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CHOIX DE LA FORME DE L^BXPLOITATION

plemeats, c'est-à<-dire le taillis simple ordinaire, avec le taillis en exploitation d'arbres ou taillis fureté des sylviculteurs. Les deux formes existent dans des forêts de hètre^quoiquola seconde loit en voie de disparition à peu près partout (1). Nous citerons ici le rendement d'une coupe de 17 hectares pratiquée dans une forêt d'un type moyen, peuplée de hêtre, et furetée avec une rotation de 5 ans (2). Elle a produit, par hectare i7, slè* res et demi de rondin hàtre et 300 petits fagots cubant enviroa 1 stère 80 ; le rendement se trouve être ainsi (la rotation étant de5an8)de 3 stères 85 ou environ deux mètres cubes ot demi par hectare et par an. M. Badoux, inspecteur des forôts à Lausanne, cite (3) le cas d'un taillis fureté de hàtre, d'une contenance de 299 hectares, appartenant à la commune de yeytaux*-Montreux9 lequel, comme moyenne de vingt-doux années consécutives (1880 à 1901), a produit,par hectare et par an, 4 mètres cubes 80 dont 53 pour cent en rondins et le surplus en fagots valant net 43 francs.

Ces derniers rendements sont supérieurs à ceux qu'on attribue généralement aux taillis simples ordinaires de hêtre, qui ne dépasseraient guère 2 mètres cubes à 2 mètres cubes 5 par hectare et par an.

Une question plus intéressante de beaucoup serait de savoir si les hfiuios futaies pleines produisent davantage de gros bois que ^^ futaies claires et les futaies jardinées.

Il nous est malheureusement impossible de présenter une preuve statistique quelconque d'une supériorité ou d'une infc-

(i) Près des deux cinquièmes des taillis anciennement furelés du Juravaudois, qui s'étendaient jadis sur plus de 3.000 hectares, ont été convertis en futaie pleine ou sont en voie de conversion depuis une quinzaine d'années. Dralet, en lSi4, assurait que prcs({ue toutes les forêts de hêtre dans les Pyrénées étaient furelées de son temps {Traité du //c'//'^, paj^'cs 110 et suiv.). La Statistujue foresiière de 1878 ne signale plus que 4:i.aOO hectares de taillis fun'lés dans les forêts sKJuraises au régime forestier de toute la France. Actueilcniont, il n'en suhsi&le probablement pas plus de 20.000 luM-tares, dont 12 :ï lu.OÛO dans les Pyrénées, le surplus en Savoie et dans le Morvan.

[t) Popétde Lugrin, cantonnement d'Evian (Haute-Savoie).

(3) Journal forestier suiise, volume de 1906.

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rite à cet égard delà futaie jardinée sur la futaie à peuplements équienncs. On ne possède, sur ce sujet.que les affirmations coqtradictoircs d'auteurs partisans de l'une ou de l'autre forme d'exploitation. En France, du moins, toute possibilité d'une comparaison fait défaut. L'engouement excessif dont la forme équienno a été l'objet pendant plus d'un demi-siècle, à partir de 1830 environ, a eu pour effet de faire disparaître la forme nettement jardinée de presque toutes nos forêts.

Nous ne pouvons que renvoyer à ce que nous avons dit au sujet des exploitations d'arbres dans le deuxième volume de cet ouvrage (page 322). Il est admissible, et même probable, qu'une sapinière jardinée peut présenter à l'hectare moyen un volume de gros bois supérieur à celui qu'on trouve à l'hectare moyen dans une futaie pleine réglée au même âge ou à la même dimension. Il est donc naturel de penser que le rendement en gros bois peut, lui aussi, être supérieur dans la forêt jardinée.

On s'est beaucoup attaché, autrefois, à comparer, au point de vue de leurs productions, les taillis sous futaie et les futaies pleines feuillues (1). Une pareille comparaison, à notre avis, n'a pas grande portée, ni même grande signification. Autant vaudrait, presque, comparer le poids de la récolte d'iin pré à celui de la récolte d'un champ de betteraves, â un autre point de vue il y a certainement plus de différence entre un taillis sous futaie très pauvre en arbres et un autre chargé d'une réserve très riche qu'entre ce dernier et une futaie pleine, surtout si l'âge d'exploitation de celle-ci n'est pas très avancé.

Si nous nous reportons aux statistiques dignes de conGance, nous constatons ce qui suit :

La statistique forestière de 1878 indique les chiffres suivants pour l'ensemble des forêts françaises soumises au régime forestier en 1876.

[[] Voir Cours de Culture des hois, par Lorentz et Parade, 1" édition.de 1S37, |)a«;c :U6, g lio-i, ou encore G^ edilion, do 1883, § G34, page 428, ou bien, f Amenayeificnt des forets^ pur L. Tîit^.'^y, 3« édition de 1887, pages 136 et 140-141, etc., etc.

CHOIX MOE LA FORME DE l'eXPLOITATION 'iOQ

Forêts domaniales Forêts communales

Production en mali(>re, par hectare, des

forêts en forme de taillis sous futaie. 4 m. c. 260 4 m. c. 000 Production en matière des futaies pleines

feuillues 3 — 480 1 — 210 -

Une autre statistique, également officielle, de 1894, donne, toujours, pour Tenserable des forêts françaises soumises au régime forestier, et Tannée 1892.

Forêts domaniales Forêts communales

Production, par hectare, des forêts en

forme de taillis sous futaie .... 3 m. c. 418 3 m. c. 426

Production, par hectare, des forêts en

forme de futaie pleine 2 — 995 1 — 837

La forêt domaniale de Villers-Cotterets est, depuis trois siècles au moins, traitée en futaie dans sa partie centrale (11.400 hectares) et en taillis sous futaie sur ses rives (1.500 hectares). Les futaies ont produit,comme moyenne de dix années consécutives, 4 mètres cubes 900 par hectare et par an et les taillis 4 mètres cubes 600 (1).

Une statistique hongroise donne les chiffres suivants (2).

Production moyenne par hectare des taillis sous

futaie 3 m. c. 30

Production moyenne par hectare des futaies feuillues. .2 — 71

Ce qui précède est relatif à la quantité de la production en matière, considération peu intéressante, comme nous l'avons dit. Il est plus utile de comparer la nature du produit.

Les forêts de taillis sous futaie fournissent une proportion de leur revenu en bois d'œuvre que Ton peut estimer de un dixième à un huitième environ, si Ton ne tient compte que des bois de 25 centimètres de diamètre minimum. Cette proportion s'élève à un sixième dans des forêts riches en réserves (3), rarement à un quart, très exceptionnellement peut-être à un tiers. Si Ton

(1) Les Taillis et les futaies de la forêt de Retz (Villers-Cotterets), par L. Portier. Revue des Eaux et forêts, volumes de 1873 et de 1880.

[i) Description des forêts du Royaume de Hongrie^ par M. Bedo, Budapest, 1885, 1«' vol., page 277 (publication ofGcielle). Les chitîres de rendement reproduits ici sont empruntés par M. Bedo aux relevés des agents chargés des évaluations cadastrales.

(3) y OIT Economie forestière, XoinG I, pages 344| 3io, 347, 348, etc.

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compte comme bois d'œuvre les perches (bois de charronnage jusqu'à 15 centimètres de diamètre) le rendement en bois d'œuvre peut atteindre trente-cinq pour cent. Il ne dépasse cinquante pour cent que lorsque le taillis lui*mème produit du bois d'œuvre, par exemple des étais de mîne^ comme il arrive pour certaines forêts de la Conservation forestière d'Amiens.

On peut enfln estimer que, dans un taillis sous futaie, les doux cinquièmes environ de la production, quelquefois davantage, sont en menu bois de moins de deux décimètres de tour.

Dans les futaies feuillues, la proportion des bois d'oeuvre de plus de 0 m. 25 de diamètre au petit bout dans la production totale est à peu près triple ou même quadruple de ce qu'elle est dans les taillis sous futaie. La statistique de 1878 déjà citée Indique le chiffre de 37 p. 100 comme rapport de volume entre le produit en bois d'œuvre et le produit total des futaies feuillues domaniales françaises. Ce chiffre est toutefois assez faible, sans doute parce que beaucoup de bois de hêtre étaient encore, il y a une trentaine d'années, débités en bois de feu qui sont aujourd'hui utilisés comme bois d'œuvre.Les forêts de chêne en futaie du Wurtemberg ont donné, de 1882 à 1901, une proportion en bois d'œuvre qui a varié de 44 à 55 p. 100 du rendement total ; elle va en croissant à mesure que, le bois renchérissant, on s'applique davantage à laisser en bois d'oeuvre tout ce qui peut être utilisé comme tel.

La proportion du menu bois dans le rendement des futaies feuillues peut s'estimer à un quart environ (20 à 30 p. 100).

Los futaies résineuses sont les forêts les plus productives que l'on rencontre dans nos climats, tant au point de vue de la production totale que de celle en bois d'œuvre.

L<es sapinières domaniales du département du Jura(3.990 hectares) ont produit en moyenne,de 1888 à 1897,8 mètres cubes28 et 107 francs par hectare et par an (1). Un groupe de 3.400

(1) D'après M. Jloux, conservateur des forêts à Lons-le-Saulnier ffitt/Zc/in de la Société forestière de Franche-Comté et Belfort, juillet 1899).

CHOIX DE LA FORME DE l' EXPLOITAT ION 3ll

Tormé par 25 forêts (sapin et épicéa) de l'arrondisBe- Ponlarlier (Doubs), a produit, ea moyenne, de 1891

mètres cubes 3 et 116 fraacs par hectare (1). Les ; domaniales des Basses Vosges (21.200 hectares) ît en moyenne, de 1890 à 1699, 6 mètres cubes 95 et 62 par hectare (2). Les forêts domaniales de Wurpeuplées de résineux (épicéas et sapins), ont fourni, 1901,uae production qui a varié de K mètres cubes 90 s cubes 99 par hectare et par an^ dont 6B à 89 p. 100 >rt. Celles du grand-duché de Bade (sapin et épicéa) it, de 1897 à 1901,5 mètres cubes 68 par hectare, dont p. 100 do bois fort. La proportion du bois d'œuvre endemeat des forêts domaniales résineuses françaises 3 les pincraies et pigtiadas) est de 71 p. 1 00 d'après le ) de 1878; elle serait de 75 p. 100 dans les foréta cornde 67 p. 100 dans les forêts ilomaniales, d'après la sta» s 1894. Dans de bonnes sapinières, elle peut a'élever éme exceptionnellement à 95 p. 100 (arrondissement ■lier).

eraies sont bien moins productives que les sapinières isières. Les forêts domaniales du déparlcmenL {Reginzirch) de Marienwerder, dans la province de la Prusse renferment 2o0.000 hectare J, dont 96 p. 100 sont peun sylvestre. Le rendement aétô, en 1904, de 3 mètres par hectare, dont 59 p. 100 en boia d'œuvre et de

90 (34 mark 12 pf.) brut, 22 francs 72 (23 mark 35) •gent (3).

leuplements artiflciels en résineux (pins sylvestre8,pins titriche, épicéas) pratiqués sur une vaste échelle dans Dst de la France, au cours du siècle dernier, en vue de

g M. E. Cardol (Slatiilique foretliére de l'arrondhnemeHt de Ponla»

;on, tua.

B M. Mongenot, conservateur des Torâts fL Kpinal (les Foréis iloniania-

ei). Nancy, ISJUU.

ungen des deuUehen Forilsereinei.susdtnengeilelltvon D' A. Schwap-

, Springer, éditeur, lUOC.

LES TRAVAUX PREPARATOIRES

la mise en valeur des friches calcaires,, peuvent produire, aménagés à la révolution de 60 ans, de 8 à 10 mètres cubes par hectare et par an, dont la moitié par les coupes d'éclaircie, le tout valant, brut, 50 et peut-être 60 ou même 70 francs. Des plantations de pin d'Autriche faites sur une friche calcaire autrefois improductive, aux environs de Nancy, présentent, à l'âge de 28 ans,un volume sur pied correspondant à un accroissement moyen de 7 mètres cubes 7 par hectare^ non compris les produits d'une éclaircie effectuée il y a quelques années.

Kr

Tous les auteurs sont d'accord pour placer les taillis simples au dernier rang au point de vue du rendement en matière et en argent. La statistique officielle de 1878 leur attribue un rendement de 0 mètre cube 77 dans les forêts domaniales, de 1 m. 29 dans les forêts communales françaises. D'après celle de 1894, les chiffres correspondants seraient 0 mètre cube 96 et 1 mètre cube 25. Cette infériorité tient en partie à ce que, en France au moins^ les taillis simples sont surtout abondants dans la région méridionale, sur des terrains rocheux très superficiels, livrés au parcours des moutons, et présentant des peuplements très incomplets. Les essences qui s'y rencontrent (chênes vert, blanc, kermès, etc.) ont de plus une croissance naturellement très lente. Sur des sols qui leur conviennent, certaines essences peuvent donner, traitées en taillis simple, des rendements ég'aux à ceux de n'importe quelle autre forêt. C'est ainsi que des taillis simples de châtaignier, aménagés avecune durée de révolution de 20 ans, produisent parfoislO mètres cubes 7, valant 103 francs par hectare et par an ; les cinq sixièmes de cette production sont en bois d'œuvre (échalas) (1).

(1) Ces chiffres sont basés sur le rendement des coupes exploitées de 1883 à 1888 sur une surface de 19 hectares dans un taillis de châtaignier appartenant à la commune de Gucbwiller (Haut-Rhin). La forêt en question croît sur un terrain sablonneux, profond, assez fertile (gros vosgien) à l'altitude de 20ê à 309 mètres. (Voir un article de M. Millischerdans le Bulletin de la Société forestière de Franche-Comté et Bel fort, \i)\\ime de 1893, pasce 29}. De bons taillis moyens de cette essence donnent, à 15 ans, environ 15.000 échalas cubant en chiffres ronds 150 mètres cubes (les échalas d'Alsace ont 2 m. de long). Les rendements en argent.

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qui alfeignaient naguère encore 2.000 à 2.500, quelques-uns disent même 3.000 fr. rheclare pour des taillis bien situés de châtaignier ou peut-être aussi de robinier à i'&ge de 15 à 20 ans, ont assez fortement baissé depuis, à la suite des maladies de la vigne.

On cite des chiffres analogues (2.000 fr. par hectare à 15 ans) pour des châtai gneraies dans le Limousin, le département du Var, etc.

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