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RAPHAËL D'URBIN

Rafaello Sanzio , Rafaello da Urbino, naquit k Urbin en A 483 , le vendredi - saint , et mourut a Rome le vendredi-saint de l'année -1520, âgé de trente-sept ans.

Le mérite éminent de ce prince de la peinture est si généralement reconnu , qu'on ne peut rien ajouter a son éloge universel , éloge qui retentira dans le monde éternellement.

Type .

L'École d'Athènes; Attila; la Punition d'Héliodore; le Miracle de la Messe à Bolsene ; la Délivrance de saint

Pierre ; l'Incendie du Bourg; le Parnasse; la Dispute du Saint-Sacrement. Tableaux distribués dans les salles du Vatican.

Sainte Famille , appelée le Silence ; Saint Michel terrassant le Démon j Saint Michel combattant contre les Monstres ; Saint Jean V évangéliste ; Saint Jean-Baptiste dans le désert; la Vierge appelée la Belle Jardinière ; le Portrait du comte de Castiglione; le Portrait du cardinal Jules de Médicis; le Portrait de Baphaël, peint par luimême; la Transfiguration de Jésus-Christ sur le sommet du Tabor (i). (Collection de France.)

Balthasar Castiglione , dont le portrait vient d'être cité , et célèbre par plusieurs ouvrages , mourut évêque d'Avila en -1529. Il était l'ami intime de Raphaël. Sur la mort du célèbre artiste , il a écrit ;

Atque urbis lacerum ferro , igni , annisque cadaver Ad vitam antiquum jàm revocasque decus.

Dessins de Raphaël dans la collection de France.

Jésus-Christ donnant à saint Pierre les clés de l'église, en présence des apôtres. Dessin a la plume , lavé au bistre, rehaussé de blanc.

La Prédication de saint Paul à Athènes , dessin à la plume , lavé au bistre et rehaussé de blanc.

(1) Ce dernier tableau était au Muséum lors de ma première édition 5 il y a été vu , et on s'en ressouvient.

Alexandre offrant la couronne à Roxelane. (Ibid,) La Vierge et sainte Anne trouvant Jésus-Christ au

milieu des docteurs , dessin lavé a l'encre , rehaussé de

blanc.

Plusieurs études et fragmens pour des tableaux et fresques, exécutés a Rome , dessinés, lavés et à la sanguine, crayon dont se servait souvent Raphaël dans ce dernier mode. Je possède un des bons fragmens de ce grand maître.

Vente.

La Vierge assise , vue jusqu'aux genoux , tenant l'enfant Jésus qui embrasse saint Jean. Fond de paysage. (Haut. 18 po., larg. 14 po., bois.) . . 600 fr.

David tenant la tête de Goliath, dont le corps se voit à terre dans l'éloignement. (Haut. 13 po., larg. 9 po., bois.) 500 fr.

La Vierge et saint Joseph à genoux adorant l'enfant Jésus. Fond de paysage, forme ronde, diamètre 32 po. (bois).

Ces trois tableaux , de la collection du duc de Tal lard , tiennent encore de la manière de Pierre Perugin , son maître. On y voit aussi, dans le coloris et l'exécution, qu'il avait vu les peintures de Léonard de Vinci ; mais l'originalité est incontestable. Le dernier a été gravé a Rome, en 1662, par Guillaume Château, et dédié au cardinal Rospigliosi.

Le Portrait de Raphaël en buste, les cheveux longs et pendans, coiffé d'un bonnet rouge. (Haut. 20 po.,

larg. 15 po. 6 lignes, bois. Collection du prince de

Conti.) 1,480 fr.

Tableau incontestablement de la main de Raphaël. Il venait de Charles I^r^ roi d'Angleterre, et fut donné en présent au cardinal Mazarin par Charles second , fils du précédent, lors de son séjour a Paris. L'empreinte qui est sur le revers , faite avec un fer chaud , est le chiffre que Charles I^r faisait appliquer sur les tableaux de sa collection.

Les copies , dans le commerce , ne sont jamais d'une grande valeur, quoique estimées quand elles sont belles, et d'après des maîtres rarissimes. Les copies d'après Raphaël sont de ce nombre. Il en existe qui sont dignes de figurer dans les plus belles collections. Le duc d'Orle'ans ^ régent , n'a pas fait difficulté d'en admettre dans sa fameuse galerie du Palais-Royal. En voici quelquesunes publiées dans le commerce.

Copie de la Vierge dite a la chaise , rapportée de Rome par M. Watelet. (Catalogue de la maison supplémentaire du Mont-de-Piété , rue Vivienne , , no 1.) 381 fr.

Copie de la Transfiguration , d'après celle de Garofalo y qui se trouvait dans la galerie d'Orléans. (Haut. 28 po., larg. 18 po., toile. Catalogue de Lebrun, 1813, noi.) 195 fr.

Copie du tableau de la Sainte Famille. (Haut. 6 po. et demi , larg. 5 po. toile , ibid. mai , 1 814, n^ 140.) 201 fr.

Les tableaux de Raphaël sont très rares dans le commerce ; ils ont pris place , pour la plupart , dans les galeries des souverains, et ils n'en sortent point. Les copies

ne sont pas rares. Timothëe d'Urbin , fiJs de Marc- Antoine de Ferrare , a copié et imite, jusqu'à tromper, les tableaux de Raphaël. Jules Romain^ Perin del Fague, Jean-François Penni , Pellegrin de Modène , André del Sarte , ont également fait de belles copies d'après ce grand peintre , et de belles imitations qui ont passe' souvent pour être de sa main. Voilà le secret qui renferme la quantité de tableaux qu'on s'efforce d'attribuer à Raphaël.

Il ne faut pas oublier ici Timothée Filti, le plus fm, le plus adroit copiste du maître , un de ses principaux élèves , si près de lui , que presque tous ses tableaux passent pour être des autographes de Raphaël. Pas un de ses copistes , de ses imitateurs , n'a égale les grâces , la belle simplicité de son style , de son coloris , de son exécution.

Je dois ces détails à des observations longues et soignées (1).

(i) Cette remarque m'entraîne à une autre sur deux tableaux prétendus de Raphaël , l'un acheté par la direction du Musée , l'autre vendu avec la collection de M. Lenoir Dubreuil, en février 1821 , et sous le titre de Noire-Dame de Lorette. Le tableau de M. Lenoir Dubreuil , portant l'écusson d'Orléans, a été donné à Gaston d Orléans par la maison de Lorraine , dont il était allié , et pendant que ce prince était en Flandre. Ce tableau passa ensuite dans la fameuse collection de Pliilippe d'Orléans, régent. Coypel , qui en avait la direction , ne crut pas ce tableau digne de figurer à côté des chefs-d'œuvre qui en faisaient l'ornement , et le réforma avec l'agrément du régent , qui lui en fit présent. Il est remarquable que ce tableau n'est pas tout-à-fait conl'oruie à celui acquis par la direction du Musée, sous le nom de Raphaël, quoique présentant la même composition, ce qui prouve évidemment que ces deux tableavix, par deux artistes différens , ont été exécutés d'après un carton du maître. Le tableau de la collection de Lenoir Dubreuil est de beaucoup supérieur à celui du Musée ; je l'attribue à Timothée Viti, et celui du Musée à Jean-François Penni, dont il porte le faire et le coloris de ses imitations et de ses copies d'après Raphaël.

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