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Les taillis furetés

Le furetage est une méthode qui consiste à parcourir chaque année une forêt en y coupant, çà et là, les brins qui ont atteint ou dépassé une dimension déterminée.

Nous avons eu l'occasion (pages 68-69) de montrer que le furetage ne peut être pratiqué, dans des conditions acceptables, que dans des forêts traitées avec un âge d'exploitation peu avancé, excluant la régénération par la semence. Aussi cette forme d'exploitation n'existe-t-elle que dans les taillis, et particulièrement dans les taillis des essences d'ombre, comme le hêtre. Nous avons également fait remarquer que le furetage n'a pas^ à pro-

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prement parler, de possibilité véritable, la quotité de la coupe n'est pas fixée, elle est seulement limitée par la prescription du diamètre minimum.

Lorsque les forêts sont trop étendues pour qu'on puisse les fureter chaque année tout entières, on les divise en un certain nombre d'assiettes, cinq, dix ou davantage suivant l'usage des lieux. Ces assiettes sont parcourues successivement «n une durée de rotation indiquée par leur nombre. Le règlement d'exploitation, fort rudimentaire, ressemble à celui des taillis pleins, mais est plus simple encore, le nombre des assiettes étant très petit et rien ne s'opposant à ce que l'on coupe de proche en proche si on le juge à propos.

La forme des taillis furetés présente parfois des avantages réels dans les régions montagneuses. Elle est, depuis longtemps, en voie de disparition naturelle, partout où l'homme n'intervient pas systématiquement pour la maintenir. La cause en est dans l'envahissement des forêts de basse montagne par l'épicéa et le

sapin. Cet envahissement, qui se produit spontanément presque partout, transforme en forêts à gros revenus les taillis de rendement très modeste des forêts furetées; aussi les propriétaires non seulement le tolèrent, mais encore le favorisent dans bien des cas. Ailleurs, on s'efforce de convertir les taillis furetés en futaies de hêtre, ce qui est assurément justiiié, en général, au point de vue du rendement ligneux do la forêt (1).

I 2. — Les forêts jardinées.

L — Généralités stjr les aménagements en jardinage.

Article premikr. — Rappel de la définition et des conditions

d^application du jardinage.

On définit le jardinage en disant qu'il consiste à parcourir chaque année la forêt en prenant çà et là, à titre de produit principal, jusqu'à concurrence d'une possibilité déterminée, les

(l) Voir Economie forealiêre, l^f volume, pages 358-359 et, plus haut, page 307.

arbroa que leur état ou leurs dimeosioDs désigneat à la ): En même temps que le produit principal on réalise, à Ut produit intermédiaire, des bois plus jeunes dont la quoti ou bien réglée comme celle des produits principaux, ou laissée, ainsi qu'il est d'usage dans les futaies pleines, à l's dation des agents opérateurs (1).

Nous n'avons pas à revenir ici, une fois de plus, si avantages et tes inconvénients de la forme jardinée.Repc comme barbare, en quelque sorte, pondant longtemps, elle aujourd'hui, par une réaction qui menace à son tour de de excessive, à rentrer en faveur auprès des forestiers françai réalité, elle ue convient vraiment bien qu'aux essences bre dont le jeune plant supporte longtemps le couvert devientindiquée, comme toutes les exploitations d'arbres, c< la futaie claire, dès que les régénérations naturelles, poui cause ou une autre, sont longues à obtenir. Elle s'impose que, par exemple aux altitudes exfrèines, les conditions d tence de la forêt sont difficiles par suite des circonstance malériques ou topographiques.

(1) ■ La méthode du jardinage ne doit pas ëlre considérée comme un { empirique, dans lequel un se liome à recoller les arbres morts, dépéria^î de fortes dimensions, en abandonnant à lui-même le surplus du peuplen

• Elle comporte les mêmes opérations que la Tutaie (pleine) : coupes < meocement, secondaires, dérmllives, diigngcmcnts de semis, éclaircies.

■ Ce qui différencie les deux méthodes, c'est que, dans la Tulaie (pleine), 1 rations de même nature se suivent de procite en proche et se trouvent, pot massées dans un canton qui leur est spécialement affecté, tandis que, ( jardinage, elles se pratiquent par petites taches disséminées sur toute Té de la forêt, d'où il résulte que les diverses espèces de coupes s'encbevêtrei ainsi dire, les unes dans les autres.

■ On ne doit donc pas, dans le jardinage, se contenter de réaliser les gro il faut aussi, (loi's ^t) dans l'enceinte de chaque coupe, pratiquer les opéi rulturales nécessaires, dégager les jeunes semis, éclairclr les massifs Ui résj supprimer les perches sans avenir et ne jamais oublier que l'accroiss réellement profitable dans une forêt est celui qui se porte sur les arb

« 11 y aura il se défendre de deux tendances également fâcheuses, l'un consisterait A trop uniformiser les peuplements, en faisant prédominer t( telle classe d'Age, l'autre qui pousserait à introduire une irrégularité syst que, en inteiTompant les massifs réguliers en bon état de végétation. ■ [I du Conseil d'administration des forêts du 9 novembre 189)1.)

Voir, au surplus. Economie foreiUère, 2' volume, pages 317-3IS et, plus

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L'essence qui se prête le mieux au jardinage, celle à laquelle on pense tout d'abord quand on parle de jardiner, c'est le sapin. La sapinière, à un moindre degré la pessière, les massifs mélangés de ces deux essences avec le hêtre, telles sont par excellence les forêts à jardiner sur les confins supérieurs de la zone du sapin.

En somme, les forestiers sont encore en majorité d'accord pour considérer le jardinage comme un pis-aller (1), souvent imposé en montagne, mais nullement recherché pour lui-même. On lui reproche surtout la difficulté de préciser l'état normal des peuplements jardines, d'oii résulte la difficulté de calculer une possibilité^ et de conduire les opérations avec des vues précises. Toute méthode d'exploitation doit avoir en vue d'assurer la continuité perpétuelle du revenu^ ce qui entraine la constitution des peuplements dans un certain état idéal, correspondant à l'état aménagé. L'idéal des méthodes par contenance, les vraies méthodes françaises, est très clair, très facile à justifier; c'est la constitution d'une suite complète do peuplements équiennes d'âges gradués. C'est là pour ces méthodes un avantage considérable qui fait que nous ne devons les abandonner qu'à bon escient. Dans le cas du jardinage, l'idéal est obscur ou plutôt il n'existe pas à l'état bien certainement défini. Nous savons que les tiges de toutes catégories doivent être mélangées et réparties de telle manière entre les difiérentes classes de diamètre que Ton puisse réaliser indéfiniment une quantité toujours égale de gros bois. Mais quelle est la loi de cette répartition? Malgré les recherches si intéressantes dont nous avons résumé les résultats dans le deuxième volume de cet ouvrage (2),

il faut bien reconnaître que nos connaissances sont encore bien loin d'être suffisamment certaines et précises sur ce sujet. Nos aménagements de jardinage sont empiriques et nous ne les

(1) a Ce mode de traitement (le jardinage) doit toujours être l'exceplion. En règle générale, il faut adopter la méihude (de la futaie pleine) toutes les fuis (|uc la situation de la forêt n'oppose pas à son application d'insurmontables difficultés. » (Note de l'Administration des forêts, du 17 juillet 1883.)

(2) Voir pages 317 et suivantes.

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qu'à des foréta où le traitement ne peut, on aucun glé minulieuscmcnt à cause des conditions d'exisles où elles se trouvent par suite de leur situation.

DEuxiÈHE. — Nécessité de la formation de coupons rétabliaaement d'une ratatiou pour les coupes.

le forêt est tant soit peut étendue, on ne peut songer rîr tout entière, cKaque année, par des coupes jaril faut bien alors so résoudre à la diviser en un cer- I d'assiettes qui seront parcourues avec une rotation L'établissement de ces assiettes ou coupons a des es importantes et altère profondément le caractère jardinée. II convient que nous nous arrêtions avec ail sur ce sujet.

ement d'une rotation, qui ne ramène un coupon en s intervalles de dix ans, par exemple, présente cette nséquence que chaque coupon devra fournir en une ins d'intervalle, ce qu'il eût fourni en dix ans si lo It été pratiqué annuellement sur toute l'étendue de < coupes sont espacées, mais d'autant plus intensives . On perd ainsi le principal bénéQce du jardinage, [isséminer le plus possible les exploitations. Cette > do la formation des coupons devient surtout sen- B, leur nombre étant élevé, la durée de la rotation gue. Il est clair qu'à la limite, si l'on formait 100 lons, on finirait par aboutir à la coupe à blanc étoc italien de peuplements.

ju des coupons permet donc de constituer la foret t intermédiaire entre le type jardiné franc, où tous it confusément mâles partout, et le type delà futaie Bs peuplements sont équienncs dans l'encointo des lus on multiplie les coupons, plus on s'éloigne du roHESTiËBË. — Ut ia

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type jardiné, et plus on en perd les bénéfices. C'est ce qui viendra limiter leur nombre.

D*autre part, il est pratiquement impossible d'étendre une même coupe annuelle sur une étendue trop grande (par exemple supérieure à 20 ou 25 hectares) surtout en terrain accidenté. Des considérations culturales ou relatives à la police des exploitations interdisent de revenir à trop courts intervalles sur le mcme point. De là résulte un minimum pour le nombre des coupons, qui ne peut guère être fixé au-dessous de quatre ou cinq, même dans de petites forêts, à moins toutefois qu'il ne s'agisse de bouquets de bois d'étendue minime, où leurs propriétaires peuvent suivre les exploitations de très près, où ils les font même souvent par leurs propres mains.

Dans la plupart des cas, c'est de huit à douze ans que sera iîxée la durée des rotations. Nous admettons uniformément le chiffre de dix ans dans les développements qui vont suivre.

De ce qu'on ne dépasse guère le nombre de douze coupons par série, et que ceux-ci ne doivent pas comprendre, en montagne,plus d'une vingtaine d'hectares dans les forêts susceptibles d'exploitation réglée, il résulte que la contenance des séries dans les forêts jardinécs no dépassera qu'exceptionnellement 250 à 300 hectares. En revanche, elle pourra être réduite autant que l'on voudra, ce qui est un avantage spécial aux exploitations d'arbres parmi les exploitations aménagées.

Article quatrième. — Conséquences diverses de Tadoption d'une rotation dans les forêts jardinées.

Le règlement d'exploitation de la forêt jardinée consistera, en principe et essentiellement, à désigner chaque année un coupon que l'on parcourra en y prenant la possibilité de la série entière.

Cette possibilité, quels que soient son mode et son procédé de calcul, sera basée sur l'état de la série dans son ensemble. Or, il est inévitable, quelque petites que soient ordinairement les

séries des foréU jardinées, que les coupons présentent eus des difTérences qui .peuvent êlre considérables, données les variations si rapides des conditions de végé dans la montagne et les accidents locaux auxquels les pi mcDls sont exposéH.On aura des coupons riches, d'autres vres, des coupons productifs, d'autres à faible accroisscnii Si on demande la même contribution à chacun d'eux tribution basée sur leur état moyen, on laissera s'onrici plus en plus les parties fertiles, s'appauvrir de plus en pi parties à faible production. Supposons, par exemple, que 1

AsliT

Pig. 15. — États successifs ilu matériel dans la SotéI de V. M. Celle

est destinée à montrer les conséquences de l'application d'une possibi

volume trop faible dans un canton de forêt jardinëe. En 1886. le matériel était de 411 m, cubes à l'hectare. En l'absence de <!

positives sur l'accroissement, la possibilité fut fixée, par mesure de pn

à 4 m. cubes par hectare.

En 190*, le matériel s'était élève k !>3è m, cubes par hectare. L'accroîss

en tenant compte des coupes oireclufics, avait été de 10 m. cuhcs par I Les boia moyens tendent à disparaître et le peuplement prend laspet

très vieille futaie, bicntùt surannée.

sibilité convenant à l'ensemble de la série soit do S m. par hectare et par an, et qu'il se trouve un coupon A pi

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