IX" 100 X
donne 431 uus aux trois
dynasties/ Si l’on compare actuellement ce chiffre de 431 ans aux 409 ans qu’aurait duré, selon l’Africain, la IX* dynastie , l’esprit se trouve conduit à soupçonner dans la dernière liste une erreur semblable à celle que nous avons cru distinguer précédemment, quand nous avons parlé des XV e -XVII* dynasties.
Nous n'ajouterons doue que 431 ans?
aux 3191
précédemment obtenus, ce qui nous donnera , pour le principe de La VIII" dynastie , la date de 3622 av. J ,-C. ?
La VII" dynastie ne ligure dans les listes que pour mémoire.
L’Africain lui donne 70, Eusébe 75 jours de durée. Les deux
auteurs s’accordent à attribuer 203 ans de durée à la VI*," Cl 203
qui, en conséquence, aurait commencé l’an 3825 a v. J.-C.
Les difficultés que présente la supputation de la V" dynastie nie paraissent inextricables. Eusèbc compte 31 rois de cette dynastie, originaire d'Êléphantine , et ne donne pas le total des aimées de sa durée. De ces 3l prince*, il ne nomme que le I e *, Othoés, sans préciser nou plus le temps pendant lequel il a régné, et le 4", Phiops, lequel , monté sur le Irène à six ans, aurait prolongé son existence jusqu'à cent ans, ce qni lui donnerait un régne, unique dans l’histoire, mais non impossible, de 94 on*. George le Syncellc a compté ces 100 ans de la vie de Phiops pour toute la durée de In V e dynastie: mais 'il est inutile de relever uuc^ erreur aussi grossière, semblable d’ailleurs à toutes celles dont cet auteur a parsemé sa Chronograpbie.
Les renseignements fournis par l’Africain sont tout différents : cet écrivain nomme neuf rois d’Eléphantine , parmi lesquels ne ligure uî l’Otboès, ni le Phiops d’Eusèbc.
I.r total des années qu'il assigne à la V e dynastie est de 248 ; mais 1rs neuf règnes additionnes ne produisent que 218 aus. La mention que fait Eusèbe du roi Pbiops et de la durée de son règne , n’est point non plus indifférente : nous trouvons en effet sous le n' 22 du Canon d’Eratosthène , un roi J papas, lequel aurait régné cent ans moins une heure. Or, cette durée du règne d’Apapus coïncide d’une manière trop remarquable are* la durée de la vie de Pbiopt chez Eusèbe, pour que nous n’assîgnions pas à ces traditions une origine commune ; d’autant plus que le règne même de Pbiops, selon Eusèbe, a duré près d’un siècle. Quant à lu différence de» deux noms, chez Eralostbène^ et chez Eusèbe, elle s’explique naturellement, si l’on remonte à la source d’où cette double dénomination est sortie. en égyptien ,
veut dire le serpent : &Ï 10 IT, daus la mythologie égyptienne, est le nom propre d’uu serpent monstrueux que le» dieux de la lumière sont occupésSà combattre dans le moude inférieur. Nous avons donc dans une liste le nom générique , dans l’autre le nom propre du serpent divin. Voyez d’ailleurs, dans la note M ( p. 43 ), un cartouche qui se prête à la lecture des deux noms, Phiops et Àpapus.
Nous n’avons donc aucune raison plausible pour sacrifier ici la liste d’Eusébe à relie de l’Africain ; et pourtant l’Africain étant le seul qui nous ait donné nue somme totale applicable à la V* dynastie , noos nous voyons réduit , faute de mieux , à faire usage de cette somme. Ainsi 3825 ?
auxquels joignant les 248 de 1 Africain, ci 248 ?
nous arrivons au chiffre de plus en pins hypothétique de 4073 ans?
pour le commencement de la \ • dynastie.
Le roi Mvcérinus appartient à la IV* dynastie: Eusèbe ne le nomme point; mais nous le trouvons relaté par l’Africain , au 4 e rang de cette dynastie , sous la forme Menehcrès. Eusèbe assigne dix-sept règnes et 448 ans à la IV* dynastie ; mais ici il est clair que Tcvcque de Césarée ne fait autre chose qu’additionner les chiffres que l’Africain donne aux III 0 et IV* dynasties, toutes deux Memphites, On s’en convaincra en comparant le» résultats des deux listes :
III' scion l’Africain, 9 rois et 214 aus de durée.
IV* — 8 rois et 274 ans. (L’addition donne 284 ans; mais il doit y
avoir exagération dans la somme assignée à quelques règnes, particulièrement à celui de Mycérinus.)
en tout 17 rois et 488 ans. Eusèbe, IV* dynastie seulement, 17 rois
et 448 ans.
Ici donc nous avons un motif déterminant pour donner toute préférence aux chiffres de l'Africain. En parlant de cette base, et en défalquant du total de 1a IV* dyuifetiv la somme qui revient aux quatre prince» qui ont régué après Mycérinus ,
Ratoesès 25 ans
Bicherès 22
Sefercherès 7 .
Tampblhis 9
uou*^ obtenons la somme Je 63 ans, laquelle, jointe aux 4073 ans, résultat des précédents calculs, donnerait » à la fin du régne de Mycérious, la date de 4136 avant J.-C.
On comprend du reste, d’après ce qui précède, combien un tel résultat est incertain, même en admettant l'authenticité de la chronologie de Manéthon , puisque nous ne possédons de cette chronologie que des extraits discordants. Les doutes raisonnables ne pourraient cesser, que si l’on découvrait un Canon complet de» roi» d'Egypte, pareil k celui dont le musée de Turin possède les fragments, et si l’on parvenait , à l’aide des monuments contemporains des diverses époques, à contrôler l'authenticité d’un semblable Canou. Il n’y arien d’impossible à ce que de nouvelle» découvertes amènent un tel résultat.
Note E.
Le tombeau dont il est ici quedioo , est situé à Biban-el-Molouk , au fond de la vallée de l’Ouest et au delà de l'hypogée d’Àménbphis 111 (Mcmnon). Ce tombeau diffère essentiellement de ceux des autres rois Thébaius, par la nature des représentations dont scs parois sont décorées. On n’y remarque aueun vestige du grand rituel funéraire , dont les scènes tapissent les sépulcres des Pharaons des XYII1* - XX* dynasties. Le roi y est représenté se livraot aux délassements de la chasse et de la pèche, sujets fréquemment reproduits plus lard dans les tombeaux des riches particuliers. La simplicité toute primitive, qui caractérise cet hypogée, jointe au style des peintures, évidemment plus ancien que dans les tombeaux des autres rois, avait fait assigner su Pharaon, pour lequel celte tombe a été décorée, une date très-reculée. La découverte que nous ayons fuite du cartouche- prénom de ce prince, sur une des pierres employée* à la construction du massif de droite du grand Pylône à Karnak, parait confirmer cette opinion, 1* 9.
Champollion , dans scs lettres d’Egypte (p. 2-17), a lu le nom de ce roi Skhaî : on aurait peine à retrouver celte lecture sur le cartouche nom-propre que M. Roaellini a donne dans scs Monumenii i torici (t. 1, TW. lit. R.), clique nous avons reproduit nous-méine dans notre Musée des antiquité* égyptiennes, p. |9(V. encontre, n* i).
Mais nous avons retrouvé depuis , dans les notes de noire voyage, une copie plus correcte de ce cartouche, que
nous reproduisons ici ( n* 2 )
Yêcritoire, symbole métonymique de l’idée : écrire (Eg.
jmtihc complètement la lecture, proposée par Champollion.
Note F.
Plat. Leg. 1 , p. 656. Stepli. K*i irepi. rmét' oox i^v outt ÇwyjwpOK; oux’ ÆXXoi; foot cy^pax a koX 6itoî’ irvx dxspyaÇovxat xanoxopiiv oo$* JittvoiZv t «XX* «xxa ^ xli ndxpia, oùSr vuv HjwTtv , o oê* iv xasroiç , oùê’ |zouar«tîî $upittia>i * axoïrwv S* «ôp^<m< aoxéÔt xà pvpioijtôv froç yiYpaftuiv« rj tvxuxrwpivs , «S* fooç «tas» pupwxmv àXX ^vtux;, twv vuv 2*&-
pioupy 7 |pi*wv ou x« tt xzXXtova oux alayua , tt)v oùrJjv oè téyyijv dTCXtpyowpivo.
.. Et outre cela, il n’était permis (en Égypte), ni aux peintres, ni à aucun de ceux
• qui pratiquent les arts du dessin, de rien innover, au delà des habitudes nationales.
Cette interdiction subsiste encore , et s'étend même à la musique toute entière ; à
« l’appui de cela , vous observerez en Égypte des peintures et des sculptures de dix
• mille ans en ça , ( je parle véritablement et non pour ainsi dire de dix mille ans ,) m qui ne sont ni plus belles ni plus laides que ce que Tou fait maintenant ; en un .« mot, absolument semblables aux œuvres du jour. »
En lisant ce passage , il ne faut pas oublier que dans les meilleurs auteurs , et chez Platon en particulier, le mot jxuploc et scs dérivés ont très-souvent le sens homérique d'tmmeare d 'innombrable. Quand on veut exprimer précisément le nombre dix mille . l’accent change ordinairement de place; on écrit: pupioc; mais, quand bien mémecette règle serait absolue, ce que nous ne croyons pas , elle disparaîtrait du composé uupioortk
Le passage de Platon aurait beaucoup plus de valeur, si le philosophe n’eût pas insisté sur l'exactitude du compte de dix mille ans. Les Annales Egyptiennes, si haut qu’elles remontent, ne nous fournissent aucune donnée semblable ; nous n’avons ici qu’une hyperbole des prêtres de l’Egypte, que Platon a eu le tort de prendre dans un sens positif.
Note G.
J ai vu, en ma présence, tirer d’un des puits des pyramides une momie enveloppée dans une étoffe de laine. Cette circonstance excita l’attention de Ghampollion et de tou* ceux qui l’accompagnaient ï elle paraissait en effet offrir une contradiction avec le témoignage d’Hérodote et des autres auteurs anciens. Herod. 2, 37. Eïpox* il Xkea ^opéown «Ul vtéxXoxot, ntrni&uovxtç xooxo \saXi m... ée^xa foftoom Si ol tpu< Xivstjv fioovtjv,xai Owoonpaxa puSÀtva • att/jv U a?i Mqta oox flU<r:i Xftfetv, oô$l Cicoov ucta dtXXx. «Une des prescriptions les plus importantes aux yeux de* Egyptiens est .« de ne porter que des vêlements de lin , toujours nouvellement blanchis ... le» « prêtres ne peuvent user d’autres vêtements que de lin, ni d’autres chaussures que
• de papyrus. ■ Dans la dernière phrase, l’observation est restreinte aux piètres; mais dan» la première, elle s’étend à tout le peuple égyptienne que l'auteur a voulu dire , sans doute , c’est que robligaliou commune à tous était plu* stricte encore pour
la caste sacerdotale. Au reste , la généralité de l'observation avait paru jusqu'alors confirmée par les faits : nulle sépulture n’avait encore offert, à notre connaissance, des étoffes de laine. La raison déterminante de cet usage nous est expliquée par l’auteur du traité de Iside et Osiritle (Plut. t. 7, p. 389, Reiske). 01 ît *rwv piv i ptciiiv , u*rmp -rwv xpeûv, <ri<5op.*vooç xb icpé&rrov dhcf/ cotai Xiyouai, ;uptrcat H ri; xt»a>à< Z\k tÙ itévtac, ^opiiv 21 xk Xivï 3i4 T^v xpéav, f|v to Xtvov évtaC* «hdr.at tr 4 srepts '/vfcr, to* *M(iov alOipujj jfotpoirôTTjTi xpoaioixvisv * fj SI dXrj^c strie pis txvtuiv fort • xatapoû yàp (JJ ;pr,aiv 6 flXé*ni»v) où Oipitév luxtotai p.-f| xatapep. IT*pissa»p.a $1 ?®o?îfc x«\ exù€sXov oùolv éywv, oùàl xatapôv iartv • Ix 21 TrtpirruKssTwv fpia , xsl Xay vai, xsl Tptyeç, xai évuyee dhro^vmsi xsi ^Xssvfltvoosi. « H y en a qui prétendent que les Egyptiens s’abstiennent « des vêtements de laine parla même raison qu’ils n’usent pas de viandes, c'est-à-dire » par respect pour les moutons; qu’ils se rasent la tête en signe de deuil, et qu'ils portent •• des habits de lin, parce que la fleur du lin a la couleur et l'éclat de l’azur éthéré « qui environne le monde. Mais toutes ces prescriptions n’ont qu’un motif : il n’esl « point permis, dit Platon , à celui qui est pur de toncher ce qui ne l’est point. Tout >• ce que le corps rejette comme un superflu de la nourriture, de même que les excré- » mcots, est impur. Or, il faut attribuer au superflu de la nourriture la croissance de « la laine, des poils, des cheveux et des ongles. »
On ne peut nier que cctto explication, empruntée àuiic mystérieuse physiologie, ne soit tout-à-fait dans l’esprit de l’antique Egypte. Si l’on trouve, dans les pyramides et aux environs, de» étoffes de laine, il faut en conclure que l’usage a dû en être antérieur à IVtablisaementdecesprescriptions. Sous ce dernier rapport, les traditions qui se rapportent aux rois qui ont bâti les pyramides , ne sont pas indignes d’attention. Mycérinus nous est, il est vrai, donné par Hérodote comme un roi très pieux ; mais la réforme religieux* que le même auteur lui attribue n’avait sans doute pas été complète. Ses deux prédécesseurs, Chéops et Chéphren, avaient été des princes impies, contempteurs des dieux; pendant toute la durée de leur règne, les temples de l’Egypte avaient été fermés. C’est pour cela, ajoute l’historien, que les Egyptiens ne se souciaient pas de nommer ces deux princes , et qu’ils aimaient mieux attribuer les pyramides au berger Phililis, qui avait alors l’habitude de faire paître ses troupeaux dans cette contrée: Tootouç Otw tiMTcotoù x*p"« OÉXovçt Afyuirrtat oùvojts^iiv, âXXà xat xiç uvpaputaç xaXcWrt r'Hutvoç <|>tXtno;, ôc tqCtov tov ypévov fvtu-c xxrpvt xorè tsfcs ti /copia. II. 128. Ici le titre de Pasteurs donné aux rois, auteurs des pyramides, est évidement une imputation d’impuretc • Les Egyptiens ont en abomination tou* les pasteurs de brebis. » Oen. XLVI. 34. Ce* traditions sur l’impicté des rois, auteurs des deux premières pyramides, se trouvent dans les extraits de Manélhon. Euseb. . apui S y ne t. 1, p. 106. Dindorf. £oôç.tç, 4 uryirnr|v wupapita iytlpac, ^rjaiv 'Itpoooroc uwà X«o*oç Ytyovtvat, 2ç xai Gircpoirr r,< etc ôeooç yéyovev, w; jitTavoT t aavTa svtov t^v Itpàv auyYpirJiai StO.ov, wc utys y pâÇtxa Âîyuict»o« mpifxov^i. »....«Suphis, celui qui bâtit la plus grande pyramide, attribuée par
■ Hérodote à Cheops : il Ait d’abord contempteur des dieux ; mais s étant ensuite re- » penti , il écrivit un livre sacré que les Egyptiens ont en grande estime. » La différence de cette tradition avec «selle que rapporte Hérodote , c’est que celui-ci fait durer les temps de l'irréligion en Egypte jusqu’à Mycérinus. Tous ces récits , évidemment populaires, n'ont peut-être pas d’antre cause que le souvenir de l'imperfection du système religieux de l’Egypte, à l'époque où les pyramides furent bâties ; la découverte des étoffes de laine, proscrites plus tard par la disciplioeaacerdotale, viendrait à l'appui de cette opinion.
Note il.
Nous avons vainement cherché dans Edriai le passage auquel l’auteur anglais fait ici allusion. Edrisi ne parait avoir purlé que des deux plus grandes pyramides qu'il croit aussi hautes l'une que l'autre. 11 décrit , il est vrai , des chemins par où Von peut passer à l’intérieur des deux pyramides; et ici, il est évident cpi'il avait connaissance de l’ouverture delà seconde pyramide, dont il n’est question dans aucun autre auteur arabe, et que l’inscription découverte par Belxoni avait seule jusqu’ici constatée. Mais le monument dont uous nous occupons à présent, n’est certainement pas mentionné dam le texte d’ Edrisi (v. la trad. de M. Amédée Jaubert, 3® climat , 4® section, t. V des Mémoires de Ut Société de géographie , p. 307).
\bd-Allatif, au contraire , parle avec grands détails de la 3® pyramide ; « De ces « trois monuments, dit-il, deux sont d'une gTandeur énorme..*, la troisième pyramide, « qui est d’un quart moins grande que les deux premières , est construite en granit •• rouge tiqueté de points et d’une extrême dureté. Le fer ne peut y mordre . qu’avec « peine; celle-ci parait petite, quand on la compare aux denx autres : mais, lorsqu’on
• l’aborde de près, et que les yeux ne voient plus qu’elle , elle inspire une sorte de » saisissement, et l’on ne peut la considérer sans que la vue se fatigue.
«• Quand Mélic-Alaiiz Othman Ben-Yousouf (589 de l'hégire , 1193 de J. C.) eut « succédé à son père, il se laissa persuader par quelques personnes de sa cour, gens dé- •• pourvus de bon sens, de démolir ccVpyramidos, et l'on commença par la pyramide « ronge qui est la troisième des grandes pyramides , et la moins considérable.
« Le .sultan y envoya donc des sapeurs, des mineurs et des carriers sous la conduite « de quelques-uns des principaux officiers et des premiers émirs de sa cour, et leur *• donna ordre de la détruire. Pour exécuter les ordres dont il-* étaient charges , ils
* établirent leur camp près de la pyramide î ils y ramassèrent de tous côtés un grand « nombre de travailleurs, et les entretinrent à grands frais ; ils y demeurèrent ainsi
huit mois entiers, occupés avec tout leur monde à l’exécution de 1a commission..
« Après être restés longtemps campés en cet endroit, et avoir consommé tous leur-
moyens pécuniaires, ils furent contraints de renoncer honteusement à leur entreprise, etc *
C'est certainement è cette époque que disparut le revêtement de La pyramide- Abd- Allatif décrit avec sa précision ordinaire le granit dont il était composé. Hérodote indique exactement la provenance de cette matière ; II. 134 : Xi'Oov 51 i; tô tjjxivu Alliomxcù. Diodore, à aon tour, détermine jusqu'à quelle hauteur s'élevait le revêtement de granit. 1.64. toüç $1 vofyouç lut plv irsvrixaiosxà Souw; xarctnuuaarsv ix fuÀavoc Xi&ou ri}» ÔTjCctîxm «apwirX^rioo, to ol Xorrcov dvtirX^pa»etv ix XiOtuv 6(jw(wv raie cfXXaiç *vp«|ri<nv. » Il éleva jusqu'à la quinzième assise le revêtement composé de pierre noire semblable à celle de Thèbes. et fit remplir le reste de pierres pareilles à celles des autres pyramides. •• La pierre noire semblable à celle de Thèbes désignerait mal le granit, si nous n’en possédions pas des descriptions plus exactes. Pline parle aussi de la pierre cC Éthiopie dont était revêtue la troisième pyramide.
Note I.
Le colonel Howard Vy-e a consacré des sommes considérables aux travaux qui ont eu lieu pendant l’été de 1837 aux pyramides. On trouvera des détails plus cireonstaneiés sur ces fouilles, dans la lettre de M. Lepsius, p. 44 et suiv.
Note K.
Je ne conçois pas bien clairement ce que veut dire ici M. fiirch , lorsqu’il prétend que le nom de Mycérinus est le seul des noms antérieurs à l’invasion des Pasteurs qui ait été lu jusqu'ici d’une manière satisfaisante. Le nom hiéroglyphique de Suphis , auteur de la grande pyramide, avait déjà, il y a dix ans, été déterminé d'une manière indubitable par Cbampollion, suivi en cela pur Salvolini et par M- Rosellini.
Note L.
Les variantes qu’on remarque dans la transcription du nom du roi égyptien auquel Hérodote attribue la troisième pyramide, n’offrent pas d’éléments inconciliables; et, ce qui est remarquable encore, dans les différentes listes, ce nom reste étroitement uui à celui des princes, auteurs des deux monuments voisins.
Le tableau comparatif suivant donnera une idée exacte des rapports frappants d’analogie qu’offrent sous ce rapport les différents historiens :
Hérodote. Diodore. Eratosthène. Manéthon.
XiVj.- X«p6r,c. 16. Laûtptç. IV. 2. Lcivou:.
Xeop^v. Xa6f>6t{ 16. £cui>ÿt<€'. 3. LoËpiç €'.
La
Muxspïvo<. Mr/ipwoç. 17. Moeycpjc. 4
lecture des inscriptions hiéroglyphiques donne pour le premier nom
• MsvgépK.
UJo-sqcrs;
M. Lepsiu* ( 1 ), en vertu d'observations qui lui sont propres, attribue constamment au premier caractère employé à la transcription de ce nom la valeur de ; mais le Uj adopté par Champollîon , me paraît seul à une égale distance du X d'Hérodote et de Diodore, et du X d’Eralosthène et de Manéthon.
Eu faisant abstraction de la valeur toujours équivoque des voyelles, les transcriptions grecques de UJo'X^O’^fn'oPrent d'ail leurs aucunes différences essentielles: au t\ égyptien, répondent le tt d'Hérodote, le € de Diodore et le 9 des deux autres historiens : toutes ces lettres sont du même organe ; le jjl de Xs|x 6 r t c est attiré par le G voisin.
Quant au second nom , les listes d'Eratostbène et de Manéthon présentent une particularité singulière : c'est la répétition identique du nom précédent. Mais les transcriptions des deux auteurs plus anciens nous font croire à une différence entre les nom# du premier et du second roi : noos verrons bientôt, en effet, que, scion toutes les probabilités, le deuxième nom a dû se lireUJè>Ç\pH , leçon à laquelle correspondent, aussi exactement que possible, le Xe«pfrr;v d'Hérodote et le Xaéputç de Diodore. En laissant de côté les désinences presque toujours données à l'euphonie chez les Grecs, on ne trouve entre ces deux noms d'antre différence que celui du ç ou G. Les transcriptions d'Ermtosthène et de Manéthon peuvent aussi , malgré leur ressemblance avec le nom qui précède, se rapporter à la meme origine, surtout si l'on fait attention au caractère de semi-vojrtUe qu'a presque constamment la lettre p chez les Egyplieus.
La leçon Muxtptv&ç dans Hérodote est protégée par tous le» manuscrits. A la place de Meycpivoc, on trouve dans Diodore une variante importante : pdv ycpfvov. Ce qui a empêché qu'on tirât parti de cette leçon , c'est qu'on n'a pas pu supposer que Diodore eût écrit Mtr/ipivot, au lieu de Miy/ypivoc : mais voici que les listes de Manéthon nous offrent 1 a leçon constante MzvyspTiç, presque identique au U CltKApK des monuments. Diodore, comme Manéthon, parait donc avoir fait usage de transcriptions faites sur les monuments mêmes, lettre pour lettre, et sans égard à la rencontre, ordinairement impossible en grec, de certaines voyelles, telle* que le v et le y. La leçon Moc- - yépîtf , dans Eratosthcne, s'éloigne davantage de l'original : la correction Moïyépr,ç , proposée par Jablonski (Chronol. de Desvignoles, t. S, p. 7*>2), n’est point admissible. Jablonski suppose qu’à la traduction grecque, ‘IDutoroc, répond l’égyptien JW- OX-^pK. Mais JU-0\ en égyptien ne signifie pas plu que ^pK ne veut
dire soleil, et nous verrons plus bas ( 2 ) que c’est à d'autres cléments qu'il faut demander compte de la version proposée dans la liste d’Ératosthèuc. Les manuscrits du Syncelle n’offrent d’autre variante que la leçon Mocyiptç, qui ne vaut pas mieux.
Des difficultés plus graves s'élèvent sur la question üe savoir à quelle époque de
( 1 ) V. U lettre de cc savaot ei-iprés, p. 4". note a
{*) Voyez p. 4^.
l'histoire d'Egypte on doit placer 1c roi Mycérinus : ou ne peut , sous ec rapport , résoudre les contradictions des historiens, qu’en faisant acception de l’autorité qui appartient à chacun d’eux. Hérodote place les règnes dcChéops, Chéphreu et Mycérinus entre celui de Rliampsiuite, prince célèbre par ses immenses richesses, et celui d’Àsychi». On s’accorde généralement à reconnaître dans Rhampsinite un des Pharaons de la XIX* ou de la XX* dynastie , princes qui semblent en effet avoir joui paisiblement des richesses accumulées par les conquêtes de leurs prédécesseurs. L’Asychis d’Hérodote , non plus que son successeur Anysis l'aveugle, n'a pas trouvé place jusqu'à ce jour dans les annales régulières de l’Egypte. Mais immédiatement après Anysis, on voit arriver le conquérant éthiopien Sabncon, prince dont les monuments subsistent , et que Manéthon inscrit en tète de la XXV" dynastie. St les données fournies par Hérodote étaient exactes, on devrait placer la construction des pyramides entre le VHP et le XII* mcJir avant notre ère : et comme nous connaissons par les monuments, les deux principaux rois de la XXI", et la plupart des princes de la XXII e dynastie, qui ne sont et ne peuvent être, ni Cbéops, ni Chéphren, ni My cériuus, la place de ces princes devrait être cherchée dans l’espace de 133 ans au plus que comprennent les XXIII* et XXIV e dynasties. Les noms de Pclubastè s , (T Osorlhon , de Psammu *, de Bocchoris, attribués par Manéthon aux rois de cette époque, n’offrent, il faut le dire, aucune analogie avec ceux de Ghéops, de Chéphren et de Mycérinus. Nous n’avons pas les uoms hiéroglyphiques de ces rois cités par Manéthon ; mais le temps assigné au règne de chacun d’eux parait avoir été trop court pour des entreprises aussi gigantesques que la construction des pyramides.
Diodorc toutefois semble, au premier abord, confirmer le récit d’Hérodote ; mais combien la confusion n’est-clle pas encore plus grande dans le second historien ! Aux deux Sésostris, reconnus généralement comme des princes de la XVIII e dynastie, nous voyons succéder un tyran Amasis , puis une première conquête éthiopienne sous Actisancs : après quoi les Egyptiens reprennent leur indépendance, et élisent pour roi Mendès ou Marrus , auteur du labyrinthe, auquel succèdent Cetès ou Protêt , fihtmphij , Chcmbcs , Chabryls t Méchérinus , Bocchoris et Sabacvn , second cououérant éthiopien, On reconnaît là deux versions successives de la même histoire, ainsi qu’en pourra convaincre le tableau suivant.
Hérodote. Diodorc, l r " version. Diodore, Y version.
Sésostris. Sésostris I.
Phcron , son fils. Sésoslris H.
Prolée. »
Khampsinilc- »
Chéops. »
Chéphren. •
Cetés ou Profée.
Rhemphis ( Niléusj Chembès.
Chabryïs.
M vcérinu*.
Mcchérinus.
Àsychis.
Amasis, tyran
Bocchoris.
An vais.
Sabacon.
Actisanè».
Sabacon.
(conquête éthiopienne), (conquête éthiopienne).
(conquête éthiopienne).
Anarchie.
Mende» ou Marrtis,
Anarchie.
Construction du labyrinthe
auteur du labyrinthe.
par le» 12 rois.
Interrègne.
Le» 12 rois.
Psammétichus, l’un d'eux,
Psammétichus.
reste seul souverain.
Si en effet on faisait immédiatement succéder à Sésoslris II (évidemment le même que Phéron, fils de Scsostris) , le roi Protér , il y aurait une parfaite analogie dans la marche des deux historien». Diodore place sou» Protée la prise de Troie, de même qu'Hémdofe ; Rherophis, comme Hhampsinite , passe pour avoir amassé d'immenses richesses. Les rois, auteur» des trois pyramides, occupent une place correspondante à celle qu'il» tiennent dans le livre du père de l’hiatoira. Au lieu d’Asvchis et d’Anysis l'aveugle on voit, il est vrai, paraître llorchoris ; mais, avec l’invasion éthiopienne de Sabacon, le parallélisme recommence. Le songe de Sabacon , sa retraite, l’anarchie qui vient ensuite, les 12 rois, et enfui la restauration de raucien trône sous Psammétichus , sont racontés dans Diodore avec une fidelité qui fait croire que cet historien a eu constamment le texte d’Iiémdotc sous les yeux. La seule différence essentielle, c’est que Diodore*, au lieu de placer Protée immédiatement après le fils de Sésostris, insère entre ces deux règnes des événements et des princes qu’IIérodotc n’a point connus. Ce qui éveille surtout l'attention, c’est la ressemblance de ces événements avec ceux qui suivent presque immédiatement daus la même histoire. Ainsi ou ne peut s’empêcher de comparer à Amasis. tyran cruel, pour être délivrés duquel les Egyptiens appellent le roi d'Ethiopie à leur secours, Bocchoris , dont Us traits étaient repoussants , mais l'âme féconde en ruses de toute espèce , d'autant plus que chez M&néthon , ce Bocchoris est brûlé vif par Sabacon , roi d’Ethiopie , ce qui ne •.'accorderait guère avec le caractère d’humanité attribué à ce dernier souverain , si la Urannie de Bocchoris n’avait autorisé un tel supplice. 11 est vrai que Diodore place un long intervalle entre Bocchoris et Suhacon fcoXXoîç Si o<m pov /pdvo tç, 1. 65). C’est là une erreur de plus qui n'erapéchc pas que le Bocchoris de Diodore ne soit le même que celui de Munéthou.
Ainsi la conquête de l'Egypte par Artisan ès, roi d’Ethiopie, et celle de la même contrée par Sabacon , me paraissent devoir être considérées comme un seul et même fait, d’autant plus que, ni les aulnrs historien», ni les monuments surtout , ne connaissent plu» d’une conquête éthiopienne. Les faits placés par Hérodote après celle conquête, sont divisés par Diodore entre les deux période» : Hérodote avait attribué
la construction du labyrinthe aux 12 rois qui précédèrent Psammétichu» ; Diodorr place le labyrinthe après Actisanès, et les 12 rois après Sa bacon. L’anarchie, qui suivit la conquête éthiopienne , figure aussi dans les deux endroits : en un mot , la preuve du double emploi résulte de tous les points du parallèle.
Ln conclusion que nous devons tirer de tout ceci , c’est que Diodore , après avoir fait usage d’un récit différent de celui d’Hérodote, probablement de celui d’IIécutée d’Abdère, ne s’apercevant pas de la ressemblance fondamentale des événements dans les deux historiens, aura voulu tirer oussi parti des renseignements fournis par Hérodote, et leur aura fait tant bien que mal une place après l’extrait d’Hécatée. Ce procédé sans doute est grossier et indigne de tout écrivain judicieux. Mais Diodore ne saurait aspirer à un tel renom : historien précieux pour nous à cause des emprunts nombreux qu’il a faits à d'autres écrits que nous n’avons plus , il or mérite du reste aucune confiance, sous le rapport de la critique des sources et de l’appréciation de» faits.
Ainsi donc, si nous considérons le récit d’Hccatcc et celui d'Hérodote comme représentant la même série d’événements sous des couleurs différentes, le plus grand contraste qnc ces récits puissent offrir, c’est le silence d’Hécatée sur les auteurs des pyramides. Si Diodore a aussi placé ces princes à une époque comparativement récente, il ne l’a fait qu’en copiant Hérodote, et son temoigpage, qui n’a de valeur qu’autant qu’il reproduit la version d’Hécatée , est ici complètement sans force , puisqu’il ne s’agit que d’un extrait, non d’Hccatéc, mais d’Hérodote.
On a beaucoup cité le canon des rois Thébains d’Eratosthènc , sans s’inquiéter de l’origine et du mérite de ce document. Nous ne pouvons ici nous prononcer sur cette question que d'une manière tout-à-fait concise, et nous devons renvoyer à une autre occasion les développements qui justifient notre manière de voir. Le nom d’Ératosihèn»', attribué à ce document, peut-être pour accroître son autorité, ne nous est parvenu que d’une manière médiate ; c’est le Syncelle qui a inséré , dans sa Chronographie , nue liste de 58 rois Thébains, empruntée à un certain A pollodore, d’ailleurs inconnu, probablement chrétien, et qui lui-méme prétendait faire usage d’un texte d’Eratosthène. Gclui-ci, selon cet Apollodore, aurait puise aux sources égyptiennes, et aurait donné la traduction grecque des noms des rois : (5v yvoxyiv, <prj<riv 6 ’EporroffOévïK , Àî-jv-
r.Tiaxoïç •!i7icuvr';j.aci x*t ovépaat xxci irpoçr#£çv (ÜtoiXix^v ‘EXXotOi ^vrj Sync. Chronog. T. 1, p. 171 » Dindorf ). Eratosthcne était bibliothécaire du musée d’Alexandrie sous Ptoléméc Evergète 1^ ; ses travaux d’astronomie et de géographie *ont célèbres : Suidas dit de plus qu’il avait écrit des Histoires ; mais nous ignorons en quoi ces écrit» historiques consistaient. Mancthon avait composé son livre par l’ordre île Ptoléméc Philadelphie , prédécesseur d’Evergète I er ; il serait étrange que cclui-cî eût demande un nouveau travail sur cette matière à un Grec , auquel les monument» égyptiens ne pouvaient être accessibles : cette dernière considération rend suspecte l’attribution de la liste des rois Thébains à Eratosthcne.
Mais quand bien même l’assertion d’Apollodorc serait admise , il faudrait encore savoir si le chronologiste chrétien nous a donné tout le texte d’Eratosthène , ou s'il n’en a fait qu'un extrait approprié à son système particulier. Dans l’état actuel des choses, et dans l'ira possibilité où nous sommes de résoudre de tels problèmes, il ne nous est permis de faire usage de la liste attribuée h Eratoslhcne , qu’a près nous être rendu compte de la manière dont elle a été composée. Pour arriver à ce dernier résultat, si nous comparons la liste d'Eratosthène à ce qui nous reste des listes de Mariéthon, nous acquérons la conviction que les deux séries n'offrent pas entre elles de différences fondamentales ; que leur opposition apparente tient à ce que Manéthon avait donné le canon complet des rois d’Egypte, tandis qu’Eratostbène ou plutôt Apollodore n’a rapporté que les principaux de ces rois ; qu’en admettant des intervalles dans la liste d'Eratosthène, les deux séries marchent parallèlement avec toute la régularité désirable ; que par conséquent le titre de rois Thébains donné aux souverains mentionnés par Apollodore n’est point exact , la liste renfermant des rois de toutes les dynasties , depuis la I ,# jusqu’à la XIII* environ. Voici d’ailleurs quelques exemples du parallélisme d’Eratosthène et de Manéthon :
Manéthon. 1 1. Mènes (32 ans. Eratosthène.
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