indiquée plus haut, ce produit devient constant quelle que soit la distance, et c’est lui que l’on prend comme mesure de la puissance de l'appareil optique.

Il est facile de se rendre compte que le produit Z /? va d’abord en croissant dans la proximité immédiate du phare, en observant que, dans cette région, l’œil de l’observateur ou le photomètre ne reçoit qu’une partie de la lumière émise par l'appareil, et non pas la totalité, la divergence naturelle de chacun des éléments de l'optique obligeant les rayons à parcourir une certaine distance avant de pouvoir se croiser et se mélanger pour former le faisceau complet.

Dans la pratique, cette distinction n'intervient pas, puisque la distance où se trouve le navigateur est toujours beaucoup plus considérable.

En faisant abstraction de l'absorption atmosphérique, nous pouvons donc donner la définition suivante conforme aux faits et au raisonnement :

La puissance d’un phare est le produit constant de l'éclairement mesuré dans l’axe du faisceau, à une distance donnée du phare, par le carré de cette distance; ou, sous une autre forme, c’est l'intensité photométrique d'un feu nu qui produirait le même éclairement sur l'axe à la même distance.

Si l’on considère, toutefois, l'observateur lui-même et non plus la plage éclairée du photomètre, l'impression lumineuse reste constante tant que l'œil perçoit la dimension propre de l'appareil optique. Comme le fait remarquer M. l’Inspecteur général BourneLLes, à mesure que l’on s'éloigne, l'intensité

du phare diminue, mais son image, dans la rétine, décroît

dans la même proportion, et, par suite, l'éclat apparent reste constant. Lorsque la dimension angulaire de lappareil devient inférieure à 1° d'angle, c'est-à-dire à une distance de 5 milles environ pour un phare de 1° ordre, l’œil ne perçoit plus de dimension, et le phare se réduit à un point lumineux. A partir de cette limite, l'impression de l'œil devient proportionnelle à l'éclairement, et, par conséquent, inversement proportionnelle au carré de la distance comme l’indique le photomètre.

La définition de la puissance d’un phare, que nous venons de donner, est donc générale et se rapporte aussi bien à l'impression visuelle qu'aux mesures photométriques, pourvu qu’on l’applique à partir d’une certaine distance, d’ailleurs peu

élevée, et toujours dépassée dans la pratique.

Page 1