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SA PHYSIOLOGIE ET SA PATHOLOGIE

Influence de l'éclairage du plan utile : 1° sur l’acuité

visuelle; 2° sur la vitesse de lecture ou de travail; 3° sur la vitesse d’accommodation; 4° sur la vision des

couleurs.

Emile Haas écrit dans un article intitulé « condi-

tions physiologiques de l'éclairage artificiel » :

« Il n’est pas exact en réalité, de dire généralement que l’acuité visuelle soit en rapport avec l’éclairement du plan de travail ou de la lecture. La quantité de flux utilisée par l’œil dépend, en effet, directement de la brillance du fond du plan de lecture, qui dépend elle-même non seulement de l’éclairement, mais encore, dans une formidable mesure, du coefficient de diffusion de ce fond. « Il est exact de déclarer que l’éclairement nécessaire pour coudre sur une étoffe sombre est supérieur à celui qu’il faut pour coudre sur une étoffe claire, mais cela tient simplement à ce que le fond sombre, très absorbant, a besoin.d’un éclairement

bien supérieur pour prendre une brillance égale à

ob

« celle du fond clair, peu absorbant, et par consé- « quent pour permettre la même acuité. »

Si l’on considère une courbe classique représentant les variations de l’acuité visuelle en fonction de l’éclairement, courbe tracée avec l’aide d’un optotype de Snellen par exemple, on y voit que l’acuité

nulle pour un éclairement nul, devient égale à l’unité

Acuité visuelle

Brillances en b/em° 0, 0003 0,003 0,03 0!3

1 10 100 1000 10000 Eclairements correspondants en lux Variations de l’acuité visuelle en fonction de l’éclairement pour K voisin de l’unité.

pour un éclairement de 10 lux et croît ensuite insensiblement avec l’éclairement.

I semblerait donc que pour avoir une acuité égale à Punité il suffirait d’éclairer son plan de travail avec 10 lux.

Malheureusement, la courbe est tracée en considérant un fond blanc, nous ne travaillons pas tou-

jours sur fond blanc et jamais sur fond idéalement

y EN Va

blanc. De plus, nous fait remarquer le méme au-

teur, il y a non seulement des raisons physiques,

mais des raisons physiologiques pour employer des

éclairements supérieurs à ceux que pourrait faire

prévoir la courbe.

« Les travaux de Broca, Laporte, et Jouast ont montré que, si Pon fait lire à un sujet une page de caractères de dimension uniforme correspondant a son angle limite sous Péclairement théorique déterminé à l’aide de la courbe, la vitesse de lecture décroïît rapidement. Autrement dit, le temps nécessaire pour lire la seconde ligne est supérieur a celui qu'il faut pour lire la première; la troisiéme demande plus de temps que la seconde, et ainsi de suite, Au contraire, si léclairement dépasse largement Ja valeur théoriquement établie, la dernière ligne est lue dans le méme temps que la premiére.

« Au surplus, chacun à pu constater la sensation de fatigue qui ne tarde pas à accompagner une lecture ou un travail exécutés avec une lumière qui paraissait, au début, exactement suffisante.

« D'autre part, beaucoup de travaux exigent, non seulement une bonne acuité visuelle, et Ia possibilité d’aller vite en restant dans le méme plan, mais nécessitent des actes perpétuels d’accommodation. Tel est le travail du linotypiste, dont les yeux vont sans cesse aux plans, différemment distants, de la copie, du clavier, et de la ligne fondue. Or, il a été démontré que laccommodation ne

s’accomplit normalement, c’est-à-dire vite et sans

KG

CG

KQ

AC

fatigue, que pour des éclairements notablement supérieurs à ceux qui sont nécessaires pour obtenir l’acuité visuelle maximum.

« Il faut donc employer pour toute espèce de travaux, en raison des trois ordres de raisons qui viennent d’être données des éclairements supérieurs à ceux qui donnent lacuité visuelle imitée. Ainsi a-t-on pu établir expérimentalement des tableaux donnant les éclairements du plan utile correspondant à différents travaux.

Nous avons emprunté le tableau suivant à une

publication de la « Société pour le Perfectionnement

de l’Eclairage ».

Eclairement moyen dans les locaux. Lux Salons, salles à manger, chambres ........ 30 Cabinets de toilette, salles de bains ........ 40 BÜUTÉAURE LR ER LED MOOD EEE 50 Lingeries, salleStdé Couture eee 80 Vestibules, corridors, débarras, escaliers ... 15 CUISINES TRS SE SC 60

Eclairement aux emplacements de travail.

Tablèsidé: bureats SR AR Re ee 80 Tablestde/Sale mans Re 60 FTAVAUR IAE IMECNE NP RP 150 re ete FÉLOHESMONCECS ET 300 à < Létoiteswclaires Te 120 DES UNS RATE TRS 60

< : DÉON CNET ER RE Travaux industriels ee La HS RE A REP 200 (FÉS NS RE ee 500 Dessin nds (Tele SERRE RE Re 120

DactYlog rap he RER RER PRE 80

On trouvera dans un chapitre suivant l'influence d’un éclairement insuffisant sur l’acuité et les trou-

bles de laccommodation qui en résultent.

Quelques expériences et résultats.

Vitesse de perception :

Ferree et Rand ont opéré sur des anneaux de Landolt et ont étudié le temps nécessaire pour qu'un observateur exercé puisse repérer la position exacte de la fente de l’anneau. Bien entendu, la vitesse obtenue dépend : de l’angle du facteur de réflexion de l’anneau et du facteur de réflexion du fond, et enfin de l’éclairement de l’anneau et du fond.

La figure résume les résultats obtenus. Sur cette figure, les indications telles que B sur N, N sur G, etc.

signifient que les courbes correspondantes ont été

obtenues en expérimentant

avec un anneau blanc sur

fond noir, ou noir sur fond

Anneau de Landolt.

gris, etc. Ces courbes montrent que les grandes vitesses sont obtenues avec un anneau blanc sur fond noir.

La détermination de la vitesse de perception est d’ailleurs loin de fournir des indications suffisantes sur la vitesse avec laquelle on pourra effectuer une opération déterminée, la lecture d’un certain nom-

bre de lignes par exemple. L’œil doit alors modifier

Vitesse (Inverse du Temps en seconde)

‘ 3 min.

—* Ÿ 100 ns nee

1 min

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0 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100 Eclairements en lux

if

sans cesse son accommodation. La vitesse d’accommodation joue un rôle très important dans le processus de la lecture, mais comme cette vitesse est très grande, il est extrêmement difficile d’en mesurer les variations : c’est ce qui explique pourquoi cette étude, quoique très importante, se trouve encore dans un état d'avancement peu satisfaisant.

Toutes ces mesures ont été faites sur un œil complètement reposé, de façon à obtenir des résultats comparables. Dans la pratique, la fatigue provenant des travaux antérieurs intervient presque toujours. Ainsi, dans les expériences du Laboratoire Central d'électricité, il a été constaté que, lorsqu'on lisait un texte sous un angle voisin de l’angle limite, la vitesse de lecture descendait rapidement et devenait pratiquement nulle. Les auteurs ont conclu de leurs études que, pour pouvoir lire dans de bonnes conditions un texte donné, il faut voir celui-ci sous un angle triple de l’angle limite : c’est ce qu’on appelle la loi du tiers.

Les travaux qu’un ouvrier a à effectuer dans lindustrie sont généralement plus complexes que la simple lecture et résultent de l’addition ou de la combinaison d’un certain nombre d’opérations simples.

Des essais pratiques ont été faits aux Etats-Unis pour déterminer les relations qui existent entre l’éclairement et la production, tous les autres facteurs restant constants. En chaque cas, l’amélioration de l'éclairage a eu pour résultat une augmentation de la production.

Afin de vérifier scientifiquement ces résultats, des

LRU

expériences systématiques ont été poursuivies em France, au Conservatoire National des Arts et Métiers, sous la direction du Docteur Faillie, avec l’appui et la collaboration de la Société pour le Perfectionnement de l’Eclairage. Ces études avaient pour but de mettre en évidence un certain nombre de faits fondamentaux relatifs à l’influence de l’éclairage sur les facultés visuelles.

Des essais préliminaires ont consisté à sélectionner un test permettant d'étudier pratiquement les capacités de travail d’une personne quelconque en

fonction de l’écilairement.

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Signes utilisés pour le test de barrage.

A cet effet, le sujet examiné était mis en présence d’une feuille couverte de signes, analogue à ceux que montre la figure, et devait barrer pendant un temps donné le plus grand nombre possible de signes de même forme.

On choisissait d’avance deux formes de signes.

ho

bien définies. Le nombre d’erreurs et d’omissions en fonction du nombre total de signes lus, mis en valeur par une formule caractéristique, permettait de déceler la variation d’un certain nombre de facteurs, parmi lesquels l'attention, la réaction psychomotrice, l’acuité visuelle, etc. sous différents éclairements.

Cet essai montra nettement que le nombre d’erreurs et d’omissions diminue lorsque l’éclairement

augmente.

Vitesse de réaction psychomotrice :

On a cherché à réaliser un système d’essai élémentaire qui ne mit en jeu que la réaction psychomotrice visuelle, c’est-à-dire un essai qui permit de mesurer le temps s’écoulant chez un sujet entre une perception visuelle quelconque et la réaction musculaire qui doit lui succéder.

A cet effet, un chronoscope, composé essentiellement d’une aiguille entraînée à vitesse rigoureusement constante par un moteur synchrone, pouvait être mis en marche par un opérateur au moyen d’un contact électrique et arrêté, au moyen d’un second contact électrique, par le sujet soumis à l’expérience. L’aiguille se déplaçait à raison d’un tour par seconde. Le détail de l’expérience était le suivant : lopérateur ramenait l’aiguille au zéro, prévenait le sujet de façon que celui-ci concentrât son attention, puis mettait brusquement l’aiguille en marche; dès que le sujet avait perçu le déplacement de l'aiguille, il devait l’arrêter le plus rapidement possible. Le point où s’arrêtait l’aiguile mesurait la durée de réaction

psychomotrice visuelle du sujet.

Temps en centièmes de secondes

Air

Ces essais furent répétés avec différentes valeurs de l’éclairement, que l’on mesurait verticalement et horizontalement au moyen d’un luxmètre de précision. Pour chaque éclairement, on fit, par sujet, 50 déterminations, ce qui, pour une dizaine de points de la courbe, représentait environ 500 déterminations, on fit ensuite la moyenne des résultats obtenus sur les différents sujets et l’on obtint ainsi une courbe moyenne qui traduit les résultats généraux. Cette courbe est représentée par la figure suivante.

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