MARCH DES BATAILLES (ÉTIENNE
Naquit k Valence a la fin du seizième siècle y et mourut dans la même yille en ^660. C'est le Michel- Angelo délie Bataglie de l'Espagne. Plus emporté , plus violent encore, dans la chaleur des combats, que l'artiste romain, et aussi coloriste que les Vénitiens, son enthousiasme ressemblait à une fièvre délirante ; armé de pied en cap , la lance en arrêt , il attaquait , au son des tambours et des trompettes , les murailles de son atelier et saisissait ce que son imagination exaltée lui inspirait. Prenant ensuite ses crayons , ses pinceaux, il faisait perdre de vue que son ouvrage était le fruit de mille extravagances. Il était si effrayant dans le délire de la composition , que ses fils et ses élèves prenaient la fuite et tremblaient de peur , même en s' éloignant.
RIBALTA ( FRANÇOIS ),
Naquit a Castellon a délia Plana, vers i 551 , fils de François Ribalta aussi grand peintre , l'un des principaux chefs de l'école de Valence et qui mourut le 12 janvier i628. Le fils survécut peu a son père.
Je rappelle seulement ici Jean de Ribalta pour son magnifique Calvaire y que l'on a transporté de Saint-Michel de los Reyes a Valence, et qui porte cette inscription.
Joanès Ribalta pingebat et invenit 18 œtaûs sup. anno 1615.
Ouvrage qui parut un phénomène a raison de l'âge de l'artiste qui n'avait que ^ 8 ans.
La postérité doit encore à cet artiste, une collection de portraits qu'il a peints pour Don Jacques de Vich , célèbre amateur.
Ces portraits d'hommes illustres dans It s belles-lettres prouvent la fécondité de l'Espagne en hommes célèbres, inconnus hors de leur pays, et qui, ainsi qu'en France, en Italie, en Allemagne, en Angleterre, ont recouvré l'éclat et le crédit que les belles-lettres avaient dans l'antiquité la plus florissante. De tels monumens appartiennent k l'histoire, les amis des arts libéraux les réclament, et amis de toutes les nations, parce qu'ils ne font qu'un seule et même république ; centre de lumière, de politesse et d'urbanité qui civilisent le monde , en effrayant la barbarie, forteresse des tyrans.
Don Jacques deVich, en mourant, légua au monastère de Saint-Jérôme tous ces intéressans portraits de Ribalta, au nombre de trente environ.