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Ecole centrale et spéciale d'architecture, chaire d'histoire comparée de l'architecture ouverte le 4 janvier 1868

Je suis touché de la sympathie que vous me témoignez. La mienne vous est acquise depuis longtemps : car vous représentez une École qui m'est chère à plus d'un titre. Vous avez été les premiers à raccueillir ; vous lui avez donné son premier printemps : vous lui préparez cette année sa première moisson.

Quand nous nous sommes rencontrés, vous commenciez à peine vos études; vous étiez dans la période de la foi aisée et des vastes espérances. Je ne sais quel Père de l'Église rencontra un jour, sur le bord de la mer, un enfant

qui remplissait d'eau salée une mince crevasse; en rinterrogeant, il vit ce que l'enfant voulait faire : il voulait mettre toute la mer dans ce petit trou, cuillerée par cuillerée. Tel est l'homme jusqu'à vingt ans; il croit qu'il y a une clef très-simple pour tous les problèmes, qu'une définition de deux lignes résume un siècle, que quelques principes contiennent l'art tout entier. Vous aviez, comme les autres, ces belles ardeurs présomptueuses et ces douces illusions. Aussi vous ai-je fait un cours ^ hardi et jeune. Je n'ai point voulu appesantir par un travail de fourmi vos ailes d'abeille. Je me suis contenté d'une large et rapide esquisse. De la hauteur où de longues études m'avaient amené, je vous ai montré les profondes échappées, les vastes points de vue, sans vous laisser descendre vers les détails de la plaine. Au lieu de poursuivre dans le labyrinthe des sentiers les idées générales, nous les avons pour ainsi dire chassées au faucon et ramenées à nous, sans quitter notre plate-forme dominante, sans perdre un instant la vue des ensembles.

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