ECLAIRAGE MODERNE ET HYGIENIQUE DES DIVERSES PIECES D’HABITATION
I faut que l'appareil destiné à assurer le bon éclairage d’une pièce soit approprié à l’emploi auquel il est réservé. IL faut aussi que l’éclairage de l’ensemble de la pièce fasse l’objet d’une étude sommaire. Nous avons donné dans notre chapitre « éclairage et physiologie > un tableau des éclairements nécessaires dans les pièces de l’habitation. En général, la collaboration du décorateur, du constructeur et de l’ingénieur éclairagiste est nécessaire à l'obtention de résultats satisfaisant l’hygiéniste.
Dans ce chapitre sont passées en revue les diverses pièces d’une habitation, avec l'indication de quelques-uns des dispositifs qui paraissent recom-
mandables.
Salon.
Le salon est la pièce la plus facile à éclairer; on n’y fait pas, en général, de travail suivi nécessitant
des éclairements intenses, mais on vise plutôt à réaliser des effets agréables.
Au point de vue de l’éclairage rationnel, l’appareil
Eclairage général d’un salon au mo en verre diffusant. (Dominique, décorateur)
yen d’un grand appareil central
qui convient généralement le mieux est le diffuseur. Malheureusement, certains appareils conçus pour satisfaire à des considérations esthétiques sont loin de présenter les qualités qu’on est en droit d’attendre d'eux. C’est ainsi que les hasards du goût contribuent à servir encore ceux qui s’éclairent toujours un peu à l’aveuglette. Car, même l'éclairage d’un salon, ainsi que l’a très bien fait remarquer M. Léon WERTH, n’est pas une question d'ouvrage de dames.
Pour l'éclairage des intérieurs modestes, certains constructeurs ont réalisé des diffuseurs de série, suffisamment plaisants, pour pouvoir être utilisés.
Il est très difficile d'adapter la lumière électrique à des lustres anciens ou à des appareils analogues. C’est le cas des lustres à cristaux et pendentifs, encore si répandus et dont l’adaptation consiste le plus souvent à remplacer les anciennes bougies en stéarine par de fausses bougies munies d’ampoules électriques. Pourtant, comme un grand nombre d’intérieurs sont décorés et meublés dans le style d’époques anciennes, il a fallu, pour ne pas condamner leurs habitants à s’éclairer avec des bougies, sous prétexte de couleur locale, recourir à quelques dispositifs plus ou moins ingénieux indiqués dans les figures suivantes.
L'effet d’«illumination >, produit par la réflexion des cristaux, donne un aspect brillant à un salon, permet de mettre les bijoux en valeur, et convient bien pour les réceptions; employé avec modération, il n’est pas à rejeter systématiquement. On peut en tirer parti dans un lustre ancien en cachant les
; Malabert, ingénieur-éclairagiste
Eclairage d’un salon de style ancien (Decour, décorateur
pm) (& tôle emaille
Lampe portative à pied avec coupe indirecte.
Applique avec fausse bougie formant coupe semi-indirecte. Lustre avec coupes argentées. Dispositifs utilisés pour l’éclairage du salon représenté ci-dessus.
lampes dans des godets ou de petits réflecteurs tournés vers le plafond et situés au-dessous et sur la périphérie du lustre : ces lampes produisent un éclairage indirect, et les cristaux qui se trouvent sur le trajet des rayons lumineux scintillent.
Dans les installations de luxe, on peut avec avantage utiliser l’éclairage indirect ou l’éclairage par plafond lumineux avec dalles diffusantes, à condition que ces installations aient été étudiées par un spécialiste.
Ordinairement l'éclairage central n’est pas suffisant pour donner au salon l'impression de gaîté et d'intimité désirable. De plus, souvent le salon devient, surtout dans l'habitation moderne, un « livingroom», c’est-à-dire une pièce où l’on travaille, où l’on vit continuellement entre la salle à manger et la chambre à coucher. Il est alors nécessaire de renforcer l’éclairage de certains points particuliers. C’est la rôle des appliques, torchères, lampes portatives, etc.
Les appliques murales sont très fréquemment utilisées d’une façon irrationnelle. Si elles sont placées trop bas, elles se trouvent dans le champ visuel et sont éblouissantes. Elles doivent présenter des dispositifs diffusants, masquant complètement la lampe qui doit être de faible puissance.
La lampe individuelle, si l’on peut dire, donne un très bon éclairage local, que ce soit le simple abatjour en parchemin végétal, ou les luxueuses créations de métal, céramique ou de verrerie.
On peut réaliser de très bonnes installations où
l'éclairage central est supprimé, mais l’on multiplie alors les appareils d'éclairage local de façon qu’aucun point de la pièce ne se trouve complètement dans l’ombre. On peut avantageusement utiliser des appareils mixtes avec adaptateurs précédemment
Salon éclairé par éclairage indirect au moyen de réflecteurs dissimulés dans des abat-jour supportés par des potiches. (René Prou, décorateur).
décrits, dans lesquels une portion du flux lumineux assure l’éclairage local, tandis que la majeure partie est dirigée vers le plafond.
L’éclairage correct d’un piano est toujours difficile à réaliser. On a besoin d’un fort éclairement, aussi uniforme que possible, sur le cahier de musique, et d’un éclairement plus réduit sur le clavier. L’éblouissement doit être évité. La disposition qui
consiste à placer une applique de chaque côté du piano est défectueuse, car le cahier se trouve dans ombre, tandis que la plus grande partie de la lumière atteint directement l’œil du musicien et l’éblouit.
Un résultat à peu près satisfaisant est obtenu en utilisant un réflecteur en forme de gouttière contenant soit une lampe tube à filament rectiligne, soit deux courtes lampes cylindriques. Ce réflecteur peut être supposé par un col de cygne ou par une tige articulée à contrepoids permettant de le placer dans différentes positions ne gênant pas le musicien. La meilleure solution consiste, en général, à utiliser un éclairage indirect à l’aide d’une lampe à adaptateur
ou d’une torchère ou encore d’un plafond lumineux.
Salle à manger.
L’éclairage de la salle à manger doit être dirigé vers la table, plan utile qui exige un éclairement de 60 lux. Il doit de plus mettre en valeur les cristaux, les vins et l’argenterie. S’il est totalement indirect, il risque de donner une impression de tristesse. D'autre part, un éclairage tout à fait direct est trop dur et n’est pas seyant pour les visages des convives. On cherche généralement à obtenir un éclairage suffisamment intense sur la table elle-même, et un éclairement faible, mais assez uniforme, dans le reste de la salle. |
Si l’on utilise un appareil central dérivant de l’an-
tique suspension classique, l’abat-jour sera profond
et descendra suffisamment pour que l’œil ne soit pas atteint par les rayons directs. Sa hauteur sera telle que l’appareil n'empêche pas les convives de se voir : il suffit que le bord inférieur soit approximativement à 1 m. 40 au-dessus du plancher. La #able est éclairée brillamment et, le reste de la pièce ne l’étant que faiblement, l’œil est soumis aux effets de l’éblouissement par contraste et se fatigue par le travail d'adaptation continuel.
Des appliques murales équipées convenablement peuvent renforcer l’éclairage général. Elles ne doivent pas seulement contribuer à l’ornementation.
Le mode d’éclairage consistant à répartir en nombre variable sur la table des chandeliers portatifs permet d'obtenir des effets plaisants, mais l’intensité des lampes doit être très faible afin d’éviter l’éblouissement. Il convient de compléter cet éclairage local par d’autres appareils. La hauteur des chandeliers ne doit pas dépasser 35 centimètres environ.
Une lampe portative centrale permet d’éclairer à la fois la table et la pièce, mais cette solution présente l’inconvénient d’encombrer la table et surtout d’être une cause d’éblouissement par la proximité d’une source assez puissante si la diffusion n’est pas suffisante.
On peut utiliser avec avantage les caissons lumineux en verre translucide fixés au plafond. La lumière qui tombe d’un point élevé éclairant les visages d’une façon peu seyante, il est nécessaire de faire usage de caissons de grandes dimensions, pré-
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sentant une surface d'émission considérable de façon à estomper les ombres. Si l’on fait usage de verre dépoli, l'emploi de lampes opalines légèrement teintées de jaune est à recommander pour contrebalancer la dureté que ce verre, généralement un peu verdâtre, donne à la lumière. On peut utiliser aussi, pour l'établissement du caisson lumineux, de la glace légèrement teintée de rose, dite glace aurée, dépolie sur l’une de ses faces.
Un tel caisson permet d'éclairer convenablement la table tout en donnant suffisamment de lumière dans le reste de la pièce. Il peut pourtant être avantageux de combiner avec ce système des dispositifs d'éclairage local permettant d’éclairer plus particulièrement certains points. Le service peut s’en trouver facilité et l’atmosphère de la pièce y gagne en outre, une note plus gaie et plus animée.
On peut également faire usage de verrières. Il faut une verrière de grande dimension éclairée par un caisson à paroi blanche. C’est alors un éclairage indirect localisé. La figure suivante montre une sorte de coupole lumineuse en verre émaillé, formée d’anneaux successifs échelonnés en escalier, audessus de laquelle sont disposés des réflecteurs en verre argenté. Cet éclairage est du type direct.
L’éclairage totalement indirect par l’emploi de réflecteurs dissimulés dans des corniches de meubles, dans des coupes ou vasques en staff, en marbre ou en autre matière, ne donne pas dans une salle à manger des résultats bien satisfaisants. L’éclairement au niveau de la table est alors insuffisant.
Eclairage d’une salle manger au moyen d’une coupole en verre translucide, (Bouchet, décorateur; Boris-Lacroix, éclairagiste; Damon, éditeur).
L’éclairage indirect doit être longuement étudié. Il trouve ses maîtres parmi les architectes décora-
teurs. Certains comme Eugène PRINTZz, ne demandent
Eclairage indirect d’une salle à manger
appropriée à double courbure, recevant la
de lampes dissimulées dans une gouttière ré Œugène Printz, décorateur).
par plafond de forme lumière fléchissante
rien au verre, mais seulement au métal peint en blanc et l’on sait ce que peut donner Ja Jumiére réfléchie sur deux courbes. Dans le dispositif représenté par la figure suivante, un plafond de forme approprié reçoit et réfléchit, en la diffusant, Ia Jumiére émise par des lampes dissimulées dans une gouttiére étroite.
Les tables lumineuses constituent un luxueux procédé d'éclairage du plus heureux effet. D'ailleurs le verre dans lameublment distribue généreusement Ja
clarté qu'il refléte et multiplie.
Bureaux particuliers -- Studios.
Dans le cabinet de travail, léclairage doit étre dirigé vers la table. L'éclairement doit y atteindre 80 Jux et là, plus que partout ailleurs, étre hygiénique. Nous avons insisté en effet sur la myopie du travail due à un éclairage insuffisant.
On fait trés souvent usage, dans les bureaux particuliers, de lampes portatives réglables, placées sur la table, Il convient de n’utiliser les appareils portatifs munis de réflecteurs qu'après s'être assuré que la surface totale de Ia table de travail présente un éclairement suffisant et à peu près uniforme. La figure ci-après montre Peffet désastreux obtenu avec un réflecteur trop concentrant.
Il faut aussi éviter soigneusement l’éblouissement par réflexion, que peuvent produire les rayons Jumineux réfléchis sur des surfaces brillantes quelcon-
ques (papier glacé, bois verni, glace recouvrant Ja
table, etc). Ce dernier point est particulièrement im-
portant, et, dans bien des cas, il faut attribuer à un
fort éblouissement par réflexion la fatigue, la gène,
Eclair:
défectueux d’un bureau au moyen d’une lampe portative munie d’un réflecteur trop concentrant.
ou les troubles de vision que l’on ressent après avoir travaillé longtemps sur une table éclairée de cette façon.
Il ne suffit pas d'éclairer convenablement le plan utile du cabinet de travail. Il faut donner à la pièce
un éclairage général, sans quoi l’œil sera rapidement
Eclairage indirect au moyen de réflecteurs placés dans des niches derrière des plaques en verre dépoli (André Boll, décorateur).
fatigué par la gymnastique d'adaptation que nous lui imposerons en regardant successivement notre feuille blanche et les paroïs sombres de notre bureau.
L’éclairage indirect ou semi-indirect est alors tout indiqué. Il peut être produit par des niches Iumineuses comme dans la figure ci-dessus. Un éclairage
totalement indirect peut venir du plafond éclairé
Eclairage indirect d’un studio par rayons projetés au ras de la surface du plafond (Pierre Barbe, architecte).
Eclairage d’un bureau par gorge diffusante.
Rob. Mallet-Stevens, architecte; André Salomon, ingénieur-éclairagiste).
par deux feux horizontaux émis par des appareiis du genre « Trigalite >» que nous avons signalés plus haut.
Lorsque l’on veut obtenir un éclairage ressemblant à celui venant de la fenêtre pendant le jour, on peut adopter les dispositifs architecturaux créés par Robert MALLET-STEVENS qui utilise des gorges réfléchis-
santes en staff ou en métal peint en blanc mat.
Chambre à coucher.
On se contente fréquemment d’éclairer les différents points d’une chambre à coucher suivant les besoins, sans utiliser d’appareil central. Comme dans les autres pièces il ne faut pas de grands écarts d’éclairement entre les différents points.
Pour l'éclairage central on peut utiliser, soit un luminaire décoratif, soit un diffuseur de série. Dans l’un et l’autre cas, le dispositif devra être parfaitement diffusant.
L’éclairage du chevet du lit doit permettre la lecture. Il faut, pour cela, disposer sur le mur un appareil agencé de telle façon que les rayons qu’il émet tombent à peu près perpendiculairement sur les pages du livre : L’ombre portée par la tête doit être évitée. La lampe portative, dite lampe de chevet, ne donne pas un éclairage parfait, car elle est placée trop bas.
On peut utiliser une applique convenablement disposée, ou bien encastrer dans le mur un hublot avec
Eclairage d’une chambre à coucher diffuseur central et d’une (Bouchet déco
au moyen d’un appareil applique au-dessus du lit ‘ateur; luminaires de Perzel).
volet, tel que ceux utilisés sur les paquebots et dans les wagons-lits.
On emploie depuis quelque temps comme veilleuses de petites lampes au néon dont la consommation est extrêmement réduite et qui ont une faible intensité. Ce ne sont pas des lampes à incandescence, mais des lampes à effluves, dont le fonctionnement est analogue à celui des tubes à décharge (tubes de Geissler). Une de ces lampes est contenue dans applique que l’on voit sur la figure ci-dessus et qui est munie d’un double allumage.
Si lon peut disposer d’un panneau ou d’un mur blanc, il est possible, en léclairant fortement au moyen d’une lampe appropriée, d'obtenir un éclairage diffus et sans ombre, analogue à celui que donne pendant le jour, une fenêtre placée derrière la tête du lecteur.
Une autre solution consiste à utiliser une lampe orientable que l’on peut diriger suivant chaque position de lecture. L'aspect de ces lampes convient très bien à certains intérieurs modernes. Mais il faut reconnaître que, dans d’autres installations et plus particulièrement dans les intérieurs meublés en styles anciens, les lampes orientables de modèles courants trouvent difficilement leur place.
L’allumage brusque pendant la nuit produit une variété d’éblouissement particulièrement désagréable; c’est pourquoi l’on a proposé d’intercaler dans l'interrupteur une résistance variable permettant d'obtenir un éclairage progressif, mais ce dispositif n’a, iusqu'à présent, pas fait l’objet de beaucoup
d'applications. Ce grand progrès a été réalisé dans
les salles de cinéma.
Cabinet de toilette ou Salle de bains.
L’éclairage du cabinet de toilette doit permettre avant tout de se regarder dans la glace. Or l’éclairage des miroirs présente un problème particulier, qu'il est difficile de résoudre d’une façon satisfaisante.
Ce qu’il convient d’éclairer, ce n’est pas le miroir, mais le visage de la personne qui se regarde : on ne peut donc pas songer à cacher la ou les sources lumineuses par des réflecteurs opaques évitant totalement l’éblouissement. Il faut que les lampes soient entourées d’habillages de grande surface, en matière parfaitement diffusante : verre opalin, pâte de verre, albâtre, etc.)
L'appareil que représente la figure ci-dessous montre une solution ingénieuse du problème. Il se compose d’une demi-sphère ou paraboloïde creux peint en blanc mat, agissant comme réflecteur vis-à-vis d’une lampe qui est disposée derrière
le miroir, Celui-ci, d’un diamètre
beaucoup plus petit que la sphère, subfacelmate blanche Se trouve ainsi entouré d’une bande circulaire de lumière diffusée, qui tombe sur le visage de la personne qui se regarde.
Quand les murs sont de couleur claire, on peut
utiliser des appliques établies pour donner un éclairage semi-indirect. Comme il est nécessaire d’éclai-
rer le visage sur ses deux faces, on doit placer une
Eclairage d’un miroir de salle de bains au moyen de deux appliques en verre émiillé utilisant des lampes-tubes à filaments rectiligne. (Luminaires de Perzel).
applique de chaque côté. Le dispositif fréquemment employé, qui consiste à placer au-dessus du milieu de la glace une seule tulipe orientée vers le sol, est mauvais : cet appareil n’éclaire ni les côtés, ni le bas du visage, et il donne des ombres dures. La lampe alors située en plein champ visuel est éblouissante.
Dans les petites pièces, les appareifs servant à éclairer les miroirs peuvent en même temps suffire pour fournir l'éclairage général.
Dans les grandes pièces un ou plusieurs diffuseurs deviennent nécessaires. L’éclairage semi-indirect est à recommander quand le plafond est clair. Les diffuseurs sphériques en verre opalin sont alors de grande utilité.
Les coffrages lumineux disposés au-dessus des miroirs donnent aussi de bons résultats.
En ce qui concerne les salles de baïns, il ne faut jamais disposer d’interrupteur à proximité de la baignoire. L’isolement de cet appareil peut être mauvais.
Vestibule et Hall. Escalier.
Le vestibule étant, dans les maisons modestes, une pièce où l’on ne fait que passer, la question de son éclairage n’est pas très importante : il convient simplement d'éviter l’éblouissement. Les diffuseurs simples en verre opalin conviennent parfaitement Si le vestibule est très long, il suffit de multiplier le nombre des diffuseurs.
Dans les appartements luxueux, le hall est géncéralement une pièce spacieuse, où se trouvent souvent disposés des objets d’art et des tableaux qu’ils faut savoir éclairer. La position des réflecteurs doit être soigneusement déterminée de façon à éviter les réflexions nuisibles sur le vernis des tableaux.
Une solution simple, qui donne généralement satisfaction, consiste à utiliser un éclairage indirect suffisamment puissant.
L’éclairage du bas de l'escalier ne pose pas de problème particulier. Une torchère telle que celle représentée par la figure ci-dessous, ou des appliques en matière diffusante assez dense, analogues à celles que l’on aperçoit sur la même figure, donnent un éclairage satisfaisant. Il ne faut pas qu’en quittant la pénombre de la
rue on se trouve plongé dans la
lumière trop vive de l’entrée d’un
Diffuseur sphérique
immeuble.
Quant à l’escalier lui-même, un petit caisson lumineux en verre opale ou émaillé, placé à chaque étage, convient parfaitement pour éclairer le palier correspondant. Ce qui importe, c’est de doser la lumière pour que l’éclairement soit partout uniforme afin que les marches ne portent pas ombre les unes sur les autres. Il faut que l'éclairage soit très diffus.
Un diffuseur de modèle ordinaire conviendrait également, mais il ne permettrait pas, en général, d’équiper l'installation, comme cela est désirable.
avec plusieurs lampes dont l’une fonctionne sur la
Eclairage indirect d’un hall de galerie d’art par coupole recevant la lumière d’une rampe de lampes dissimulées dans une gouttière circulaire (Ateliers D. I. M. décorateurs).
minuterie, l’autre sur l’éclairage normal et la troisième (ou la première) est allumée, en même temps que la seconde, pour l'éclairage de réception. Dans les constructions très modernes, il arrive souvent que le hall soit utilisé comme studio et con-
tienne un escalier particulier. L'architecte et l’ingé-
nicur éclairagiste combinent alors des éclairages dans le getire de ceux représentés ci-dessus et cha-
que cas doit faire l’objet d’une étude particulière.
Eclairage d’une entrée d'escalier par torchère et (Sauvage, architecte; luminaires de Perzel).
appliques
Eclairage général d’un studio au moyen d’une corniche unilatérale munie de projecteurs, et d’use verrière lumineuse (Pierre Barbe, architecte).
Cuisine.
La cuisine est, de toutes les pièces de la maison, celle où la Iumière est le plus longtemps nécessaire;
c’est aussi celle dans laquelle on exécute les travaux
Pi Lee
demandant le plus de soin et de propreté. Il convient donc de ne pas négliger son éclairage, comme on le fait trop souvent.
Eclairage d’une cuisine au moven d'appareils semi-indirects.
Généralement, on se contente d’une lampe éblouissante au plafond, munie d’un simple réflecteur plat. ar ailleurs, cette lampe est presque toujours de faible intensité, rapidement salie et rarement nettoyée, et on ne la change que lorsqu'elle refuse brusquement ses services.
Pour obtenir de bons résultats, il est nécessaire de combiner l’éclairage général avec l’éclairage local.
L’éclairage général est obtenu au moyen d’un diffuseur en verre opalin, équipé avec une lampe de puissance proportionnée aux dimensions de la pièce; l'éclairage local est fourni par des appliques et évite les ombres que l’on engendrerait (sur la table, lévier, elc.) en travaillant le corps tourné à la source lumineuse centrale.
Dans les cuisines dont le plafond et les murs sont peints ou munis d’un revêtement en carreaux de faïence blanche, facile à maintenir en parfait état de propreté, on peut avantageusement faire usage d'appareils semi-indirects tels que ceux représentés et décrits plus hauts. Les appareils d'éclairage local ne sont alors plus nécessaires, sauf dans des cas parüculiers.
Pour léclairage de la cuisine, il est bon d'utiliser des lampes « lumière du jour », qui altèrent peu les couleurs. Comme elles consomment plus d’énergie pour un même flux lumineux utilisable, on est
obligé d’emplover des lampes plus fortes.
Lingerie.
Dans la lingerie, l'usage des lampes « lumière du
jour » est particulièrement recommandable, car il permet de déceler les taches jaunes de brûlure ou de rouille sur le linge blanc.
Bien entendu, l'utilité de ces lampes est encore plus marquée pour la couture dans les tissus de différentes couleurs. L’éclairement aux emplacements de travail doit être de 150 à 300 lux. Le chiffre le plus élevé correspondant aux travaux dans les étoffes foncées.
Un éclairage semi-indirect, avec lampe suffisamment puissante, est particulièrement recommandable : sinon, on peut faire usage d’appareils semidirects.
Garage.
L’éclairage qui convient dans un garage est évidemment analogue à l’éclairage industriel. L’appareil principal peut être un réflecteur large et profond en tôle émaillée équipé avec une lampe demi émaillée ou demi-dépolie, et disposé à peu près au-dessus du capot de la voiture.
IL est bon de placer un appareil au-dessus de l’établi pour pouvoir y travailler commodément sans être gêné par l'ombre du corps.
Une prise de courant doit être installée de chaque côté du garage pour permettre l’emploi d’une balladeuse. Il faut veiller au bon isolement de cet appareil et du conducteur souple d’amenée du courant, particulièrement au point de jonction de ce conduc-
teur avec le manche.
Le danger des courants électriques à basse tension
dans les locaux d’habitation.
Le courant électrique domestique a provoqué en France dans ces dernières années, plusieurs centaines d’électrocutions mortelles dans les appartements. Le plus souvent, la victime a touché avec une de se mains mouillées, ou simplement moite de sueur, un appareil électrique mal isolé tandis qu’une autre partie du corps était en bon contact avec la terre.
En général le public averti sur les routes par les inscriptions « haute tension ! Danger de mort ! » ne l’est pas du tout dans les appartements où l’on peut se livrer aux branchements les plus fantaisistes, ct aux installations les plus imprudentes.
Bien qu’il existe des prédispositions individuelles de nature physiologique ou de nature pathologique il faut savoir que certaines statistiques donnent deux fois plus d'accidents mortels par basse tension que par haute tension. C’est que, par suite des circonstances mêmes qui accompagnent les accidents, en haute tension, on a beaucoup plus de chances d’être seulement brûlé ou paralysé, tandis qu’en basse tension (à 110 ou 120 volts), on a presque toutes les chances d’être tué.
Bien que l’on sache parfaitement traiter les électrocutés par la respiration artificielle très prolongée (JELLINECK), le pourcentage des rescapés de la basse
tension est toujours faible. Il faut prévenir les acci-
dents à domicile « en évitant la simultanéité d’un bon contact électrique unipolaire et d’un bon contact avec la terre ».
Une bonne installation et un bon appareillage doivent répondre aux instructions publiées par l'Union des Syndicats de l'électricité (Publication n° 137, recommandée par lettre ministérielle du 6 novembre 1928).
Malheureusement les dangers ne trouvent pas uniquement leur source dans l'installation générale mais surtout dans les appareils d'usage courant. Le public ne se méfie pas des meilleurs appareils qui peuvent avoir fortuitement leur partie métallique extérieure en communication avec la ligne conductrice. Tant qu'il n’y a pas court-circuit mais seulement contact unipolaire, l'appareil fonctionne normalement. jl faudrait pour être en parfaite sécurité pouvoir supprimer toute partie métallique extérieure dans les appareils électriques. C’est possible mais il faut au moins que les parties devant être touchées avec la main soit en substance isolante.
Monsieur le Professeur CLUZET insiste sur le fait suivant « Le contact avec un appareil mal isolé ne peut devenir dangereux que si l’eau intervient, pour rendre ce contact plus intime en rendant la peau bonne conductrice ». C’est pourquoi il faut éviter de toucher tout appareil électrique avec des mains humides et redoubler de précautions pour supprimer la possibilité d’une < bonne terre ». Il faut se mcfier pour les changements de lampes ou les réparations quelconques, des parquets mouillés ou simpie-