CORRÉGE ( ANTOINE
Antonio Allegri deito il Corregio , naquit a Corrégio , dans le Modénois, en 1494-, et mourut dans le même lieu en 1534, âgé de 40 ans. Son vrai nom était Anionio Allegri : on écrit quelquefois Allegris.
Type.
L'Assomption de la Vierge , coupole de la cathédrale de Parme. Ce fameux plafond est fort connu par les gravures qu'on er^ a faites. Jésus dans les limbes, et les Saints de l'Ancien Testament. Coupole de l'église de Saint -Jean (a Parme.)
Jupiter en satyre j et Antiope endormie a côté de l'Amour ; une Vierge ; l'Enfant Jésus ; Saint Joseph et Saint Jean ; Saint Jérôme ; la Madelaine qui baise les pieds de l'enfant Jésus ; un autre Saint Jérôme qui tient un rouleau de papier; un Ecce Homo couronné d'épines ; l'Homme sensuel ; la Vertu héroïque couronnée par la Gloire ; le Mariage de sainte Catherine, (Ancienne collection du roi de France.)
La Nativité. C'est le tableau intitulé la Nuit du Corrige, ou l'Adoration des bergers (sur bois), (de 19 pi. A po. de haut sur 6 pi. 8 po. de large. Galerie de Dresde.)
N. B. Ce tableau d'abord a e'të destine' pour le grand autel de la chapelle de Saint-Prosper, à Reggio. Ri-
naldo , duc de Modène , le déplaça , dit-on , de la cha pelle, et substitua à sa place une copie. En 1745 , Auguste III, roi de Pologne, électeur de Saxe, fit l'acquisition de la plus belle partie de la galerie de Modène, dont la Note faisait partie, et y laissa une copie faite par Ricliarson Nogari et sur toile. Cochin , dans son Voyage d'Italie (tome I, page 7T) , visitant le palais du duc de Modène , remarque que sa galerie était privée des morceaux les plus estimés , tels que la Nuit du Corrége. Ce chef-d'œuvre de l'école lombarde a été souvent copié , mais les meilleures copies ne trompent personne.
Vente.
La Folie. (Haut. 4 pi. 4 po.^ larg. 2 p. 6 po. Catalogue de M. Coypel, i 753, no 1 .) . . . 5,602 fr.
Ce tableau représentait ci-devant lo recevant les embrassemens de Jupiter transformé en nuage.
Voulant éviter le scandale d'un exemple immoral , le duc d'Orléans se proposait de le détruire; mais son goût pour les arts le détermina à supprimer seulement la tête d'/o , et il fit présent du tableau , en cet état , à Coypel, son premier peintre. Il avait appartenu à Christine de Suède , et fut acheté à Rome des héritiers de don Livio Odescalchi, par le duc d'Orléans, pour rornement de la galerie du Palais-Royal.
Les Amours de Leda et de Jupiter métamorphosé en cygne.
Le duc d'Orléans fit encore présent de ce tableau à Coypel , et il eut le même sort , dit Joulain de qui nous empruntons ces renseignemens ; mais il était assez entier pour qu'on ait pu en former trois tableaux : le premier 3 pi. en carré, et les deux autres 4 pi. 10 po. de haut sur â de large.
A la vente de Coypel, il a produit. . -16,050 fr. A la vente de M . Pasquier, 1 755 . . . 21 ,000 fr.
Une Femme , vue à mî-corps et de profil : elle tient un livre. Tableauintituléj/alîseMse, dans le commerce. (Catalogue du duc de Tallard, ^56, no 390 3,601 fr.
Il venait du catalogue de M. de la Châtaigneraie.' -
Une Tête d'ange; une Tête de sainte Agnès ou de sainte Catherine (bois). (12 po. et demi sur 9. Catalogue de Lebrun, 1809, no 62.) ... 3 301 fr.
Le Buste du Christ; proportion de petite nature ; il est représenté de face, couronné d'épines, avec une chevelure qui accompagne les épaules et couvre une partie de son corps. (Haut. 1 1 po. , larg. 9 po. , bois. Catalogue de M. Sere ville , janvier 1812, no
7,001 fr.
Catalogue après le décès de Lebrun, mai 18 U.
• • • 5,810 fr.
La Vierge tenant son fils dans ses bras, et environnée d'une gloire d'anges formant un concert céleste. Elle est accompagnée de saint Ubalde et de sainte Catherine, dans l'attitude de l'adoration. (Haut. 22 po. et demi, larg. 16po. Ibid.) 5,000 fr.
La Sainte Famille : la Vierge assise près d'un arbre habille son fils qu'elle tient sur ses genoux ; à terre, près de Marie, est une corbeille de jonc où se trouve une paire de ciseaux. Sur une plan plus reculé, saint Joseph s'occupe à raboter une pièce de bois placée sur son établi (bois). (Haut. 12 po. 9 lig., larg. 9 po. 6 lig. Catalogue de M. Lapeyrière, 18 , no 16.)
• • 60,000 fr.
Mcngs a fait un grand cloge de ce tableau , autrefois
en Espagne, dans le cabinet de la princesse des Asturies. Il a ëtë adjuge' cette fois pour le roi des Pays-Bas.
Trois grosses Têtes , dont une a la sanguine et les deux autres au pastel. (Catalogue de Mariette.) iAi fr.
La Sainte Vierge sur un piédestal , tenant l'enfant Jésus dans ses bras , ayant autour d'elle saint Jean, saint Georges , etc. Esquisse au bistre, rehaussée de blanc, {Ibid.) iiâ fr.
Une grande Figure de patriarche, les mains jointes, et les yeux fixés vers le ciel. Ce dessin a la sanguine , rehaussé de blanc , a été restauré par Rubens, et malgré tous les efforts de ce célèbre artiste pour atteindre le premier mérite de ce dessin , il reste sans valeur. Leçon qui prévient les amateurs de se méfier des dessins retouchés.
Le Gorre'ge est le peintre des grâces qui n'a point eu de précurseur dans l'art de peindre les femmes et les enfans , dans ses expressions admirables et dans son coloris harmonieux. Il est si éloigné des artistes italiens de toutes les époques , qu'on serait tenté de croire qu'il est élève de la nature, et que c'est la nature seule qui en a fait présent au monde. Et son inspiration, il en comprenait lui-même l'ascendant comme la postérité, car il s'écria en voyant pour la première fois les ouvrages de Raphaël : Âuche io son pittore !
On doit au Corrége l'art de percer les voûtes avec la peinture , de faire plafonner les corps. Enfin lui-même se forma une idée vraie des plafonds , des raccourcis et de l'optique , et fournit les premiers exemples de cette séduisante illusion en voûte, qu'on admire toujours avec étonnement..
On ne lui connaît d'élève que Bernardo Soiaro, mais il a fait beaucoup de copistes et d'imitateurs. Crespi , Girolamo Tinti^ Augustin Carache ^ Baroche , Urssî*
Lelio ont été ses copistes , ses imitateurs. Le plus près du maître est :