‹ Economie forestière (volume 2)Chapitre 33 sur 99 · AGE DES BOIS · texte numérisé non relu

AGE DES BOIS

GOHPRIS DANS CHAQCI COUPE I.ORS DK LECR XXPLOITATIOK

Pour les six coupes cy contre — Attendu qu'elles ne serout pas coupées en entier A cette première rérolution — voyez lei 1 indemnités indiquées à chaque coupe dant| le procès verbal.

Vojez les indemnités page 15 du procèsverbal.

Futaye de 90 h 85 ans et taillis dessous de 27 ans.

Futaje de 90 h 85 ans et taillis ds 18 & 30 ans.

Futaye de 90 à 85 ans et taillis dessous de 24 h 33 ans.

Futaye de 92 ans et Uillis de 24, 26 et 27 ans.

Taillis pleins de 23 l 27 ans (voyez page 17) (1).

No 23. ^ Procès- verbal de visite des forêts de la maîtrise de Saint-

Dié 1783 (extrait).

La maîtrise de Sl-Diez est située au centre des montagnes des Vosges, les forêts de son arrondissement occupent en général leurs sommités, les sapins sont Fespôce de bois dominante dont elles sont peuplées, et leur administration est de nécessité absolument différente de celle des bois du plat pays. Ces forêts s'exploitent aux pieds d'arbres en jardinant sur toutes leurs parties ; on ne pourrait les couper par assiettes réglées de suite en suite et y apposer des quarts en réserve sans nuire singulièrement h leur repeuplement, par la raison que les sapins, en croissant promptement, se vicient de même d'une année à l'autre, et périraient avant la révolution des coupes, quils ne donnent aucuns rejets, mais renaissent seulement de leurs semences tardives...; que si Ton y faisait des coupes ouvertes par assiettes, chargées seulement de i 0 à 1 2 baliveaux par arpent, les vents impétueux qui régnent ordinairement dans les montagnes n'en laisseraient subsister aucuns; enfin que la recrute des sapins demande Tombre et la fraîcheur, dont elle serait privée dans les taillis.

(I) Voici ce qui est dit page 17 :« Vu la modicité de cette coupe on donnera à cette première révolution en indemnité 11 arpents 30 perches de futaie à prcndr à la suite de la futaye de la côte de Manou et cottée VIII. K, dans la 17» feuill» de l'athclas (atlas). Ponr la former, etc. »

Bois nuement au roi... On y fait des délivrances annuelles pour le roulement de ses scieries, et surabondamment aux pieds d'arbres dans les trois qualités de tronces, pennes et chevrons, lorsque Tétat des forets et les circonstances le permettent, ce qui se décide d'après les visites des officiers et leurs connaissances locales. Les révolutions des différentes espèces de bois qui se mêlent avec les sapins, seuls précieux et recherchés pour le commerce,exigent une attention toute particulière pour les nettoyer, sans quoi ils (les sapins) se trouvent absorbés, leur recrût languit et vient mal. Les officiers de la maitrise de Sl-Dié ont provoqué et établi avec infiniment de succès des coupes de nettoiements de tous les bois nuisibles au repeuplement des sapins. Ces coupes, qui ne tombent que sur les cantons peuplés assez abondamment de sapins pour couvrir le sol et y conserver la fraîcheur nécessaire^ ressemblent au surplus aux assiettes ordinaires en ce qu'elles sont limitées par pieds corniers et parois et que tous les sapins que Ton réserve y tiennent lieu de baliveaux. Quoique ces coupes ne puissent s'ouvrir que dans les cantons particuliers où l'état des forêts l'exige, sur celles où les hêtres et bois blancs dominent et surabondent, on les fait autant que possible de suite en suite; on ne peut fixer leur révolution, mais tout au plus prévoir les coupes quelques années d'avance.

Les ventes ordinaires, qui se réduisent au produit du canon des scieries, baissent ou augmentent par proportion aux prix et au plus ou moins de débit des planches de sapin. Les ventes aux pieds d'arbres pour le marnage sont extraordinaires, peu fréquentes, et suivent l'état des forêts. Les ventes des coupes de nettoiement, inconnues précédemment, sont devenues aujourd'hui un objet intéressant,mais ne peuvent être considérées comme extraordinaires...

Signé : de Bazelaire.

(Archives départementales de Meurthe-et-Moselle B. 10697.) (Extrait des VoTêU lorraines de M. Gh.Guyot.)

N"* 24. ^ Procès-verbal de visite des forôts de la seigrnenrie de Ribeanpierre, an ban de Ribeau ville (Alsace), du l^r juin 1784

(extrait) .

Ce document, après une minutieuse description des forêts seigneuriales de Ribeaupiorre,qui croissent sur le versant alsacien des Vosges,enterraingénéralement siliceux (grès vosgien), 3 erme, comme conclusion, ce qui va suivre :

cette description détaillée les comparants ajoutent les obser- )ns générales :

Economie FORESTIÈRE. ^ III. 18

* 1. — Que les forêts de chênes de la forêt seigneuriale ayant été exploitées depuis plusieurs siècles non pas dans un ordre suivi et de proche en proche, mais à mesure que les arbres étaient assez puissants pour en exiger la coupe,ce serait chose impossible que de vouloir mettre aujourd'hui une suite réglée qui a été intervertie depuis un si grand nombre d'années.

Les montagnes sont graveleuses et arides. Les chênes ne sauraient qu'avec peine parvenir à une puissance qui excède celle des taillis ; dès qu'ils ont atteint Fâge de 40 ans ils restent dans une espèce d'inaction..., ceux qui se trouvent dans les vallons se soutiennent plus longtemps puisque toute la bonne terre des hauteurs s'y est amassée... Mais ces lisières ne sont pas assez importantes pour pouvoir faire changer Tordre économique (le mode d'aménagement) du surplus...

2. — Quoiqu'il faille porterses attentions aurepeuplementdes taillis ainsi qu'à la conservation des baliveaux propres pour la formation des bois de bâtiment, et que pour cette raison il serait utile de conserver un nombre de baliveaux plus grand que celui de seize fixé par les règlements forestaux, cette méthode est néanmoins inadoptable pour les forêts de Ribeau ville...

Les comparants pensent que la nécessité (l'obligation) de laisser les baliveaux anciens et modernes, et d'en choisir dans la nouvelle exploitation 16 nouveaux, de brin, doit être subordonnée à la nature du sol, à la population du terrain, et à la qualité de ces baliveaux...

Il sera donc important de ne pas s'assujettir à des lois générales (pour l'âge d'exploitation et le balivage) dont la sévérité n'est applicable qu'aux terrains fertiles de la plaine... Il sera avantageux de porter son attention à soulager les coupes des baliveaux anciens dès qu'ils deviennent dangereux (nuisibles au taillis), de bien espacer les baliveaux, qui ne seront jamais que de brins, de les mettre au nombre de (prescrit par) l'ordonnance, d'en garnir principalement les bords supérieurs de la coupe pour faciliter la descente des glands dans tous les replis intérieurs de l'assiette, et de multiplier dans les vallons le nombre de baliveaux capables de former du bois de service pour dédommagement de ceux qui ne pourraient procurer cet avantage (dans les parties infertiles).

4. — (Repeuplement des places vides par semis de glands dans d^s rigoles d'un pied de large. Les glands seront recouverts d'un pouce de bonne terre.)

5. — Les parties inférieures... seront... emplantées de jeuni s

plants de châtaigner. L'on ne choisira pour cet usage que le sol le plus fertile et le moins exposé aux glaces do Thiver.

6. — L'on nettoiera les assiettes de taillis de chênes en y coupant au niveau du sol les bois blancs dont ils peuvent être chargés. Il en résultera le double avantage de mettre cette espèce de bois à profit et de donner du jour aux glands qui auront germé sous le dais formé par les couronnes (cimes) de ces bois blancs.

7. — Quant aux châtaigners les comparants convaincus de leur grande utilité en conseillent la plantation de préférence aux chênes en taillis dont ils quadruplent au moins Tavantage ; (ils rapportent au moins quatre fois plus)... mais... le châtaigner est une espèce de bois très tendre (délicate) ; il demande une terre argileuse, pétrie de gros sable, une exposition chaude et la garantie des grands froids... on ne saurait donc planter des chdlaigners que dans des endroits

tempérés et où la bonté du sol (soit suffisante)...

9. — 11 y a dans toutes les sapinières seigneuriales de Ribeauvillé

des chênes d'entre lardés (mêlés çà et là) à Texception du canton de

Hinterschwarzenberg.

Les comparants ont déjà remarqué que cette production paraît être l'ouvrage des joiseaux, dont le geai paraît être le plus actif, et des écureuils. Ces animaux se munissent parfois d'une si grande provision à la fois qu'il leur en échappe. . . ces glands échappés s'enraci' nent alors quelquefois. . .

11 faudra conserver ces chênes autant qu'ils seront de belle venue et de bonne qualité...

10. — (Les chênes réservés au-dessus des taillis ne venant pas à bien on conseille de multiplier cette essence, au moyen de semis, dans les peuplements de sapins.)

11. — Les hêtres sont répandus ainsi que leschênessur tout le tapis des sapinières seigneuriales, mais ils sont très rarement semés dans toutes ces forêts... c'est à la reproduction de ces bois de hêtres qu'il faut porter une attention suivie. Pour multiplier cette esjjèce de bois, on aura soin de donner jour à (de dégager) tous les hêtres sains et portant fruits. Dès que la fertilité d'une année aura fait décharger les hêtres delà faine dont ils étaient garnis, Von attendra le succès de cet ensemencement. . Dès qu'on verra les alentours de ces hêtres garnis d'une belle ieunesse les arbres mères qui pourront porter trop d'ombrage à cette

eune filiation seront éclairas pour autant que Vœil du forestier fera ivisager leur ombre (comme) destructive de la jeune poussée... (1).

(1) Nous croyons devoir respecter le style tant soit peu barbare du greffier

276 LES MÉTHODES FORESTIERES d'aUTREFOIS

12. — Pour les bois de sapins, les comparants savent qu'il y a pour cette partie d'exploitation de la part des personnes qui traitent des affaires foreslales une diversité d'avis qui devrait jeter dans Hucertitude tout homme dont le sentiment n'est pas fixe par la longueur d'une expérience réfléchie. De toutes les opinions mises eu exécution dans les forêts seigneuriales les comparants déclarent n'avoir vu réussir que celle de faire couper dans une sapinière tous les gros arbres (1) et d'épargner les petits, mais avec l'attention d'y laisser un nombre de sapins assez considérable pour couvrir de semences les places exploitées et pour les garantir des brûlures de Tété.

Cette forme est très aisée dans les forêts de sapins garnies d'arbres de tous Ages et où les jeunes dominent sur (occupent une plus grande surface que) les vieux.

En exploitant les bois de bAtimcnt et ceux pour chauffage la jeune peuplade, dont une grande partie néanmoins doit porter semences, couvre bientôt le sol, débarassée (qu'elle se trouve) de l'oppression des gros arbres dont la forêt vient d'être éclaircie.

Mais dans une sapinière garnie tout entièrement de vieux bois la manière d'administration est plus difficile.

Cette forêt de sapins ne saurait être rasée sans que l'on fût obligé d'y faire un semis très coûteux et très incertain pour le succès par la crainte de voir la jeune poussée brûlée en été et glacée en hiver; l'on risque de se voir contraint à répéter plusieurs fois la même opération et à faire piocher le terrain autant de fois que l'on sème, le sol s'étant endurci depuis.

Aussi peut on exploiter ici par bandes coupées du haut en bas pour procurer le réensemencement (par le moyen) des sapins placés dos deux cotés. Quelques hommes versés dans Tadministration forestaie ont indiqué ce système comme très avantageux, mais son utilité se perd ù la considération que les vents auraient par là prise sur les forêts...

// 7}e reste donc d^autre moyerfque de commencer par la coupe d'un tiers des sapins bien choisis sur dei endroits, qui après la coupe pré* senteroni un vide de 5 jusqu'à iO pas (2),

Les sapins d'alentour resèmeront ces parties vides. Dès que la jeunt

Guldcnfrls, de crainte de dénaturer la pensée des forestiers auxquels il servait de secrétaire. 11 suffit qu'il soit inleili^'iblc.

(1) 11 résulte d'autr.'S textes se rapportant à la même région et à la méir" époque que les gros arbres (sapins) étaient ceux de 20 à 30 pouces de diamcti (voir pièce n» 20).

(2) Ceci signiûe : couper des sapins sur des points convenablement chois dont labalagc créera de petites trouées d'uue dimension de 5 à 10 pas.

venue aura {déposé î) ta surface dans une épaisseur assez forte pom protéger par elle-même (1), on fera une seconde coupe semblable t pm/tiàre, et après le repeuplement de celle-ci une troisième, etc.

13. — L'on coupera lous les bois noueux (chancreux?) el lousct qui (endenl viaiblemenl à la sijciieresse. Les sapinières(qui font l'i jet) du présent procès verbal sont farcies d'une quantité immense bois noueux...

U. — Les sapinières seront partagées en \'ô ans de coupes. Exp! técsdela manière ci-dessus détaillée elles fourniront toujours i seconde coupe des bois de 65 h 70 ans, tous assez forts pour tou espèces d'usages.

Fait à Ribeauvillé, ce premier Juin 1784.

Signé Webeb, mailre forestier de la seigneurie,

Les forestiers sous ses ordres,

et GuLDEXFELS, greffier.

(Archives municipales de la ville de Bibeauvillé, Haul-Hliin, D. D. I.

Ko 25. — Arrêt du Conseil du 2 août 17S8, pour l'aménagement <

sapinières de l'abbaye de Uont- Sainte -Marie (Donba).

... Permets. M. aux suppliants (les religieux de l'abbaye) d'expj 1er annuellement et en jardinant, sur l'étendue de 20 arpents des t bois, tous les sapins et liètres au-dessus de 3 pieds de tour qui trouveront, en préférant les anciens el dépérissants, à la charge ] les suppliants de conserver tous les arbres dequelqu'essence et gr seur qu'ils soient, sur un espace de 30 pieds au nord et au midi dî ebaque coupe dans toute leur longueur el largeur... Ordonne au S. M. que de trois mois (2) il sera procédéâla visite et reconnaissai du nombre des bois chablis trouvés dans chaque coupe ; desqu chablis l'estimation sera faite par cordes, moules ou autrement p( en être fait diminution sur la quantité de ceux (7) à exploiter siu coupe en usance...

(Baudrillarl, Règlements forestiers, I, page 479.)

Cette forêt est, croyons-nous, la même que nous appelons

jourd'fiui de Aïont de la Croix, appartenant à l'Etat, sili

pris du lac do Saint-Point et do l'ancienne abbaye, à quelqi

kilomètres au sud do Ponlariîer.Elic conlienl 192 hectares et

'"uve àuno altitude d'environ 1000 mètres.

I Cette phrase signifie sans doute • dès que le repeuplement aura atteint i '\H et UD développement qui lui permettront de se pa.=!!er d'abri ■. 't i'eiii-cire faudi-ait-il lire • de (rois mois en trois raois ».

37^ I'E:S méthodes forestières D'AUTREFOriS

No 26. -- Arrêt da Conseil du 25 octobre 1789 ordonnant Taménag^emeat des bois de la commune de Lompnas (Bugey).

... Il sera procédé à la distraclion et au bornage du quart au juste des 140 arpents de bois (appartenant) aux dits habitants, à prendre dans Tendroit où le fonds sera reconnu être le meilleur et le plus propre à produire de la futaie, suivant le choix qui en sera fait par le sieur grand-maître, ou les officiers de la maîtrise sur sa commission, pour être réservé, sans que les dits habitants, leurs successeurs ni autres puissent y faire aucune coupe, si ce n'est en vertu d'arrêt et lettres patentes dûment vérifiées, conformément à l'article 4 du titre XXV de Tordonnance des eaux et forêts du mois d'août 1669, et ensuite à la division et au partage des trois autres quarts en coupes ordinaires à Tàge de 25 ans ; lesquelles coupes seront distinguées et désignées par première et dernière sur le plan des dits bois pour le nombre d'arpents dont chacune doit être composée... et lors des dites coupes il sera réservé par chaque arpent 2o baliveaux de l'âge du taillis, de brin et essence chêne, autant qu'il sera possible, outre tous les anciens et modernes qui s'y trouveront; seront les dits habitants tenus d'établir les gardes nécessaires pour veiller à la conservation des dits bois, faute de quoi il y sera procédé par le grand maître qui décernera ses exécutoires sur les revenus de la dite communauté, si elle en a, sinon contre les dits habitants pour le paiement des salaires des dits gardes,et sera le présent arrêt enregistré au greffe de la dite maîtrise pour y avoir recours si besoin est.

No 27. — Arrêt du Conseil du 15 novembre 1789 ordonnant d'exploiter en forme de nettoiement le quart en réserve de la communauté de Va88imont(l).

... 11 sera incessamment procédé à la vente, en la manière accoutumée, des taillis et des arbres secs, viciés, dépérissans et nuisibles qui se trouvent dans les 30 arpens de bois restant à exploiter de la réserve ci devant apposée dans ceux dépendant de la communauté de Vassimont (maîtrise de Saint-Mihiel); le tout par forme de nettoiement seulement h la charge par celui qui s'en rendra adjudicataire d'y réserver tous les arbres vifs, sains et d'espérance, suivant la marque qui en sera faite, du marteau du roi, avant l'adjudication, par les

(1) Un grand nombre d'arrêts semblables à celui-ci ont ordonné des eoupi par nettoiement dans les quarts de réserve, notamment dans \en maîtrises de Lorraine.

officiers de la dite maîtrise, dont procès verbal sera dressé, pour être ensuite inséré dans le cahier des charges de la dite adjudication... Ordonne en outre S. M. qu'après l'exploitation des dits bois ce qui reviendra sera et demeurera conservé pour croître en futaie...

(Règlements forestiers de Baudrillart. Tome I, page 489.)

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