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SUPPLÉMENT

Les Italiens ont aussi peint la miniature, et ont été les premiers en Europe qui ont orné nos plus anciens manuscrits. Gio-Angelico Fiescole , qu'on met au rang des meilleurs peintres de son temps , fut appelé par le pape Nicolas V, pour faire quelques ouvrages de miniature dans les livres d'église. Nous avons fait mention de lui dans les peintres du quinzième siècle.

Les ouvrages les plus remarquables de ce genre sont ceux de Giulio Clovio , natif de la Croatie , né en ^4-98, mort en i578 , élève de Jules Romain. On y trouve de la grâce, un beau style et une grande manière. Son chef-d'œuvre était un manuscrit sur t office de la Vierge y que l'on montrait autrefois au palais Jarnèse. Dans la collection de France on voit une miniature sur vélin de Clovio , qui représente Jesus- Chrîst qui donne à saint Pierre^ en présence des apôtres , les clefs , symbole de la puissance pontificale.

Les progrès de la peinture sous Giotto se manifestent dans les manuscrits du quatorzième siècle. C'est dans ceux de cette époque où on commence k voir du coloris , un certain goût dans l'exécution , et un travail moins sec que dans les manuscrits du douzième et du treizième siècle.

Le Moine de l'Ile-d'Or, où d'Hiers est un des plus

anciens qui commença à perfectionner la peinture des manuscrits , ou la miniature , dont il orna plusievu's livres selon l'usage du temps. Il y fit des paysages, des fruits et des animaux , de manière a lui mériter un nom entre les artistes du quatorzième siècle.

Le Moine de l'Ile-d'Or naquit a Gênes, en 154-6, de la noble famille de Chibo. Il s'appliqua dans sa jeunesse a la poésie , et fit d'assez bons vers en langue provençale. Le goût et la proximité l'engagèrent à prendre l'habit des moines de Lérins. Il fut considéré du roi d'Aragon , Ildefonse II , comte de Provence , et de la reine son épouse. On croit qu'il mourut en 1408.

Il ne faut pas oublier, et on ne saurait placer ailleurs, le célèbre Petitot , né a Genève en 1607, mort en 1691, fameux par ses précieux émaux, qui donne l'effigie parfaite des personnages historiques du dixseptième siècle ; la plupart passés en revue dans les lettres de madame de Sévigné (maintenant dans la collection de France).

Les émaux sont très recherchés, et d'une grande valeur dans le commerce de la curiosité; un seul exemple suffit.

Portrait en émail de la duchesse d'Olone , coiffée en cheveux et la gorge découverte. Une guirlande de fleurs lui sert d'entourage. (Cat.de Mariette, 1767.) 3,200 fr..

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