‹ Économie De La Répartition Des Produits IndustrielsChapitre 47 sur 56 · VAN · texte numérisé non relu

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progressivement en route les multiples fabrications de biens de consommation.

La reconstruction des immeubles et des usines détruits par les hostilités constituera un deuxième problème. Les plans de reconstruction, qui auront fait au préalable l’objet d’études approfondies, devront permettre dans la mesure du possible une nouvelle adaptation territoriale plus cohérente de la population et des moyens de production.

Une troisième série de préoccupations consistera à opérer une

discrimination entre les produits de remplacement. D'après leur

rentabilité et leur intérêt national, il s'agira de choisir ceux dont la fabrication devra être poursuivie et éventuellement protégée, au moins à son début, contre la concurrence.

Enfin, découlant de toutes ces nécessités, il faudra organiser les échanges extérieurs, canaliser l’importation des produits offerts, déterminer dans quelle mesure on continuera d'importer les mêmes produits qu'avant la guerre, et, plus généralement, comment, sur quelles bases et dans quelles proportions s’opéreront les échanges entre les nations ou entres les groupes de nations. Le commerce international est l’un des points essentiels sur lesquels les événements présents exerceront, sans doute, une influence directe, dont la portée est par là même impossible à préciser pour le moment.

Bien que forcément vagues, ces indications nous avertissent des métamorphoses probables des instruments économiques actuels. La Répartition semble donc appelée la première à en subir les conséquences.

III. — Possibilités d'avenir et d'évolution de la Répartition

Aujourd’hui, on ne met plus guère en question l’impossibilité de retomber dans le « libéralisme » d’avant guerre. Si l’on se méfie souvent d’une direction étatique, tout le monde est plus ou moins acquis au principe d’une économie « consciente et organisée ». Mais, quelles seront la forme et l'inspiration du Gouvernement auquel incombera la charge d’ordonner cette économie, c’est là une première inconnue. Quoi qu'il arrive, les problèmes. à résoudre n'auront cependant pas beaucoup varié ; ce sont ceux que nous venons de résumer et qui sont tous solidaires. Ils ne pourront donc être résolus d’une façon cohérente en dehors d’une politique d’ensemble réfléchie, qu'il appartiendra aux Pouvoirs Publics de mettre sur pied. Dans quelle mesure cette intervention sera-t-elle prépondérante, jusqu'où ira-t-elle, qu’elle sera l’autonomie laissée aux entreprises ? C’est cela, précisément, qui constitue la part majeure de l’hypothèse.….

Si nous raisonnons dans le cadre d’une structure restée capitaliste il est vraisemblable que les organismes actuels, en particulier les

Sections de Répartition, pourront être appelés à faciliter la soudure entre l’économie de guerre et l’économie de paix, et à fournir les premiers éléments d’un plan d'action. .

Déjà, ne serait-ce que dans la distribution initiale des objets et articles les plus nécessaires, l'abondance ne sera pas telle du jour au lendemain, qu'elle rende superflue la notion même de Rationnement. Avant que les ressources puissent, dans la plupart des domaines, égaler les besoins essentiels, des règles de Répartition autoritaires seront sans doute indispensables. Cela ne veut pas dire d’ailleurs que l'édifice actuel, l'O. C. R. P. [., se sera maintenu imperturbablement. (est peu probable. Et au surplus cela n’a guère d'importance : l’organe nous intéresse moins que la fonction.

Avant de retrouver une période de prospérité économique, la réalisation des tâches de reconstruction et de fabrications prioritaires ne sera possible qu'à condition de réglementer d’une façon encore étroite — en correspondance avec les plans de fabrication — l’utilisation des matières indispensables. On peut voir là la première ébauche du second secteur de l'économie nationale, dirigé par l’État, tel qu'il nous a été précédemment proposé. x

Au surplus, la Répartition que nous connaissons — Répartition des produits «en nature » — semble appelée, au moins sous l’aspect du Rationnement, à disparaître assez vite. Le facteur monétaire, actuellement très handicapé, reprendra sa place parmi les instruments du dirigisme économique normal. L'un des résultats recherchés par le Rationnement présent sera atteint, non plus d’une façon fragmentaire et successive, mais en une seule fois, par une action adéquate sur le pouvoir d'achat des catégories sociales dont on voudra améliorer les possibilités de consommation. La Répartition des produits sera donc une conséquence virtuelle d’une répartition plus judicieuse du pouvoir d'achat.

.… Si, délibérément, nous nous installons maintenant dans un avenir dégagé des servitudes immédiates de la guerre actuelle, nous pouvons envisager la généralisation de programmes d’équipement, de constructions et de fabrications de tous ordres (1). On doit même penser qu'un plan national de production (annuel, biennal, triennal, etc.) les englobera tous, par grandes branches industrielles. On sera donc bien obligé de veiller à leur approvisionnement en matière première, et d’en contrôler l’utilisation ; moins tyrannique qu'aujourd'hui dans son application, car moins limitée par des ressources désormais élargies el pouvant faire appel à la concurrence, la Répartition semble devoir n’en subsister pas moins dans son principe.

Enfin, il n’y a aucune raison de ne pas faire une place — qui

logiqüement devrait se réduire peu à peu (2) — au secteur libre

. (1) Ge recours au planning a déjà fait ses preuves à l'étranger, avant que la disette nous apprenne l'utilité des programmes de fabrication.

. (2) Au fur et à mesure d’une connaissance plus précise des besoins, dont le résultat serait la mise à exécution de programmes.

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(dénommé plus haut 3€ secteur) où entreraient toutes les productions non programmées,

On peut aussi envisager que, dans le domaine international —— que certains limitaient d’abord à un bloc géographique — les difficultés économiques ne pouvant être résolues isolément, le jour

arrivera Où il faudra en venir à une répartition générale des matières

premières et des débouchés commerciaux, appuyée par une véritable sélection des activités nationales, laquelle reposera à son tour sur la spécialisation de chaque pays, c'est-à-dire sur ses capacités relatives de production.

Pourquoi cette notion de Répartition dirigée, imposée en 1940 par la pénurie, serait-elle, dans son esprit, incompatible avec le règne d’une prospérité retrouvée ? Il s'agit précisément de régenter cette abondance, de Celle sorte que les « contradictions » du régime ancien si souvent stigmatisées, ne puissent se perpétrer avec la même et automatique fréquence et que s’'atténue enfin le paradoxe de la sous-consommation. La véritable liberté ne va pas toujours avec la liberté économique. Il faut même parfois renoncer à celle-ci pour sauvegarder celle-là.

Chacun se rend compte que si elles veulent vraiment espacer les crises, supprimer le chômage et éviter de nouvelles catastrophes, il est impossible que les grandes nations puissent se passer d'accords économiques, dont l’objet réel ne sera pas autre qu’une Répartition concertée de la production ef de la circulation des richesses, dans Pintérêt du plus grand nombre possible d'individus. Les événements que nous vivons en marquent l’absolue nécessité. Ils en font même une démonstration par l’absurde. C’est souvent, dit-on, au moment le plus aigu de la crise que le malade est le plus près de la guérison. Espérons donc qu'il n’y a pas lieu de désespérer de notre civilisation et qu’on saura appliquer les remèdes préventifs, sans lesquels nous nous retrouverions avant longtemps acculés à un nouveau conflit, et, sans-doute, à une nouvelle organisation de la pénurie, par faute d’avoir su diriger l’abondance,

Vu, Vu, Le Président, Le Doyen, G: Prrou. G. RiperT.

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