‹ Éclaircissemens analytiques sur la doctrine physiologique de BarthezChapitre 4 sur 4 · III · texte numérisé non relu

III

cerne l’excès de mobilité, Barthez nous dit: « qu’il se démontre le plus souvent par la rapidité avec laquelle s’exécutent tels ou tels mouvemens, tandis que d’autres mouvemens du corps vivant sont dans un état de langueur relative. »

L’on saisira aisément le sens de ce passage, si î’cn fait attention que le mot excès renferme l’idée de cessation de régularité. En effet , si toutes les fois que les forces motrices sont en excès, elles agissent irrégulièrement, dès-lors on conçoit que leur plus grande quantité d’action pouvant dominer sur-tout dans telle ou telle fonction particulière , cette circonstance doit nécessairement occasioner une langueur relative dans les autres fonctions. C’est d’après ce principe que Barthez nous fait observer que, dans l’excès de mobilité, l’on voit, par exemple, la chaleur vitale se soutenir à un degré assez fort , pendant que la faculté de faire de l’exercice est sensiblement diminuée , etc.

Il est de fait que, chez les hommes robustes, les sympathies qui se manifestent le plus fréquemment sont les sympathies générales de chaque organe avec tout le reste du corps; or, notre physiologiste nous avertit que c’est également un des caractères de la faiblesse radicale de la constitution, que d’apercevoir le développement réitéré des sympathies particulières d’organe à organe. Eu effet , chez les hommes vigoureux , les digestions les plus laborieuses ne font qu’accroître les forces de tout le corps ; tandis que , chez les hommes d’une constitution radicalement affaiblie , les digestions pénibles déterminent souvent des palpitations de cœurÿ et d’autres phénomènes de ce genre.

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Toutes les considérations auxquelles Barthez s'es! Arrêté jusqu’ici servent à nous aider dans la recherche de l’état des forces radicales de tout le corps ; mais il veut encore que , dans la méthode directe de connaître le tempérament, on fasse attention à la distribution de ces forces radicales dans les différens organes. Il établit , avec Thierri , que chaque homme a en lui un organe plus faible que le reste du corps , et il pense qu’il importe beaucoup de s’assurer de cette infirmité relative, parce qu’elle produit des affections constantes qui sont tout autant de circonstances caractéristiques de ch aqu e t e mp ér amen t .

Zimmermann a avancé que , pour reconnaître quel est dans chaque homme l’organe le plus faible, on n’a qu’à examiner quel est celui de tous qui est le plus affecté par les grandes émotions de l’âme ; et Barthez a ajouté : « que cet organe le plus faible est aussi indiqué, en ce qu’il est le siège le plus ordinaire des maladies produites par une cause qui semble devoir agir également sur tout le corps ; fomrae des dépôts qui se forment dans la terminaison des maladies aiguës. » Il se [onde à ce sujet sur Hippocrate qui, dans une toux épidémique, observa que les personnes qui avaient été affectées auparavant de quelque infirmité aux pieds , aux mains ou dans les organes de la voix, éprouvaient sur-tout les impressions morbides dans ces parties.

Barthez nous dit de pins qu’on peut s’assurer de l’infirmité relative de tel ou tel organe, en faisant attention à la manière de vivre du sujet dont on veut déterminer le tempérament. C’est ainsi qu’il

remarque , avec Baillou , que les hommes qui travaillent avec le corps courbé, ou qui écrivent en s’appuyant sur l’estomac , ont cet organe plus facilement affecté que tout autre , dans les maladies auxquelles ils peuvent être exposés. '’L’infirmi té relative du poumon donne à Barthez l’occasion de nous faire part d’un avis fort important. Il nous prévient, qu’en général, on attribue ia faiblesse radicale du poumon à la disproportion en défaut de cet organe-, mais il croit qu’il est des cas ôù sou infirmité respective est due , au contraire , à sa disproportion en excès. Il démontre , en effet, qu’il est des hémorrhagies habituelles qui sont quelquefois entretenues par une trop grande étendue du poumon , qui attire à lui plus de sang qu’il ne doit en recevoir dans l’ordre naturel.

Quant au second point de cette section , nous avons déjà dit que les forces radicales fournissent , il est vrai , à la dépense des forces agissantes ; mais , d’autre part , nous savons que le jeu des forces agissantes sert à renouveler la somme des forces radicales. Dès-lors il peut se faire que telles modifications des forces agissantes de nos organes, qui, si elles avaient lieu chez certains individus , s’opposeraient au renouvellement convenable des forces radicales, soient au contraire utiles à la réparation régulière de ces mêmes forces chez d’autres sujets, qui , par l’influence de l’habitude , se trouvent avoir contracté la nécessité de ces modifications. Aussi est-ce d’après ce principe que Barthez recommande , comme second moyen, dans la méthode directe de connaître le tempérament; de faire bien

attention aux modifications particulières que cetv* taines habitudes peuvent avoir déterminé dans les forces agissantes de nos différentes parties , afin d’avoir égard dans la pratique à ces habitudes. Pour donner des preuves de l’importance de cette considération, Barthez cite d’abord un fait généralement connu, et relatif à un homme dont parle Sânctorius, qui était resté pendant vingt ans dans un cachot ou il respirait un air infect. Cet homme en fut à peine sorti, qu’une fièvre maligne s’empara de lui 5 ii en guérit, mais il vécut une année avec une mauvaise santé, et ne fut parfaitement rétabli que lorsque , par une nouvelle faute , il eut encore mérité d’être renfermé dans le cachot qu’il habitait auparayant. Notre physiologiste rappelle , en second lieu, que Sonelander et Bôhn ont vu des hommes attaqués ou convalescens de maladies graves, qui avaient besoin, pour se rétablir, d’ètre nourris d’alimens de dure digestion , auxquels ils étaient accoutumés; tandis que ces ali mens auraient été funestes à d’autres individus convalescens.

2 e Section. De la méthode indirecte do connaître Je tempérament. C’est dans l’examen des caractères de T âme, à cause de ses rapports avec le physique, et dans la considération de l’état des fluides et des solides chez les divers sujets , que Barthez fait consister la méthode indirecte de connaître les différences de constitution que chaque homme peut offrir. Galien lui paraît être le premier médecin qui ait établi le dogme de la correspondance des affections de famé avec les mouvemens vitaux, dans son Traité intitulé : Quod anirni mores sequantur tem -

perameniiim corporis ; mais il reconnaît que Stah! est le physiologiste qui a le plus développé ce principe , tout en l’accusaot néanmoins d’en avoir tiré* peut-être, des conclusions trop absolues. Ainsi* quoiqu'il pense qu’en général on puisse juger, d’après le caractère plus ou moins égal, plus ou moins gai* ou plus ou moins sombre d’un individu , du degré de ses forces radicales et des modes de ses forces agissantes , il nous fait observer , principalement d'après Piquer, qu’il est des cas d’exception où des hommes, avec toute l’habitude corporelle du tempérament mélancolique , n’ont point cependant lame mélancolique et sont, au contraire, portés à la gaité et à la paresse.

L’examen de l’état particulier des solides et des fluides , est le second des moyens généraux qui se rattachent à la méthode indirecte que renferme cette section. Barthez , en s’arrêtant à cet examen, n’y apporte pas les intentions des physiologistes qui ont voulu classer les tempéramens d’après la prédominance de telle ou teiie humeur. Il pense seulement que la prédominance du sang, de labile, etc., est toujours la conséquence des différentes manières d’agir de la puissance vitale ,* que chacune de ces prédominances coexiste avec l’état relatif des solides qui influe nécessairement sur les divers inodes des forces agissantes; et que par cela même il est essentiel de fixer son attention sur ces objets , sur-tout sous leurs rapports avec la Médecine-pratique. On conçoit, en effet, que le système entier des forces vitales doit être différemment modifié chez les hommes sanguins, dont les fibres sont ordinairement spon-

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gleuses et flexibles , chez les bilieux où elles sont sèches et élastiques , chez les mélancoliques qui les ont plus ténues, et chez les pituiteux enfin où elles se trouvent lâches et molles. Aussi voyons-nous souvent qu’un remède qui produit d’heureux effets dans une de ces constitutions , peut en occasioner de pernicieux dans une de celles qui lui sont opposées. Ainsi , comme le dit Barthez , a Huxam a trèsbien observé que la différence physique des fibres dans chaque sujet , était essentielle à considérer par rapport à la pratique de la Médecine. Il a vu que les bains froids, qui sont si salutaires à ceux qui ont les fibres molles et lâches, sont pernicieux aux gens d’un tempérament sec et maigre, etc. » Notre physiologiste continue encore à rapporter quelques autres idées d’ Huxam, sur les diverses espèces de constitution individuelle , et il passe de là à la 3.® section, où il traite assez au long du tempérament endémique.

3.® Section. Des rapports que le tempérament æ dans les divers lieux de la terre , aux causes générales qui agissent sur le physique de V homme et sur ses mœurs. La nature du climat pris dans son. acception la plus étendue , et l’influence de la politique des états sur les mœurs de l’homme, sont les deux causes générales auxquelles Barthez attribue les différences qu’on observe dans le tempérament endémique , ou, si l’on veut , dans le tempérament qui est propre aux habitans de chaque pays. Il prouve l’influence directe qu’a sur le physique la nature du climat (dont le nom comprend soit la température habituelle de h air , soit la situation du sol ), par la

«miiparaison des Anglais, des Danois, des Russes $ avec les Groënlandais ou les Lapons. En effet, les premiers sont, en général , des hommes d'une haute stature et jouissent de beaucoup de vitalité -, tandis que les Lapons ou les habitans du Groenland sont petits , rabougris et ne poussent pas très-loin leur carrière. Ou ne compte jamais chez eux des vieillards de 100 , i3o ans , comme on en voit dans la Norvège , dans la Suède. Ges observations attestent , sans doute , la vérité de la proposition de Barthez , relative à 1 influence directe des divers climats sur les formes extérieures de l'homme , puisqu’on trouve ici des différences extrêmement sensibles entre des peuples dont la situation topographique ne varie cependant que de quelques degrés de latitude. C’est par cette influence des climats que plusieurs physiologistes ont voulu expliquer la diversité des races humaines. Mais Barthez n’admet point cette théorie; il pense qu’on doit être persuadé de l’existence de certaines races primitives que la Nature a créées d’après des lois déterminées qui nous sont tout-à-fait inconnues. « L’opinion que je crois pouvoir proposer , a-t-il dit à ce sujet , comme le résultat le plus simple et le plus vraisemblable des faits , est que la nature a été déterminée par des lois primordiales , dont les causes nous sont inconnues, a créer soit dès l’origine du genre humain , soit dans la suite des temps , dans les lieux de la terre soumis à quatre ou cinq principaux climats , diverses races d’hommes dont chacune répond à son climat par telle ou telle forme caractéristique des parties de la face. » Plus bas il a encore ajouté relativement à la quest^oa lçmgh

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temps agitée , si ie climat est la cause de la couleur des Nègres , ou si cette couleur est particulière à leur race, «qu’on lie peut prouver que la possibilité de cette influence du climat sur la couleur des Nègres; mais que des probabilités encore plus fortes semblent indiquer, qu’indépeudamment de faction du climat , la race des Nègres a f dans sa couleur comme dans ses formes , les caractères d une race primitive formée par la Nature. »

Quant à 1 influence du climat sur les formes in-* térieures de la constitution , ce qui est sur-tout le point essentiel auquel Barthez s’arrête dans cette section ; il pense, contre l’opinion de Montesquieu, qu’on ne peut point expliquer par des effets physiques la différence qu’on remarque , soit dans la constitution deshabitans des contrées méridionales , soit dans celles des peuples du Nord. ïl fonde son assertion sur ce qu’on soutient toujours avec quelque avantage, l’inverse de toute proposition physique qu’on pourrait donner de ces circonstances. « En effet, dans le Midi, a - t - il écrit, la chaleur peut dessécher et rendre calleuses les houppes nerveuses de la surface du corps , qu’on dit qu elle rend plus sensible en les épanouissant ; et, dans le Nord, le froid qui condense les fibres, peut sans doute (comme on dit) rendre leurs mouvemens plus forts et plus libres; mais il peut aussi leur ôterle degré de flexibilité qui est le plus favorable au jeu des organes, etc. » D’après lui, on doit s’en tenir, dans une pareille matière, aux simples résultats de l’observation , à un empirisme raisonné. Ainsi, « il faut regarder comme un fait général , et qui ne peut être

démontré par des rais on ne me ns physiques, mais qui i’est par F observation , que , chez les habitans des pays chauds comparés à ceux des pays froids , les forces radicales du tempérament sont constamment dans un état de langueur relative. »

Nous avons déjà vu dans la section ou nous avons parlé de la méthode directe de connaître le tempérament, que la faiblesse des forces radicales existe souvent avec un excès de mobilité et de sensibilité 5 or, Barthez nous fait observer que ces conditions existent le plus généralement dans le tempérament des habitans des pays chauds , et c’est par ces conditions qu'il explique chez eux la fréquence des convulsions. Il nous fait encore remarquer que, dans les pays chauds d’influence du climat ne se borne pas au système général des forces, mais qu’elle exerce en outre des modifications déterminées dans les mœurs des peuples qui y habitent. C’est par cette influence du climat sur le moral, qu’il explique comment il se fait que les Indiens qui sont d’un caractère habituellement faible et timide , se portent quelquefois à des actions excessivement atroces. Ainsi, après avoir réfuté l'explication que Montesquieu a voulu donner de ces faits : « il me semble , a dit Barthez , qu’il suffit de reconnaître que dans les pays extrêmement chauds, de même qu’une plus grande langueur des fonctions des organes est jointe à une disposition beaucoup plus prochaine aux maladies convulsives et autres très-aigués, que le principe de vie produit saus passer par des gradations intermédiaires -, de même, l’âme y est à la fois habituellement plus timide, et néanmoins plus capable de se porter à des actions

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atroces , qui sont au vrai courage , ce que les convulsions sont à des efforts également libres et puissaus. » Il est de fait que la nature du terrain, jointe aux effets clu climat, modifie singulièrement soit les formes extérieures, soit les formes intérieures du. tempérament des divers peuples de la terre. Or, afin de démontrer l’évidence de cette proposition, qui remonte à la plus haute antiquité , paisqu’Hippocrate lui-même s’en était occupé , Barthez cite pour exemple, les Russes et les Tartares. Le terrain de la Scythie est tout-à-fait uniforme : dans toutes les provinces de cette vaste contrée, on voit régner à peu près le même climat. Aussi observe-t-on , comme l’a dit Barthez , d’après l’abbé Chappe, que les Russes ont la même taille, des passions semblables, la même tournure d’esprit, les mêmes mœurs-, ils ne présentent pas la plus petite différence dans leurs plaisirs, dans leurs exercices, dans leur méthode de cultiver la terre, dans leur habillement , etc. Enfin, notre physiologiste termine cette section par jeter un coup d’œil rapide sur l’influence qu’ont les formes de gouvernement sur le tempérament endémique de diverses nations. Il nous a déjà indiqué quels sont les rapports généraux qui existent entre le physique et le moral; aussi est-ce sur ces rapports qu’il se fonde, pour prouver que les impressions que l’âme reçoit de la part des causes politiques r doivent nécessairement déterminer des effets secondaires dans les forces vitales, et par conséquent modifier le tempérament des divers peuples.

CHAP. XV. De s modifications générales que les divers âges de la vie donnent au système des forces

du principe vital , et de la fin de ce principe dans la mort de l'homme. Nous avons vu dans le chapitre précédent quelles sont les circonstances particulières qui, modifiant sans cesse et différemment le système des forces de chaque individu , constituent la divers site des tempéramens. Mais il est, selon Barthez, des modifications générales auxquelles tous les hommes, quels qu’ils soient , sont indispensablement exposés , car ces modifications sont occasionées depuis la naissance jusqu’à la mort, par la succession des âges. En conséquence , dans les subdivisions de ce chapitre, notre auteur s’occupe : i.° de la distinction des âges , établie sur de nouveaux principes, et de leur influence sur le système entier des forces vitales ; 2.0 des causes , des phénomènes et des suites de la mort.

ï.re Section. De la division des âges fondée sur les variations des mortalités respectives dans diverses périodes de la vie humaine . Les physiologistes ont, en général , divisé les âges d’après les changemens intimes qui arrivent dans la constitution , et d’après le développement ou la cessation de certaines fonctions de l’économie 5 mais Barthez établit sa classification sur de nouvelles bases, c’est-à-dire, sur les différences de mortalité qu’on observe dans les diverses époques de la vie. Les tables de décès nous ont appris , que si l’on compare tel ou tel nombre d’années avec tel ou tel autre, l’on acquiert bientôt la certitude qu’il succombe un plus grand nombre d’individus dans une série que dans l’autre. C’est donc à cette variété de mortalité qu’offrent les années comparées entr’eiles, que Barthez a assigné la dénomination de mortalité respective .

Après s’être arrêté à l’examen de quelques questions proposées par d’Alembert sur la détermination de la probabilité de la vie, il nous fait observer que 3a première année qui succède à la naissance , est la plus meurtrière de toutes ; qu’ensuite la mortalité respective va toujours en diminuant jusqu’à la douzième année à peu près , ou jusqu’à l’époque de la puberté ; mais qu’alors elle commence à s’accroître jusqu’à une nouvelle époque où la mortalité de chaque année est moins considérable que celle de l’année qui l’a précédée. C’est sur de telles considérations qu’il établit sa distinction des âges. « Ainsi , comme il le dit lui-même , la première période de la vie où la mortalité respective diminue d’année en année , est celle de l’enfance. La seconde période où la mortalité croît , est celle de la jeunesse. J’appelle la troisième, où la mortalité est moindre qu’à la fin delà seconde, Y âge consistant. Cet âge consistant, dans l’ordre de mortalité de Kersehoom, dure depuis 33 ans jusqu’à /jù inclusivement Dans l’ordre de M. de Parcieux , il dure depuis 37 ans, jusqu’à 46 inclusivement.

À la suite de ce passage où se trouvent les règles générales relatives à l’objet qui nous occupe , Barthez nous fait encore remarquer qu’il est certaines tables de mortalité , telles que celles de Wargentin , publiées par M. de Parcieux , où l’on peut reconnaître deux âges consistans. Le premier comprend dans ces tables les années 37 , 38 et 3q , et le second les années zjB ? 4? et 4® y c’est-à-dire, que dans le cas où il existe deux âges consistans, la mortalité va toujours en décroissant, depuis la 36. e année jus*

qu’à îa 3g. e, tandis qu’elle augmente sans cesse de-s puis la 3g>e jusqu’à îa 43e , au-delà de laquelle la mortalité dimiuue encore jusqu’à la 4^.e

Quelle que soit , au reste , la durée de l’âge consistant, il finit au plus tard à la 5o.e année. Selon les observations de notre physiologiste, à cette époque commence un nouvel âge où la mortalité va toujours eu croissant jusqu’au terme de l’existence, avec cette restriction, que dans les dernières années de la vie, entre 85 et go ans (et sur-tout chez les femmes), cet accroissement de mortalité paraît se suspendre. C’est principalement sur cette dernière circonstance que Barthez se fonde pour prouver que la mortalité de l’espèce humaine n’est point réglée par des lois physiques et nécessaires,- il pense qu’en de semblables matières on doit s’en tenir aux faits , sans vouloir remonter aux causes premières qui les déterminent.

Article second. De la division des âges de la vie , considérés par rapport aux modifications générales que chaque âge imprime aux systèmes des forces du principe vital. Après avoir indiqué dans quelle période de la vie la mortalité respective s’accroît et dimiuue, Barthez s’occupe maintenant des données que l’on peut déduire de ces circonstances , pour calculer quelle est, dans les divers âges, l’intensité des forces radicales et îa manière d’être des forces agissantes. « Il est naturel de penser ( nous dit-il en premier lieu ), que dans les divers âges de la vie , les forces radicales du principe vital ont une intensité proportionnée à la ténacité de la vie , et par? .conséquent qu’elles peuvent être mesurées et coin?

parées entre elles par les mortalités respectives de ces âges. » Selon les idées de notre auteur , l’intensité des forces radicales étant toujours réglée par les différons degrés de mortalité respective , il s’ensuit que ces forces sont très-faibles au moment de la îiaissance , qu’elles augmentent depuis ce moment jusqu’à l’âge de puberté, et, qu’ai ors elles commencent à décroître , jusqu’à ce que de la jeunesse on passe à l’âge consistant, où leur intensité constitutionnelle parvient à son plus haut période, pour décroître ensuite dans la vieillesse.

Quant aux forcés agissantes , « dans l'enfance ccs forces ont , d’après Barthez , un mode précipité, ou rapide et peu régulier. Dans la jeunesse, Faction des forces est accélérée (quoique à un degré moindre que dans l’enfance ) , mais elle est beaucoup plus régulière. Dans l’âge mur, le progrès de Faction des forces est lent et très -régulier. Dans la ■vieillesse, Faction des forces est moins régulière que dans l’âge consistant et elle est fort lente. Ainsi , le maximum de célérité des forces agissantes est dans l’enfance , et le maximum de la régularité de leur .action est dans F âge mur. » Avant ce passage, notre auteur nous fait observer , « que les forces agissantes sont sur -tout modifiées dans chaque âge , et par les rapports divers do leur activité dans certains organes qui sont inégalement développés, et par les diffère iis modes suivant lesquels leur action est graduée. » Or, c’est d’après ces principes qu’il se rendait raison des modifications des forces agissantes ; eu effet, ayant déjà établi dans le chapitre XIII de son ouvrage que les forces agissantes

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dans les organes ont leur origine dans les forces radicales , il concevait de la manière suivante comment les forces agissantes pouvaient être modifiées dans les divers âges. On sait que les forces radicales augmentent sans cesse dans l’enfance jusqu’à la puberté ,* eu conséquence , les forces agissantes étant sous leur dépendance, ces forces, par leur accroissement rapide , doivent nécessairement avoir un mode précipité. D’un autre côté, les organes étant inégalement développés chez les enfans , les mêmes forces agissantes sont accumulées en plus grande quantité dans certaines parties relativement à d’autres, et leur irrégularité doit naître évidemment de cette circonstance. Dans la jeunesse , les parties organiques ayant plus d’harmonie dans leur développement respectif, les forces agissantes y déterminent leur action avec plus de régularité , mais d’une manière moins rapide , par la raison qu’à cette époque de la vie il survient un décroissement successif dans l’intensité des forces radicales. Dans l’âge mur , au contraire , tous les organes ont un développement égal , il existe entre eux l’harmonie la plus parfaite , et les forces radicales sont dans leur plus haut point d’intensité permanente. Il s’ensuit donc que les forces agissantes s’exercent avec toute la régularité convenable , parce qu’elles sont en équilibre dans les divers organes. En outre , les forces radicales se trouvent alors dans un état d’intensité stable ; elles cessent d’être soumises aux augmentations et aux décroissemeus alternatifs qu’elles éprouvent dans l’enfance et dans la jeunesse p et les forces agissantes participant de cet état de

stabilité , offrent un mode d’action qui n’est plug accéléré, rapide, inconstant: elles s’exercent avec plus d’ordre , avec plus de calme. Enfin , dans la vieillesse , l’équilibre des organes s’affaiblit insensiblement , et c’est ce qui fait qu’à cet âge les forces agissantes commencent à présenter encore de l’irrégularité. Leur mode d’action est aussi fort lent , parce que les forces radicales (sources des forces agissantes ) dépérissent tous les jours.

Barthez termine cet article par quelques considérations sur le type tierce ou quarte que présentent les fièvres dans les divers âges de la vie. Il s’occupe en même temps de l’examen des causes auxquelles on a voulu attribuer la longévité plus grande des femmes par rapport aux hommes ; mais comme ce sont là des matières qu’il a traitées avec assez de clarté, elles n’exigent par cela même aucun commentaire.

2.e Section. Article premier. Des causes de la mort. Barthez agite ici trois questions principales. Il tâche, en premier lieu, de prouver le peu ds solidité des explications physiques qu’on a données tour-à-tour sur la cause de la mort naturelle. Il parle en second lieu, des causes prochaines de la mort la plus commune , qu’il attribue à la lésion des orgaues principaux. Il démontre, enfin, par les différences de mortalité dans les diverses époques de l’année , combien les causes extérieures au corps vivant , tels que les ch ange mens déterminés dans l’atmosphère par les solstices et les équinoxes , favorisent et aggravent ces lésions organiques, et les rendent essentiellement mortelles.

Quant au premier point , notre physiologiste s'élève avec Galien et Sthal contre les théories si généralement reçues , dans lesquelles on avance que la mort naturelle est une suite inévitable de la dégradation que les organes éprouvent par l'effet de la nutrition. Il nous fait observer que la dégradation des organes n’est point la cause primitive de la mort naturelle, puisque , s’il en était ainsi, lamortalité devrait aller toujours en croissant dans tout le cours de la vie. Nous avons vu , au contraire 7 dans l’examen des âges, qu’il existe, relativement à l’enfance, à la jeunesse, etc., un flux et reflux de mortalité respective , si je puis m’exprimer ainsi. Barthez nous rappelle encore qu’il est d’observation que les progrès de la mortalité s’arrêtent entre 85 et 90 ans. Or, si la rigidité, si la dégradation des organes est la cause principale de la mort naturelle , il est en droit de demander comment il se fait, qu’à l’époque indiquée la mortalité est suspendue ; car les organes ne sont-ils pas alors autant et plus desséchés qu’ils ne l’étaient à ç5 ou 80 ans ? Après de semblables objections, il conclut qu’on doit regarder le dessèchement des solides et l’épuisement des fluides, ainsi que l’affaiblissement de l’exercice des forces vitales , comme des causes secondaires de la mort naturelle ; mais que la cause première consiste dans certaines lois primordiales de la constitution, qu’il ne nous est pas permis de connaître. « Les lois primordiales de la constitution du corps vivant produisent seules ces variations de la mortalité dans les divers âges. La première cause de la mort aaturelle est la né-

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cessité de ces lois qui règlent la durée et la fm# comme l’origine et les développemens de la vie. i> Les fortes lésions des organes principaux sont regardées par Barthez comme la cause évidente de la mort la plus commune, c’est-à-dire de la mort qui n’est point amenée par la succession d.es âges. Il divise ces lésions en deux classes : les unes sont sensibles et physiques , les autres insensibles et nerveuses. L on trouve des exemples des lésions sensibles et physiques , dans la mort produite par les blessures profondes des parties importantes de l’économie , ou bien dans la mort que déterminent le plus souvent certaines maladies, telles que la pleurésie, la péripneumonie, la phthisie, etc. On voit des preuves évidentes de la mort occasionée par des lésions insensibles et nerveuses, dans l’action subitement délétère de certains poisons , dans les fâcheux effets des passions vives auxquelles Tbistoire attribue les fuis tragiques de Sophocle , de Denis- 1 e- Ty rau , de Diodore, de T al va, etc. Un passage rapide d’un très-haut degré d’excitation à une grande détente, est encore une cause qui, d’après Barthez, peut occasioner la mort d’une manière excessivement prompte. C’est ce qu'il démontre sur-tout par un fait très - remarquable tiré du voyage de Sparmann au cap de Bonne-Espérance. « Des esclaves que des maîtres barbares font déchirer , et dont ils prolongent les tourmens en faisant jeter sur leurs blessures du poivre ou du sel , implorent avec la plus grande instance un verre d’eau ; mais on le leur refuse , tant que le sang est enflammé par les souffrances j l’expérience ayant montré qu’alors

iin vërre d'eàù ou toute autre boisson leur donnait la mort dans l’espace de quelques heures , et quelquefois d’abord après avoir bu. »

Il est de fait , selon les observations de Lancisi et de Piquer, que les apoplexies promptement mortelles sont sur-tout fréquentes au moment des solstices et des équinoxes* Il est encore démontré que c’est aux mêmes époques qu’on voit périr d’ordi* naireles personnes atteintes de maladies chroniques* Or , c’est d’après ces circonstances que Barthez prouve combien les change me ns de l’atmosphè: e peuvent favoriser l’apparition des lésions physiques et sensibles des organes j et aggraver celles qui sont déjà établies. Dans les temps qui précèdent prochainement le solstice d’hiver et celui d’été , il survient dans la température de l'atmosphère de grands cbangemens en froid ou en chaud, et si ces variations ne sont pas aussi fortes dans les équinoxes P du moins l’inégalité de température se répète plus Souvent. Il existe alors des alternatives continuelles de chaleur, de froid et d’humidité. Eu conséquence p lorsqu’un individu est menacé d’apoplexie , l’on, conçoit que la maladie doit se décider avec plus de facilité au moment des solstices et des équinoxes, parce que la prédisposition morbide se trouve nécessairement augmentée à eette époque , par le trou-* Lie qüe les grandes et les fréquentes variations de l’atmosphère déterminent dans l’économie ; c’est-àdire par les efforts rapides que fait la puissance vitale pour maintenir la chaleur de l’homme au même degré de température. L’on peut encore, selon Barthez, expliquer par des principes analogues comment il

ta fait que la mort, dans les maladies ctMomqire'sy arrive principalement dans le temps des solstices et des équinoxes. En effet , les forces vitales, ainsi que nous venons de le voir, étant obligées de faire des dépenses considérables dans ces divers temps de l’année , si ces forces se trouvent antérieurement affaiblies par une maladie qui dure depuis long-temps l’on comprend aisément , qu’au moment où elles* doivent agir pour résister aux grands changemens de l’atmosphère , et maintenir la chaleur animale dans le même équilibre, leur effort devenant impuissant v à cette impuissance des forces doit évidemment succéder un affaissement mortel. Telles sont les diverses propositions présentées ici par Barthez : passons maintenant à l’article qui termine son ouvrage.

Article second. Des phénomènes et des causes de la mort. La mort est , selon notre auteur, la cessation irrévocable de la sensibilité et des mouvemens vitaux; or, il est facile d’apprécier, d’après cette définition , celle de la mort apparente ou de l’asphyxie , qui sont deux mots synonymes dans son style. Dans la mort apparente qui est ici le premier objet de son examen , l’action des forces sensitives et motrices manifestes, c’est-à-dire, qui peuvent être aperçues par les sens , devient tellement faible , qu’elle s’arrête , et conséquemment les fonctions les plus importantes de l’économie qui sont sous sa dépendance , telles que la respiration , la circulation , etc., se trouvent également suspendues. Mais Barthez pense que, dans ce cas, il existe encore une sensibilité latente, très-lente et très-faible , et des mouvemens toniques imperceptibles, qui sont

éTabord le soutien de la vie, et qui hâtent ensuite les effets des impressions excitantes, qu’on vient à déterminer, afin de relever les forces qui semblent anéanties. Ce n’est que par de pareils principes qu’il assure qu’on peut expliquer ces faits ( dont un des plus frappaus se trouve dans la Chirurgie de Lamotte), où des parties qui étaient d’abord privées de forces motrices et de toute sensibilité , puisqu’on les traversait impunément d’un coup de lancette , sont ensuite rentrées dans leur ordre naturel , et ont continué à exercer les mouvemens quiieur étaient propres, à la suite de l’application de remèdes spiritueux. La conservation de quelque peu de sensibilité vitale très - lente , et de mouvement tonique , quoique extrêmement faible , lui semblent sur-tout être les seuls moyens qui ont pu empêcher la putréfaction dans des cas tels que ceux rapportés par Bruhier , où des personnes n’ont été rendues à la vie que plusieurs jours après qu’on les avait cru mortes. II rapporte à ce sujet deux exemples terribles , et si connus , de mort apparente, chez des femmes qui entendaient faire les apprêts de leurs funérailles , sans pouvoir donner aucun signe de leur existence.

Barthez nous fait observer , qu’avec juste raison les auteurs ont généralement regardé les signes de la mort absolue comme fort équivoques , et qu’on ne devrait peut-être rien affirmer que lorsque le corps, ainsi que le dit Ilufelaod, est marbré de brun et de bleuâtre, qu’il a une consistance pâteuse et bouffie , et qu’il s’en exhale une odeur vraiment putride. Néanmoins, il rappelle les signes qu’il considère comme les moins incertains ; tels sont , par

exemple, îa dilatation permanente de la pupille f rabaissement de la cornée transparente, le relâchement des sphincters de l’anus, et les yeux qui restent entr’ouverts. L’on sent, en effet, que ces signes sont les moins incertains, car Barthez établit ff’abord que les forces toniques sont les dernières à s’éteindre dans la mort absolue , et les phénomènes indiques ne peuvent survenir que lorsque ces forces l’existent plus.

Les moyens qu’il conseille dans l’asphyxie oudans la mort apparente, sont tous ceux qui agissent sur les forces sensitives . soit pour exciter des affections ■vives, dont Futilité ne peut être bien déterminée, soit pour relever secondairement les forces motrices et rétablir ainsi les fonctions par les rapports de synergie' il compte parmi les moyens du premier genre, les sensations très-douloureuses et très-pénétrantes , comme celles que détermineraient l’ai— bail volatil ûuor, ou les boissons spirilueuses les plus actives II classe parmi ceux du second genre l’air soufflé dans les poumons, la saignée et les

agitations en divers sens»

L’on conçoit aisément que tous ces secours doivent généralement agir avec succès, lorsqu’on regarde la mort apparente comme seulement déterminée par l’affaiblissement extrême des forces sensitives et motrices manifestes. Mais l’on cesse d’entendre Barthez , quand on lit la dernière phrase du passage suivant : « Les remèdes, dit -il , qu’on peut employer avec succès dans l’asphyxie ou dans la mort apparente, peuvent ne faire qu’exciter les forces sensitives et motrices qui sont exdrêinerneut faibles^

Siials iis peuvent aussi faire renaître ces forces, après qu’elles ont été absolument détruites, et opérer eu ce sens une véritable résurrection. » Dès long-temps on s’est élevé contre cette idée de Barthez , et je pense que c’est avec quelque fondement, malgré tous les argutnens de ses défenseurs. En effet, si notre physiologiste, après avoir établi que, dans la mort apparente , l’action des forces sensitives et motrices manifestes est arrêtée , tandis que des forces sensitives et toniques imperceptibles agissent encore dans l’économie , avançait, par extension, que les moyens excitans peuvent alors opérer une sorte de résurrection, on l’entendrait aisément. Mais il nous dit formellement qu’il est des cas où les forces vitales sont absolument détruites, et que , dans des cas pareils , les ressources thérapeutiques peuvent opérer une véritable résurrection : or, c’est une chose, je l’avoue, qui me parait impossible à concevoir.

A la suite de toutes ces considérations, Barthez s’attache à examiner les phénomènes de la mort, dans celle qui est progressive et encore imparfaite, phénomènes dont les uns se rapportent aux forces vitales, et les autres aux diverses modifications de

I ame.

Relativement aux forces vitales , nous savons d’abord que c’est par les sens que sont entretenus nos rapports avec les objets généraux cle la Nature; aussi est-ce sur eux, comme Barthez l’observe avec tous les physiologistes, que portent les premières impressions de Tagonie graduée. Ainsi , la vue, l’ouïe, etc., commencent à s’éteindre successivement* Mais, quant aux organes de la vie intérieure 9

les forces vitales s’y éteignent différemment, suivant l'observation judicieuse de notre auteur, selon que î atonie ou l’état convulsif domine dans les derniers kistans de la vie. Lorsque c’est l’atonie qui domine, alors les mouveraeas du cœur et de la respiration s’affaiblissent peu à peu , la voix s’altère par degrés, et l'homme succombe à une défaillance générale. Au contraire , dans l’agonie avec état convulsif, Barthez conçoit que les forces vitales , avant de s’éteindre, font un dernier effort dans tous les organes , et c’est au milieu du collapsus qui suit cet effort impuissant, que l’âme se dégage doses liens pour aller jouir de ! immortalité.

Conformément aux observations de De Haën, en général la chaleur augmente sensiblement chez les Hiourans agités de mouveniens convulsifs: or, ce fait , noté par Barthez, est sans doute favorable à l’opinion que j’ai émise, antérieurement, sur l’action des forces vitales considérées comme servant à entretenir la chaleur animale, sinon d’une manière absolue, du moins d’une manière très-puissante.

Il est certain que la loi la plus ordinaire de la Mal ure est que la vie et la circulation cessent dans les extrémités , avant de s’éteindre dans les parties voisines du cœur. Mais Barthez cite cependant , à ce sujet , un fait qui a présenté des circonstances ipverscs, et qui ne paraît pas trop pouvoir s’accorder avec les systèmes où l’on veut considérer les artères connue privées de facultés vitales , et par conséquent comme des organes passifs. Ce fait, consigné dans les écrits de Sébast. Nasius , est relatif à un homme

qui mourut d’une péripneumonie compliquée avec

latie fièvre double tierce ( et dans une Syncope ) , à Feutrée d’an redoublement: ayec cette circonstance singulière , que les mouvemens du cœur ayant entièrement cessé , en meme temps que ceux le la respiration , le pouls, quoique très-faible , subsista* encore pendant un quart d’heure dans les artères.

Si nous passons maintenant à l’examen des affections de l’âme aux approches de la mort , nous voyons que ses facultés se trouvent alors dans lui état analogue à celui qui survient chez l’homme 7 lorsqu’il est sur le point de se livrer au sommeil. L’espèce de délire, qui se manifeste d’ordinaire, est due , selon Barthez , aux rapports incontestables qui» existent entre le physique et le moral, c’est-à-dire,, qu’aux approches de la mort , les fonctions vitales étant profondément altérées , les fonctions intellectuelles le sont consécutivement.

Il est assez digne de remarque que dans certaines maladies où un organe se trouve profondément affecté , de manière qu’il y a en lui une exaltation,* une concentration pernicieuse des forces , quelquefois , tant que l’affection est dans son intensité, l’intelligence est troublée-, tandis qu’elle se rétablit, lorsque la gangrène s’est emparée de la partie , et que la mort est prochaine. Barthez a cm pouvoir donner l’explication de ce phénomène , en se fondant sur la sympathie de chaque organe avec tout le reste du système. En effet, lorsqu’un viscère est profondément affecté, et qu’il se fait en lui une concentration pernicieuse des forces, ses fonctions ne s’exécutant pas librement, par suite de la sympathie générale qui existe entre lui et les autres organes

de Féconomie, ceux-ci doivent participer à son altération, tant que l’état morbide existe. Àu contraire, lorsque ia mort ou la gangrène vient frapper Je viscère , au même instant les autres organes cessant d’être sous l’infioenee sympathique, chacun, d’eux exerce librement ses fonctions , et dès-lors l’action convenable du cerveau doit amener momentanément l’intégrité des facultés intellectuelles.

L’on sait encore qu’il est des cas où les malades y aux approches de la mort , ont quelquefois Fimagination tellement exaltée » qu’ils semblent pénétrer dans les secrets de l’avenir. Or, notre physiologiste croit , d’autre part , devoir rattacher un pareil phénomène à ce principe, que la somme des forces vitales qui était d’abord appelée vers l’organe primitivement affecté, peut tout-à-coup abandonner cet organe,

pour se concentrer sur un antre. De manière que si c’est vers Feslomae que les forces se dirigent en masse , il survient alors un appétit excessif qui est mis au nombre des signes mortels. Si c’est , au contraire , vers le cerveau que se fait la concentration indiquée , les facultés intellectuelles qui sont intimement liées au jeu plus ou moins actif de l’organe encéphalique, peuvent arriver à l’instant même au degré d’exaltation que nous venons de signaler.

Enfin , Barthez termine son ouvrage en avançant « qu’il parait très- vraisemblable qu’en général , dans les momens qui précèdent immédiatement la mort ( lorsqu’elle n’est pas subite ) , l’homme goule un certain plaisir à mourir. » Parmi les faits nombreux qu’il cite dans les notes , afin de confirmer son assertion , on remarque sur- tout celui qui concerne le

Docteur G. Hunter. Simmous , auteur de îa biographie de ce médecin célèbre , rapporte que Hunter, étant à ses derniers momens, dit à son ami, M. Combe : « Si j’avais assez de force pour tenir la plume, j’écrirais combien il est doux de mourir. » Quoi qu’il en soit, ici se termine l’objet de mon, examen. J’ai tâché d’offrir un travail détaillé et impartial qui put servir de guide dans la lecture des Nouveaux èlcmens de la science de V homme ; et si j’ai été assez heureux pour réussir sous ce point de vue, cet écrit aura tout le mérite que je désire qu’on y reconnaisse. En effet , j’espère alors voir les médecins éclectiques convenir avec moi , que îa philosophie de Barthez devait nécessairement se ressentir de quelques idées de son siècle. Mais bien loin de disputer, comme on ne l’a fait que trop long-temps, sur le mot principe vital , ces médecins ne craindront plus d’adopter les abstractions dont fauteur fut obligé de se servir ; lorsqu’ils réfléchiront sur-tout, que c’est à l’aide de cet échafaudage qu’il est parvenu à établir les bases fondamentales et éminemment pratiques de l’étude des sympathies, des forces vitales, des âges et des leiopéramens.

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