II. —DONNÉES PRATIQUES D'ÉTABLISSEMENT DU SYSTÈME DES FEUX-ÉCLAIRS
Les principes généraux que l’on vient d’énoncer déterminent, comme on va le voir, d’une manière complète, les combinaisons des optiques des divers ordres avec les divers brûleurs à huile
minérale.
NATURE DU FAISCEAU D’UNE LENTILLE ANNULAIRE ÉCLAIRÉE PAR UNE LAMPE A HUILE MINÉRALE. — Lorsqu'un brûleur à huile minérale est placé au foyer principal d’une lentille annulaire de phare, le faisceau qui sort de la lentille n’offre pas une densité uniforme dans ses différentes parties.
Dans son savant mémoire, M. l'Ingénieur en chef Risière, démontre que la divergence donnée par les anneaux catadioptriques décroît en raison inverse de la distance de ces anneaux à la source lumineuse, leur coefficient de divergence propre étant égal à l’unité ().
L’angle d'ouverture des faisceaux coniques élémentaires, dont l’ensemble constitue le faisceau total, et qui n’est autre chose
que l'angle sous-tendu par la source lumineuse aux points
(1) Propriétés optiques des appareils de Phares, loco citato, pages 21 à 23.
considérés, est d’autant moindre que l’on s’écarte, vers les bords, de la lentille annulaire.
À grande distance, tous les faisceaux élémentaires pouvant
être considérés comme ayant même sommet, le faisceau total se
trouve formé d’une zône centrale où l'éclairage est sensiblement uniforme, entourée d’une deuxième zône où l’éclairement va en décroissant vers les bords.
L’angle de divergence qui limite la zône centrale est précisément l’angle du cône d'ouverture minima, c’est-à-dire celui qui correspond aux points de la lentille les plus éloignés du centre.
L'observateur placé à la limite de la portée ne reçoit donc que les rayons lumineux de la zône centrale du faisceau où l’éclairement est le plus puissant, les parties marginales ayant été absorbées pendant leur trajet.
La durée de l'éclat, à la limite de la portée, correspond donc au diamètre de cette zône centrale, ou, autrement dit, à l'angle de divergence minimum des points de la lentille les plus éloignés de la source lumineuse.
En calculant, à l’aide de cette remarque théorique, la durée des éclats, pour une optique et un brûleur donnés, on est assuré
Il ! d’une limite inférieure que l’on n’attemdra même pas en pratique. Les imperfections, inévitables dans la taille du verre et dans le calage, tendent à augmenter presque toujours la divergence calculée, par suite aussi la durée de l'éclat.
La même remarque s'applique aux phares électriques dont la divergence pratique est toujours plus forte que la divergence théorique établie d’après les faibles dimensions de la source lumineuse.
Calcul pratique de la durée de l'éclat. — La remarque
précédente indique immédiatement la marche pratique du calcul
de la durée de l'éclat, dans un Feu-éclair : il suffit de prendre la distance des points les plus éloignés de la lentille au foyer principal, ainsi que le diamètre de la flamme, ces deux éléments déterminant l’angle de divergence cherché.
La vitesse de rotation étant connue, la durée de l’éclat s’en déduit immédiatement. D’après le principe fondamental, cette durée doit se rapprocher, autant que possible, du temps de
perception intégrale, soit 1/10 de seconde.
ERPRG AS